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  • (c) Région Nouvelle-Aquitaine, Inventaire général du patrimoine culturel
  • (c) Conseil départemental de la Gironde

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Estuaire de la Gironde (rive gauche) - Pauillac
  • Commune Saint-Julien-Beychevelle
  • Lieu-dit Beychevelle
  • Cadastre 1825 D1 17 à 20  ; 2011 D2 1918
  • Dénominations
    château
  • Précision dénomination
    château viticole
  • Parties constituantes non étudiées
    parc, chai, cuvage, cour, portail, chapelle, ferme, logement

Un château féodal est attesté dès le 14e siècle, appartenant aux comtes de Foix. L'évêque François de Foix-Candale fait construire un premier château en 1565.

Puis le château passe dans les mains de la maison d'Epernon, notamment Jean-Louis de Nogaret de la Valette, 1er duc d'Epernon, Grand Amiral de France. Son fils Bernard de Foix et de la Valette, 2e duc d'Epernon, gouverneur de la Guyenne, fait reconstruire la partie centrale du château en 1644 (contrats avec les architectes, Gassiot Delerm et Pierre Coutereau, et le maître-charpentier, Pierre Husset).

Au début du 18e siècle, le domaine passe à Jean-Baptiste d'Abadie, baron de Lamarque et Beychevelle, Président du Parlement de Bordeaux. Son neveu, Etienne-François de Brassier, Baron de Lamarque et Beychevelle, Conseiller au Parlement, hérite de la propriété en 1717.

En 1757, son fils aîné François-Armand de Brassier fait reconstruire le château. Un plan du domaine à cette époque montre comment le château d'origine en forme de U est complété de deux cours latérales formées par les ailes en retour d'équerre.

Au 19e siècle, ce sont Pierre-François Guestier (de 1825 à 1875) et Armand Heine (de 1875 à 1883) qui marquent l'histoire du château. Le premier fait aménager des écuries et le second apporte de nombreuses modifications et agrandissements comme en attestent les augmentations et diminutions des matrices cadastrales : construction nouvelle d'une cuisine en 1874 (D18), augmentation de construction d'une maison en 1880 (D18), construction nouvelle d'une maison en 1881 (D13), augmentation de construction du château en 1883 (D18). C'est notamment l'aile nord qui a été modifiée et augmentée à cette époque avec le concours de l'architecte Henri Duphot. L'épouse d'Armand Heine, Marie-Amélie Kohn, originaire de Louisiane, dirigea les travaux de décoration intérieure. Elle est aussi à l'origine de la restauration de la chapelle du château, pour laquelle elle demande à un peintre serbe, Vlacho Bukovac, de peindre une Descente de croix (le tableau d'autel de la chapelle représente une Assomption de la Vierge signée Bukovac). Elle commande à Victor Lambert, qui avait à Bordeaux un atelier d'objets pieux et de "chasublerie", une collection d'objets sacrés. A la mort de Marie-Amélie Heine, c'est son gendre Charles Achille-Fould qui reprend le domaine jusqu'à sa mort en 1926. Le parc est réaménagé à la demande de son fils, Armand Achille-Fould, par le paysagiste Ferdinand Duprat vers 1928.

Un cuvier béton est installé en 1960. Depuis 1989, la propriété appartient aux groupes Grands Millésimes de France et Suntory. D'importants travaux ont été réalisés : construction d'un bâtiment d'accueil (1991), réception des vendanges (1992).

Un nouveau cuvier avec salle de dégustation est construit en 2015-2016.

La demeure présente sa façade occidentale sur une cour formée par deux ailes en retour d'équerre, plantée d'un cèdre, et donnant sur la route de Bordeaux à Pauillac. Cette façade est ouverte de 11 baies en arc segmentaire et encadrée de deux pavillons à étage carré avec lucarne. Les trois travées centrales forment ressaut et sont surmontées d'un fronton triangulaire orné d'un décor sculpté. L'aile nord de la cour se termine à l'ouest par un pavillon abritant une chapelle. La façade orientale ouvre sur le jardin auquel on accède par une terrasse et un escalier à double volée. Cette vaste façade en rez-de-chaussée surélevé est scandée de 24 ouvertures et rythmée par deux pavillons à étage, de deux travées avec lucarnes, et par un avant-corps central de trois travées surmonté d'un fronton triangulaire sculpté. Des jambes à bossage renforcent également le rythme de la façade. Les baies sont en arc segmentaire avec chambranle mouluré à crossettes. Une corniche moulurée règne sur l'ensemble des façades et est surmontée d'une balustrade d'attique. La porte centrale est encadrée de deux pilastres à chapiteaux ioniques qui soutiennent un entablement mouluré surmonté d'une corniche à denticules. Une vaste aile est disposée en retour d'équerre au nord-est : en rez-de-chaussée surélevé, elle est ouverte de 16 baies en arc segmentaire à crossettes. Les baies du niveau de soubassement, traité en bossage, sont également en arc segmentaire. Une travée se distingue avec une triple baie dotée d'un balcon et coiffée d'un dôme en ardoise ouvert par une lucarne et surmonté d'un lanterneau. Un accès à cette aile est ménagé sur la façade est avec un escalier en pierre. Cette aile est doublée au nord par une aile en rez-de-chaussée abritant les chais.

  • Murs
    • calcaire
    • pierre de taille
  • Toits
    tuile creuse, ardoise
  • Étages
    en rez-de-chaussée surélevé, en rez-de-chaussée, 1 étage carré, étage de comble
  • Élévations extérieures
    élévation ordonnancée
  • Couvertures
    • toit à longs pans
    • dôme polygonal
    • toit en pavillon
    • croupe
    • lanterneau
  • Escaliers
    • escalier de distribution extérieur : escalier tournant à retours
  • Techniques
    • sculpture
  • Représentations
    • fronton
    • pilastre
    • denticule
    • cuir découpé
    • médaillon
    • perle
    • guirlande
    • enroulement
    • raisin
    • vigne
    • volute

Estuaire

  • TRAVEE 24
  • FORBAIE arc segmentaire (fenêtre) ; arc segmentaire (porte) ; pilastres (porte) ; corniche (porte) ; crossettes (porte) ; crossettes (fenêtre)
  • POSRUE en alignement
  • POSPARC en retrait
  • POSTOPO sommet
  • ORIENT est
  • VUE vue étendue ; vue sur estuaire
  • CLOT grille ; piliers de portail ; portail en ferronnerie
  • Statut de la propriété
    propriété privée

Dès 1876, Armand Heine pense à une mise en bouteilles au château ; il écrit à son architecte Duphot et lui demande de réfléchir à "une installation commode pour pouvoir faire facilement cette besogne de mise en bouteilles sur une grande échelle".