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Bernay-Saint-Martin : présentation de la commune

Dossier IA17035010 réalisé en 2000

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Aires d'étudesVals de Saintonge Communauté
AdresseCommune : Bernay-Saint-Martin

Bernay dans l'Antiquité

La commune de Bernay-Saint-Martin est née de la fusion des anciennes paroisses de Bernay, de Breuilles, par ordonnance du 2 février 1825, et de Saint-Martin-de-la-Coudre, par arrêté du 12 décembre 1972. D’un point de vue toponymique, le terme de Bernay viendrait de l’ancienne Brenniacum ou ville Bennü. Le village se serait ainsi développé à partir du domaine de Brennius. Il s’agit là d’un nom gallo-romain dérivé du gaulois Brennus ou Brennos, qui signifie baron ou chef de gare.

Saint-Martin-de-la-Coudre devait se dire au départ Saint-Martin-de-la-Coudraie. Coudre était en ancien français l’équivalent de notre coudrier, l’autre nom du noisetier. Le terme coudraie désignait un bois de noisetiers défriché pour permettre l’installation de maisons et d’exploitations de terres.

Breuilles puiserait quant à elles ses origines dans le terme très usité de “Breuil”, venant d’un mot gaulois qui signifie bois, taillis. Dans des textes anciens, on trouve souvent l’appellation de “Grand Breuil de Vaize” dépendant de la Seigneurie de Brie (près de Paillé). Autre possibilité : le nom de ce hameau est peut être un dérivé de “Brévilles”.

La proximité de la voie romaine de Saintes à Angers ainsi que d’une voie secondaire qui passe d’est en ouest, est sans doute à l’origine de la construction d’une villa gallo-romaine sur ce territoire. En effet, à Bernay, en 1863, il a été trouvé dans le jardin du presbytère une mosaïque de 30 mètres carrés de l’époque gallo-romaine, elle a été donnée par la commune au musée de Saintes.

Sur la voie romaine de Saintes à Angers, qui passe entre le Grand et le Petit Malveau, il a été découvert en 1866 l’assise en béton de cette voie. En 1892, dans la vallée de Malveau, on a mis au jour l’ancienne chaussée sur une longueur d’environ 200 mètres. L’empierrement se composait de grands pavés reposant sur un ciment d’une extrême dureté. En 1920, un peu plus loin au nord du chemin de Saint-Martin, il a de nouveau été découvert une petite section de la voie romaine avec son pavage.

Le tumulus de Malveau, au sud-est de Saint-Martin-de-la-Coudre, et d’autres sites moins importants, témoignent d’une occupation certaine du Néolithique au Haut Moyen Age. Des débris de constructions et des sarcophages ont été retrouvés sur ceux-ci.

Entre le Grand et le Petit Malveau, à 100 mètre à l’est de la route qui les relient, se situe un tumulus, bien conservé dans ses parties nord et ouest. Il forme un mamelon régulier d’une circonférence de 160 mètres et de 15 mètres de diamètres.

Il ne s’agirait pas d’un tumulus, mais d’une ancienne motte féodale qui aurait accueilli un château dès l’an 1000. Plusieurs fouilles aurait mis au jour des cendres mêlées de restes humains, ce qui attesterait que le site aurait été détruit par le feu. Des outils découverts lors de labours, notamment des haches du Néolithique, attestent l’ancienneté de l’occupation de ce site.

À environ 200 mètres du tumulus, un agriculteur qui labourait son champ a découvert, au début du 20e siècle, un sarcophage de forme oblongue. L’église primitive de la paroisse et de la seigneurie de Malveau était située à proximité, et des tombes ont été découvertes aux alentours. Selon la tradition populaire, le sarcophage aurait contenu les ossements de plusieurs enfants.

Bernay et les Templiers

Une commanderie templière se serait située à Bernay, mais il faut toutefois mettre cette théorie au conditionnel car seul un ouvrage la mentionne. Aucun autre ouvrage ni document d’archive ne la mentionne.

Extrait de l’ouvrage « Les commanderies des Templiers et des Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem », Anne-Marie Legras, éditions du CNRS, 1983.

La commanderie templière du Grand Bernay dépendait de la commanderie principale de La Rochelle. La maison que les Templiers ont fondée à Bernay, vers 1230, a pour origine une donation faite en 1227 par Hugues de Nuaillé, seigneur de Bernay et de Luché, puis confirmée par son suzerain Guillaume de Surgères. Les Templiers ont ajouté une chapelle à la maison, dans laquelle ont été reçus certains frères du diocèse de Saintes, ainsi qu’ils l’ont déclaré lors de leur interrogatoire par la commission pontificale.

