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Château Carmeil, dit Sourget

Dossier IA33008914 inclus dans Île du Nord (partie sud) réalisé en 2009

Fiche

Genrede maître
Précision dénominationChâteau viticole
AppellationsChâteau Carmeil, Château Sourget
Parties constituantes non étudiéeschai, cuvage, logement, pigeonnier, citerne, jardin
Dénominationsmaison
Aire d'étude et cantonEstuaire de la Gironde (rive droite) - Bourg
AdresseCommune : Gauriac
Lieu-dit : île du Nord, Sourget
Cadastre : 2018 AM 150 ; 1820 C1 11
Précisions

Le domaine est réputé détenu par la famille Sourget depuis 1817. Le plan cadastral représente en 1820 des bâtiments (maison et usine) au lieu-dit Île du Nord ; l'état de sections indique effectivement comme propriétaire des lieux le négociant Sourget.

Il est mentionné dès l'édition de 1874 de Bordeaux et ses vins sous le nom de Château-Carmeil, dont la production s'élève alors à 150 tonneaux. Selon les éditons successives de l'ouvrage, la production culmine à 350 tonneaux à la fin du siècle et le vignoble s'étend sur 35 hectares.

D'après les augmentations et diminutions du cadastre, la maison (parcelle C11) est démolie puis reconstruite en 1888. Les nouveaux bâtiments sont illustrés dans l'édition de 1893 de l'ouvrage Bordeaux et ses vins. A cette époque, le domaine est géré par Jean Elie, pépiniériste qui y introduit des croisements de cépages cabernet-malbec (Revue de la viticulture, 22 septembre 1938, p. 278). Un nouveau bâtiment d'exploitation est édifié pour traiter les importantes quantités de vendanges en 1905, d'après la date portée sur le pignon.

En 1922, le château appartient à Joseph Chaperon, qui détient également sur l'île les crus de Château La Tour-Sourget et Château Belle-Isle. Dans la seconde moitié du 20e siècle, la propriété est vendue par la famille Chaperon à Johann Zamofing. Le château est endommagé par un incendie en août 1971. Son propriétaire reste vivre dans les ruines jusqu'à sa mort en 1995.

En 2001, le conservatoire du littoral acquiert le domaine de Sourget. Les tempêtes Klaus en 2009 et Xynthia en 2010 entraînent de nombreux dégâts accentuant les effets d'érosion de la rive. Le bâtiment situé au nord du corps de logis, daté 1905, s'est effondré dans les eaux entre 2012 et 2014. Les bâtiments en ruine et gagnés par la végétation sont voués à disparaître.

Période(s)Principale : 4e quart 19e siècle
Principale : 1er quart 20e siècle
Dates1905, porte la date

D'après l'illustration publiée dans Bordeaux et ses vins, les bâtiments étaient composés d'une habitation accompagnée de chais et de cuviers ainsi que d'autres bâtiments annexes à vocation agricole, notamment une tour (pigeonnier ou citerne).

La maison s'organisait selon un rez-de-chaussée surélevé accessible par un escalier en pierre à double volées convergentes menant à une terrasse à balustrade. La façade présentait 11 travées d'ouvertures. La porte centrale encadrée de deux fenêtres formait une légère saillie soulignée par un chaînage d'angle à bossage, surmontée d'un fronton triangulaire sculpté. Le soubassement, traité en moyen-appareil de pierre calcaire taillée en grain-d'orge, devait abriter le chai à barriques. Certains éléments sont encore visibles dans les ruines : soubassement, escalier, tables décoratives sous les fenêtres du rez-de-chaussée surélevé, chaînage d'angle.

A l'arrière du logement était greffé un vaste cuvier à étage, équipé de cuves en bois cerclées de fer, en partie conservées. De part et d'autre, des espaces annexes, abritant notamment au sud des cuves en ciment. Le pignon occidental du cuvier, percé d'une porte haute par laquelle était hissée la vendange, portait sur une table décorative l'inscription : CHÂTEAU CARMEIL.

Au sud, un bâtiment annexe abritait sans doute des logements et peut-être une remise agricole.

La tour de plan carré, à pans coupés, abritait probablement une citerne ; des trous de boulins (en partie murés) témoignent peut-être d'un usage de pigeonnier. La tour est équipée d'une horloge portant l'inscription : L. BAZERQUE / Bordeaux.

Au nord, un bâtiment servait certainement de chai secondaire : un cartouche portait sur le pignon oriental l'inscription CHATEAU CARMEIL 1905 (détruit).

Murscalcaire pierre de taille
moyen appareil
Toittuile creuse
Étagesen rez-de-chaussée surélevé
Couverturestoit à longs pans croupe
État de conservationmenacé, envahi par la végétation
Techniquessculpture
Représentationsbalustre
Statut de la propriétépropriété privée

Annexes

  • Extrait de Bordeaux et ses vins, édition de 1893

    P. 544 : Château Carmeil (Héritiers Sourget) : 350 tonneaux.

    Le domaine de Château-Carmeil, situé sur l'île du Nord, en face [de Gauriac] et à 500 mètres du Château-Margaux, est depuis 1817 la propriété de la famille Sourget. Le vignoble, d'une contenance de 35 hectares, est complanté en cabernet, malbec, merlot et verdot, dont une dizaine d'hectares environ sont plus que séculaires et toujours productifs.

    Cette propriété, dont la tenue remarquable est devenue proverbiale dans la région, a été récompensée, en 1886, par la grande médaille ministérielle. Elle produit actuellement une moyenne de 300 tonneaux d'un vin à bouquet délicat, très recherché par l'Allemagne et la Hollande. Le sable siliceux qui forme le sous-sol de l'île du Nord et dans lequel plongent les racines profondes des vieux ceps, donne aux produits de ce vignoble un caractère absolument tranché qui les distingue des vins dits de palus, obtenus dans les terrains à sous-sol tourbeux.

