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Bac (passage d'eau) sur la Gartempe à Antigny

Dossier IA86010398 inclus dans Vallée de la Gartempe réalisé en 2016

Fiche

Dénominationsbac
Aire d'étude et cantonArrondissement de Montmorillon - Saint-Savin
Hydrographiesla Gartempe
AdresseCommune : Antigny
Cadastre : 2016 Non cadastré, section AB (rive gauche) et D (rive droite).

Le bac d'Antigny est signalé sur la carte de Cassini.

Le bac figure dans la liste des bacs du département de la Vienne du 17 thermidor an XII (5 août 1805).

En 1811, le maire écrit au sous-préfet pour savoir qui doit construire un nouveau bateau en remplacement de celui assurait le passage jusqu'à la révolution par l'abbaye de Saint-Savin : le gouvernement, la commune ou M. Volard, qui a acheté le moulin sans précision du droit de passage de la rivière ou d'entretien du bateau. Devant la dangerosité du bateau, le sous-préfet prend le 4 janvier 1812 un arrêté ordonnant le retrait immédiat du bateau de la rivière et la mise en fermage par la commune du passage d'eau, à charge pour l'adjudicataire de construire un nouveau bateau (voir annexe). Néanmoins, en 1816, l'ingénieur Gravet dit que le bac est la propriété du propriétaire du moulin.

Le bac n'est pas figuré sur le plan cadastral de 1826, même si le chemin d'accès est visible sur la rive gauche (côté bourg) et une pièce de terre indiquée " le port " sur la rive droite, en amont du moulin de l’Épine.

En 1831-1832, le conseil municipal demande au préfet l'autorisation d'avoir un bac à ferme et des bateaux pour assurer le passage. La commune est désignée fermière du bac pour 3 ans et 6 mois à compter du 1er juin 1831, contre une redevance annuelle de 15 francs ; le bac est signalé comme nouvellement établi.

En 1840, le matériel comprend :

- un grand bateau de 9 m de long, 3,35 m de largeur au milieu, 2,75 m de largeur aux chevets et 0,75 m de bord pouvant transporter 4 chevaux ou 3 bœufs ou 60 personnes ;

- un batard de 7,10 m de long, 2,35 m de largeur au milieu, 2 m de largeur aux chevets et 0,45 m de bord pouvant transporter 3 chevaux ou 2 bœufs ou 40 personnes ;

- un bateau de 6,35 m de long, 1,60 m de largeur au milieu, 1,20 m de largeur aux chevets et 0,50 m de bord pouvant transporter 15 personnes.

Le 7 août 1850, l'ingénieur Grissot de Passy signale que le fermier est la commune et le sous-fermier Florent Baudu. Le passage dispose d'1 charrière, 1 batelet et accessoires, appartenant à la commune ; le batelet est en mauvais état et doit être réparé sous 15 jours ; le prix de la ferme est sacrifié pour un prix désastreux pour l'administration, à seulement 20 francs, alors que la commune sous-afferme le bac à 200 francs, la question devra être revue par l'administration.

En 1856, le procès-verbal de visite recommande l'aménagement de l'accès et un système de poulies pour sécuriser le passage en raison de la présence voisine et dangereuse du barrage du moulin (voir annexe).

En 1858, Félix Genest, fermier du bac, est mis en demeure par le préfet de remplacer deux courbes au grand bac, reconstruire le ponton de la rive droite, réparer celui de la rive gauche et procéder au palâtrage, calfeutrage et étanchéité des deux bateaux.

Le fermage est renouvelé pour 9 ans à compter du 1er janvier 1859, comme pour les 28 autres passages d'eau du département de la Vienne. La commune obtient ce fermage contre la somme de 25 francs annuels. Le sous-fermier est François Volard, qui ne sait pas signer. L'inventaire fait état d'une valeur totale du matériel appartenant au fermier de 1000 francs environ. Ce matériel comprend :

- un grand bateau passe-voiture de 9m45 de long, 3m48 de largeur au milieu, 2m85 de largeur aux chevets, y compris ferrures et chaînes d'amarrage, pouvant transporter 45 personnes y compris les mariniers ou 4 chevaux, mulets, bœufs, vaches (valeur estimée 800 francs) ; deux mariniers assurent sa manœuvre par une traille appartenant à l’État ;

- un batelet de 6m65 de longueur, 2m15 de largeur au milieu et 1m50 de largeur aux chevets pouvant transporter 10 personnes y compris les deux mariniers (valeur 150 francs) ;

- deux pontons sans roue de 2m80 de large sur 1m30 de long ;

- 4 perches ferrées, 2 cadenas et 1 poteau d'amarrage.

Le sous-fermier dispose d'une petite loge sur la rive gauche.