Une enquête sur les possessions de l’Ordre des Hospitaliers de 1373 indique que la commanderie de Bernay était membre de la commanderie de La Rochelle, mais qu’elle avait toujours son commandeur, un certain frère Jean Robin.

En juin 1227, Hugues de Nuaillé donne aux Templiers de La Rochelle son hébergement de Bernay, avec des marais en dépendant, ainsi que son hébergement de Luché avec ses appartenances. Cette donation fut confirmé par son suzerain Guillaume, seigneur de Surgères. Cette donation est à l’origine de la maison que les Templiers installent à Bernay et à laquelle ils y adjoignent une chapelle.

Une enquête de 1373 indique que Bernay, bien que membre du Temple de La Rochelle, disposait de son propre gouverneur, un certain Jean Bobin, âgé d’environ trente ans. Avec lui, il y avait trois serviteurs et probablement plusieurs chapelains chargés de la desserte de la chapelle.

Les ressources de la maison, autrefois importante, avaient été sérieusement amoindries par les calamités du temps. Les terres arables et les marais, qui produisaient, avant guerre, des céréales étaient désormais en friche. La maison vivait pauvrement de la culture de quelques autres terres qui rapportaient des céréales diverses. Les vignes fournissaient 25 tonneaux de vin chaque année contre 4 seulement en 1373. Un tonneau était réservé à la consommation de la maison et les trois autres étaient vendus. Comme les terres et les marais, les près étaient retournés à l’état sauvage et, de ce fait, la maison perdait annuellement beaucoup de foin.

Dès les premiers troubles religieux du 16e siècle, la chapelle de Bernay devait subir des pillages relatés dans un procès-verbal de visite de 1564. Ce procès-verbal mentionne : « sommes entrez en la chapelle où nous avons veu un autel, reffaict à neuf et les vitres et couvertures de ladicte chapelle, par frère Jean Bourmaveau, religieux d’obédience dudict Temple, présentement possédant ledict membre à Bernay, à cause que devant les troubles lesdictz autel, vitres et couvertures furent rompus ».

La maison de Bernay possédait un grand marais, divers prés et pièces de terres labourables dont certaines avaient été remises en culture par ledit frère Bourmaveau, alors qu’elles n’étaient auparavant que buissons et ronces. Ce même frère avait acheté trente ans plus tôt une petite métairie comprenant trente journaux de terres pour agrandir le domaine et la maison.

Les visites prieurales ultérieures ne parle plus d’une maison à Bernay. Elles distinguent la métairie du Grand Bernay, métairie principale, et celle du Petit Bernay située à un demi-lieu de la première. La chapelle avait été détruite pendant les guerres de religion et ne fut jamais reconstruite.

En 1675, les commissaires notent dans leur procès-verbal de visite que les bâtiments de la métairie du Grand Bernay sont en mauvais état, en particulier la maison du fermier et la grange. Ils mentionnent aussi « De là sommes transportés dans une chapelle qui est entièrement ruinée, comme pareillement la sacristie qui joint ladite chapelle ».

Quelques années plus tard, en 1682, les visiteurs décrivent la métairie comme suit : « Sommes entrés par un grand portai de pierre, une petite porte à costé, le tout fermant de portes...et avons veu une grande cour, partie entourée de murailles et partie de bastimenst, qui consistent en un grand corps de logis soubz lequel est une grande chambre à cheminée où loge le mestayer...ensuite, tirant vers la porte, une grande estable, ensuite une escurye, greniers au dessus...et au bout dudict logement avons veu que des ruynes de l’ancienne chapelle l’on a faict un grenier hault et bas, le service de laquelle chapelle a esté transféré dans la ville de La Rochelle. Et, de l’autre costé de la cour, une grande grange à mettre les foings...dans le milieu d’icelle cour est une fuye carrée, couverte d’ardoize ».

En 1699, tous les bâtiments du Grand et du Petit Bernay apparaissaient en bon état, car ils avaient été restaurés.

Une visite faite en 1783 rapporte l’excellent état des deux lieux et les visiteurs mentionnent : « Sommes entrés dans un endroit appelle la Chapelle, qui sert de grenier destiné à contenir la part de récolte appartenant à monsieur le commandeur, avons veu qu’ils sont pleins de grains et en bon état ».

Le Grand et le Petit Bernay existent encore de nos jours. Au Grand Bernay plusieurs maisons d’habitations comportent d’épais murs, vraisemblablement empruntés à des bâtiments anciens. Des ossements ont été mis au jour dans le jardin de la première maison située à main gauche du chemin d’accès. Cette découverte constitue le seul indice qui permet de localiser approximativement l’emplacement de la chapelle disparue.

