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Château de Bois Charmant

Dossier IA17006411 réalisé en 2001

Fiche

VocablesBois Charmant
Parties constituantes non étudiéeslogement, dépendance, pigeonnier, cour, mur de clôture, portail
Dénominationschâteau
Aire d'étude et cantonVals de Saintonge Communauté - Saint-Savinien
AdresseCommune : Les Nouillers
Lieu-dit : Bois charmant
Cadastre : 1995 C1 122 123 ; 2016 C 122 123 ; 1828 D1 5073 5074

Dominant le vallon qui le sépare du bourg de Les Nouillers, le château de Bois Charmant mêle les architectures de la fin du Moyen-Age, de la Renaissance jusqu'au 17e siècle.

Le plus ancien propriétaire connu est Colin Mauny, seigneur de Bois Charmant en 1408, au milieu de la Guerre de Cent Ans. Du début du 16e siècle jusqu’au début du 17e siècle, le château appartient à la famille de Puyrigault. Faute d’hommage, le 22 Août 1637, une saisie féodale est faite à la requête du Comte de Taillebourg, le suzerain de Bois Charmant.

Une légende indique que le roi Henri IV aurait séjourné à Bois Charmant et que deux empreintes de sabots situées dans un timbre des écuries, encore visibles aujourd’hui, immortalisent le lieu ou le cheval du Roi se serait abreuvé. Sans avoir plus de documents en ce sens, notons cependant que Bois Charmant est situé dans une région où la Réforme a été très active, que les propriétaires appartenaient à l’Église Réformée et que, dans le contexte d’insécurité régnant à cette époque, il semble que le château fût une halte toute indiquée au futur Roi Henri IV pour se reposer lors des nombreuses chevauchées qu’il fit entre Nérac, où il a longtemps résidé et La Rochelle et l’Aunis où il venait souvent.

En 1659, Marie Elisabeth de Pons, descendante de la famille de Puyrigault, épouse un petit cousin du Roi Henri IV, François Amanieux d’Albret, comte de Miossens, qui passe l’essentiel de son temps à la cour de Louis XIV.

Le 18e siècle a laissé peu de traces intéressantes à Bois Charmant. Le domaine changea de nombreuses fois de propriétaires et devint un domaine à vocation agricole, peu à peu délaissé. Le château a semble-t-il été peu touché par la Révolution de 1789, mais il a vu à la fin du 19e siècle ses terres morcelées suite à plusieurs ventes et héritages. En 1881, le domaine et les bâtiments eux-mêmes sont partagés entre deux propriétaires. Une partie des logis est transformée au 19e siècle pour abriter des animaux, occasionnant une mutilation des façades et des éléments architecturaux extérieurs.

Cette situation d’abandon perdura pendant près d’un siècle. En avril 1968, Marguerite et Jos Hermans acquièrent et sauvent une première moitié de Bois Charmant et, en septembre 1971, ils réunissent les deux parties du château et entreprennent d’importants travaux. Ils s’attachent tout d’abord à la sauvegarde et la réhabilitation des toitures et des parties ruinées, avant d’entreprendre d’importantes restaurations dans les dépendances et le logis principal. Les travaux se poursuivent encore aujourd'hui.

Le château a été dessiné au début 17e siècle, en 1605, par Claude Chastillon, un ingénieur, architecte et topographe qui était au service du roi de France Henri IV. Si l'on compare sa gravure avec la vue que l'on a aujourd'hui depuis le même point, on constate que Bois Charmant a conservé la même silhouette, à quelques différences près. Tout d'abord, le mur d'enceinte flanqué d'échauguettes qui entourait la terrasse a été supprimé, sans doute pour dégager la vue sur le bourg et la vallée. La forme de la toiture du corps principal a été modifiée et une tour carrée qui se trouvait devant la façade a été supprimée.On remarque également sur la gravure l'absence de la tourelle à l'angle de l'aile en retour (à gauche) : en effet, une grande partie de cette aile, qui était en très mauvais état après avoir servi de ferme, a été intégralement reconstruite au cours du 20e siècle.

Période(s)Principale : 15e siècle, 16e siècle, 17e siècle
Secondaire : 19e siècle, 2e moitié 20e siècle

Les bâtiments de la partie noble

Le corps de logis, à double orientation nord-est-sud-ouest, possède un style architectural propre à la fin du 16e siècle et du début 17e siècle, caractérisé par une grande pureté des lignes et une sobriété des éléments décoratifs extérieurs. Les lucarnes forment le seul ornement extérieur : elles sont ornées de motifs en pointes de diamants, de frontons bombés surmontés de diamants taillés et sur celle de gauche de la face sud on distingue une petite sculpture présentant un oiseau. De même sont également caractéristiques de cette époque les hauts toits en ardoise des pavillons flanquant le corps de logis. Ils sont dotés de très hauts conduits de cheminées, ainsi que de girouettes trônant au sommet. Celui à l’ouest est pourvu, côté cour des communs, d’une lucarne surmontée d’un décor datant vraisemblablement du début du 17e siècle.

