• inventaire topographique, Estuaire de la Gironde
Château Cos d'Estournel
Copyright
  • (c) Région Nouvelle-Aquitaine, Inventaire général du patrimoine culturel

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Estuaire de la Gironde (rive gauche)
  • Hydrographies la Gironde
  • Commune Saint-Estèphe
  • Lieu-dit Cos d'Estournel
  • Adresse R. D. 2
  • Cadastre 2015 OC 1403, 1404  ; 1825 C1 185 à 230
  • Dénominations
    chai
  • Précision dénomination
    château viticole
  • Parties constituantes non étudiées
    cuvage, logement, bureau, étable à vaches

Le domaine viticole de Cos et la colline qui le porte entrent par héritage, vers 1810, dans les biens de Louis-Gaspard d'Estournel. Ce dernier entreprend la construction de nouveaux bâtiments d'exploitation dans les années 1830, avant 1838, date à laquelle les chais, "dans le genre Chinois", sont mentionnés par Stendhal dans le récit de son voyage dans le Midi. Cependant, les travaux ne sont achevés que plus tard, les archives du domaine gardant trace d'une commande passée en 1843 de "trois ou quatre batelées" de pierre de Bourg pour le chantier des "deux pavillons du château". Un plan de 1845 montre le domaine constitué d'un vaste ensemble de bâtiments comprenant, outre le "château" avec ses "pagodes" (il s'agit en fait du cuvier), divers logements destinées aux "valets", des écuries, étables à bœufs, hangars et tour-château d'eau.

La demeure voisine et ses dépendances, acquise des frères Labory (et de fait appelée Cos Labory), faisait alors partie de la propriété, mais elle en fut vraisemblablement distraite lors de la vente du domaine au banquier londonien Martyns en 1852.

Avec la renommée grandissante du cru, consacré par le classement de 1855 et récompensé par une médaille d'or agricole en 1866, et l'augmentation de la production, de nouveaux bâtiments vini-viticoles sont édifiés ou modernisés durant le 3e quart du 19e siècle, en particulier un chai à barriques adossé au "château" dans les années 1860 (information orale).

En 1869, Cos d'Estournel, ainsi que Pomys, l'Abbaye-de-l'Isle et Bédilloux, sont rachetés par la famille de Errazu et placés sous l'administration de Jérôme Chiapella, "un des viticulteurs des plus compétents de la Gironde, propriétaire du célèbre crû la Mission-Haut-Brion, à Pessac, et négociant à Bordeaux" (Cocks, 1874).

Un plan du domaine de 1886 montre aussi que le chai de vieillissement a été aménagé dans ce qui figurait auparavant comme hangar.

En 1889, Cos d'Estournel et Pomys sont acquis par MM. Hostein frères (qui achètent également Château Montrose) puis passent à M. Louis Charmolue en 1894, par son mariage avec Mlle Hostein (Cocks, 1898).

Passé de mains en mains, détenu par les héritiers du négociant bordelais Fernand Ginestet, le domaine bénéficie d'importants travaux dans la 2e moitié du 20e siècle : doublement du chai en profondeur dans les années 1960 et construction de nouveaux bâtiments d'exploitation dans les années 1980 et 1990.

Enfin, suite à l'acquisition du domaine en 2000 par la famille Reybier, des travaux de modernisation sont menés sous la conduite de l'architecte Jean-Michel Wilmotte : le chai des années 1860 et les constructions attenantes du 20e siècle ont été détruits pour faire place à de nouvelles installations viticoles.

Le toponyme gascon "Cos" signifie colline de cailloux ; de fait, le site occupe un coteau graveleux d'une vingtaine de mètres dominant la jalle de Breuil, petit affluent de la Gironde.

Les bâtiments sont regroupés à un angle de la propriété, en bordure du versant sud, à l'intérieur d'un enclos. Depuis la route principale, un portail monumental (sur lequel est gravé un texte en latin - voir annexe) donne accès à une première cour sur laquelle ouvre le bâtiment le plus prestigieux, le "château-cuvier" de style éclectique ; sa porte d'entrée serait un remploi provenant du palais du sultan de Zanzibar. Il fait écran aux autres bâtiments d'exploitation, chais, logements, étables, localisés à l'arrière.

Le "château" est bâti en pierre de taille calcaire, ainsi que le château d'eau, les autres constructions sont en moellon enduit. A l'exception des toits polygonaux en zinc des pagodes, toutes les toitures sont en tuile creuse.

  • Murs
    • calcaire moellon enduit
    • pierre de taille
    • moyen appareil
  • Toits
    tuile creuse, zinc en couverture
  • Étages
    étage en surcroît
  • Couvrements
  • Couvertures
    • toit à longs pans croupe
    • toit polygonal
  • Techniques
    • sculpture
  • Représentations
    • boeuf, pomme de pin, armoiries, lion, licorne, trident, ancre, rame, vigne, raisin, rinceau, dragon, colonne, accolade, fronton, postes
  • Précision représentations

    Le portail d'entrée est couronné d'armoiries : d'azur à la tour d'or sur une terrasse ondée de [], et 3 étoiles d'or en chef ; support : lion et licorne sur une ancre, un trident et une rame, accompagnés de la devise : SEMPER FIDELIS. Sur son fronton, les lettres de "Cos d'Estournel" sont formées de raisins et de rinceaux de vigne. Des amortissements en forme de pomme de pin se retrouvent sur le portail et à la base de chacun des pavillons en pagode. Ceux-ci sont richement ornées de motifs sculptés : dragons, colonnes cannelées, fenêtres en accolade alors que la partie basse est de style néo-classique : fronton, postes.

    L'étable est ornée de têtes de bœufs sculptées sur les agrafes de chaque arcs.

    La tour-château d'eau porte un décor éclectique, à la fois néo-gothique et oriental.

  • Statut de la propriété
    propriété privée
  • Intérêt de l'œuvre
    à signaler
  • Éléments remarquables
    cuvage, étable

L'exotique "château-cuvier", voulu par Louis-Gaspard d'Estournel à l'imitation de temples ou de palais moghols comme une vitrine pour sa clientèle, constitue un unicum du vignoble médocain et a contribué à la renommée mondiale du cru. L'étable est remarquable par la série de têtes de bœufs sculptées qui ornent sa façade.