Dossier IA17045719 | Réalisé par
Suire Yannis
Suire Yannis

Conservateur en chef du patrimoine au Département de la Vendée depuis 2017.

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Carrelets
Auteur
Suire Yannis
Suire Yannis

Conservateur en chef du patrimoine au Département de la Vendée depuis 2017.

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Copyright
  • (c) Région Poitou-Charentes, Inventaire du patrimoine culturel

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Estuaire de la Gironde
  • Commune Talmont-sur-Gironde
  • Lieu-dit le Bourg, Caillaud (le)

Aucun carrelet ne figure sur le plan cadastral de Talmont de 1831. De premières installations plus ou moins provisoires semblent apparaître au début du 20e siècle. En 1906, M. Seule, courtier à Talmont, est ainsi autorisé par la municipalité à occuper un terrain "sur le rocher de Deaux" (pourtant commune d'Arces), pour y établir "une installation de pêche à la ligne". En mai 1918, M. Mauvillain obtient à son tour une autorisation pour pêcher avec un carrelet à la pointe de Cornebrot. La majorité des pêcheurs, souvent occasionnels, se contentent toutefois encore de petites installations provisoires, comme la grande trule visible sur une carte postale du début du 20e siècle.

Comme sur toute la côte saintongeaise de l'estuaire, le développement des carrelets ne touche vraiment la commune qu'à partir de l'Entre-deux-guerres, de manière encore très limitée. A cette époque, parmi la population aisée et/ou d'arrière-pays, se développe la mode de disposer de cabanons en bord de mer, pour bénéficier d'un site agréable et pratiquer une pêche davantage de loisir que lucrative. Les falaises vives que l'on trouve à Talmont se prêtent particulièrement bien au développement de ce type de pêcheries : ici, la marée haute vient jusqu'au pied de ces falaises et l'on n'a donc pas besoin d'établir de trop longues passerelles entre la côte et l'abri, comme c'est le cas dans les marais plus au sud ; les éboulements de falaise nécessiteront toutefois ici aussi d'avoir recours à cette technique.

Des carrelets apparaissent sur une vue aérienne de 1937, à la pointe nord du Caillaud ou pointe de Cornebrot, près de la tour Blanche et sur la falaise sud du bourg, en face du chevet de l'église. Déjà, leur installation suscite des réserves de la part de l'administration : en 1940, la préfecture demande à Mme Ladoire de retirer le carrelet qu'elle possède sur la falaise du côté de la tour Blanche, installé semble-t-il dans un abri creusé dans la roche. Tout en reconnaissant qu'il est important d'empêcher "que des cabanes grossières édifiées sur des appontements n’enlaidissent la falaise », le conseil municipal, soutenant Mme Ladoire, rappelle que "de tout temps, les habitants de Talmont ont pêché librement au carrelet tout autour de la falaise", ce qui leur procure un complément de ressource essentiel.

Dans les années 1950, on aperçoit quelques carrelets au Caillaud sur des photographies et cartes postales. Le phénomène s'accélère dans les années 1960. En 1964, on compte 15 carrelets entre la pointe sud et la pointe nord du Caillaud ; au même endroit, ce nombre atteint 27 en 1977, auxquels s'ajoutent 4 à la pointe de la Tour Blanche. Emportés par la tempête de 1999, beaucoup de carrelets ont été reconstruits par la suite, malgré une limitation de leur nombre et une réglementation plus stricte de leur architecture. On n'en dénombre plus que 17 en 2013, dont 13 à la pointe nord du Caillaud et 4 à la Tour Blanche.

  • Période(s)
    • Principale : 2e moitié 20e siècle

A Talmont, les carrelets s'égrènent pour l'essentiel le long de la pointe nord de la roche du Caillaud et, pour quelques-uns, à la pointe de la Tour Blanche.

Un carrelet, construit en bois, est constitué d'un cabanon aménagé avec plus ou moins de confort, installé sur une plate-forme reliée au bord de la falaise par une estacade plus ou moins longue. Un filet de pêche carré à petites mailles, tendu sur un cadre en métal de quatre mètres sur quatre, est fixé à l'avant du cabanon. A marée haute, ce filet est alternativement descendu et relevé à l'aide d'un treuil et d'un contre-poids, afin de capturer crevettes (d'août à octobre) et petits poissons (sardines ou "gattes", petits maigres ou "maigrettes", etc). Propriété privée, le carrelet est souvent un bien familial qui se transmet de génération en génération.

  • Murs
    • bois
  • Statut de la propriété
    propriété privée, Chaque carrelet appartient à un propriétaire privé et fait l'objet d'une déclaration administrative, pour autorisation d'occupation précaire, auprès du Port autonome de Bordeaux.

La construction d'un carrelet répond à une réglementation (forme, couleurs, matériaux) qui a pour objectif d'homogénéiser les pratiques.

Documents d'archives

  • 1794-1969 : registres des délibérations du conseil municipal de Talmont-sur-Gironde.

    Archives départementales de la Charente-Maritime, La Rochelle : E dépôt 90/469, 1 D 1 à 6 (2 Mi 1819-1 à 3)
  • 1906-1918 : autorisations de pêche au carrelet à Talmont-sur-Gironde.

    Archives départementales de la Charente-Maritime, La Rochelle : E dépôt 90/469, 3 O 3

Bibliographie

  • Pêches traditionnelles des rives saintongeaises de la Gironde. Société des amis de Talmont, éditions Confluences, 1999, 95 p.

    p. 69 et 75-77

Documents figurés

  • 1831 : plan cadastral de la commune de Talmont-sur-Gironde (voir aussi sur le site internet des Archives départementales de Charente-Maritime, à l'adresse http://charente-maritime.fr/archinoe/cadastre.php).

    Archives départementales de la Charente-Maritime, La Rochelle : 3P 5309
  • Vues aériennes depuis 1920 sur le site internet de l'IGN www.geoportail.gouv.fr.

Date d'enquête 2013 ; Dernière mise à jour en 2013
(c) Région Poitou-Charentes, Inventaire du patrimoine culturel
Suire Yannis
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