Dossier IA17048018 | Réalisé par
Suire Yannis
Suire Yannis

Conservateur en chef du patrimoine au Département de la Vendée, directeur du Centre vendéen de recherches historiques.

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Barrage éclusé du canal du Mignon
Auteur
Suire Yannis
Suire Yannis

Conservateur en chef du patrimoine au Département de la Vendée, directeur du Centre vendéen de recherches historiques.

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Copyright

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Vallée de la Sèvre Niortaise, Marais poitevin
  • Commune La Ronde
  • Lieu-dit Bazoin
  • Cadastre 1812 B 1688  ; 1867 B 2084, 2470  ; 2020 ZB 187

Une première écluse construite en 1858 et reconstruite en 1872

La carte de la région par Claude Masse en 1720 situe la confluence entre la Sèvre et le Mignon ou "rivière de Mauzé". Pas encore canalisée, celle-ci emprunte en fait alors le Vieux Béjou. Un siècle plus tard, sur sa carte du bassin de la Sèvre Niortaise en 1818, Mesnager envisage, parmi les aménagements qu'il propose pour le fleuve et ses marais, la canalisation du Mignon, proposant de le faire aboutir en ligne droite à Bazoin. Le projet est repris par l'ordonnance royale du 24 août 1833 qui encadre les travaux dans les marais mouillés pour les décennies à venir. Le 10 février 1844 est adopté un projet qui consiste à relier directement et en ligne droite le Mignon, à partir des Arrentements, commune de La Ronde, à la Sèvre Niortaise, à Bazoin, par une nouvelle portion de canal parallèle au Vieux Béjou.

Quelques années après le creusement de ce nouveau canal, il est décidé de construire un barrage éclusé à son embouchure. Le projet en revient à l'ingénieur en chef Joseph Maire qui l'englobe, en 1856, dans le programme de construction d'un barrage éclusé sur la Vieille Sèvre à Bazoin. Ce programme est mis en oeuvre en 1858. Ce premier ouvrage subit toutefois rapidement des critiques. En effet, il est situé bien plus en amont qu'aujourd'hui, à 70 mètres de l'embouchure, ce qui oblige les haleurs qui suivent la rive gauche de la Sèvre Niortaise et doivent franchir le Mignon, à effectuer un grand détour. La reconstruction de l'ouvrage est donc décidée et comprise dès 1866 dans le dernier volet du programme d'amélioration de la Sèvre et de ses affluents navigables, approuvé par décret du 2 novembre. Le nouveau barrage éclusé sera ramené à 30 mètres de l'embouchure du Mignon, ce qui présentera aussi l'avantage de le rapprocher de la maison de Jean Gardeau (2 et 4 Bazoin), l'éclusier chargé de sa surveillance. Le projet est élaboré par l'ingénieur Espitallier qui en présente les plans et documents techniques le 12 novembre 1871. Reprenant le modèle de l'écluse construite quelques années plus tôt sur le Mignon à la Névoire, il propose une écluse à sas aux parois verticales en maçonnerie, long de 34 mètres sur 5,20 de large. Le barrage, situé sur la rive gauche, sera commandé non pas par des aiguilles mais par des poutrelles, plus solides. On utilisera de la pierre de taille de Benet et de Bégrolles (Niort), des moellons de Benet, de Liez ou de Saint-Pompain. Les travaux, adjugés le 28 mai 1872 à Alexis Boutin, entrepreneur à Taugon, sont achevés à la fin de l'année 1874.

La création d'une passerelle en 1924-1926

Jusque dans les années 1920, le franchissement du Mignon à son embouchure, par le barrage éclusé, n'est pas possible et il faut alors effectuer un vaste détour, soit par la Croix des Mary, soit par La Grève-sur-Mignon, 8 kilomètres en amont, pour passer d'une rive à l'autre par voie terrestre. Dès 1905, les habitants de La Ronde demandent par une pétition la construction d'une passerelle au niveau de la ferme de Guérine, en vain. Dans les années 1920, une passerelle est finalement créée sur le barrage éclusé à l'embouchure du Mignon. Le 28 mars 1924, l'aspirant-ingénieur adjoint des Ponts et Chaussées Saissac présente le projet qui consiste en fait à réutiliser la passerelle métallique créée en 1891 par-dessus le canal de dérivation de la Sèvre Niortaise à Digolet (Saint-Jean-de-Liversay, île de la Carpe). Longue de 21 mètres, la passerelle sera coupée en deux portions : la partie fixe, longue de 8,59 mètres, passera par-dessus le barrage, tandis que la partie mobile, tournante, longue de 11,26 mètres, franchira l'écluse. Le 19 juin 1924, un traité de construction est passé avec L. PIneau, serrurier à Damvix, et Alphonse Moussion, maçon à Saint-Hilaire-la-Palud, pour le transfert de la passerelle jusqu'à Bazoin. Les travaux sont achevés en mars 1926. L'ancienne passerelle métallique de Digolet remployée à Bazoin est toutefois rapidement l'objet de critiques de la part des bateliers, lesquels, en 1937 et 1950 notamment, portent réclamation contre les difficultés qu'ils rencontrent à la manoeuvrer.