En 1860, les chemins d'accès sur les deux rives sont aménagés suivant les plans de l'ingénieur des ponts et chaussées Delafons. Les lettres de réclamation et rapports montrent qu'en 1863, les travaux ne sont toujours pas engagés.

Le grand bac est remplacé à la fin de l'année 1860. L'arrêté préfectoral du 12 février 1861 exige l'affichage des tarifs, la pose de bornes-limites. La commune, fermière du bac, devra affecter un marinier de plus au service du bac et les deux mariniers devront être munis des certificats nécessaires.

En septembre 1861, les travaux sur les rampes d'abordage, réalisés aux frais de l’État, sont presque achevés.

En juillet 1862, le conducteur de travaux signale que " la cale d'abordage de la rive droite est en mauvais état ; une brèche de 2m80 de longueur et de 1m de largeur s'est faite à 6m de la [?] de cette cale ". Le maire précise que " non seulement les rampes d'abordage n'ont pas assez de pente, mais encore il ajoute que ces rampes étant tangentes aux berges, en temps d'eaux basses, il est impossible d'aborder, il demande en conséquence que le gouvernement lui vienne en aide pour faire reconstruire au plus vite ces rampes d'abord avec une plus grande pente puis normalement au cours de la rivière ". L'ingénieur Delafons note que ces travaux pourront être étudiés, mais que " la traille a été posée trop près des rampes par la commune ".

L'état du batelet s'est considérablement dégradé au cours de l'année 1863 : au mois de mai, il est noté que " le batelet, dont la construction remonte à douze ans environ, est à peu près usé ; néanmoins, il ne présente encore aucun danger pour la circulation ", mais six mois plus tard, il présente de nombreuses brèches.

L'arrêté préfectoral du 30 novembre 1863, consécutif à la visite du 28 octobre, prescrit d'indiquer les niveaux d'eau d'interdiction et de surtaxe, de fournir les certificats de capacité des mariniers, de poser des planches pour servir de siège dans le batelet et de réparer les brèches dans le pavage des rampes d'abordage avant le 1er février 1864 ; la commune, fermière du bac, devra également remplacer le batelet et goudronner les bateaux avant le 1er avril 1864.

Lors de la visite du 26 avril 1864, il est noté que si le bac et les pontons sont en assez bon état, les brèches signalées dans le batelet construit vers 1851 n'ont pas été réparées. Le 8 juin 1864, un arrêté préfectoral interdit l'usage du batelet qui est déclaré hors service. La visite d'avril 1864 signalait également l'absence d'affichage des tarifs sur la rive droite, la cale de la rive droite a été refaite, celle de la rive gauche doit l'être prochainement. L'ingénieur note qu'il lui manque les documents concernant l'autorisation de reconstruire la rampe d'abordage.

Le procès-verbal de la visite du 21 octobre 1864 note que le grand bac est en bon état mais n'a pas été goudronné, le batelet a été refait à neuf mais n'a pas été suffisamment goudronné, les pontons sont en bon état sauf à madrier à remplacer à celui de la rive gauche. Les tarifs ne sont pas affichés. En conséquence, par arrêté préfectoral du 13 décembre 1864, la commune, fermière du bac, est mise en demeure d'afficher les tarifs sur les rives avant le 30 décembre et de poser des sièges sur le batelet et de goudronner le bateau avant le 15 avril 1865.

Par arrêté préfectoral du 10 juillet 1865 (suite à la visite du 12 mai), la commune, fermière du bac, est mise en demeure de réparer le ponton de la rive gauche avant le 1er août et de goudronner la traille et ses charpentes avant le 1er septembre.

Le 30 octobre 1865, le conducteur de travaux note en présence du sous-fermier, François Volard, qui ne sait pas signer, mais en absence du maire, que le goudronnage des bateaux réalisé en juillet a été mal exécuté et doit être refait. Le ponton de gauche a été refait.

Par arrêté préfectoral du 15 janvier 1867, la commune, fermière du bac, est mise en demeure de goudronner le matériel et d'équiper de sièges le grand bac et le batelet avant le 1er juin 1867, travaux déjà prescrits par arrêtés du 29 novembre 1865 (visite du 30 octobre 1865) et du 14 juin 1866 (visite du 27 avril 1866) et signalés à nouveau comme non réalisés dans une visite d'octobre 1866.

En avril 1867, le conducteur des travaux note que les travaux prescrits le 15 janvier 1867 (goudronnage général du matériel) n'ont pas été réalisés et met en demeure la commune de les réaliser avant le 17 juin ; le maire promet de les réaliser " aux premiers jours de beau temps ". Le grand bac, le batelet, la traille et son bâti sont en bon état. En décembre, le goudronnage du matériel est à nouveau prescrit par arrêté préfectoral (16 décembre) suite au rapport de l'ingénieur Lecompte (21 mai) : " les prescriptions de l'arrêté du 15 janvier [...] n'ont pas encore reçu de commencement d'exécution ". Le sous-fermier Vollard fait savoir qu'il se retirera le 31 décembre 1867.

