Dossier IA86013643 | Réalisé par
Lorieux Clarisse (Contributeur)
Lorieux Clarisse

Chercheuse-associée au service régional de l'inventaire de la Nouvelle-Aquitaine (site Poitiers et Limoges), attachée à l'Agglomération de Grand Châtellerault à partir de septembre 2018 pour conduire l'inventaire du patrimoine du Grand Châtellerault.

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Château de Clairvaux, actuellement château et musée
Copyright

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Communauté d'Agglomération de Grand Châtellerault - Châtellerault-1
  • Commune Scorbé-Clairvaux
  • Lieu-dit
  • Adresse 7 place Étienne Cherade de Montbron
  • Cadastre 1826 I 107, 110, 113  ; 2019 AR 176 à 182
  • Précisions
  • Dénominations
    château
  • Destinations
    château, musée
  • Parties constituantes non étudiées
    douves, chapelle, pigeonnier, orangerie, communs, citerne

La seigneurie de Clairvaux est fondée au 11e siècle et a pour siège le château du Haut-Clairvaux.

En 1470, le fief est partagé entre deux familles, les de La Tour-Landry, qui conservent le château féodal du Haut-Clairvaux, et les Chabot qui obtiennent des terrains dans la plaine, au sud du bourg. Robert Chabot fait entreprendre, entre la fin du 15e siècle et le début du 16e siècle, la construction d'un logis, édifié dans le style Renaissance, et d'une tour cylindrique.

En 1580, la propriété est acquise par René de Villequier, chevalier de l'ordre du Saint-Esprit, gouverneur de Paris et proche du roi Henri III. Le fief est érigé en comté et à nouveau réuni au château du Haut-Clairvaux. Un projet d'agrandissement est commencé mais reste inachevé : des douves sont creusées, l'accès à la cour d'honneur est fermé par une porterie monumentale en terrasse flanquée de deux tours carrées et précédée d'un pont-levis.

La fille de René de Villequier, Charlotte-Catherine de Villequier hérite du château au début du 17e siècle. Elle fait entreprendre l'aménagement de la basse-cour, fermée par trois bâtiments abritant les communs, ainsi que la construction des quatre pavillons d'angle (dont deux sont détruits), et la clôture du potager et du parc. Elle fait également ériger la seigneurie de Clairvaux en marquisat.

Les aménagements se poursuivent tout au long de la première moitié du 17e siècle sous l'impulsion de Jacques et César d'Aumont (époux et fils de Charlotte-Catherine de Villequier) puis de Gilles Fouquet, frère de Nicolas Fouquet, surintendant des Finances de Louis XIV, qui épouse en 1660 la fille aînée de César d'Aumont. Le décès de César d'Aumont, le 20 avril 1661 puis l'arrestation de Nicolas Fouquet le 5 septembre 1661 plonge la famille dans des difficultés financières. À la mort du mari de Gilles Fouquet, en juin 1694, les créanciers se saisissent du domaine de Clairvaux et l'administrent jusqu'à sa vente à la famille Chérade de Montbron, en janvier 1704.

Étienne Chérade de Montbron, nouveau propriétaire des lieux mal entretenus pendant près de quarante ans, s'engage, dans le bail de location qu'il contracte auprès de Fleurant Saboureau en novembre 1707, à " faire réparer les bondes des fossés du château, à réparer les couvertures, les celliers, les cuviers et vaisseaux à vin pour le mois de juin 1708 et à mettre dans chacune des fuyes 120 paires de pigeons ". Mais c'est véritablement sous l'égide de son petit-fils, Adrien-Alexandre Chérade de Montbron, que le château de Clairvaux connaît ses derniers aménagements avec la construction du corps de logis classique à avant-corps surmonté d'un fronton triangulaire.

L'aveu de Clairvaux, daté du 25 août 1777, donne une description du château : il est " entouré de douves pleines d'eau vive, revêtues de pierre de taille, quatre pavillons aux quatre coins, un portail, un pont-levis à bascule, avec la basse-cour où sont deux fuyes, granges, jeu de paume, cuvier, écuries, vollier, un autre portail, pavillons et cours avec les jardins et parc, le tout entouré de hautes murailles. " L'ensemble a une superficie de 112 ha environ.

