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Chapelle Sainte-Radegonde

Dossier IA17001189 réalisé en 1999

Fiche

Précision dénominationChapelle Sainte-Radegonde
VocablesSainte-Radegonde
Dénominationschapelle
Aire d'étude et cantonVals de Saintonge Communauté - Saint-Jean-d'Angély
AdresseCommune : Courant
Lieu-dit : Adresse : route de
Sainte-Radegonde
Cadastre : 2016 ZT 46 ; 1828 E1 80

Au détour de la route qui relie le bourg de Courant à celui de Ligueuil, en haut d’un coteau, se dresse la chapelle Sainte-Radegonde. De style néogothique, elle ne laisse pas le passant insensible tant elle semble veiller sur la campagne alentour. Pourquoi avoir construit une chapelle à cet endroit, dans ce lieu isolé ?

On ne peut rien assurer sur l’origine de sa construction, on sait seulement qu’elle serait la conséquence d’une légende.

Cette légende raconte que Radegonde, fuyant son mari, le roi de la dynastie des Mérovingien Clotaire 1er, fils de Clovis, se serait arrêté avec son escorte dans le vallon de Courant, fatiguée et assoiffée. Sa prière aurait ainsi fait jaillir trois sources dont les vertus miraculeuses sont à l’origine d’importants pèlerinage jusqu’au 20e siècle. Ces fontaines auraient pour vertus de soigner la douleur, les yeux et une autre étancherait la soif.

Vraisemblablement construite au 14e siècle, cette chapelle pose bien des questions. Des fouilles entreprises en 1875 mirent au jour des sépultures placées aux alentours immédiat de l’édifice. Des document plus anciens du 16e siècle indiquent que la chapelle dépendait du monastère Sainte-Croix de Poitiers, monastère fondé par sainte Radegonde. Quelques années plus tard, en 1530, il passe aux mains des religieux de Montierneuf, dont le titulaire avait le titre de « prieur curé de Sainte-Radegonde ».

Lors des guerres de Religion, une partie de la chapelle est détruite par les protestants et de cette époque ne subsistent qu’une partie des murs latéraux et des contreforts plats. Une fois la paix revenue, les abbés de Montierneuf relèvent les ruines en reconstruisant le mur du chevet avec ses deux contreforts d’angles. Celui-ci était percé, à l’origine, d’un grand fenestrage gothique aujourd’hui muré. La façade et le clocher, construit dans un style néo-gothique, ont été reconstruits, quant à eux, au 19e siècle.

Au début du 20e siècle, l’acte de vente de la laiterie, voisine de la chapelle, comporte un certain nombre de conditions relatives au pèlerinage. Il est alors dit que : « à la date du 13 août de chaque année, les écuries, remises, hangars et cour dépendant des immeubles vendus devront être laissés à la libre et entière disposition des pèlerins venus pour la fête de sainte Radegonde et des voitures et des chevaux amenés par eux. De plus, une chambre de la maison sera laissée à la même date à l’entière disposition des ecclésiastiques. Et ce, pendant tout le temps que durera le pèlerinage ». Conditions qui prouvent que ce pèlerinage était important.

En 1958, le directeur de la laiterie négocie une nouvelle condition concernant les pèlerinages. Vu qu’il n’y avait plus ni chars à bancs, ni chevaux à entreposer, la laiterie à pris en charge l’allongement de la sacristie existante sur le terrain appartenant à la chapelle.

En 1992, quelques riverains s’inquiètent de l’état de la chapelle, dont on voyait le jour à travers le toit. Des pin’s ont été vendus afin de pouvoir payer la réfection de la toiture et pour gérer cette rentrée d’argent, l’association « Les Amis de Sainte-Radegonde » a été créée en 1993. L’association se consacre uniquement à l’animation de la chapelle puisque l’édifice religieux appartient à la commune depuis quelques années.

En 1999, la commune, avec l’aide de collectivités, organise un chantier d’insertion pour la remise en état de l’intérieur de la chapelle. Les abords sont aménagés avec la création du chemin qui mène à l’édifice et la plantation de tilleuls.

Le site où se situe les fontaines « miraculeuses » a été cédé à la commune par un riverain en 1994. Dès lors, elle a entreprit des travaux de restauration de ce site et des fontaine, l’inauguration des travaux de restauration a eu lieu en 2000.

Période(s)Principale : 14e siècle
Principale : 19e siècle
Dates

La chapelle, construite sur un coteau entre le bourg et le hameau de Ligueuil, comprend une façade occidentale en pierre de taille, flanquée de contreforts d’angles et de style néo-gothique. Elle est percée d’un portail en arc brisé à une voussure, reposant sur des abaques se prolongeant sur le nu du mur. Le portail est encadré de deux piliers à chapiteaux sculptés de feuillages et de têtes d’animaux. Au-dessus se situe une baie circulaire moulurée dotée à l’intérieur d’un décor formant une rosace. Encore au-dessus se trouvent deux fenêtres jumelées aux linteaux trilobés. Le haut de cette façade, sur laquelle trône une croix en pierre, est soulignée par une corniche moulurée.