En 1868, la commune, fermière du bac, doit payer à l’État 64,58 francs pour racheter la traille (câble d'environ env. 86 m de longueur et d'un poids de 60 kg) qui sert à tracter le bac. D'après le conducteur de travaux, Sylvain Griffon, le nouveau sous-fermier (qui ne sait pas écrire) assure mal le service car il habite trop loin (à près d'un kilomètre, dans le bourg, sur la rive opposée au port) du passage d'eau.

Le conducteur de travaux souligne en novembre 1867 et en juin 1868 qu’il est dommage que la commune n'entretienne pas mieux un matériel qui est presque neuf. L'arrêté préfectoral du 24 juillet 1868 demande à la commune de goudronner tout le matériel avant le " 31 septembre " [sic].

Les arrêtés préfectoraux du 23 décembre 1869 et du 2 juillet 1870 exigent que la commune, fermière du bac, répare et rende étanches les deux extrémités du grand bac sur 3 m de long, goudronne le bac, le passe-cheval, la traille et ses supports respectivement au plus vite et avant le 15 juillet 1870. Les arrêtés préfectoraux du 28 décembre 1868, du 18 juin et du 23 décembre de 1869 demandent aussi à la commune de fournir un local à proximité du bac pour le logement du passeur.

Les arrêtés préfectoraux du 24 février et du 13 juin 1871 ordonne à nouveau le goudronnage du matériel respectivement avant le 1er mars et avant le 15 juin, arrêtés restés sans effet puisque quelques mois plus tard, l'arrêté préfectoral du 22 septembre 1871 exige de " remplacer 3m courants de gauche au grand bac, consolider l'un des pieds de la chèvre à laquelle est attachée la traille sur la rive gauche et goudronner tout le matériel " avant le 1er janvier 1872. En janvier 1873, une partie des travaux n'est toujours pas réalisé, et comme la sécurité du passage est affectée, le préfet rédige une nouvelle mise en demeure avec menace de travaux d'office pour la réparation du plancher du bateau et de la traille. Le sous-fermier a été remplacé provisoirement en 1872 par un individu qui ne possédait pas les certificats obligatoires.

En juin 1873, la commune est mise en demeure de goudronner tout le matériel (non exécuté le 30 septembre). Un arrêté préfectoral du 31 décembre 1873 interdit l'usage du batelet, le délai de réparation ayant expiré en septembre, et ordonne son remplacement par un bateau neuf sous 2 mois.

L'arrêté du 7 juin 1875 exige la construction d'un nouveau bac, sous 4 mois, travail déjà réclamé par arrêté du 9 décembre 1874 : la visite du 26 novembre 1874 indique que le bac est en fort mauvais état et ne peut plus servir que quelques mois.

Au fil des ans, le préfet demande de nouveaux travaux : réparer les courbes et les couvre-joint du grand bac (10 juin 1876), goudronner le passe-cheval (10 juin 1876), afficher les tarifs sur les deux rives (10 juin 1876). Les abords du bac auraient besoin d'être repavés sur la surface de 10 m sur 6 m (visite du 24 mai 1876).

Par arrêté, le préfet exige le 4 décembre 1876 (suite à la visite du 21 octobre) la réparation du plancher du passe-cheval qui a remplacé le batelet. En 1876, le sous-fermier est toujours Sylvain Griffon.

Le service du bac est supprimé le 1er janvier 1886, suite à la mise en service du pont en août 1885.

Période(s)Principale : Moyen Age
Principale : Temps modernes
Auteur(s)Auteur : Delafons
Delafons

Ingénieur des ponts et chaussées. Intervient en 1857 à Jouhet, en 1858 à Montmorillon, en 1860 à Antigny, et sur contresigne les rapports de visite des bacs de la Gartempe, arrondissement de Montmorillon, à la fin des années 1850 et au début des années 1860.


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ingénieur des Ponts et Chaussées attribution par source

Le passage d'Antigny était assuré à proximité du moulin, ce qui pouvait représenter un certain danger en raison du remous créé (voir historique et annexe). Les rampes d'accès et les pontons d'abordage font l'objet de nombreux rappels à l'ordre des ingénieurs. Sur le plan de 1860, l'étiage de la Gartempe est indiqué à 3m82. La pente d'accès au bac est de 0,0717 sur chaque rive.

