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Château, aujourd'hui casino

Dossier IA86009397 réalisé en 2017

Fiche

Á rapprocher de

Dossiers de synthèse

Œuvres contenues

Le château de Posay, datant du 4e quart du 19e siècle, est bâti entre la route de Vicq et la rivière de la Gartempe. Transformé à partir du début du 20e siècle en casino municipal, puis privé, il a connu plusieurs agrandissements successifs jusqu'à une période récente. Dès le début des années 1920, il est un haut lieu de la vie culturelle rochelaise et proposait une multitude d'activités pour les curistes et les visiteurs de passage.

Destinationscasino, restaurant, hôtel de voyageurs
Parties constituantes non étudiéesparc, théâtre, port, hôtel de voyageurs
Dénominationschâteau
Aire d'étude et cantonVals de Gartempe et Creuse - Pleumartin
Hydrographiesla Gartempe
AdresseCommune : La Roche-Posay
Lieu-dit : Posay
Cadastre : 1833 E 71 ; 2017 AP 191, 345, 346

Le château de Posay a été construit en 1878 par le couple Caliste Betoulle, avocat à Montmorillon, et sa femme Marie Dubrac de la Salle.

À l'origine, les terres sur lesquelles il est bâti appartenaient à la famille Dubrac de la Salle depuis au moins deux générations ; le grand-père paternel de Marie Dubrac de la Salle les possédaient déjà avant 1833. La famille possédait aussi plusieurs édifices proches les uns des autres, dont l'ancienne église Saint-Martin de Posay-le-Vieil. Marie Dubrac de la Salle en hérite après les décès successifs de ses parents en 1864 et 1865. En 1862, elle avait épousé l'avocat Caliste Betoulle et résidait avec lui à Montmorillon, d'où il était originaire.

Quelques années plus tard, le couple décide de se faire bâtir une grande demeure à Posay. Ils font donc construire le château en 1878, à la place d'un bâtiment qu'ils avaient détruit un an plus tôt. Bâti dans un style éclectique, caractéristique de la deuxième moitié du 19e siècle, il arbore notamment un vocabulaire néo-renaissance, identifiable au niveau des lucarnes et des tourelles d'escalier.

Les époux Betoulle y résident avec leurs deux filles, Fanny et Marthe, une institutrice, un garde, un cocher, un cultivateur et deux domestiques. Outre le château, ils font aménager un grand parc d'agrément au nord du logis, en lieu et place d'anciens labours et de vignes. Le jardin à l'anglaise est constitué de vastes espaces herbés en pelouse, parsemés de grands arbres, notamment des résineux. Plusieurs allées sinueuses permettent aux propriétaires et à leurs invités de se promener à l'intérieur du parc. Le domaine est clôturé par un long mur en pierre calcaire qui s'étend de la route de Vicq jusqu'à la Gartempe. L'entrée se faisait par un portail situé vers la route, au nord-ouest du château. Marie Dubrac de la Salle décède subitement au château en 1882, à 41 ans. En 1889, Marthe Betoulle, la fille cadette de la famille, épouse le comte Amblard de Beaumont, originaire de Beynac en Dordogne. Il s'installe à Posay avec son épouse. Les propriétaires sont toujours assistés par une multitude de domestiques. Ainsi, en 1891, le château loge une nourrice, une femme de chambre, un groom, une cuisinière, un cocher, un jardinier, un vacher, une laitière, et un garde particulier. Après le décès de Caliste Betoulle en 1905, la propriété échoit officiellement à Marthe Betoulle et son époux Amblard du Beaumont. Ils résident au château avec leurs trois filles et des domestiques, au moins jusqu'en 1911.

Dès 1912, un projet d'installation d'un casino municipal à La Roche-Posay est mûri par plusieurs personnalités de la commune. Eugénie Nau, actrice poitevine vivant à Paris, prévoit de faire bâtir un petit casino provisoire en face de l'ancien Établissement thermal, en attendant la construction d'un grand casino municipal. Elle négocie une convention avec la mairie pour être désignée comme concessionnaire des jeux. Pour le grand casino municipal, elle pensait l'installer dans le parc du château de Posay. Elle arrêta son choix sur ce lieu pour plusieurs raisons : en plus du cadre agréable que procurent la Gartempe et les pelouses du jardin, son implantation forcerai les curistes à circuler dans la commune. Ils seraient ainsi obligés de passer par la vieille ville pour rejoindre l'Établissement thermal, ce qui serait bénéfique pour le commerce local. Cependant, le docteur Benjamin Bord, président de la Société Hydrominérale, s'oppose à ce projet car il juge l'emplacement trop éloigné de l' Établissement thermal. La convention de Mme Nau arrivant à terme et aucun casino n'ayant été construit, la Société Hydrominérale obtient elle aussi l'autorisation de construire un petit casino provisoire. Elle l'installa dans un baraquement de bois à proximité de l'Hôtel du Parc.