  • Documentation concernant les écoles sur l'Ile du Nord

    - AM Gauriac, registre des délibérations, 1882-1912. Création d'une école mixte à l'île du Nord, 18 novembre 1906 :

    Les propriétaires seraient heureux de voir la création d'une école publique mixte sur leur propriété, et à cet effet feraient l'abandon du terrain nécessaire à la construction. "Vu les difficultés qu'il y a pour les familles de faire fréquenter à leurs enfants les écoles communales en raison de la traversée du fleuve". Demande du Conseil municipal à l'administration d'étudier la question et de demander le concours des communes de Bayon, Villeneuve, Plassac.

    - AM Villeneuve, registre de délibérations, 1892-1915. Création d'une école mixte à l'île du Nord, 14 février 1907 :

    Démarche faite auprès du maire par M. Simon, régisseur de l'Île du Nord, relative à une demande de création d'école pour les enfants qui habitent l'île Verte, l'île du Nord et l'île Cazeaux. "Il lui a fait ressortir les inconvénients, les dangers même, les dépenses qu'il y avait pour les parents à envoyer leurs enfants dans les écoles au delà du fleuve". Accord du Conseil municipal pour la création d'une école publique dans le site le plus favorable à ce sujet.

    - AM Plassac, registres de délibération, 1898-1925. Création d'une école mixte sur l'île Nord, 27 avril 1907 :

    Le conseil émet "un avis favorable à la création d'une école publique mixte sur l'île nord, tout en se réservant le droit de faire des observations lors de la communication des plans et devis de la dite construction" (l'école sera fréquentée par les enfants qui vivent sur les îles dépendant des communes de Plassac, Villeneuve, Gauriac et Bayon).

    - AD Gironde, 2 O 4099 (Villeneuve). Rapport de l'inspecteur d'Académie sur l'école de l'île du Nord, 28 décembre 1928 :

    Bail contracté par les communes de Gauriac et Villeneuve avec M. Chaperon, propriétaire. Local scolaire construit par les soins de M. Chaperon au lieu-dit Carmeil, au sud de l'île, protégée par une digue, à 200/300 m de la maison de maître du propriétaire de Carmeil (A. Chaperon) et des fermes qui en dépendent, dans le voisinage d'un local à usage de réfectoire pour les vendangeurs, à 1000 et 800 m des lieux-dits Calmeilh et la terrasse d'où, outre Carmeil, viendront les enfants.

    "L'immeuble scolaire achevé depuis trois mois comprend l'école et des dépendances et le logement de l'instituteur ; il ne comporte qu'un seul rez-de-chaussée.

    1- Maison d´école : Outre une cour clôturée et sablée, suffisamment vaste, l´école est pourvue d´un petit préau couvert de 4.70 sur 3m sous lequel se trouvent deux loges de WC instaurés à l´usage des élèves et une fontaine d´eau courante et potable ; le tout à l´égout est organisé grâce au fleuve tout proche et le préau pourra servir en même temps d´abri, de vestiaire, lavabo. La salle de classe est un rectangle régulier de 5,50 m sur 5,35 m et 4 m de hauteur. Sa surface de 28,50 m² autorise l´admission d´une vingtaine d´élèves, chiffre qui ne sera ni atteint ni dépassé. Un éclairage très convenable est assuré par une grande baie au sud, deux fenêtres à l´est et deux portes vitrées à l´ouest. Le mobilier consiste en ce moment à un bureau avec estrade pour la maîtresse, 12 tables-bancs à 2 flancs, 1 tableau noir sur chevalet, 1 poêle à bois ; sur mes indications il sera prochainement complété par l´acquisition d´une armoire, de 2 tableaux noirs à fixer aux murs tandis que M. le maire de Gauriac prendra des mesures pour [doter] la classe du matériel d´enseignement (cartes et tableaux) réglementaires.

    2- Logement. Ainsi que l´énonce le projet de bail qui nous est soumis, le logement de l´institutrice qui fait suite à la salle de classe se compose d´une cuisine avec souillarde, chai et WC particulier, eau dans l´évier, sommairement meublée d´une table, 2° d´une salle à manger avec cheminée et meublée d´une table d´un buffet et de deux chaises, 3° d´une chambre à coucher avec cheminée également pourvue de sa literie, une armoire à glace et de deux chaises et communiquant avec un cabinet de toilette (table de toilette) ; les murs de la salle à manger et de la chambre à coucher et dépendances seront entièrement tapissées."

    Institutrice désignée le 2 janvier 1929.

Références documentaires

Bibliographie
  • COCKS Charles, FERET Edouard. Bordeaux et ses vins classés par ordre de mérite. Bordeaux : Féret et Fils, 1874 (3e édition).

    P. 405.
  • COCKS Charles, FERET Edouard. Bordeaux et ses vins classés par ordre de mérite. Bordeaux : Féret, 1893 (6e édition).

    P. 544-545 [ill.].
  • COCKS Charles, FERET Edouard. Bordeaux et ses vins classés par ordre de mérite. Bordeaux : Féret, 1922 (9e édition).

    P. 335, 821.
  • BALDES Henri Robert, BELAIR Bernard, GACHET Pierre, POUGET Sylvie, SEGUIN Daniel. Gauriac, un village chargé d'histoire. Association du patrimoine gauriacais, 2019.

    p. 88
Périodiques
  • CASTEX Yves. "Mon île n'est pas en friche !". L'Estuarien, n°11, janvier 2005.

  • LASSERRE Benoît. "L'ermite avait l'accent suisse". Article du journal Sud Ouest, 23 août 2013.

Liens web

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