L'entretien des bateaux (deux en général) est également contrôlé régulièrement (une à deux fois par an) par le conducteur de travaux de ponts-et-chaussées, une traille est installée dans les années 1860 (voir historique). Le conducteur de travaux et l'ingénieur soulignent régulièrement à la fin des années 1860 que le passeur habite trop loin (1 km) pour assurer correctement le service et que la commune doit le loger à proximité, ce qui sous-entend que contrairement aux autres communes, il n'y a pas, à Antigny, de maison du passeur. D'après ces documents, l'accès principal, où se trouvaient les bateaux, était sur la rive droite, en aval du château et en amont du moulin, en contrebas du hameau des Fruchons, et non sur la rive gauche où se trouvent le bourg avec l'église (et où habite le passeur dans les années 1868-1870).

Statut de la propriétépropriété du département
Intérêt de l'œuvreà signaler

Annexes

  • Passage de la Gartempe à Antigny, mauvais état du bateau du bac, 1811-1812 (Archives départementales de la Vienne, Poitiers, 3 S 35)

    Lettre du maire, 26 décembre 1811

    " Aujourd'hui vingt-six décembre mil huit cent onze, nous, maire de la commune d'Antigny, canton de Saint-Savin, arrondissement communal de Montmorillon, département de la Vienne ; ayant eu connaissance par nous même et par la voie publique que le bateau qui sert aux communications des habitants de la rive droite de la Gartempe au chef-lieu de cette commune est hors de service et qu'on courrait les plus grands dangers à s'en servir. Voulant nous assurer de son bon ou mauvais état nous avons invité les sieurs Pascal Loubeau et Joseph Guenachon, charpentiers demeurant au chef-lieu de cette commune pour nous assister, voir et visiter le dit bateau, ce qu'ils ont bien voulu accepter. En conséquence nous nous sommes tous les trois transportés au port d'Antigny où étant, les dits Loubeau et Guenachon ont vu, visité et examiné le dit bateau ; d'après quoi ils ont déclaré qu'il était bien en mauvais état ; que le bois était pourri, qu'il était hors d'état d'être réparé et qu'enfin on courait des risques à s'en servir et en conséquence qu'il était très urgent d'en faire un autre. D'après cela, nous nous sommes retirés à la maison commune où nous avons rédigé le présent pour servir et valoir ce que de droits. Et a le dit Pascal Loubeau avec nous signé et le dit Guenachon a déclaré ne le savoir.

    Signé P. Loubeau. [Soüïnfavinierre ?].

    Demande du maire au sous-préfet, 28 décembre 1811

    " Antigny, le 28 Xbre 1811

    Le maire de la commune d'Antigny

    à Monsieur le sous-préfet de Montmorillon

    Monsieur,

    La sureté publique exige que je vous fasse quelques observations sur les dangers auxquels sont exposés les habitants de la rive droite de la Gartempe pour communiquer avec le chef-lieu de cette commune.

    Il y a toujours eu dans cette commune un bateau pour servir aux communications entre les habitants du chef-lieu et les habitants de la rive droite de la Gartempe. Ce bateau avant l'ordre des choses actuelles a toujours été fourni par l'abbé de St-Savin, seigneur suzerain de la commune d'Antigny et ce à cause de ses moulins banaux. Ces moulins ayant été vendus en 1791, le sieur Volard, propriétaire actuel, a toujours fourni et entretenu le bateau jusqu'à ce jour : mais il est tellement détérioré et hors service qu'on courre les plus grands risques à passer la rivière ainsi que vous le verrez par le procès-verbal ci-joint.

    Lorsque le sieur Volard a acheté les moulins, on ne l'a point obligé à l'entretien du bateau, on ne peut donc le forcer à en faire faire un autre. A qui faut-il avoir recours pour éviter les dangers que courent ceux qui sont obligés de traverser la rivière ? Je dis plus on ne lui a même pas vendu le droit de passage : à qui appartient-il ? Au gouvernement ? Est-ce à la commune ? Nul doute qu'il appartiendrait au gouvernement si la rivière était navigable et flottable : mais comme elle a été déclarée n'être ni l'un, ni l'autre, ce passage doit donc appartenir à la commune. Je vous prie, Monsieur, de me faire part de vos décisions à cet égard et ce le plus promptement possible, afin que si la commune est obligée de faire faire un bateau pour ses communications, je m'en occupe de suite pour la sécurité publique. Et si au contraire il appartient au gouvernement, vous me ferez plaisir de me tracer la marche que j'ai à tenir pour en obtenir un. Et enfin, s'il appartenait à M. Volard, quelle est la marche qu'on doit tenir pour le contraindre à remplir ses obligations pour la communication des deux rives de la rivière. [signé Soüïnfavinierre ?] ".