En 1787 ou 1788, Étienne-Pierre Chérade de Montbron projette des modifications sur l'aile édifiée par son père. S'inspirant du château de Buzay à La Jarne (Charente-Maritime), récemment édifié par son beau-père, le projet prévoit l'adjonction de quatre colonnes devant l'avant-corps, la reprise de l'aile Renaissance et de la tour ronde transformée en pavillon carré flanqué de colonnes, et la construction d'une aile en retour côté est. Ce projet, qui prévoit également un réaménagement intérieur du château, n'est pas réalisé, stoppé certainement par la Révolution.

Au début du 19e siècle Etienne-Pierre Chérade de Montbron aménage les extérieurs du château en créant notamment, au sud des douves, un jardin anglais planté d'essences rares, entretenant les plantations du grand parc. Il fait construire une orangerie, à l'emplacement du pigeonnier situé dans le prolongement sud de l'aile est des communs.

La propriété est vendue à la société Arnaudeau, Gaillard, Nivert et Cie le 15 juillet 1866. Le château et environ vingt hectares de terres et dépendances sont acquis par Charles Augeard, avocat et maire de Châtellerault ; le champ de foire et les halles sont achetés par la commune afin qu'elle puisse poursuivre ses foires qui sont les " meilleures du département ".

Au début du 20e siècle, la veuve de Charles Augeard vend les communs à plusieurs acheteurs. Les bâtiments du château et son parc ne sont plus entretenus. Le 13 juin 1929, l'aile Renaissance, les douves, les pavillons d'angle, le pont à deux arches et la porterie sont classés au titre des Monuments Historiques.

Durant la Seconde Guerre mondiale, la propriété est réquisitionnée et devient le siège d'une Kommandantur. Elle sert ensuite à l'accueil de réfugiés. Elle est vendue aux enchères en 1947 au service social des familles de la région de Roubaix Tourcoing pour y installer une colonie de vacances. Mais en raison des nombreux travaux à entreprendre, elle est revendue à un cultivateur déjà installé comme fermier dans les communs. Le pavillon sud-ouest des douves est alors détruit pour récupérer les pierres et élever un hangar dans la basse-cour. Des percements sont réalisés dans les façades des communs.

Le château est acquis en 1964 par la famille Caude qui en est toujours propriétaire. Les communs appartiennent à deux propriétaires différents.

Les parties non encore protégées lors du classement de 1929 sont inscrites par arrêté du 21 mai 2001 : les communs avec le pigeonnier et l'orangerie (cad. AR 176, 177, 182, 515) ; les pavillons (cad. AR 178) ; les cours du château et leur sol (situés en partie ou en totalité sur les parcelles AR 176 à 178, 515, à l'exclusion de la cour, des bâtiments et appentis construits postérieurement sur la parcelle AR 182).

  • Période(s)
    • Principale : 3e quart 15e siècle
    • Principale : 1ère moitié 17e siècle
    • Principale : 3e quart 18e siècle, 4e quart 18e siècle

Le château de Clairvaux est situé au sud du bourg. Il est longé au nord par le champ de foire. Il s'organise autour de deux cours : la basse-cour, entourée des communs, et la cour d'honneur entourée de douves, et au sud de laquelle a été bâti le château.

Porche d'accès au château :

L'accès au château se fait, depuis la place du champ de Foire, par un porche construit en pierre de taille, voûté, et percé d'une porte cochère en plein cintre entourée de deux portes piétonnes. Des pilastres plats encadrent la porte cochère. Le porche est couvert d'un toit à longs pans en ardoise percé au nord et au sud de deux lucarnes ovales. La façade postérieure du porche s'ouvre par un arc en anse de panier.

Deux pavillons entourent le porche. Construits sur trois niveaux, en pierre de taille, ils sont couverts d'un toit à longs pans et croupes en ardoise. Au sud, chaque pavillon est flanqué d'une tourelle carrée.

Les communs :

Les pavillons sont prolongés à l'ouest et à l'est par les communs en retour d'équerre. L'aile nord des communs, de part et d'autre du porche, présente, du côté du champs de Foire, un mur aveugle en moellons assisés étayés à intervalles réguliers par des chaînes harpées en bossage. La façade postérieure, côté cour, présente des travées régulières de fenêtres et de lucarnes ornées de frontons triangulaires ou cintrés. Elle est rythmée par trois cordons horizontaux, en bandeau, et une corniche moulurée. Les ailes latérales à l'est et à l'ouest sont symétriques. Elles ne comportent pas de fenêtres mais trois entrées monumentales : portes cochères à bossages, surmontées d'un arc en plein cintre et d'une agrafe pendante. Deux pilastres toscans entourent les portes qui sont encadrées, pour les accès les plus au nord, de portes piétonnes rectangulaires surmontées d'un fronton cintré. Seule une porte cochère, située dans le prolongement de l'aile ouest, a conservé au-dessus de la corniche, son fronton triangulaire.

