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Bains de Secours ou de Soucours

Dossier IA64002569 réalisé en 2018

Fiche

Œuvres contenues

AppellationsBains de Secours, Bains de Soucours
Dénominationsétablissement de bains
Aire d'étude et cantonPyrénées-Atlantiques
AdresseCommune : Sévignacq-Meyracq
Lieu-dit : Sallenave, Secours
Adresse : Chemin des
Bains
Cadastre : 2018 000 A 01 156

Les sources de Secours ou Soucours seraient connues depuis le néolithique, des pierres taillées en forme de bol qui dateraient de 2.500 av. J.-C. ayant été trouvées à proximité. Quoi qu'il en soit, le site environnant est occupé de façon certaine depuis au moins le 14e siècle par la famille Sallenave, qui donne son nom à la ferme primitive voisine et se trouve répertoriée dans le dénombrement des maisons de Béarn en 1385.

En 1672, la famille Soucours, qui possède la ferme toute proche ayant probablement hérité du nom de la source, est propriétaire des bains qu'elle cède par dot à la famille Sallenave lors du mariage de leurs enfants respectifs, Marie et Jean. Cette alliance perdure dans les décennies suivantes, attestée à l'occasion d'un procès contre un certain Loustalot, devenu propriétaire de la maison et des biens de Soucours en 1678, et le seigneur de Sévignacq nommé Camanère, au sujet d'une terre dont ils contestent la vente - les rivalités avec la famille Loustalot dureront d'ailleurs plusieurs siècles. A cette époque, les documents mentionnent Jean de Sallenave "alias de Soucours" ainsi que ses filles Marie et Jeanne. Cependant, si l'exploitation des sources est fort probable, aucun document ne la mentionne hormis la carte de Cassini de la seconde moitié du 18e siècle, où les propriétés de "Soucour" et "Salenave" (cette dernière étant représentée par un symbole de maison rurale) sont voisines.

En 1750, Théophile de Bordeu évoque un établissement rudimentaire essentiellement fréquenté par la population locale qui attribue à ces eaux des propriétés miraculeuses, mais il estime au demeurant la source trop peu abondante pour y réaliser des travaux. A cet édifice précaire, succède la maison de bains édifiée par Jean Sallenave en 1787, noms et date qui figurent sur une plaque au-dessus de la porte d'entrée.

Au 19e siècle, le site continue d'accueillir loin du tumulte une clientèle modeste originaire de tout le département, malgré la concurrence des stations toutes proches d'Eaux-Bonnes et d'Eaux-Chaudes. Le notaire Lavillette, historien des établissements thermaux de la vallée d'Ossau, décrit des eaux qui "sourdent en grande abondance", dans un cadre pittoresque et paisible propice à la rêverie romantique. D'autres auteurs déplorent toutefois la précarité des conditions d'hébergement et d'hygiène, dues, selon eux, au manque de moyens matériels et d'initiative des propriétaires. C'est pourquoi l'établissement, dépourvu de médecin-inspecteur à demeure, fonctionne avec l'expertise d'un médecin voisin, dénommé Abbadie, originaire de Rébénacq - où il officie probablement à l'établissement thermal. Mais ces eaux, qui ne suscitent aucun intérêt officiel en ce milieu du 19e siècle, n'ont alors fait l'objet d'aucune analyse chimique pourtant fort courantes. Le cadastre napoléonien, dressé en 1836, illustre la propriété Salenave composée de deux corps de ferme juxtaposés, ainsi que l'établissement de bains à proximité du ruisseau, l'ensemble étant relié par une voie nommée "chemin des bains de Salenave". L'ancienne propriété Soucours, légèrement plus au sud, est alors remplacée par les maisons Lartigau et Loustalot.

Malgré le faible intérêt des autorités, l'établissement est agrandi en 1866 pour Jean-Baptiste Dumoulin Sallenave, ainsi qu'en témoigne des plans conservés de ces travaux, et l'inscription du nom du propriétaire et la date figurant au-dessus de la fontaine intérieure. De ce chantier date les ouvertures cintrées et l'aménagement des baignoires en marbre d'Arudy. Puis, suite à un incendie, l'édifice est reconstruit en 1892 par la veuve Dumoulin. Comptant alors six baignoires et une douche, il reçoit environ 300 curistes et produit plus de 5.000 bouteilles par an.