    Arrêté du sous-préfet de Montmorillon, 4 janvier 1812

    " Extrait des registres de la sous-préfecture de Montmorillon

    Le sous-préfet de Montmorillon

    du 4 janvier 1812

    Vu le procès verbal de visite du bateau établi par le nommé Voulard propriétaire et meunier sur la rivière de Gartempe, au port d'Antigny en date du 18 décembre dernier, duquel il résulte que ledit bateau est entièrement dégradé par vétusté, non susceptible d'être réparé et qu'il y a du danger d'en maintenir le service.

    Considérant d'une part que la partie de police la plus recommandée aux administrations est celle qui est relative à la sûreté des citoyens et de prévenir les accidents auxquels la négligence et l'imprévoyance pourraient donner lieu.

    Considérant d'autre part que d'après les lois portant suppression de la féodalité, il est permis aux propriétaires limitrophes des rivières déclarées non flottables ni navigables, et notamment aux communes dont le territoire est divisé par des rivières, de tenir bacs et bateaux pour leur usage ou leur agrément,

    arrête

    Art. 1er

    L'usage du bateau existant actuellement sur la rivière de Gartempe, au port d'Antigny, appartenant au dit Voulard, est interdit dès cet instant, défenses sont faites au dit Voulard de s'en servir et de souffrir qu'il soit employé à la navigation sous peine de droit.

    Art. 2

    Dans les 24 heures de la notification qui sera faite administrativement du présent arrêté au dit Voulard, celui-ci sera tenu de retirer ledit bateau de la rivière et de le mettre à sec, si mieux il ,'aime le faire attacher avec cadenas ou par des liens de fer à l'un des poteaux placés à l'un des abords de ladite rivière, de manière que personne ne puisse en disposer.

    Art. 3

    Dans le cas de refus ou de négligence de la part dudit Voulard, Monsieur le maire d'Antigny est autorisé à faire extraire le bateau dudit port et d'en faire vente pour subvenir au prix des frais de ladite construction.

    Art. 4

    Le conseil municipal de la commune d'Antigny est autorisé à faire procéder au bail ferme du passage du dit port, à telles conditions qu'il croira les plus avantageuses à la commune, en y stipulant toutefois la condition de faire construire par l'adjudicataire et à ses frais pour l'usage du dit port et d'y entretenir aussi à ses frais, un bateau dont les proportions seront réglées préalablement par le dit conseil municipal, et aussi à la charge de se conformer au règlement existant sur la taxe du droit de passage et de stipuler qu'à la fin du dit bail, le dit bateau restera à l'adjudicataire à titre de cheptel dont il sera fait adjudication.

    Art. 5

    Le dit Voulard et tous autres propriétaires limitrophes de la dite rivière ayant droit d'établir sur icelle des bacs et bateaux pour leur usage, l'adjudicataire sera tenu de les souffrir sans indemnité, pourvu néanmoins que les dits bateaux soient placés ailleurs que dans les arrivages du dit port, y ceux étant déclarés appartenir à la dite commune d'Antigny.

    Art. 6

    Le présent arrêté sera soumis à l'homologation de M. le Préfet et cependant attendu l'urgence il sera exécuté par provision quant à l'interdiction du bateau actuel et à son extraction de la rivière.

    M. le maire d'Antigny est chargé de l'exécution et nous en rendra compte.

    Montmorillon, le 4 janvier 1812. Signé [illisible]. "

  • Bac d'Antigny sur la Gartempe, procès-verbal de visite annuelle, 1856 (Archives départementales de la Vienne, 3 S 70)

    " Le onze septembre mil huit cent cinquante six, à deux heures du soir, nous, conducteur des Ponts et Chaussées soussigné, en résidence à Montmorillon, délégué de M. l'ingénieur de l'arrondissement de l'est, avons procédé à la visite annuelle du bac d'Antigny établi sur la Gartempe dans la commune d'Antigny, en présence de MM. Joyeux adjoint et Volard passeur sous-fermier de la commune et avons constaté :

    1e que les prescriptions de l'arrêté préfectoral du 31 décembre 1855 n'ont pas été entièrement exécutés ;

    2e que les bateaux n'ont été ni peints ni goudronnés contrairement à l'article 14 du cahier des charges ;

    3e que contrairement à l'article 15 du cahier des charges, le tarif des droits à percevoir par le fermier n'était affiché que sur la rive gauche où se tient le passeur, qu'il y a lieu conformément au dit article de planter sur chacune des rives un poteau sur lequel seront indiqués par l'arête inférieure de petits linteaux d'abord le niveau d'eau au-dessus duquel le supplément est exigible ensuite celui des hautes eaux au-dessus duquel le passage est interdit, ces hauteurs n'étant actuellement indiquées que par des marques peu apparentes non repérées ;

    4° que les lignes de flottaison des bateaux présentes par l'article 10 du cahier des charges et fixées à quinze centimètres en contrebas du milieu des hauts bords des bordages par le dit arrêté préfectoral, n'étaient pas encore indiquées ;

    5° qu'enfin les bateaux quoique tenus en assez bon état prenaient un peu l'eau et avaient besoin d'être étanchés et calfeutrés.