En 1922, Amblard de Beaumont vend le domaine du château de Posay à un certain Louis Loyer, qui le revendra en 1924 à la Société Immobilière de La Roche-Posay. Son nouveau directeur, Georges Deloffre, originaire de Laon, pensait réaliser des captages d'eaux thermales et installer un nouvel établissement de soins à l'intérieur du château, en concurrence directe avec la Société Hydrominérale. Après plusieurs négociations entre le Dr. Bord et M. Deloffre, le projet d'établissement thermal fut abandonné par la Société Immobilière, qui en échange installa le grand casino municipal à l'intérieur du château. Avec la nouvelle destination du bâtiment, plusieurs aménagements sont réalisés dès 1924. Du côté nord, une terrasse couverte est ajoutée entre les deux pavillons d'angles. Elle donne accès à une salle de jeux, dans la partie gauche, et à un restaurant. Les joueurs pouvaient s'adonner au jeu de la boule, sorte de roulette, au rez-de-chaussée, et au baccara à l'étage. Une partie du château est aussi aménagée en hôtel et accueille les touristes à partir de 35 francs.

Un théâtre de 600 places est aussi construit. Plusieurs types de spectacles sont donnés de manière régulière, comme des concerts d'orchestre symphonique, de music-hall, des spectacles comiques, des pièces de théâtre, etc. Les représentations sont généralement effectuées par des artistes parisiens. C'est Eugénie Nau qui en est la directrice en 1924. La Société Immobilière aménage par ailleurs un cinéma dès 1924. Les séances, accompagnées par un orchestre symphonique, ont lieu trois fois par semaine. Ces nouvelles salles de spectacles prennent places dans une extension réalisée vers l'élévation sud du château. L'ancienne église de Posay-le-Vieil fut détruite en 1922, probablement pour laisser la place à ce nouvel agrandissement du casino.

Le droit d'entrée au parc est fixé à un franc en 1924. Il donne droit à une carte nominative, valable le temps de la saison. S'étendant sur 7 hectares, les curistes peuvent s'y adonner au sport, notamment au football et au tennis. Des concerts en extérieur y sont aussi organisés tout les jours dans l’après-midi. On y trouve aussi un stand de tir, lieu de concours organisés par la société « Les Francs-Tireurs » de La Roche-Posay. Un petit port sur la Gartempe permettait de se baigner, de pécher et de s'adonner au canotage dans de petites barques. Des régates et des fêtes nautiques étaient aussi organisées. Plusieurs voitures sont affectées aux déplacements des curistes et font les navettes entre la gare, les thermes et le casino.

Entre 1925 et 1931, le château fut agrandit par plusieurs ajouts extérieurs, certains encore visibles aujourd'hui. Tout d'abord, deux petites extensions avec toits en terrasses prolongent les pavillons d'angles vers le nord. Elles encadrent une nouvelle terrasse couverte, plus spacieuse que l'ancienne. La façade orientale du théâtre, accolée au casino et encore visible aujourd'hui, fut aussi construite pendant cette période. Bâti en 1928, l'« Hôtel du Casino », d'une capacité de 32 chambres, est situé dans un bâtiment indépendant au sud-est du château.

La Seconde Guerre mondiale mettra un frein à l'activité florissante de la Société Immobilière. Entre 1939 et 1946, le casino et l'hôtel sont réquisitionnés pour héberger, parfois conjointement, des soldats allemands, des troupes françaises, des réfugiés, des services de l'État, etc. Ainsi, la Société Immobilière accueille des réfugiés mosellans du village de Falk, cent officiers de la SNCASO (Société Nationale des Constructions Aéronautique du Sud-Ouest), des troupes allemandes, plus de 180 membres d'une école pour enfants handicapés de la région parisienne, des réfugiés normands en transit, des anciens combattants convalescents rapatriés d'Allemagne, ainsi que des forces du FFI , des FTP et de la division des blindés Leclerc.Suite à ces séjours et hébergements successifs, des dégradations mineures sont apportés aux bâtiments du château et de l'Hôtel du Casino. Une fois les occupants partis et les réparations effectuées, le casino repris son activité sous la direction de la Société Immobilière.