La commune de Bernay-Saint-Martin se situe dans la région Nouvelle-Aquitaine, dans le département de la Charente-Maritime, et plus précisément au nord-ouest du territoire des Vals de Saintonge. Frontalière à l’ouest avec l’Aunis, elle est bordée par les communes de Saint-Félix au nord, Courant et Puyrolland au sud et Migré à l’est.

D’une superficie de 2500 hectares, la commune compte, en plus du bourg, 18 hameaux et lieux-dits : la Bournigale, Breuilles, la Figerasse, la Fontaine-Bruneau, la Gare, Grolleau, le Grand-Malveau, le Petit-Malveau, Marnay, le Moulin-de-la-Pré, Parançay, la Planche, Puy-Bonnin, Saint-Martin-de-la-Coudre, Sauvaget, Treuil-Chopin, Treuil-Mureau, la Tuilerie.

Le nom de la commune de Bernay-Saint-Martin provient de la réunion, en 1825, des communes de Breuilles et de Bernay. Le 1er janvier 1973, Saint-Martin-de-la-Coudre s’associe à Bernay pour former la commune de Bernay-Saint-Martin. À la révolution, le nom de Bernay ne change pas mais Saint-Martin-de-la-Coudre devient La Vigilance ou La Coudre-Fabre.

La commune se situe à environ 15 kilomètres du chef-lieu d’arrondissement, Saint-Jean-d’Angély, et à seulement 14 kilomètres de Surgères, qui fait partie de l’arrondissement de Rochefort. Ces deux villes constituent des pôles urbains majeurs en matière de services et d’emplois.

La commune est desservie par huit routes départementales. On y trouve, entre autres, la route départementale 939, de Saint-Jean-d’Angély à Surgères. Des routes secondaires assurent également la desserte locale, avec notamment la départementale 119 qui traverse le territoire communal d’est en ouest. En plus de ce réseau départemental, Bernay-Saint-Martin possède plus d’un vingtaine de voies communales qui constituent le réseau secondaire. Ces voies permettent d’irriguer les différents hameaux.

Le territoire communal est traversé dans sa globalité par cinq cours d’eau, dont quatre d’entre eux sont des affluents de la rivière la Trézence. Au sud de Parançay, le bief du moulin permettait autrefois d’alimenter un moulin à eau, celui du Bay. Plus à l’est, Bernay est traversé par le Sureau, qui est alimenté par plusieurs sources situées en amont du bourg. Le ruisseau du Grand-Pré traverse quant à lui le bourg de Saint-Martin-de-la-Coudre. Ces cours d’eau affluent dans la Trézence, qui elle-même traverse les hameaux de Marnay, Grand-Malveau puis le Moulin-de-Sauvaget. Cette rivière constitue un ensemble paysager, faunistique et floristique important. Plusieurs sources et fontaines se situent sur la commune, notamment sur le site de la Fontaine de Boine, qui était jusqu’aux années 2000 utilisée comme captage d’eau.

La commune de Bernay-Saint-Martin est structurée selon un schéma multipolaire, fruit notamment de son héritage historique. Un bourg se situe au centre du territoire communal, auxquels viennent s’ajouter 18 hameaux et lieux-dits, allant de la simple ferme jusqu’au groupe de plus d’une vingtaine de bâtiments. Certains de ces hameaux se situent en limite communale et peuvent se prolonger sur une autre commune, comme par exemple le Treuil-Mureau ou encore Puy-Bonnin.

La commune est peu vallonnée et comprend des altitudes qui s’échelonnent de moins de 15 mètres à plus de 70 mètres. La vallée de la Trézence dessine la zone la plus basse, alors que les points les plus hauts se situent au nord au niveau des lieux-dits Jozon (70 mètres), les Vignes du Moulin (71 mètres) et la Butte de Pau (71 mètres).

L’agriculture représente la principale activité économique de la commune, avec une vingtaine d’exploitations. Toutefois, des activités artisanales et de petites industries sont aussi présentes sur le territoire. Ce dernier accueille une zone d’activité située à la sortie ouest du hameau de Parançay, on y trouve entre autres une usine de menuiserie et un garage. Les quelques artisans qui exercent sur la commune sont principalement présents à Parançay, à Bernay et à Saint-Martin-de-la-Coudre.

Comme beaucoup de communes rurales, Bernay-Saint-Martin ne dispose pas de beaucoup de commerces, Ils sont établis à Parançay.

La commune possède une poste adossée à la mairie, une résidence pour personnes âgées, une école élémentaire, une bibliothèque municipale, une salle polyvalente, des terrains de tennis, de foot et de boules, et une aire de repos située à l’entrée du hameau de Parançay.