    Le bac d'Antigny est situé en amont d'un barrage dont le voisinage peut présenter quelques dangers lors des crues. La commune qui est fermière du passage et propriétaire du matériel semble disposée à y apporter toutes les améliorations désirables telles que l'acheminement des chemins qui y conduisent et l'établissement d'un système de poulies et de cordages employé avec avantage dans plusieurs localités. Il y aurait donc lieu de s'occuper d'un projet de cales d'abordage propre à rendre le passage sûr et facile en toutes saisons.

    Aucune plainte ou réclamation ne nous ayant été présentée, nous avons clos le présent procès-verbal après en avoir donné lecture à M. l'adjoint qui l'a signé avec nous et au sous-fermier qui a déclaré ne savoir signer.

    Fait à Antigny les jour mois et an que dessus.

    L'adjoint signé Joyeux

    Le conducteur des ponts et chaussées signé Morisson

    Pour copie conforme Poitiers le 16 décembre 1856

    L'ingénieur ordinaire V. Hart. "

  • Bacs sur la Gartempe. Rapports et délibérations - Conseil général de la Vienne, rapport du préfet, session d'août 1875, p. XII-XIII, XV.

    " On reproduit ici dans l'ordre de leur situation, en remontant de l'aval vers l'amont sur chaque rivière, la liste des vingt-quatre bacs existant actuellement dans le département, dont la surveillance est confiée aux Ingénieurs et dont le fermage est perçu par l'État :

    [...]

    Sur la Gartempe :

    Le Breuil (matériel appartenant au fermier) ;

    Busserais (matériel appartenant à l'État);

    Nalliers (matériel appartenant à l'État);

    Antigny (matériel appartenant au fermier) ;

    Jouhet (matériel appartenant à l'État).

    La valeur du matériel appartenant à l'État est de 24,362 fr. 33 c ; celle du matériel appartenant aux fermiers, de 19,867 fr. 78 c.

    [...]

    Les chemins aboutissant aux passages de Ribes, sur la Vienne ; Leugny, Rives, Meré, sur la Creuse ; Breuil, Busserais et Nalliers, sur la Gartempe, ont besoin d'être mis en état ; mais les communes ne semblent pas, mieux que les années précédentes, en mesure d'exécuter des réparations ou de fournir des subventions. "

Références documentaires

Documents d'archives
  • 1811, 28 décembre : réclamation du maire d'Antigny au sous-préfet pour le service d'un bac (voir annexe) et procès-verbal de visite du bateau du 2 janvier 1812.

    1831-1832 : la commune réclame au préfet le droit d'avoir un bac à ferme et de construire les bateaux pour assurer le passage.

    1860, 19 janvier : avant-métré, détail estimatif, plan, profils, rapport de l'ingénieur H. Dufour pour aménager les abords du bac.

    1860-1863 : demandes de travaux aux abords du passage d'eau et sur le chemin d'intérêt commun n° 78 et acquisition d'un terrain par la commune pour le chemin n° 35.

    1867 : la commune est fermière du bac pour 9 ans (du 1er janvier 1859 au 31 décembre 1867) ; elle avait mis le bac en sous-fermage par adjudication à M. Volard pour trois ans (1er janvier 1865 au 31 décembre 1867) ; prolongation du sous-fermage ; le préfet vérifie les clauses et tarifs tout en reconnaissant qu'ils relèvent du fermier (la commune) et non du sous-fermier ;

    1873-1875 : mauvais état du grand bac, demande de remplacement.

    1885, août : suite à la mise en service des ponts d'Antigny et de Bonnes, suppression des deux services de bac le 1er janvier 1886.