Le clocher carré en pierre de taille, également de style néo-gothique, s’élève sur trois niveaux. Les deux premiers, pourvus de contreforts d’angles, sont percés de hautes baies étroites. Le dernier niveau est doté sur ses quatre faces de baies en arc brisé surmontées d’archivoltes sur pendentifs. Sa toiture, une flèche polygonale, est couverte en pierres.

La façade nord est flanquée de deux contreforts plats, de deux fenêtres gothiques (une est murée) et la travée suivant le clocher est ornée d’une corniche soutenue par des modillons sans style. La façade sud est analogue à la précédente, elle comprend une fenêtre de plus.

Le chevet, flanqué d’une sacristie dans sa partie basse, est paré de deux contreforts d’angles et d’une grande fenêtre gothique aujourd’hui murée.

À l’intérieur, la chapelle se compose de trois travées gothiques voûtées d’ogives, dont les voûtes ont été refaites en plâtre. La deuxième travée est délimitée par deux gros piliers dotés de chapiteaux à crochets portant un doubleau, eux-mêmes flanqués de deux plus petits portant des formerets et des croisées d’ogives. La troisième travée, celle du choeur, est limitée dans les deux angles par des petites colonnes.

Les murs nord et sud sont dotés de deux tableaux, l'un présente Radegonde en reine de France et l’autre sainte Radegonde. Sur le mur sud se situe une ouverture gothique haute et droite qui donne accès à un escalier en colimaçon placé dans l’épaisseur du mur d’un contrefort.

Sur le mur de l’abside on peut lire l’inscription « Sainte Radegonde priez pour nous », et sur la porte qui mène au clocher se situe l’inscription « Je me nomme Victoire de G. Lespin j’ai été fondue par Grouzet Hildebrande en l’an MDCCCLXXIX (1879) et posée le 13 août de la même année, devant monseigneur Thomas évêque de La Rochelle et monsieur Martinaud maire de Courant. Mon parrain est Louis-Charles-Victor de Saint-Blancard, ma marraine est la baronne Ondet née Victoire ».

Murscalcaire moellon
pierre de taille
Toittuile creuse
Étages1 vaisseau
Couvrementsvoûte d'ogives
Couverturestoit à longs pans
Escaliersescalier intérieur : escalier en vis en maçonnerie
État de conservationbon état
Statut de la propriétépropriété de la commune

Annexes

  • Sainte-Radegonde

    Extrait du fascicule « Sainte-Radegonde, vie de la sainte et pèlerinage », par les Amis de Sainte-Radegonde. Imprimerie Bordessoules, Saint-Jean d’Angély, 2003.

    « Dans l’année 526, Clotaire, roi de Neustrie, s’était joint comme auxiliaire à son père, Thierri, qui marchait contre les Thuringiens, peuple de la Confédération saxonne. Les Thuringiens furent défaits dans plusieurs batailles, leur pays, ravagé par le fer et le feu, devint tributaire des Francs, et les deux rois vainqueurs se partagèrent le butin et les prisonniers.

    Dans le lot de Clotaire se trouvaient deux enfants de race royale, le fils et la fille de Berthaire, l’avant-dernier roi des Thuringiens. La jeune fille, nommée Radegonde, avait à peine 10 ans, ses larmes et sa beauté naissante touchèrent le coeur de Clotaire, qui l’emmena dans les Gaules et la plaça dans une de ses maisons royales, au domaine d’Athies, dans la Somme.

    Là, par les soins de Clotaire qui avait formé le dessein de la prendre pour épouse, elle reçut des plus excellents maîtres une éducation conforme au rand qu’elle devait occuper un jour. Elle fut instruite dans la religion chrétienne par saint Médard, évêque de Noyon, et elle reçut de ses mains le baptême. Elle puisa dans ses enseignements les principes de la foi la plus vive et la plus sincère. En même temps elle étudiait, avec une merveilleuse intelligence, les lettres romaines et les ouvrages des Pères de l’Église. En lisant l’Écriture et les Vies des saints, elle pleurait et souhaitait le martyre, ce n’était pas sans terreur qu’elle voyait approcher le moment d’appartenir comme femme au roi dont elle était la captive et qui avait causé tous les malheurs de sa famille.

    Cependant Radegonde, résignée à la volonté de Dieu, accomplit le douloureux sacrifice qui lui était imposé, elle épousa Clotaire et devint reine. Mais l’attrait de la puissance et des richesses n’avaient rien qui pût séduire son âme tout occupé de Dieu. Le temps dont elle pouvait disposer après l’accomplissement des devoirs que lui imposait sa fonction, elle le consacrait à des œuvres de charité au d’austérité chrétienne, elle se dévouait personnellement au service des pauvres et des malades.

