Dossier d’œuvre architecture IA64002738 | Réalisé par
  • enquête thématique départementale, patrimoine thermal du massif pyrénéen (64)
Chalet Rose
Copyright
  • (c) Région Nouvelle-Aquitaine, Inventaire général du patrimoine culturel
  • (c) Université de Pau et des Pays de l'Adour

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Pyrénées-Atlantiques
  • Commune Lurbe-Saint-Christau
  • Lieu-dit Saint-Christau
  • Adresse Route de Saint-Christau
  • Cadastre 2019 0A 27
  • Dénominations
    hôtel de voyageurs
  • Précision dénomination
    Maison de location

Absent du cadastre de 1846 et figurant sur une lithographie de Brugasse en 1853, le chalet Rose est édifié à l'initiative de la famille de Barraute vers 1849-1850 dans le but de développer le site thermal de Saint-Christau. Représenté sur les lithographies publicitaires du Second Empire à la Belle Époque, notamment dans un dépliant destiné à la clientèle russe en 1899, il est conçu sur le même modèle que le chalet Bleu dont il est le jumeau et constitue ainsi l'un des trois chalets de location (Bleu, Rose, Marguerite) que compte la station dans un cadre pittoresque plaisant pour la société urbaine de la seconde moitié du 19e siècle.

Comme les trois hôtels du domaine thermal (Mogol, Poste, Grand Turc), le chalet Rose est réquisitionné durant la Première Guerre mondiale, à l'issue de laquelle l'architecte Jules Noutary dresse un état des lieux et un devis de travaux, puis la Guerre civile espagnole pour accueillir les blessés et les réfugiés basques. Il est ensuite largement investi par l'occupant allemand entre 1943 et 1944. Le chalet, qui fut probablement affecté au logement d'officiers haut gradés habitués à s'installer dans des demeures cossues des zones occupées, est restitué en bon état - hormis le deuxième étage - à l'issue de la guerre. Mais, selon le récapitulatif des dégâts immobiliers dressé en 1949 par Fernand Noutary, il nécessite néanmoins des travaux relativement importants s'élevant à 280.000 francs (225.000 francs pour le chalet Bleu) sur un devis estimé à près de 5 millions de francs pour l'ensemble du site. Aussi un important chantier (peinture, vitrerie, menuiserie etc.) est-il effectué entre 1947 et 1953 sous le contrôle de Fernand Noutary. Entre autres, les façades et les escaliers extérieurs en bois sont alors en très mauvais état.

A compter de la vente du domaine à la Société Thermale de Saint-Christau en 1951 puis de son exploitation et de son rachat par la famille Barthélémy (future Chaîne Thermale du Soleil) à partir de 1964, le chalet Rose a continué d'être mis à la location avant d'être délaissé suite à la fermeture de l'établissement thermal à l'aube des années 2000. Durant la seconde moitié du 20e siècle, le chalet a subi des changements notables - peut-être dus à la reconstruction suivant l'occupation allemande -, ses escaliers extérieurs ayant été supprimés et ses façades couvertes d'enduit peint remplaçant ainsi une composition originelle plus complexe, polychrome, faite de briques et de pans de bois. La couverture a été rénovée dans les années 2010 pour mettre l'édifice hors d'eau.

Manifestement inspiré de l'architecture helvétique en vogue dans les stations de villégiature de la fin du 19e siècle, le chalet Rose, en tous points identique au chalet Bleu, adopte un plan rectangulaire qui se déploie sur un étage et un niveau de combles aménagés. Malgré son influence éclectique, il relève du mode constructif vernaculaire avec les moellons enduits et sa couverture d'ardoises pyrénéennes percée d'une lucarne.

Du chalet suisse, l'édifice conserve les garde-corps en bois découpés de ses baies et balcons du premier étage ainsi que les aisseliers apparents et finement ouvragées de ses débords de toiture. L'ensemble de ces menuiseries est peint soit en vert, soit en blanc, tandis que les grandes fenêtres de l'étage surmontées d'un imposte aux carreaux géométriques sont fermées par des volets en bois intérieurs. Avec leurs restes de peinture oranger, les élévations portent la trace des faux pans de bois en croix des panneaux décoratifs.

  • Murs
    • calcaire moellon
    • brique
    • faux pan de bois
  • Toits
    ardoise
  • Plans
    plan rectangulaire régulier
  • Étages
    rez-de-chaussée, 1 étage carré, étage de comble
  • Élévations extérieures
    élévation à travées
  • Couvertures
    • toit à longs pans pignon couvert
  • Escaliers
    • escalier dans-oeuvre
  • Statut de la propriété
    propriété privée

Documents d'archives

  • Matrice cadastrale des propriétés bâties de Lurbe-Saint-Christau, 1882.

    Archives départementales des Pyrénées-Atlantiques, Pau : 3P2 Lurbe 1
  • Matrices des propriétés bâties. Commune de Lurbe-Saint-Christau, 1910.

    Archives départementales des Pyrénées-Atlantiques, Pau : 3 P 2 Lurbe 2
  • Saint-Christau, fascicule touristique en langue russe, 1899.

    Archives départementales des Pyrénées-Atlantiques, Pau : BIB U 1334-49
  • Établissement thermal de Saint-Christau, fascicule touristique, sans date.

    Archives départementales des Pyrénées-Atlantiques, Pau : BIB U 1334-62
  • Fonds Noutary. Dossier Saint-Christau, thermes.

    Archives départementales des Pyrénées-Atlantiques, Pau : 20 J 443
  • Fonds de comptabilité de l'établissement thermal de Saint-Christau, 1951-1970.

    Archives départementales des Pyrénées-Atlantiques, Pau : 98 J 1-50

Bibliographie

  • MARQUE Raoul. Aperçus historiques sur l'antique station balnéaire de Saint-Christau (Basses-Pyrénées). Pau : impr. Garel-Haristoy, 1927.

Documents figurés

  • Fonds de cartes postales anciennes.

    Médiathèque, Oloron-Sainte-Marie : réf. 699 à 753
Date d'enquête 2019 ; Date(s) de rédaction 2019
(c) Région Nouvelle-Aquitaine, Inventaire général du patrimoine culturel
(c) Université de Pau et des Pays de l'Adour
Articulation des dossiers