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Bourg

Dossier IA19000207 réalisé en 2008

Fiche

Dénominationsbourg
Aire d'étude et cantonCollonges-la-Rouge - Meyssac
AdresseCommune : Collonges-la-Rouge
Cadastre : 2007 domaine public AI non cadastré

L'évangélisation progressive du Limousin s'est souvent traduite par la création de petites communautés de fidèles autour d'un lieu de culte situé dans l'enceinte d'une exploitation tenue par un colon. Le nom de Collonges a gardé la mémoire de cette pratique puisque primitivement Collonges s´écrivait avec un seul "L" : Colonica ou Colonia qui signifiait à l´époque gallo-romaine " habitation et domaine d'un colon".

La ville de Collonges est connue dès le 8e siècle par un don, fait par le comte Roger de Limoges, de l'église de la paroisse au monastère de Charroux. Les moines de l´abbaye cistercienne de Charroux, en Poitou, y fondent alors un prieuré. Aucun document ne nous est parvenu sur l´importance de ce premier prieuré. Toutefois, il est attesté que les reliques de Sainte Sigolène furent apportées à Collonges qui, de ce fait, attira une population nombreuse de paysans, d´artisans et de commerçants et très vite une petite communauté prospéra autour des bâtiments du prieuré protégés alors par une enceinte.

Au 13e siècle, Collonges, qui fait partie de la vicomté de Turenne depuis le 9e siècle, obtient des franchises et des libertés des vicomtes. Elle fera partie de cette vicomté jusqu´en 1738, date du rattachement de la vicomté à la couronne de France. Au 16e siècle, la ville de Collonges bénéficie de la construction de nombreux manoirs édifiés par des gouverneurs de la vicomté de Turenne. Elle devient chef-lieu de baillage, puis d´une châtellenie avec juridiction seigneuriale (juges, procureurs, huissiers et notaires y auront leurs demeures). L´accueil supposé des pèlerins en route pour Compostelle via la route du Puy-en-Velay aurait également contribué à sa prospérité. Il semble, en effet, que Collonges ait été une première halte pour les pèlerins qui, depuis l´église Saint Martin de Brive, rejoignaient Figeac - située sur la troisième route attestée de Saint Jacques de Compostelle.

Entre le 14e siècle et la Révolution, Collonges était une ville assez florissante grâce à un commerce actif. Les traces, encore visibles, des baies de boutiques, sur de nombreuses maisons, témoignent de cette activité économique. Cependant, cette prospérité économique ne semble pas perdurer au-delà de la première moitié du 19e siècle. En effet, en 1830, il n´est fait mention que d´une seule boutique située à l´angle de la place attenant à l´église. Le début du déclin est probablement le résultat conjugué du développement commercial du bourg de Meyssac situé à trois kilomètres de Collonges, de la crise du phylloxéra de 1880 qui a détruit la totalité du vignoble collongeois et de l´exode rural vers les villes alors pourvoyeuses d´emplois industriels. A partir de là, le bourg connaît un "âge sombre" pendant lequel le village est littéralement laissé à l´abandon. En effet, ce n´est qu´à partir de la seconde moitié du 19e siècle que Collonges commence à connaître une timide reprise qui se traduit par des campagnes de construction - reconstruction comme en témoignent les nombreuses dates portées présentes sur les linteaux des portes. Certaines d´entre elles correspondent même à des constructions nouvelles comme celles réalisées au moment de la percée de la nouvelle rue centrale vers 1840.

Période(s)Principale : 11e siècle
Principale : 12e siècle
Principale : 15e siècle
Principale : 16e siècle

La comparaison des deux cadastres : celui de 1831 et celui de 2007, montre que la morphologie générale du bourg de Collonges-la-Rouge n´a pas beaucoup changé en dehors du percement de la voie centrale par laquelle on accède, aujourd'hui, dans le bourg. Cependant, quand on s´y attarde un peu, on remarque que de nombreuses maisons ont disparu entre les deux relevés. Selon l´étude réalisée en 2004-2005 par l'architecte Gilles Séraphin, sur les 155 bâtiments que comptait le bourg en 1831 seuls 75 ont survécu soit moins de la moitié. Aujourd'hui, le bourg de Collonges-la-Rouge compte environ 110 bâtiments dont près d´1/3 a été reconstruit in situ. D´un point de vue général, le bourg s´est développé autour de l´enclos prieural et le long de la rue de la Barrière qui constitue l´axe structurant du bourg. Deux faubourgs, celui de la Veyrie et celui du Faure, se sont développés un peu à l´écart du centre-bourg. Néanmoins, ils restent reliés à ce dernier par les principales voies de communication existantes : la rue de la Garde et la rue de la Barrière.

Concernant la typologie de l´habitat, on remarque la prédominance d´une certaine mixité. En effet, l´architecture rurale côtoie une architecture urbaine. Par ailleurs, même si le cadre architectural de l´ensemble est fortement marqué par les 16e et 17e siècles, on ne peut le réduire ni à cette époque ni à l'époque médiévale, dont les vestiges encore visibles restent lacunaires. En fait, c´est plutôt la diversité des époques de construction qui caractérise l´architecture du bourg de Collonges-la-Rouge.