L'après-guerre fut un moment de renouveau pour le casino, qui vit la construction de nouvelles extensions. Ainsi, la terrasse située entre les deux petites terrasses des pavillons d'angles fut largement agrandie en 1956 pour accueillir la salle de danse et un bar dancing. Il s'agit de la partie du casino dévolue aujourd'hui à la salle du restaurant. Après les années 1950, le décor au dessus des lucarnes a été perdu et remplacés par des frontons en béton. Ils reprennent la silhouette des anciens frontons en pierre sculptée sur l'élévation nord, mais pas sur l'élévation sud, où ils sont de forme triangulaire. Vers 1975, un long corps de bâtiments de plain-pied fut accolé au nord-ouest du château pour accueillir les chambres et la salle à manger de l'Hôtel du Château.Un an plus tard, dans la partie nord-est du parc, débutaient les travaux de l'usine de production des produits cosmétiques de La Roche-Posay. Les nouveaux bâtiments sont situés à l'emplacement des anciens cours de tennis. Au début des années 2000, le casino fût agrandi vers le sud par un bâtiment circulaire. Cette nouvelle extension, la plus grande depuis la création du casino, est notamment dédiée aux jeux puisqu'elle héberge la salle des machines à sous. Son édification avait demandé, quelques années auparavant, la destruction complète de l'ancien Hôtel du Casino.

Aujourd'hui, le château de Posay est donc un amalgame de plusieurs constructions et extensions d'époques et de styles différents. Si ces modifications ont permis de développer l'activité du casino, elles rendent difficile l'appréciation de la partie la plus ancienne de l'édifice.

Période(s)Principale : 4e quart 19e siècle , daté par source
Secondaire : 2e quart 20e siècle , (?)
Secondaire : 3e quart 20e siècle , (?)
Secondaire : 4e quart 20e siècle , (?)
Secondaire : 1er quart 21e siècle , (?)
Dates1878, daté par source
Auteur(s)Auteur : auteur inconnu maître d'oeuvre inconnu

Le château de Posay est constitué de quatre corps de bâtiments distincts : une construction de plan rectangulaire orientée nord-sud, encadrée par deux pavillons d'angles en retour d'équerre à l'est et à l'ouest, et prolongée au sud-ouest par une tour carrée couverte d'un toit en pavillon.

La façade principale du corps de logis est située au nord, en direction du parc et du portail d'entrée du domaine. Elle présente trois travées et trois niveaux d'ouvertures, la travée centrale étant légèrement excentrée vers la gauche. La porte principale ne se trouve pas au centre de la façade mais au niveau de la travée de gauche. Chaque ouverture est couverte d'une plate-bande munie d'une clé saillante en forme de volute et ornée d'acanthes. La corniche au sommet de l'élévation est interrompue en trois endroits par les appuis des lucarnes. Ces dernières ont la même forme que les autres fenêtres de la façade, mais elles sont couronnées par des frontons polygonaux encadrés de volutes et percés d'œils de bœufs aveugles, le tout terminé par des frontons cintrés. À l'origine, chaque lucarne était décorée de lambrequin au niveau de la plate-bande.

Les deux pavillons d'angles, situés de chaque côté du corps de logis, sont pratiquement identiques. Vers le nord, ils présentent deux travées d'ouvertures réparties sur deux niveaux. Le troisième niveau est éclairé par une lucarne située entre les deux travées de fenêtres. L'appui de cette-ci est situé au même niveau qu'un bandeau saillant, régnant sur la façade, lui même prolongeant la corniche du corps de logis. Au dessus de ce bandeau, une large frise règne sur toute l'élévation nord des pavillons. Elle est ornée d'une succession de moulures verticales, ressemblants à de fines balustres. Une corniche ornée de cannelures couronne enfin l'élévation nord des pavillons.

