Chais et cuviers du Château Lynch-Bages
Copyright
  • (c) Région Nouvelle-Aquitaine, Inventaire général du patrimoine culturel
  • (c) Conseil départemental de la Gironde

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Estuaire de la Gironde (rive gauche) - Pauillac
  • Commune Pauillac
  • Lieu-dit Bages
  • Cadastre 1825 G 583 à 586  ; 2012 AZ 278, 279, 100, 94 à 99
  • Dénominations
    chai
  • Parties constituantes non étudiées
    cuvage

Les informations historiques sont issues en grande partie du travail universitaire de Laëtitia Saint-Cricq, réalisé à partir des archives du château. Le village de Bages est attesté dès la première moitié du 17e siècle : Jean Déjean est alors tenancier de ces terres dépendant du baron de Castelnau et seigneur de Lamarque, Henry de Foix de Lavalette. En 1703, la famille Déjean reconnaît devant le seigneur de Lamarque et Beychevelle, Jean-Pierre Dabadie, être tenancier de deux chambres en plancher, une autre chambre, 3 maisons, 2 granges, four, fournière, fournière découverte, places au nord, cour, 3 jardins, airial et parc, cave, moulin à cheval, places et écurie et autres bâtiments, le tout en un tenant situé au village de Bages, paroisse de Pauillac ; une autre maison neuve faite en plancher, cuisine, cuvier, chai, pigeonnier, écurie et autres bâtiments, le tout en un tenant situé à Bages. En 1728, le domaine est acquis par la famille Drouillard. A cette époque, le bourdieu de Bages et sa métairie comprennent une maison pour le maître, un logement pour les valets et vignerons, un chai, un cuvier, une grange, des parcs, un pigeonnier, des vignes, des terres labourables, des prés, pastens et bois, le tout situé dans la paroisse de Pauillac lieu appelé à Bages. Sont aussi compris dans la vente 6 paires de bœufs pour le labourage (4 pour Bages ; 2 pour Madrac), des charrettes, des outils aratoires, 1 pressoir, 2 mets, 8 cuves grandes et petites, des douils et autres vaisseaux vinaires qui sont dans le cuvier de Bages. Les divers inventaires dressés au 18e siècle mentionnent bien la présence d'un chai et d'un cuvier.

Par alliance matrimoniale, le domaine passe en 1750-1763 à Thomas-Michel Lynch, issu d'une famille irlandaise de négociants. Au décès de Thomas-Michel Lynch, le 4 octobre 1783, son fils cadet Michel, écuyer, chevalier aux chevaux légers de la garde ordinaire du roi, en hérite. La propriété est mise en fermage.

Puis le domaine, amputé des métairies de Haut-Madrac et de Moussas, est vendu en 1824 à Sébastien Jurine, propriétaire à Genève. Des bâtiments organisés autour d'une cour fermée figurent sur le plan cadastral de 1825. La propriété est vendue le 1er juin 1865 aux cousins Jérôme-Maurice Cayrou, négociant et Henri Cayrou, rentier. Les nouveaux propriétaires changent la dénomination du domaine de Jurine-Bages en Lynch-Bages, mentionné pour la première fois, en 1868, dans la deuxième édition de l'ouvrage de Charles Cocks et d´Édouard Féret. La photographie de Danflou vers 1867 montre la façade latérale est du cuvier présentant les petites fenêtres correspondant au niveau de plancher, ce qui laisse penser que le cuvier médocain existe à cette époque. On observe également de vastes baies cintrées aujourd'hui condamnées qui correspondaient aux anciennes baies de décharge du cuvier à l'origine en rez-de-chaussée. Le bâtiment a probablement été remanié et surélevé. L'ouvrage de Charles de Lorbac indique vers 1868 : "Parfaitement entretenu par la famille Jurine, et placé pendant ces dernières années sous l'habile direction de M. Skawinski, le crû de Lynch-Bages maintient son rang avec éclat". On doit peut-être la transformation du cuvier à Pierre Skawinski, peut-être à l'initiative des frères Cayrou, à partir de leur acquisition en 1865. A cette date, il s'agirait d'un des premiers exemples de cuviers à étage, qui apparaissent dans les années 1840 au domaine de Lanessan (Cussac-Fort-Médoc). La famille Skawinski a, par la suite, fait adopter ce modèle de cuvier dans d'autres domaines. En février 1939, Jean-Charles Cazes fait l'acquisition de Lynch-Bages, dont il était fermier depuis 1933. Son fils, Jean-Michel Cazes, entreprend en 1975 les nécessaires travaux de modernisation de Lynch-Bages, qui seront réalisés par étapes. Installation d´un cuvier moderne (inox) à l'emplacement des anciennes étables, isolation des bâtiments, mise en place de nouvelles technologies et équipements, construction de chais de stockage, restauration des lieux d'accueil et des chais... L'ancien cuvier a conservé une partie de son matériel ; l'espace est utilisé comme lieu d'exposition. Le chai sud a été prolongé en 1950-1955 par le chai dédié au vin blanc qui occulte en partie le pignon à redents. D'autres chais et des espaces de stockage ont été ajoutés et s'imbriquent aujourd'hui les uns aux autres.

