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Canal de Marans à La Rochelle ou canal de Rompsay

Dossier IA17047203 réalisé en 2016
Parties constituantes non étudiéespont, tunnel
Dénominationscanal
Aire d'étude et cantonVallée de la Sèvre Niortaise, Marais poitevin
AdresseCommune : Marans
Cadastre : 2016 AN, AO et OD
AdresseCommune : Andilly
AdresseCommune : Villedoux
AdresseCommune : Saint-Ouen-d'Aunis
AdresseCommune : Sainte-Soulle
AdresseCommune : Dompierre-sur-Mer
AdresseCommune : Périgny
Lieu-dit : Rompsay
Adresse : avenue Louise Pinchon
AdresseCommune : La Rochelle
Adresse : rue de Périgny

Le projet de relier le port de La Rochelle à son arrière-pays par un grand canal voit le jour dès le début du 18e siècle. L'objectif est triple : améliorer l'écoulement de l'eau dans le Marais poitevin, les vieux méandres de la Sèvre Niortaise étant insuffisants ; favoriser le désenvasement du port de La Rochelle par l'effet de chasse d'un canal qui acheminerait là toute cette eau. Emise par Claude Masse en 1721, l'idée refait surface à la suite des graves inondations qui endommagent Niort, Marans et les marais desséchés du Marais poitevin en 1747 et 1751. L'étude d'une "rivière de La Rochelle" est lancée en 1749. Le projet consiste à creuser un imposant canal prenant naissance dans la Sèvre Niortaise à Damvix, entre Niort et Marans, traversant les marais et les terres hautes d'Aunis, et aboutissant dans le port de La Rochelle au chenal de Maubec.

Ce projet, que Cassini mentionne sur sa carte, se heurte à l'hostilité des Marans qui refuse de perdre son statut de plaque tournante du commerce entre le Poitou, le Marais poitevin, l'Aunis et La Rochelle. Les études, projets et contre-projets se succèdent dans la seconde moitié du 18e siècle. En 1759, les Marandais présentent une contre-proposition qui fera date : le creusement d'un canal de redressement de la Sèvre Niortaise entre le port de Marans et l'anse du Brault.

Les débats, vifs, se poursuivent pendant la Révolution. En 1792, on émet l'idée de creuser à la fois un canal entre Marans et la mer, et un canal entre Marans et La Rochelle. Par décret impérial du 28 messidor an 13 (17 juillet 1805), Napoléon ordonne finalement le creusement du canal de navigation de Niort à La Rochelle, en partie financé par une taxation sur les marchandises transitant sur la Sèvre mais aussi sur les exportations des grains par Marans, La Rochelle et Rochefort. Le premier coup de pioche du canal est donné le 17 juin 1806, en commençant par l'aval, par la démolition de l'ancienne écluse Maubec dans le port de La Rochelle. Des forçats espagnols et napolitains, prisonniers de guerre, sont affectés au chantier qui commence par l'aval, par les faubourgs de La Rochelle.

L'opération se heurte toutefois rapidement à d'importants obstacles techniques et financiers. Le chantier s'enlise tandis que, décidé par le décret impérial du 29 mai 1808, le vaste programme de réhabilitation du cours de la Sèvre Niortaise entre Niort, Marans et la mer, est mis en oeuvre à partir des années 1820. En 1827, l'idée d'un canal de navigation entre Marans et La Rochelle est de nouveau avancée. Après plus de trente ans de pénibles travaux, le tracé du canal de Niort à La Rochelle est abandonné en 1851. Le 26 juillet 1845, une loi sur l'amélioration du port de Marans replace celui-ci au coeur du dispositif via, notamment, un canal de Marans à la mer d'une part, un canal de Marans à La Rochelle d'autre part.

Le creusement de ce dernier n'est pourtant pas aisé. Là encore, le chantier s'enlise dans les méandres administratifs, techniques et financiers. Le creusement de la portion de canal entre le canal de Villedoux et le canal de la Banche est adjugé le 22 février 1857 à l'entreprise Gatau. L'écluse de tête du canal, en aval du port de Marans, n'est construite qu'à partir de 1863 (il faudra sept ans pour l'achever), date à laquelle on termine le creusement de la portion de canal entre la Sèvre et la route de Charron. Juste à côté de cette dernière, les aqueducs ou siphons qui permettent au canal de franchir les canaux de la Banche et de la Brune ne voient le jour qu'à partir de 1868. La première tranche du canal n'ouvre que le 30 septembre 1870. L'année suivante, la ligne de chemin de fer de La Rochelle à La Roche-sur-Yon vient fortement concurrencer la nouvelle voie navigable, au point de la rendre obsolète sitôt ouverte. Le canal est déclaré ouvert à la navigation par arrêté préfectoral du 11 juin 1875. Il s'arrête pourtant encore à quelques encablures du port de La Rochelle. Les travaux de jonction au port via le canal Maubec ne sont adjugés que le 25 avril 1879. Ils ne s'achèvent qu'en 1888 ! A cette date, le trafic sur le canal est déjà sur le déclin.

Fermé à la navigation en 1957, longtemps délaissé, racheté par le Département de la Charente-Maritime en 2007, le canal fait de nouveau l'objet de toutes les attentions, à des fins de navigation et de promenade touristique, dans les années 2010.

Période(s)Principale : 1ère moitié 19e siècle, 3e quart 19e siècle

Le canal de Marans à La Rochelle, long de 24 kilomètres, prend naissance à son écluse de tête, juste en aval du port de Marans. Après avoir traversé l'Aunis en ligne droite, il parvient dans l'agglomération de La Rochelle par la commune de Périgny et son quartier de Rompsay qui donne son nom à son dernier tronçon. A Marans, à 2,5 kilomètres en aval de son écluse de tête, il franchit le canal de la Banche et le canal de Brune à l'aide de deux aqueducs ou siphons. Un autre aqueduc permet le croisement avec le Curé, aux écluses d'Andilly. A Dompierre-sur-Mer, le canal passe sous le tunnel Saint-Léonard, ouvrage long de 842 mètres et haut de 8. Après Rompsay et Villeneuve-les-Salines, près de la gare de La Rochelle, le canal de Rompsay se jette dans un bassin de retenue, le réservoir Maubec, avant de déverser ses eaux dans le vieux port de La Rochelle.

Statut de la propriétépropriété publique, Propriété du Conseil départemental de la Charente-Maritime.
Sites de protectionsite classé

Références documentaires

Bibliographie
  • Blanche, Hubert. Essai sur l'histoire du canal de Marans à La Rochelle, Revue de la Saintonge et de l'Aunis, 1975, t. 1, p. 99-112.

  • Suire, Yannis. Le Marais poitevin, une écohistoire du XVIe à l'aube du XXe siècle. La Roche-sur-Yon : Centre vendéen de recherches historiques, 2006.

    p. 200-201, 223-226, 334-338, 362, 366-367 et 370-371

Liens web

(c) Région Nouvelle-Aquitaine, Inventaire général du patrimoine culturel - Suire Yannis
Suire Yannis

Conservateur du patrimoine, directeur du Centre vendéen de recherches historiques.


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