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Château d'Alogny

Dossier IA86009107 réalisé en 2012

Fiche

Á rapprocher de

Parties constituantes non étudiéesécurie, grange, four
Dénominationschâteau
Aire d'étude et cantonVals de Gartempe et Creuse - Pleumartin
AdresseCommune : Lésigny
Lieu-dit : Alogny
Cadastre : 1833 D 4 ; 2012 AX 376, 377, 419, 421, 424, 430

Avant d'être appelé Alogny, ce château se dénommait le château "d'Aloigny". Cet édifice est lié à l'histoire d'une ancienne et illustre famille noble du Poitou connue depuis le 12e siècle sous le nom d'Aloigny ou d'Alogny. La Charte de Damiette mentionne en 1249 qu'un des membres de cette famille participa à la croisade de Saint-Louis. Sous le règne de Louis XIV, en 1674, un autre membre a été désigné maréchal de France. Au 17e siècle, le domaine passe aux mains de la famille de La Groye, une des branches de la famille d'Alogny. En 1682, Louis-Gabriel de La Groye renouvelle l'hommage pour le château. La branche aînée de la famille de La Groye s'éteint dans les premières années du 18e siècle. Plusieurs propriétaires se sont ensuite succédé. Au 19e siècle et jusqu'en 1950, le château d'Alogny appartient à la famille Boutin.

Le domaine d'Alogny, ce n'est pas seulement le château. Comme tout domaine seigneurial, des terres et de nombreux droits étaient alloués aux d'Alogny, notamment le droit de pêche sur la Creuse et la perception d'un péage pour la traversée de cette même rivière au lieu-dit le Port d'Alogny. Le domaine, devenu une seigneurie, avait le privilège depuis le 14e siècle de dispenser la justice seigneuriale (la haute et la basse justice) jusqu'à la suppression de ce système au milieu du 18e siècle. Le village des Froux, le Port d'Alogny, Trainebot et la Grange étaient englobés dans le domaine de la seigneurie d'Alogny. Alogny possédait également une pêcherie ainsi qu'un port équipé pour charger les bateaux affectés au transport des tuiles fabriquées sur son domaine. La seigneurie relevait du duché de Châtellerault.

Ce château a probablement été construit, sur les vestiges d'un château plus ancien (cave ?), au début du 16e siècle. Des dessins de femmes en costumes d'apparat, gravés sur de nombreuses pierres à l'intérieur de ce bâtiment, correspondent aux tenues que les femmes portaient dans la première moitié du 16e siècle. Le corps de bâtiment sud du château a vraisemblablement été reconstruit ou remanié, à l'exception du soubassement, à une date inconnue, peut-être au 19e siècle. La grande fenêtre de style Renaissance, visible sur la façade ouest, pourrait donc ne pas être d'origine et dater du 19e siècle. Au début du 19e siècle, le cadastre de 1833 montre que le château était relié par une aile à un bâtiment, au nord-ouest de la tour d'escalier. A la fin de ce siècle, une photographie ancienne révèle que cette aile est détruite. Les portes qui communiquaient entre la tour d'escalier et cette aile sont murées. Le linteau décoré de style néo-gothique de la fenêtre de la chapelle date vraisemblablement du 19e siècle. Les dernières modifications connues ont été faites au 20e siècle. Des baies comblées au 19e siècle ont été rouvertes, les élévations extérieures ont été restaurées, surtout celles du corps de bâtiment sud, et les pièces à l'intérieur du château ont été remaniées.

Période(s)Principale : 16e siècle
Secondaire : 20e siècle
Auteur(s)Auteur : auteur inconnu

Le château est construit sur une hauteur et domine la vallée de la Creuse. A l'est du château, est encore visible un menhir. Le château est composé de deux corps de bâtiments. L'un au nord, flanqué d'une tour d'escalier, a un sous-sol, un étage de soubassement, un rez-de-chaussée surélevé et un étage carré. Il est couvert en ardoise. L'autre au sud, couvert en tuile plate, a un étage de soubassement et un rez-de-chaussée surélevé.