    La maison royale d’Asthies où elle avait été élevée et qu’elle avait reçue en présent de noces, devint un hospice pour les femmes indigentes, et l’une des plus douces occupations de la reine était de s’y rendre pour remplir l’office d’infirmière dans ses détails les plus rebutants. Elle jeûnait fréquemment, et assise à la table somptueuse du roi son époux, elle faisait servir les mets les plus simples, des légumes et des fruits secs composaient toute sa nourriture. Souvent la nuit elle se levait pour s’agenouiller dans son oratoire et offrir à Dieu ses larmes et ses prières.

    Cependant Radegonde aspirait de tous ses vœux à la vie du cloître, mais les obstacles étaient grands, et six années se passèrent avant qu’elle osât les braver. Un dernier malheur de famille lui donna ce courage. Son frère, qui avait grandi à la cour de Clotaire, comme otage de la nation thuringienne, fut mis à mort par l’ordre de ce prince. Dès que Radegonde apprit cet horrible meurtre, elle demanda à Clotaire l’autorisation de se retirer dans un monastère, et ayant obtenu l’assentiment du roi, elle se rendit à Noyon, auprès de saint Médard.

    Elle trouva le saint évêque dans son église, officiant à l’autel, et s’approchant vers lui, elle lui dit : « j’ai renoncé au trône pour embrasser la vie religieuse, et je viens te supplier de me consacrer à Dieu ». L’évêque répondit : « l’homme ne peut séparer ce que dieu a uni ». comme elle insistait , il demanda le temps de réfléchir. Alors les seigneurs et les guerriers francs que Clotaire avaient chargés d’escorter la reine craignant que ce prince ne se repentît d’avoir donné son consentement à une séparation irrévocable, proférèrent conte saint Médard des paroles menaçantes, disant qu’il n’avait pas le droit d’enlever au roi une femme qu’il avait solennellement épousé. Les plus furieux osèrent mettre la main sur lui et l’entraîner des degrés de l’autel dans la nef de l’église.

    Pendant ce tumulte, Radegonde, qui avait cherché un refuge dans la sacristie, jeta, par une inspiration soudaine, un costume de religieuse sur ses vêtements royaux, rentra dans l’église,et s’avançant vers saint Médard, qui était assis dans le sanctuaire : « Si tu tarde d’avantage à me consacrer, dit-elle, si tu crains plus les hommes que Dieu, tu auras à rendre compte au pasteur souverain qui te redemandera l’âme de ses brebis ». Ces paroles imposèrent le respect aux Francs, et saint Médard, y voyant un ordre du ciel, n’hésita plus, il se leva, imposa ses mains sur Radegonde et lui conféra le titre de diaconesse, quoiqu’elle n’eût pas l’âge requis pour l’obtenir. Le diaconat, espèce de sacerdoce, mettait les femmes qui en étaient revêtues en rapport immédiat avec l’Église.

    La première pensée de Radegonde, après avoir été ainsi consacrée à Dieu, fut de se dépouiller de tout ce qu’elle portait sur elle de joyaux et d’objets précieux. Elle couvrit l’autel de ses ornements de tête, de ces bracelets, de ses agrafes de pierreries, de ses franges de robes tissées de fil d’or et de pourpre, elle brisa de sa propre main sa riche ceinture d’or, en disant : « Je la donne aux pauvres ».

    Libre enfin, elle se rendit à Poitiers où elle fonda un monastère qu’elle plaça sous le vocable de la sainte Vierge et dans lequel elle établit le règle de saint Césaire, évêque d’Arles. L’étude des lettres figurait au premier rang des occupations imposées à la communauté, on devait y consacrer deux heures par jour, et le reste du temps était donné aux exercices religieux, à la lecture des livres saints et aux ouvrages de femmes. Les religieuses les plus instruites s’occupaient à transcrire des livres pour en multiplier les copies.

    Après avoir ainsi tracé la voie et donné l’impulsion, Radegonde abdiqua toute suprématie, et fit élire abbesse Agnès, jeune fille dont elle avait surveillé l’éducation. Volontairement descendue au rang de religieuse, elle faisait sa semaine de cuisine, balayait à son tour la maison, portait l’eau et du bois comme les autres, mais malgré cette apparence d’égalité, elle était reine dans le couvent par le prestige de sa naissance royale. C’était elle qui maintenait ou modifiait la règle, c’était elle qui raffermissait par des exhortations de tous les jours les âmes chancelantes, et qui expliquait, pour ses jeunes compagnes, le texte de l’Écriture sainte.