L'aile en retour est plus défensive, elle date vraisemblablement de la fin du 15e siècle ou du début du 16e siècle. Ayant longtemps servi de bâtiment de ferme, elle a fait l'objet d'une longue restauration : reprise des façades et de la toiture qui, à l'origine, était couverte de tuiles. Sur la façade, on peut voir des fenêtres à meneaux et une porte à linteau à accolade. La toiture à longs pans en ardoises est percée de petites lucarnes dites à la normande et d’une autre, à droite, dite à gâble et surmontée d’un pinacle. Les corbeaux situés sur cette façade ont été sculptés par Marguerite Hermans, mère de l'actuel propriétaire.

L’extrémité sud de cette aile en retour dispose d’une tourelle appelée "échauguette" accolée à droite de la façade. Le terme "échauguette" désigne une petite construction en élévation destinée à abriter, dans un château fort ou une fortification, le veilleur surveillant le territoire environnant sur un large horizon. Une échauguette se différencie d'une tour qui est construite à partir du sol. Cette échauguette a été créée par les propriétaires au cours du 20e siècle. Au centre se distingue une façade qui se termine par un mur pignon. Comme les façades sur la cour d'honneur, elle est percée d'ouvertures à meneaux. L'élégante tour carrée accolée à gauche est de simple facture avec ses petites ouvertures et son toit en pavillon couvert d'ardoise.

Les dépendances

La large porte qui communique entre la cours d’honneur et celles des communs est ornée de pilastres et d’une corniche coupée en son centre par un cartouche. Le premier corps correspond à d'anciennes écuries. Ce château étant protestant, à l'époque de Henri IV, ces écuries auraient servi de halte pour les cavaliers allant vers La Rochelle. Ce corps est doté de gros oculi (ouvertures ovales du haut) et d'une porte en anse de panier pourvue, comme les lucarnes du corps principal, de pointes de diamants.

L'aile de dépendances située en retour accueille un bâtiment à deux grandes ouvertures en plein cintre. Dans ce bâti se situe un four ainsi que l'entrée du pigeonnier placé à l'arrière. Lorsque Jos et Marguerite Hermans ont acheté le château en 1968, il était dans un état d'abandon avancé. Le pigeonnier avec ses 1 200 trous de boulins est la première partie qui a été restaurée, et même rebâtie à l'aide de matériaux provenant d'une tour située au hameau la Matassière.

À droite du bâtiment aux deux grandes ouvertures en plein cintre se situaient d'autres dépendances servant d'étables ainsi que de logements pour le personnel, aujourd'hui remplacés par un grand abri de stockage. Le portail au nord de la cour permettait l'accès direct aux écuries et bâtiments, préservant la tranquillité des châtelains. Il est pourvu d’une porte charretière et d’une porte piétonne en plein cintre à agrafe et sommiers saillants. Il est également surmonté d’un grand fronton percé d’une baies au-dessous de laquelle on distingue une sculpture mutilée.

Murscalcaire moellon enduit
Toitardoise
Étagesrez-de-chaussée, 1 étage carré, étage de comble
Élévations extérieuresélévation à travées
Couverturestoit à longs pans brisés croupe
État de conservationbon état
Techniquessculpture
Représentationsornement architectural, pointe de diamant ornement animal, oiseau
Précision représentations

Lucarnes du toit du corps principal, ornées de pointes de diamants et de diamants taillés. Une des lucarnes du toit du corps principal sculptée d’un oiseau.

Statut de la propriétépropriété privée

Références documentaires

Documents d'archives
  • Archives privées des actuels propriétaires du château.

Bibliographie
  • Chasseboeuf, Frédéric. Châteaux, manoirs et logis : la Charente-Maritime. Prahecq : Patrimoines et Médias, 2008. p. 601.

  • Flohic Ed. Le patrimoine des communes de la Charente-Maritime : t. 2. Paris : Ed. Flohic, 2002, p. 967.

  • Texier, Jean. Inventaire archéologique de l'arrondissement de Saint-Jean d'Angély. Canton de Saint-Savinien. Saint-Jean d'Angély, 1981. p. 40 à 43.

(c) Région Nouvelle-Aquitaine, Inventaire général du patrimoine culturel ; (c) Vals de Saintonge Communauté (c) Vals de Saintonge Communauté - Ménard Sandrine - Lhuissier Nathalie
Lhuissier Nathalie

Chargée de mission entre 2004 et 2018.


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