La façade ouest est la plus significative car elle permet de voir tous les niveaux du château. La tour d'escalier est notamment visible sur ce côté du château. Les pierres d'angle du corps de bâtiment nord sont visibles au milieu de cette élévation (à l'exception du soubassement), ce qui prouve l'antériorité de la partie nord du château. La cour intérieure était probablement clôturée par une enceinte à l'origine. Aujourd'hui, seuls les vestiges des bâtiments anciennement reliés au château ferment de ce côté la propriété. Ces bâtiments servent de dépendances. L'élévation ouest présente des ouvertures en arc segmentaire avec clé saillante au niveau de l'étage de soubassement. L'une d'elles est surmontée d'un oculus. Une fenêtre dont le linteau est décoré d'une accolade est percée au rez-de-chaussée surélevé ainsi qu'une fenêtre de style Renaissance à croisée. Les deux pilastres encadrant l'ouverture Renaissance sont munis à leur sommet de volutes. La fenêtre de l'étage présente un encadrement chanfreiné comme les baies carrées de la tour d'escalier. Cette dernière est de plan polygonal, hors-œuvre, et occupe l'angle nord-ouest. Au nord, deux portes condamnées au rez-de-chaussée surélevé et à l'étage sont visibles. Celles-ci devaient probablement communiquer avec l'aile nord-ouest du château, aujourd'hui détruite. De petites baies ont été percées aux emplacements des anciennes portes afin de laisser pénétrer la lumière à l'intérieur de la tour d'escalier. La porte de l'étage de soubassement, chanfreinée et munie d'un linteau en bâtière, communique sur une petite cour où se trouvent le four du château et les vestiges d'anciennes dépendances. La cave du château donne par une porte sur cette cour.

Au nord, l'étage en encorbellement, dont la mise en œuvre semble assez récente, est construit en pans de bois et pierre. Sur ce même côté, le rez-de-chaussée surélevé communique avec le jardin du château par un perron, une terrasse et une porte chanfreinée. La porte est accostée d'une fenêtre à encadrement chanfreiné et linteau en accolade. En retour, une autre fenêtre donne sur la terrasse : celle de la chapelle. Cette dernière, de style néo-gothique, est chanfreinée, trilobée et présente un linteau sculpté d'une accolade et de motifs flamboyants. A l'est, le jardin communique directement avec l'étage du château par un escalier extérieur. La porte d'entrée est chanfreinée. Les dépendances, composées de granges et d'écuries, ne sont pas implantées dans l'enceinte du château. Elles sont situées à l'ouest de ce dernier, de l'autre côté du chemin.

Les différents étages du château sont desservis par un escalier en vis, en pierre. L'étage de soubassement se compose de plusieurs pièces distribuées par deux portes situées sur le palier. Face à l'escalier de distribution, une première pièce non accessible pourrait être la crypte de la chapelle du château placée à l'étage au-dessus. Une seconde porte, chanfreinée, amène sur une grande pièce. Les murs sont en moellons recouverts d'un crépi et le plafond repose sur des poutres en bois apparentes. Une cheminée partiellement engagée du 19e siècle est adossée au mur sud de la pièce. Le linteau et les jambages sont droits, sans motifs décoratifs. La hotte est également droite et surplombée d'un chanfrein servant de corniche. Un arc de décharge est visible sur la hotte. De cette pièce, il est possible d'accéder à la cave située au sous-sol par un escalier en pierre de quelques marches et une porte couverte en plein cintre à encadrement chanfreiné. La cave est voûtée en moellons et composée de plusieurs salles délimitées par des arcs en plein cintre. Une des salles située face à l'entrée de la cave a été comblée. Deux autres pièces, dans le corps de bâtiment sud, remaniées au 20e siècle, composent cet étage de soubassement. On y accède par une antichambre située dans le prolongement de la pièce principale. Dans l'une des pièces, une petite ouverture carrée a été percée dans le mur ouest laissant apparaître la largeur importante des murs du château.

Le rez-de-chaussée surélevé est accessible depuis l'escalier par une porte à encadrement chanfreiné. On accède tout d'abord à la pièce nord, munie de poutres apparentes. Une fenêtre rectangulaire, munie d'un coussiège, est percée dans le mur nord bordant la terrasse. Des dessins de femmes sont gravés dans la pierre, face au coussiège. Ces femmes sont vêtues de costumes nobles évoquant le 15e siècle ou le 16e siècle. Enfin, cette fenêtre est accostée d'une porte qui permet d'accéder à la terrasse extérieure. Sur le mur opposé, une cheminée du 16e siècle possédant des jambages droits avec corbeaux et une hotte moulurée ornemente la pièce. Un arc de décharge est visible sur la hotte. A droite de la cheminée, une niche fermée par une petite porte était utilisée comme cache à sel. Sur le mur ouest, une fenêtre éclaire la pièce.