Une tourelle semi-circulaire est située à la jonction entre le corps de bâtiment principal et le pavillon d'angle occidental. Elle est supportée par un cul-de-lampe ouvragé, représentant un dragon la gueule ouverte, et couverte par un toit en poivrière. Une seconde tourelle, de forme carrée, se trouve à l'angle extérieur du pavillon oriental, vers la Gartempe.

Le corps de logis et les pavillons sont chacun couverts par un toit à deux versants et à croupes. Les faîtages sont décorés de grands épis en métal. Cinq souches de cheminées, deux pour le pavillon est, deux pour le corps de logis, et une pour le pavillon occidental, sont visibles depuis l'extérieur.

La tour carrée, accolée au sud du pavillon occidental, est bâtie sur 3 niveaux. Une porte donne accès sur l'extérieur depuis le sud. Les ouvertures du rez-de-chaussée et du premier étage sont assez similaires au reste de l'édifice : elles sont couvertes d'une plate-bande avec une clé saillante en forme de volute. Le troisième niveau est rendu visible depuis l'extérieur car il est situé au dessus d'une corniche saillante qui règne sur toute les élévations du château. Les fenêtres de ce niveau sont couvertes par des arcs en plein cintre. Le sommet du toit en pavillon était autrefois décoré par un petit lanternon qui a été supprimé entre les années 1930 et 1950.

Malgré l'extension des années 2000 qui s'est greffée à l'est du château, la façade orientale du théâtre est encore partiellement visible aujourd'hui. Une grande ouverture couverte par un arc déprimé muni d'une clé saillante prend place sous un large fronton-pignon à base interrompue. Il est supporté par quatre consoles, deux de chaque côté de la baie. Au niveau du tympan, un grand cartouche inscrit de la mention « THÉÂTRE » est placée à l'aplomb du monogramme de la Société Immobilière de La Roche-Posay (SIRP).

Les extensions réalisées sur la façade nord entre la fin des années 1920 et les années 1950 présentent une architecture plus dépouillée que le reste de l'édifice. Elles sont ouvertes par de grandes baies carrées et leurs toits terrasses sont protégés par une balustrade.

Murscalcaire moellon enduit
Toitardoise
Étages1 étage carré, étage en surcroît
Couvrements
Couverturestoit à longs pans
toit à longs pans croupe
Escaliers
Techniquesmaçonnerie
Représentationsdragon balustre cartouche monogramme fronton acanthe
Statut de la propriétépropriété d'une société privée
Intérêt de l'œuvreà signaler

Références documentaires

Documents d'archives
  • Dommages de guerre: La Roche-Posay.

    Archives départementales de la Vienne, Poitiers : 92 W 178
  • Santé publique et salubrité: Commune de La Roche-Posay, plan d'aménagement, d'embellissement et d'extension.

    Archives départementales de la Vienne, Poitiers : 5 M 421
  • Fonds des architectes Léon, Maurice et Lucien Martineau, Archives départementales de la Vienne, Poitiers, 4 J 445, 4 J 216, 4 J 367.

    Archives départementales de la Vienne, Poitiers : 4 J 216, 4 J 353, 4 J 367, 4 j 445
Bibliographie
  • Beauchet-Filleau H. ; Chergé Charles de ; Beauchet-Filleau, Paul [éditeur]. Dictionnaire historique et généalogique des familles du Poitou : t. 3. Poitiers : S.F.I.L., 1905.

  • Frouin, R. Quelques glanes d'histoire rassemblées, La Roche-Posay.

  • Rougé, Jacques-Marie, Voyage en Touraine, 1973.

  • Syndicat d'initiative de La Roche-Posay, La Roche-Posay et ses environs: guide du baigneur et du touriste, 1924.

  • Société Hydrominérale de La Roche-Posay, La Roche-Posay, organe mensuel de la station thermale, n°7, 1er juillet 1931, Paris.

Liens web

(c) Région Nouvelle-Aquitaine, Inventaire général du patrimoine culturel ; (c) Communauté d'Agglomération de Grand Châtellerault (c) Communauté d'Agglomération de Grand Châtellerault - Maturi Paul
Maturi Paul

Chercheur associé à la Communauté de Communes des Vals de Gartempe et Creuse (2015-2016), puis à la Communauté d'Agglomération de Grand Châtellerault (2017-...).


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