Comme dans la plupart des communes françaises, le secteur de l’hébergement touristique a tendance à se développer, et ce phénomène se manifeste par une augmentation de l’offre de gîtes ruraux et de chambres d’hôtes. On relève cinq équipements labellisés sur la commune, qui représentent une capacité d’accueil totale de 24 personnes.

Le bourg de Bernay s’organise selon le modèle d’un village en étoile autour de la place et de son église, avec toutefois une extension nette vers le sud-ouest. Celui de Saint-Martin-de-la-Coudre s’organise, quant à lui, comme un village rue, avec une voie principale le traversant d’est en ouest. Le hameau de Breuilles est aussi considéré comme un village rue, dans sa partie nord, avec des extensions au sud. Il est traversé par la route départementale 212, de Saint-Félix à Surgères. Enfin, le hameau de Parançay présente une structure d’origine assez compact, avec des extensions vers l’ouest.

Les entités paysagères

Selon l’Atlas Régional des Paysages du conservatoire des Paysages de Poitou-Charentes, la commune se situe dans un ensemble paysager appelé les Plaines du Nord. Ces plaines sont caractérisées par des étendues essentiellement agricoles et très ouvertes. Toujours selon cet atlas, elle comporte un sous-ensemble, Vallées et Sillons, qui correspond au tracé de la rivière la Trézence.

Les plaines agricoles ouvertes couvrent une grande partie du territoire communal, et lui confèrent de ce fait une grande homogénéité. Ces espaces reçoivent une agriculture céréalière, et ponctuellement viticole, qui dessine un paysage dénudé, très ouvert, offrant de longues perspectives.

Le sous-ensemble correspondant à la vallée humide se dessine nettement et forme un paysage à part entière. Cette vallée de la Trézence, qui se situe au sud du territoire, est soulignée par le développement d’une ripisylve éparse composée, entre autres, de peupliers et d’aulnes.

Les espaces boisés sont peu présents, avec une superficie de 16 hectares, ils sont répartis surtout dans les parties nord et ouest de la commune. Il n’existe pas de grands bois, les plus grands n’excédant pas une quinzaine d’hectares. L’aspect des secteurs boisés est donc assez morcelé et globalement de faible importance.

Les plaines agricoles couvrent quasiment la totalité de territoire, avec 87 % d’occupation des sols. Elles sont formées principalement de terres vouées à la culture des céréales, les élevages ne sont présents que ponctuellement et la vigne est quasiment inexistante. Cette omniprésence des cultures céréalière confère à la commune une forte homogénéité spatiale avec un paysage de champs ouverts.

La majeure partie du territoire de Bernay-Saint-Martin est formée par l’agriculture, elle ne fait l’objet d’aucune protection réglementaire. Elle n’est pas non plus intégrée dans une zone Nature 2000 ou une ZNIEEF, pourtant certains espaces naturels présentent un fort intérêt écologique construit par plusieurs éléments. La ripisylve a la qualité de constituer un habitat pour certaines espèces et de protéger le cours d’eau de l’érosion en stabilisant les berges. Les cours d’eau qui irriguent le territoire communal sont caractérisés par une biodiversité relativement large. Plusieurs sources jaillissent sur la commune et ajoutent de la valeur au patrimoine naturel de par la diversité des espèces rencontrées sur leurs abords.

Références documentaires

Documents d'archives
  • Chasseboeuf, Frédéric. Châteaux, manoirs et logis : la Charente-Maritime. Prahecq : Patrimoines et Médias, 2008. p.278, 279.

Bibliographie
  • Cassagne, Jean-Marie. Seguin, Stéphane. Origine des noms des villes et villages de Charente-Maritime. Éditions Bordessoules, mars 1998. p. 29, 68, 192.

  • Le Patrimoine des communes de la Charente-Maritime, Poitou-Charentes. Tome 1. Paris : Flohic, 2002. p. 335 à 338.

  • Texier, Jean. Inventaire archéologique de l’arrondissement de Saint-Jean d’Angély. 6e fascicule, Canton de Loulay. Saint-Jean d'Angély, imprimerie Brisson, 1972. p 3 à 6. p. 25 à 30.

Multimedia
  • Site internet de la commune de Bernay Saint-Matin, consulté en août 2019.

(c) Région Poitou-Charentes, Inventaire du patrimoine culturel ; (c) Vals de Saintonge Communauté (c) Vals de Saintonge Communauté - Lhuissier Nathalie
Lhuissier Nathalie

Chargée de mission entre 2004 et 2018.


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