Dans cette pièce nord, une porte à encadrement chanfreiné est percée dans le mur nord permettant l'accès à l'ancienne chapelle du château. Cette dernière, de petite taille, est voûtée en plein cintre. Deux fenêtres se faisant face éclairent la chapelle. L'une à l'ouest, de forme carrée avec un encadrement chanfreiné, ouvre sur le palier de l'escalier. La seconde baie est la fenêtre néo-gothique qui ouvre sur la terrasse extérieure. Une petite fenêtre chanfreinée de forme carrée est positionnée à droite de la porte donnant l'accès à la chapelle. Elle permettait aux personnes ne pouvant pas entrer dans la chapelle de suivre le déroulement de la messe.

Depuis la pièce nord, un couloir dont l'accès se fait par une ouverture dans le mur sud permet d’accéder à la pièce sud de ce niveau. Ce couloir de distribution est éclairé par la baie "Renaissance". La seconde pièce possède un plafond aux poutres apparentes et une cheminée pouvant dater de la fin du 16e siècle ou du début du 17e siècle. Elle est composée d'une hotte droite surplombée par une corniche et soutenue par des corbeaux à volutes. Dans le foyer, une plaque de cheminée, qui semble relativement récente, est décorée de cinq blasons, dont trois sont "à trois fleurs de lys", ce qui correspond aux armoiries de la famille d'Alogny : "de gueules à trois fleurs de lys d'argent" ou "trois fleurs de lys, avec un lambel de trois pendants" selon les branches de la famille.

L'étage du corps de bâtiment nord est composé d'une pièce de vie avec un plafond muni de poutres apparentes et une cheminée du 16e siècle. Les jambages de cette cheminée sont droits, surplombés de corbeaux moulurés et d'une hotte également moulurée. A gauche de la cheminée, sur la hotte, des dessins sont gravés dans la pierre. Ils représentent un carrosse tiré par deux chevaux et guidé par un homme. Un laquais semble se tenir à l'arrière du carrosse. D'autres dessins sont visibles dans cette pièce. Au moins quatre femmes ont été représentées sur le mur droit de l'encadrement de la fenêtre. Leurs costumes sont semblables à ceux des autres dessins de femmes des étages précédents. Les personnages représentés évoquent le 16e siècle. Une seconde pièce, aménagée dans le comble du corps de bâtiment sud, est accessible par une porte située à droite de la cheminée.

Le comble du corps de bâtiment nord, accessible par la tour d'escalier, a été aménagé en pièce habitable. La charpente à l'intérieur de la pièce est visible. Dans la tour d'escalier, à droite de la porte d'entrée, des dessins de femmes gravés dans la pierre sont visibles. L'escalier se termine par un garde-corps en pierre.

Murssilex
enduit partiel
moellon
pierre de taille
pan de bois
Toittuile plate, ardoise
Étagessous-sol, étage de soubassement, rez-de-chaussée surélevé, 1 étage carré
Couverturestoit à longs pans
toit en pavillon
Escaliersescalier intérieur : escalier en vis en maçonnerie
Statut de la propriétépropriété privée

Références documentaires

Bibliographie
  • PAIN, Armelle, FORESTIER, Carine (coord.). Le patrimoine des communes de la Vienne. Paris : Flohic, 2002, 2 vol., 1135 p.

    p. 728-729 Médiathèque François-Mitterrand, Poitiers : 709.446 3 PAT POI
  • La Mémoire Lésignoise, Redécouvrir Lésigny, Bulletin de l'association la Mémoire Lésignoise.

    p. 8-9
  • Ouvrage collectif, La Vienne, Châteaux, manoirs et logis, Patrimoines Médias, 2006.

    p. 158-177
  • RÉDET, Louis. Dictionnaire topographique du département de la Vienne [...], Paris : Imprimerie nationale, 1881. (Réédition Paris : J.-M. Williamson, 1989), 526 p.

    p. 5 Médiathèque François-Mitterrand, Poitiers : 914.463 RED
  • Simmat, Gérard, Juchault, Pierre, Dubout, Jean-Paul. Le Pays des Vals de Gartempe. Joué-lès-Tours : Alan Sutton, 2000. 126 p., ill. (Mémoire en Images). ISBN 2-84253-512-X.

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