    Archives départementales de la Vienne, Poitiers : 3 S 35
  • 1804-1868. Administration bac d'Antigny

    An 12, 17 thermidor (1804, 5 août) : liste des bacs du département de la Vienne

    1816, 14 septembre : rapport sur l'état des bacs de l'arrondissement du midi, par Gravet

    1832, 17 juillet : état des bacs et des passages d'eau dont les baux ont été renouvelés depuis le 31 décembre 1830

    1850, 7 août : département de la Vienne, arrondissement du centre, tableau des bacs avec valeur du matériel, prix de la ferme, etc. par Grissot de Passy

    1855, 31 décembre : arrêté préfectoral prescrivant des travaux suite à la visite annuelle

    1856, 9 décembre : projet de tarifs pour tous les bacs, par Delafons

    1856, 27 décembre : arrêté préfectoral prescrivant des travaux suite à la visite annuelle

    1857, 30 novembre : rapport de l'ingénieur Delafons pour la délimitation du port d'Antigny, de l'abreuvoir de Bois-Morand au gué de Ceaux [sic] (3,4 km)

    1857, 30 novembre : rapport de l'ingénieur Delafons ; transmission de profils avec les lignes de flottaison et avis favorable des fermiers et des maires sur le maintien de la surtaxe en cas de niveau d'eau élevé

    1858, 5 avril : adjudication des 26 passages d'eau du département de la Vienne pour 9 ans (1859-1867)

    1858, 5 mai : arrêté préfectoral de mise en demeure de réaliser des travaux

    1858, 8 juillet : rapport de l'ingénieur Delafons pour la délimitation des ports de jouhet et Antigny

    1858, 8 juillet : rapport de l'ingénieur Delafons sur l'avis des conseils municipaux sur les tarifs des bacs

    1858, 19 novembre : rapport de visite ordinaire par l'ingénieur en 1858 par Delafons

    1859, 9 avril : état des passages d'eau dont les baux ont été renouvelés au 1er janvier 1859

    1861, 3 septembre : rapport de l'ingénieur, travaux sur les rampes d'abordage pour une somme de 64,58 francs

    Archives départementales de la Vienne, Poitiers : 3 S 62
  • 1858-1868. Administration bac d'Antigny

    1858, 20 novembre : cahier des charges

    1858, 17 décembre : procès-verbal d'adjudication

    1859, 22 mars : inventaire descriptif et estimatif, procès-verbal de mise en jouissance

    1861, 31 mai : procès-verbal de remise au fermier d'objets nécessaires

    1868, 24 avril : arrêté fixant le prix de la traille à reprendre de l’État par la commune fermière

    Archives départementales de la Vienne, Poitiers : 3 S 63
  • 1861-1867. Administration du bac d'Antigny

    1861, 12 février : arrêté préfectoral prescrivant des travaux

    1861, 31 mai : procès-verbal de visite par le conducteur de travaux Lorillot, contresigné par l'ingénieur Delafons

    1862, 16 juillet : procès-verbal de visite par le conducteur de travaux V. de Golian, contresigné par l'ingénieur Delafons

    1863, 13 mai : procès-verbal de visite par le conducteur de travaux Édouard Morisson, contresigné par l'ingénieur Delafons

    1863, 28 octobre : procès-verbal de visite par l'employé secondaire faisant fonction de conducteur de travaux H. Miot, contresigné par l'ingénieur Delafons

    1863, 30 novembre : arrêté préfectoral prescrivant des travaux

    1864, 26 avril : procès-verbal de visite par l'employé secondaire faisant fonction de conducteur de travaux Maurin, contresigné par l'ingénieur Delafons

    1864, 8 juin : arrêté préfectoral prescrivant des travaux

    1864, 21 octobre : procès-verbal de visite par l'employé secondaire faisant fonction de conducteur de travaux Maurin, contresigné par l'ingénieur Delafons

    1864, 13 décembre : arrêté préfectoral prescrivant des travaux

    1865, 12 mai : procès-verbal de visite par l'employé secondaire faisant fonction de conducteur de travaux Maurin, contresigné par l'ingénieur Delafons

    1865, 10 juillet : arrêté préfectoral prescrivant des travaux

    1865, 30 octobre : procès-verbal de visite par le conducteur de travaux Mazeaud, contresigné par l'ingénieur Lecompte

    1865, 29 novembre : arrêté préfectoral prescrivant des travaux

    1866, 27 avril : procès-verbal de visite par le conducteur de travaux Mazeaud, contresigné par l'ingénieur Lecompte

    1866, 14 juin : arrêté préfectoral prescrivant des travaux

    1866, 30 octobre : procès-verbal de visite par le conducteur de travaux Mazeaud), contresigné par l'ingénieur Lecompte

    1867, 15 janvier : arrêté préfectoral prescrivant des travaux

    1867, 27 avril : procès-verbal de visite par le conducteur de travaux Mazeaud, contresigné par l'ingénieur Lecompte

    Archives départementales de la Vienne, Poitiers : 3 S 64
  • 1867-1871. Administration du bac d'Antigny

    1867, 21 mai : rapport de l'ingénieur ordinaire Lecompte

    1867, 30 octobre : procès-verbal de visite du conducteur de travaux Ebaupin, contre-signé de l'ingénieur Lecompte