La jonction entre l'aile nord des communs et chaque aile latérale est marquée par un pavillon d'angle carré en saillie décoré de chaînes d'angle à bossages, d'un bandeau délimitant les deux niveaux, d'une corniche moulurée. Les travées sont percées de baies rectangulaires et de lucarnes à fronton triangulaire. La toiture en ardoise est à longs pans et croupes.

L'intérieur des communs présente de grandes charpentes qui supportent les toitures en ardoise couvertes en longs pans.

Pont et porche d'entrée :

L'accès à la seconde cour et au château s'effectue par un pont en pierre à deux arches enjambant les douves qui entourent le château. Au bout du pont se trouve une porterie. Construite en pierre appareillée en pierre de taille, elle s'ouvre par un porche en plein cintre avec clé pendante. Deux tours carrées, coiffées d'un toit à l'impériale, encadrent la porterie. La porte est surmontée d'une avancée portée par des corbeaux en pierre qui supportent un fronton semi-circulaire autrefois décoré d'un écusson. La partie centrale de la porterie est couverte d'un toit en terrasse, elle est ornée, côté nord, d'une balustrade en pierre ajourée.

Le château :

Le château est édifié à environ 70 mètres de la porterie. Il présente un plan en L : une façade face à l'entrée et une aile en retour à l'ouest. L'aile ouest, la plus ancienne, présente une façade régulière sur deux étages. Elle est percée à l'est de fenêtres. Un bandeau de pierre torsadé sert de corniche. Ce bâtiment se prolonge en retour d'équerre au sud par une amorce inachevée sur laquelle est venue s'accrocher l'extension classique. L'élévation ordonnancée présente au sud et au nord un avant-corps sommé par un fronton triangulaire.

La tour d'angle sur trois étages, le dernier en retrait, est couverte d'un toit conique en ardoise. Elle présente au nord une échauguette portée par un cul-de-lampe orné de rinceaux et, au sud, une tourelle d'escalier. Entre chaque étage court un bandeau orné de sculptures.

Le pigeonnier :

Le pigeonnier, de plan carré, est construit au sud de l'aile ouest des communs. En pierre, il présente des bossages d'angle et est couvert d'un dôme en pierre, orné de lucarnes à baies géminées cintrées sur les façades sud et est, et coiffé d'un lanternon. L'intérieur a conservé son échelle tournante qui dessert des boulins en pierre.

L'orangerie :

L'orangerie, située au sud de l'aile est des communs, a remplacé un ancien pigeonnier. Elle est percée de grandes baies en plein cintre munies d'impostes qui se poursuivent en bandeau. Elle est dénuée de couverture.

  • Murs
    • calcaire pierre de taille (incertitude)
  • Toits
    ardoise
  • Plans
    plan régulier en L, plan régulier en U
  • Étages
    rez-de-chaussée, 2 étages carrés, étage de comble
  • Couvrements
  • Élévations extérieures
    élévation ordonnancée
  • Couvertures
    • toit à longs pans croupe
    • toit à l'impériale
    • toit conique
    • terrasse
  • Escaliers
  • Énergies
  • Jardins
    groupe d'arbres, parterre de gazon
  • Statut de la propriété
    propriété privée
  • Éléments remarquables
    orangerie, communs, pigeonnier, douves, pont, pavillon, cour, portail, cuisine, élévation, logis, tour
  • Protections
    inscrit MH, 1928/06/20
    classé MH, 1929/06/13
    inscrit MH, 2001/05/21
  • Précisions sur la protection

    Le château (à l'exception des parties classées) : inscription par arrêté du 20 juin 1928.

    La partie droite du corps de logis comprenant la cuisine, la tour d'angle et les constructions Renaissance y attenant ; les douves entourant la seconde enceinte avec le pavillon d'entrée et le pont à deux arches y attenant ; le portail d'entrée avec ses tours carrées et ses pignons sur cour : classement par arrêté du 13 juin 1929.

    Les parties non encore protégées : les communs avec le pigeonnier et l'orangerie (cad. AR 176, 177, 182, 515) ; les pavillons (cad. AR 178) ; les cours du château et leur sol (situés en partie ou en totalité sur les parcelles AR 176 à 178, 515, à l'exclusion de la cour, des bâtiments et appentis construits postérieurement sur la parcelle AR 182) : inscription par arrêté du 21 mai 2001.