  • Période(s)
    • Principale : 18e siècle
    • Principale : 3e quart 19e siècle
    • Principale : 2e moitié 20e siècle

Le cuvier, de type médocain, est l'un des seuls exemples aussi bien conservé : accolé à la façade occidentale de la demeure, il présente un niveau de plancher sur lequel la vendange était chargée à partir d'un treuil disposé au niveau du pignon est, percé d'une vaste porte haute. La façade latérale est laisse apparaître dans l'appareillage de moellons la trace d'anciennes baies de décharge cintrées et les jours permettant l'aération et l'éclairage du cuvier. A l'intérieur sont conservées les cuves en bois et, au niveau supérieur, le matériel pour la vinification. Le plancher était doté d'un système de rails sur lesquels la maie et les pressoirs pouvaient circuler. Une table de tri en bois, un pressoir pneumatique et un émietteur sont également conservés. Parmi les bâtiments les plus anciens, le chai qui se trouve dans le prolongement du cuvier au sud, ainsi que l'aile en retour à laquelle répond un autre bâtiment situé parallèlement au nord de la demeure : ils présentent le même type d'ouverture sur leurs pignons à redents, côté est : une baie en semi-circulaire à claveaux en éventail, avec un appui mouluré reposant sur des consoles à volutes.

  • Murs
    • calcaire
    • enduit
    • moellon
  • Toits
    tuile creuse
  • Étages
    en rez-de-chaussée, comble à surcroît
  • Couvertures
    • toit à longs pans
    • pignon découvert
  • Typologies
    cuvier médocain
  • Statut de la propriété
    propriété privée

Bibliographie

  • BESCHI Alain. « L’invention d’un modèle : l’architecture des « chais » en Gironde au XIXe siècle », In Situ [En ligne], mis en ligne le 12 septembre 2014.

  • DANFLOU Alfred. Les grands crus bordelais, Bordeaux : Librairie Goudin, 1867, t. 1 et 2.

  • LORBAC Charles (de). Les richesses gastronomiques de la France. Les vins de Bordeaux. I partie. Crus Classés, illustré par Charles Lallemand. Paris : Hetzel, [vers 1868].

  • SAINT-CRICQ Laëtitia. Château Lynch-Bages, 1632-1939, un aperçu historique du domaine à travers ses archives. Bordeaux : Master 2 Histoire moderne et contemporaine, 2012.

  • STEIMER Claire. "Les Skawinski, une dynastie de régisseurs au service de la modernisation des domaines viticoles en Médoc au XIXe siècle", La construction de la grande propriété viticole en France et en Europe, XVIe-XXe siècles, actes de colloque sous la direction de Marguerite Figeac-Monthus et Stéphanie Lachaud. Bordeaux : Féret, 2015.

Annexes

  • Château Lynch-Bages, 1632-1939, un aperçu historique
  • Documentation sur le site internet du domaine Lynch-Bages
Date d'enquête 2012 ; Dernière mise à jour en 2012
(c) Région Nouvelle-Aquitaine, Inventaire général du patrimoine culturel
(c) Conseil départemental de la Gironde
Articulation des dossiers