La reconstruction du barrage en 1961

La passerelle disparaît définitivement lorsque le barrage éclusé est reconstruit, au printemps et à l'été 1961. Ce chantier, comme pour tous les ouvrages du site de Bazoin, est réalisé par l'entreprise Truchetet et Tansini, de Paris, dans le cadre des Grands travaux des marais de l'Ouest. L'opération consiste à augmenter le débit du barrage en abaissant son radier et en remplaçant le système à poutrelles par une vanne levante. Le nouveau barrage est par ailleurs construit un peu en amont par rapport à l'ancien. L'écluse, elle, construite en 1872, reste inchangée. Le pont mobile qui enjambe l'ouvrage a été repris en 2008-2009.

L'embouchure du canal du Mignon est barrée par un barrage éclusé qui permet de réguler son niveau d'eau. L'ouvrage est constitué de deux pertuis, séparés par une longue pile centrale en maçonnerie : l'un pour l'écluse qui permet le passage des bateaux, l'autre pour le barrage. Le pertuis de l'écluse, rive droite, est franchi par un pont-levis en métal, levant par des câbles que soutiennent un portique en métal perpendiculaire à l'axe de l'ouvrage. Au-dessous, le sas de l'écluse, à murs verticaux maçonnés, s'étire entre deux paires de portes busquées, manoeuvrées manuellement à l'aide de manivelles placées sur les rives. Chaque vantail de porte, en métal, est équipé d'une vantelle qui, levée par un cric à crémaillère, permet le flux d'eau. Le barrage quant à lui, rive gauche, est franchi par un pont en béton, juste en aval du portique métallique qui soutient les crémaillères levant la vanne du barrage. En amont et en aval, se déploie un bassin élargi, à paroi inclinée, en béton, sur la rive gauche.

  • Murs
    • calcaire pierre de taille
    • béton
  • Couvrements
  • Statut de la propriété
    propriété publique, Le barrage est la propriété de l'IIBSN (Institution interdépartementale du bassin de la Sèvre Niortaise), successeur de l'Etat (portique peint en vert).
  • Intérêt de l'œuvre
    à signaler

Documents d'archives

  • Archives départementales de Charente-Maritime ; E dépôt 233/328, archives communales de La Ronde, 1 O 5. 1850-1961 : construction, transformation et entretien de ponts et passerelles.

  • Archives départementales de Charente-Maritime ; 2 O 1639. 1852-1939 : aménagement et entretien des cours d'eau, ponts et équipements publics à La Ronde.

  • Archives départementales des Deux-Sèvres ; 3 S 364. 1855-1858 : construction de barrages éclusés à Bazoin.

  • Archives départementales des Deux-Sèvres ; 3 S 432. 1871-1876 : reconstruction d'une écluse sur le Mignon et d'un barrage sur le Vieux Béjou, à Bazoin.

  • Archives départementales des Deux-Sèvres ; AD79 ; 1898 W 225. 1945-1960 : reconstruction des barrages et écluses de Bazoin.

Documents figurés

  • Plan cadastral de La Ronde : 1812. (Archives départementales de la Charente-Maritime ; E dépôt 233/328, 1 G 1)

  • Plan cadastral de La Ronde : 1867. (Archives départementales de la Charente-Maritime ; 3 P 3075)

  • Photographies des chantiers de reconstruction d'ouvrages sur la Sèvre Niortaise : 1960-1963. (Archives départementales des Deux-Sèvres ; 1898 W 173)

Date d'enquête 2020 ; Dernière mise à jour en 2021
(c) Région Nouvelle-Aquitaine, Inventaire général du patrimoine culturel
(c) Centre vendéen de recherches historiques
Suire Yannis
Suire Yannis

Conservateur en chef du patrimoine au Département de la Vendée, directeur du Centre vendéen de recherches historiques.

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