Mursgrès moellon enduit partiel
grès moellon enduit partiel
grès moellon badigeon partiel
grès pierre de taille
calcaire moellon
calcaire pierre de taille
bois pan de bois
bois essentage de bardeaux
Toittuile plate, ardoise, tuile mécanique, grès en couverture

Site inscrit au titre des sites par arrêté du 4 mai 1973 puis classé par décret du conseil d'Etat du 1er juillet 1996.

Statut de la propriétépropriété publique
Sites de protectionsite inscrit, site classé
Protections

Annexes

  • Origine du prieuré de Collonges

    La fondation du monastère de Charroux fut faite en ce temps dans la marche limousine et dans les terres de Roger, comte de Limoges. Le cartulaire de Charroux en fait l´ouverture en ces termes :

    [...Charlemagne visitant l´Aquitaine pour disposer des affaires d´icelle, alla se divertir en une [maîterie] ou [héritage] du susdit comte Roger. Il rencontra là un pèlerin de bonne grâce auquel il demanda son nom et son pays. Il répondit qu´il s´appelait Fredeland et qu´il était de noble race de Bretagne et qu´il revenait de Jérusalem. Le Roi s´étant enquit de l´état des saint Lieux et de la religion catholique, se presse ensuite de lui demander s´il n´apportait pas quelques précieuses reliques de ce sanctuaire. Il avoue qu´il a une portion de la croix de Notre Seigneur qu´il avait dessein de la porter en son pays où il souhaitait faire ériger une église. Charlemagne, rendant ses respects au bois sacré, supplie le pèlerin de faire sa demeure en ce lieu et d´y laisser en dépôt, parce qu´il voulait bâtir une belle église et un monastère de religieux pour l´honorer et le conserver. Fredeland persuadé des raisons et volonté du Roi consent à déposer sa précieuse relique dans cette basilique qu´il voulait fonder. La résolution étant prise, la nuit Notre Seigneur la confirma par un miracle, car on vit le lendemain qu´une partie des arbres était arrachée sans main de l´homme et que la place suffisante pour bâtir une église vide de bois et de broussaille avait été préparée par Notre Seigneur. Ce spectacle ravit tous les habitants. Le rappelant, le comte Roger en l´héritage duquel Dieu avait opéré ces merveilles, il le pria de prendre soin de faire bâtir une église et le monastère. Le Roi en fit la dépense à sa discrétion des trésors de son épargne et de son domaine. Le comte Roger accepta la charge et offre toutes ses terres, s´il est besoin. Il consulte sa femme sur ce point qui ne voulant céder ni à la piété du roi ni à celle de son mari donne les mains à tout et s´intéresse dans ce bâtiment.

    On commence l´édifice et le comte Roger fait sa donation testamentaire approuvée du roi des terres nécessaires pour l´entretien et la nourriture de douze religieux. Il leur donna pour premier abbé David. Charlemagne donna des lettres patentes d´immunité et d´exemption des Evêques et des laïcs pour ce monastère qui furent approuvées par le pape Léon III. [...].

    [...]. Le prieuré saint Pierre de Colonges proche de Turenne est aussi de la fondation des mêmes Roger et Euphrasie et soumis à l´abbaye de Charroux. Les seigneurs de Turenne et de Châteauneuf, de Lastours, de Curemonte et autres maisons aidèrent cette maison de leurs libéralités et aumônes. Il est fait mention du testament de Roger et d´Euphrasie sous Charlemagne de ce monastère de Colonges dont les héritages sont attribués à Charroux].

    Extrait de Bonaventure de saint Amable. Histoire de saint Martial, apôtre des Gaules et du Limousin. Limoges M DC LXXXV. pp. 291 et 293.

Références documentaires

Documents d'archives
  • AD Corrèze. Série P ; 3P : 57. Plan cadastral [COPIE]. sections – 5 feuilles, 1831. Etats de sections. Matrices des propriétés bâties et non bâties (1856-1914).

    Archives départementales de la Corrèze, Tulle : 3p 57 2 à 4
Bibliographie
  • SERAPHIN, G., MELISSINOS, A., SIRYES, H. Plan de gestion du site classé Collonges-la-Rouge. Fichier immeubles. Etude réalisée sous la maîtrise d´ouvrage de la DIREN et de la commune de Collonges-la-Rouge, 2005.

    p. 35 Centre de documentation du patrimoine, service de l'Inventaire et du Patrimoine culturel, Limoges : non coté
  • CHAUVERON, Régis de. Histoire de Collonges-la-Rouge. 2ème réédition. Brive : Les amis de Collonges, 2005.

    p. 7-10 Collection particulière : non coté
  • CHOCQUEUSE, G. de. Collonges-la-Rouge à travers ses cartes postales. Nanterre : Modèle Production, 2004.

    p. 13-14 Collection particulière : non coté
(c) Région Limousin, service de l'Inventaire et du Patrimoine culturel (c) Région Limousin, service de l'Inventaire et du Patrimoine culturel ; (c) Ville de Collonges-la-Rouge (c) Ville de Collonges-la-Rouge - Brahim-Giry Agnès
Brahim-Giry Agnès

Chercheur SRI Limousin (2007-2016) - Responsable de l'Unité Études et Ressources documentaires, site de Limoges (2016-2017 ) - Responsable de l'Unité Recherche-Photographie, Limoges-Poitiers (2017-


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