    1867, 16 décembre : arrêté préfectoral prescrivant des travaux

    1868, 6 janvier : procès-verbal de visite du conducteur de travaux Ebaupin, contre-signé de l'ingénieur Lecompte

    1868, 27 avril : procès-verbal de visite du conducteur de travaux Ebaupin, contre-signé de l'ingénieur Lecompte

    1868, 24 juillet : arrêté préfectoral prescrivant des travaux

    1868, 29 octobre : procès-verbal de visite du conducteur de travaux Ebaupin, contre-signé de l'ingénieur Lecompte

    1868, 28 décembre : arrêté préfectoral prescrivant des travaux

    1869, 22 avril : procès-verbal de visite du conducteur de travaux Ebaupin, contre-signé de l'ingénieur Lecompte

    1869, 18 juin : arrêté préfectoral prescrivant des travaux

    1869, 27 octobre : procès-verbal de visite du conducteur de travaux Ebaupin, contre-signé de l'ingénieur Lecompte

    1869, 23 décembre : arrêté préfectoral prescrivant des travaux

    1870, 10 mai : procès-verbal de visite du conducteur de travaux Ebaupin, contre-signé de l'ingénieur Lecompte

    1870, 22 octobre : procès-verbal de visite du conducteur de travaux Ebaupin, contre-signé de l'ingénieur Lecompte

    1871, 24 février : arrêté préfectoral prescrivant des travaux

    1871, 17 avril : procès-verbal de visite du conducteur de travaux Ebaupin, contre-signé de l'ingénieur Lecompte

    1871, 13 juin : arrêté préfectoral prescrivant des travaux

    1871, 22 septembre : arrêté préfectoral prescrivant des travaux

    1871, 14 novembre : procès-verbal de visite du conducteur de travaux Ebaupin, contre-signé de l'ingénieur Lecompte

    Archives départementales de la Vienne, Poitiers : 3 S 65
  • 1872-1876. Administration du bac d'Antigny

    1872, 6 mai : procès-verbal de visite par le conducteur de travaux Ebeaupin, contresigné par l'ingénieur Lecompte

    1872, 14 novembre : procès-verbal de visite par le conducteur de travaux Ebeaupin, contresigné par l'ingénieur Lecompte

    1873, 29 janvier : arrêté préfectoral prescrivant des travaux

    1873, 13 mai : procès-verbal de visite par le conducteur de travaux Ebeaupin, contresigné par l'ingénieur Lecompte

    1873, 27 juin : arrêté préfectoral prescrivant des travaux

    1873, 30 septembre : procès-verbal de récolement (travaux non commencés) et procès-verbal de visite par le conducteur de travaux Ebeaupin, contresigné par l'ingénieur Lecompte

    1873, 31 décembre : arrêté préfectoral interdisant l'utilisation du batelet

    1874, 18 mai : procès-verbal de visite par le conducteur de travaux Ebeaupin, contresigné par l'ingénieur Lecompte

    1874, 26 novembre : procès-verbal de visite par le conducteur de travaux Ebeaupin, contresigné par l'ingénieur Lecompte

    1874, 9 décembre : arrêté préfectoral prescrivant des travaux

    1875, 13 mai : procès-verbal de visite par le conducteur de travaux Ebeaupin, contresigné par l'ingénieur Lecompte

    1875, 7 juin : arrêté préfectoral prescrivant des travaux

    1875, 15 novembre : procès-verbal de visite par le conducteur de travaux Ebeaupin, contresigné par l'ingénieur Lecompte

    1876, 4 décembre : arrêté préfectoral prescrivant des travaux Boisson

    Archives départementales de la Vienne, Poitiers : 3 S 66
  • 1840-1851. Bacs et passages d'eau ; passage d'Antigny sur la Gartempe

    1840, 10 juillet. État du matériel affecté au service du passage d'Antigny.

    1850, 3 août. Procès-verbal de visite des lieux.

    1851, 18 février. Procès-verbal de visite des lieux pour l'année 1851.

    1856, 111 septembre. Procès-verbal de visite (voir annexe).

    Archives départementales de la Vienne, Poitiers : 3 S 70
Documents figurés
  • " Bac d'Antigny. Construction de nouvelles voies d'accès. Plan, profil en long et profil en travers ". Delafons, ingénieur. 14 janvier 1860. Échelles 1/500 et 1/50.

    Archives départementales de la Vienne, Poitiers : 3 S 35
Bibliographie
  • Bacs sur la Gartempe. Rapports et délibérations - Conseil général de la Vienne, rapport du préfet, session d'août 1875.

    p. XIII
(c) Région Nouvelle-Aquitaine, Inventaire général du patrimoine culturel - Dujardin Véronique
Dujardin Véronique

Chercheur, service Patrimoine et Inventaire


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