Durant l'entre-deux-guerres, la famille Paroix, descendante des Dumoulin Sallenave, émet une nouvelle demande d'exploitation et commande des analyses en 1933, mais, faute de moyens, elle ne peut assurer les travaux nécessaires à la décontamination pourtant faible du site, qui perd dès lors son agrément thermal. Les Bains de Secours, fort d'une réputation séculaire, n'ont cependant jamais cessé d'accueillir la population locale en tant que centre de bien-être, ce dont attestent les agendas tenus dans les années 1970 qui répertorient les dates de séjour et la provenance des curistes ainsi que le nombre quotidien de bains - environ 2.000 par an à cette époque. La bâtisse fait l'objet d'une nouvelle extension en 1990, l'objectif étant d'assurer la continuité des pratiques ancestrales liées aux eaux curatives de ces sources sulfureuses et ferrugineuses.

Période(s)Principale : Milieu du Moyen Age , (détruit)
Principale : 4e quart 17e siècle , (détruit)
Principale : 4e quart 18e siècle
Principale : 4e quart 19e siècle
Principale : 4e quart 20e siècle
Dates1678, daté par source
1787, porte la date
1866, porte la date
1892, daté par source
1933, daté par source
1990, daté par source

Implanté au cœur d'un vallon verdoyant, au bord du ruisseau Houndarnas et dans un environnement arboré, l'établissement des Bains de Secours est édifié selon le mode constructif vernaculaire avec ses murs de moellons recouverts d'enduit et sa toiture en ardoises pyrénéennes. Il porte cependant la marque du thermalisme moderne avec ses baies en plein-cintre inspirées de l'architecture thermale néoclassique officielle. Son emprise au sol se compose de plusieurs pavillons rectangulaires et a peu évolué depuis le 18e siècle, contrairement à la distribution intérieure. Les élévations sont particulièrement soignées avec leurs encadrements de baie en pierre de taille.

Le rez-de-chaussée abrite les espaces spécifiquement dédiés aux bains. Une porte d'entrée en arc en plein-cintre, surmontée de l'inscription "JEAN / SALENAVE / 1787". Deux autres entrées, situées respectivement sur les élévations latérale et postérieure, donnent accès au premier étage où se trouve une série de chambres d'hôte et des appartements privés.

L'entrée principale ouvre sur une vaste salle aujourd'hui décloisonnée, donnant accès à six cabines de bains juxtaposées et conçues selon un même modèle. Une porte en bois foncé, dominée par un imposte vitré introduisant une lumière douce dans ces salles, ouvre sur un petit espace rectangulaire au fond duquel est installée la baignoire en pierre noire d'Arudy. Les murs sont enduits de chaux et, depuis le dernier tiers du 20e siècle, décorés de mosaïques.

La salle s'achève sur la gauche par une pièce plus basse, accessible par quelques marches en pierre d'Arudy bouchardée, qui abrite une résurgence d'eau sulfureuse. Sur la droite, ont été aménagés un sauna et un hammam contemporains. A droite de l'entrée, à l'intérieur, se trouve une petite fontaine en pierre d'Arudy, également modernisée, surmontée d'une plaque portant l'inscription "J-Bte / DUMOULIN / SALENAVE / 1866". A côté se trouvait une petite extension abritant une douche, elle-même agrandie et accueillant des espaces de détente.

Murscalcaire moellon enduit
Toitardoise
Étages1 étage carré, étage de comble
Élévations extérieuresélévation à travées
Couverturestoit à longs pans croupe
Escaliersescalier intérieur : escalier droit
escalier hors-oeuvre : escalier droit
Précision représentations

Statut de la propriétépropriété privée

Références documentaires

Documents d'archives
  • Famille Soucours de Sévignacq (-Meyracq), 1678-1875.

    Archives départementales des Pyrénées-Atlantiques, Pau : 1 J 192
  • Dénombrement général des maisons de la vicomté de Béarn, 1385.

    P. 166 : Sebinhac (Sévignacq). Archives départementales des Pyrénées-Atlantiques, Pau : E 306
Documents figurés
  • Cadastre napoléonien de Sévignacq-Meyracq, 1836.

    Archives départementales des Pyrénées-Atlantiques, Pau
Bibliographie
  • BLANQUEFORT Geneviève. Ressources thermales méconnues ou oubliées des Pyrénées-Atlantiques, thèse de doctorat en pharmacie, Bordeaux : Université Bordeaux III, 1985.

    P. 79-92.
  • DELPECH Vivianne. Stations thermales des Pyrénées béarnaises. Bordeaux : Le Festin, 2020 (Visages du patrimoine en Nouvelle-Aquitaine, 12).

  • LAVILLETTE P.J. Notice sur les établissements thermaux de la vallée d'Ossau. Eaux-Bonnes, Eaux-Chaudes, Bains de Soucours. Pau : E. Vignancour, 1856.

(c) Région Nouvelle-Aquitaine, Inventaire général du patrimoine culturel ; (c) Université de Pau et des Pays de l'Adour - Delpech Viviane