    L’Empereur d’Orient, Justin II, ayant envoyé à Radegonde un morceau de la vraie croix, la réception de cette prestigieuse relique se fit avec toute la pompe des cérémonies religieuses, et l’on entendit alors pour la première fois le Vexilla regis, hymne célèbre en l’honneur de la croix, que Fortunat, évêque de Poitiers, avait composé pour cette solennité. Ce fut aussi à dater de ce jour que le monastère prit le nom de Sainte-Croix.

    Dans les dernières années de sa vie, Radegonde redoubla ses austérités. « Celui, dit Fortunat, qui pourrait retracer ses travaux, sa charité pour les pauvres, ses rigueurs pour elle-même, celui-là prouverait qu’elle fut à la fois martyre et confesseur ». Sainte-Radegonde mourut en 587. Ses funérailles furent célébrées par Grégoire, évêque de Tours, au milieu d’un immense concours de peuple, et, suivant sa volonté dernière, elle fut inhumée dans l’église de Notre-Dame hors des murs (aujourd’hui Sainte-Radegonde), qu’elle avait fait construire.

  • Le pèlerinage de Sainte-Radegonde

    Le pèlerinage de Sainte-Radegonde, d'après le fascicule "Sainte-Radegonde, vie de la sainte et pèlerinage", par l'association des Amis de Sainte-Radegonde, imprimerie Bordessoules, 2003.

    La légende raconte que Sainte-Radegonde, fuyant son mari, le roi Clotaire 1er, serait passée et se serait arrêtée en ce lieu, au bord de ce chemin. Fatiguée et assoiffée, sa prière aurait fait jaillir trois sources dont les vertus miraculeuses sont à l’origine d’importants pèlerinages jusqu’au 20e siècle. Ces fontaines auraient pour pouvoir de soigner la douleur, la goutte et les yeux et une autre étancherait la soif.

    Si on ne connaît pas la date de commencement des pèlerinages, on sait que l’origine est du au fait qu’une personne étrangère à notre région ayant obtenu une grâce, fit réparer la chapelle. Elle fut rénovée et augmentée d’une travée, la charpente fut refaite, une voûte recouvrit gracieusement la petite nef, un autel fut érigé au fond du sanctuaire et deux vitraux furent posés, un présentant sainte Radegonde et l’autre l’Immaculée Conception. Monseigneur Thomas, diocésain à Sainte-Radegonde, participa à cet hommage en offrant une grande toile représentant la sainte en costume de reine.

    Chaque année tous les 13 août, 2000 voire 3000 pèlerins accouraient à la chapelle, sous la conduite de leurs pasteurs, en espérant pouvoir bénéficier d’un miracle. Depuis des temps reculés, les fidèles se rendaient à Sainte-Radegonde de Courant afin de faire ce qu’ils appelaient « des voeux ». Cette expression signifiaient pour eux qu’ils faisaient le pèlerinage pour tenir une promesse faite à la sainte, ou bien qu’ils se rendaient au sanctuaire pour obtenir une grâce spéciale.

    D’après des faits relatés par un curé de Courant, l’abbé de la Forêt-Delaumont, plusieurs miracles se seraient produits lors des pèlerinages. Ainsi, il disait qu’en 1780, un enfant de Ligueuil avait laissé ses deux béquilles à la chapelle, qu’en 1857 un jardinier était guéri d’une paralysie de la main, ou encore qu’en 1861 une femme s’est vue délivrée d’une maladie semblable.

    Au fond de la chapelle, douze plaques de marbre affirment que des grâces multiples ont été obtenues : guérison de malades, conversion ardemment désirées, secours efficaces dans des situations désespérées, etc.

    En 1982, le pèlerinage fut déplacé au dimanche avant le 13 août, avec une messe du secteur paroissial le matin et une célébration l’après-midi. Parallèlement, depuis quelques années, un pèlerinage des gens du voyage s’est mis en place au mois de juin.

Références documentaires

Bibliographie
  • Le Patrimoine des communes de la Charente-Maritime, Poitou-Charentes. Tome 1. Paris : Flohic, 2002. p. 340.

  • Les amis de Sainte-Radegonde. Sainte-Radegonde, vie de la sainte et pèlerinages. Éditions Bordessoules, Saint-Jean d’Angély, 2003.

  • Texier, Jean. Inventaire archéologique de l’arrondissement de Saint-Jean d’Angély. 6e fascicule, Canton de Loulay. Saint-Jean d'Angély, imprimerie Brisson, 1972. p 11.

(c) Région Poitou-Charentes, Inventaire du patrimoine culturel ; (c) Vals de Saintonge Communauté (c) Vals de Saintonge Communauté - Porcheron Micheline - Lhuissier Nathalie
Lhuissier Nathalie

Chargée de mission entre 2004 et 2018.


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