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Bac (passage d'eau) du Breuil

Dossier IA86010682 inclus dans Vallée de la Gartempe réalisé en 2017

Fiche

Dénominationsbac
Aire d'étude et cantonVals de Gartempe et Creuse - Pleumartin
Hydrographiesla Gartempe
AdresseCommune : La Roche-Posay
Lieu-dit : le Breuil

Outre le bac situé à proximité du bourg de La Roche-Posay, un second passage existait au hameau du Breuil. Bien qu'il ne figure ni sur le cadastre de 1833, ni sur la carte de l'état-major des années 1840, il est probable qu'il devait se trouver au bout du chemin qui prolonge l'avenue de La Creuse et qui rejoint la rivière de la Gartempe, à proximité de la confluence avec la Creuse.

Lors de l'adjudication générale des bacs en janvier 1859, le bac du Breuil n'a pas trouvé preneur. La commune avait souhaité postuler, mais en assurant le service que le vendredi et le dimanche, et les jours de foire à Pleumartin et La Roche-Posay, conditions refusées par l’État.

En janvier 1860, le ministère des Finances approuve la mise en fermage du bac au profit de la commune de La Roche-Posay, représentée par son maire, Louis Joseph de Talibon, pour 9 ans à compter du 1er janvier 1859, moyennant un fermage annuel de 5 francs. Le matériel, appartenant au fermier et estimé à 530 francs, se compose :

- d'un bac de 11m95 de longueur, 3m80 de largeur au milieu et 2m85 de largeur sur les levées, " construit en 1844 et encore assez solide " (valeur 440 francs), garni de ferrures et de chaînes. Manœuvrable par deux mariniers, il peut transporter 60 personnes, y compris les mariniers, ou 5 chevaux, mulets, bœufs ou vaches ;

- d'un batelet ou toue de 7m45 de longueur, 1m50 de largeur et 0m50 de largeur aux extrémités (valeur 60 francs) ; manœuvrable par un seul marinier, il peut transporter 6 personnes y compris le passeur ;

- d'un ponton de 2m80 de longueur pour 1m10 de largeur, composé d'un bâti en chêne recouvert d'un plancher en bois blanc ; " Le deuxième ponton a été entraîné par une crue et devra être remplacé " ;

- de trois bâtons ferrés ou bourdes, d'une écope et d'un cadenas.

Le batelet est en assez bon état et appartient au sous-fermier qui l'utilise aussi à la pêche, le reste du matériel appartient à la commune. Le tarif fixé pour la traversée est le même que pour le pont suspendu. En 1860, le sous-fermier est Jules Emrick, qui ne sait pas signer. Le bornage de délimitation du port est réalisé le 8 novembre 1860 par des piquets en bois implantés au sommet de la berge à 500m de part et d'autre du passage sur la rive gauche.

L'arrêté préfectoral du 30 août 1861, qui fait suite à la visite du 12 avril 1861, exige la réparation immédiate du bac, du batelet et du ponton, le goudronnage des bateaux et l'établissement de sièges.

Les visites du 26 avril 1862, du 13 novembre 1862 et du 9 mai 1863 notent que le matériel est en bon état, le bac et le batelet sont équipés de planches servant de sièges ; la cale d'abordage de la rive gauche est en bon état, " celle de la rive droite est à travers prés et peu facile ". Le sous-fermier présente son certificat de moralité mais pas son certificat d'aptitude.

L'arrêté préfectoral du 7 décembre 1863 exige de fournir le certificat d'aptitude du marinier.

La visite du 29 avril 1864 ne note rien de particulier, le matériel est en bon état.

Lors de la visite d'octobre 1864, le matériel est en bon état mais le sous-fermier Marnay n'a pas pu présenter ses certificats d'aptitude à la fonction de marinier, qu'il dit avoir égarés. Le bac est préparé pour recevoir quelques réparations sans le retirer de l'eau (remplacement de quatre courbes et d'une courbe de levée, et de quelques madriers formant le plancher supérieur).

En juin 1865, le contrôleur de travaux trouve le bac, le batelet et leur matériel en bon état, ce qui ne sera plus le cas six mois plus tard par le nouveau conducteur de travaux. Il faudrait néanmoins remplacer quelques madriers du bac et goudronner les deux bateaux à la belle saison. Un seul marinier, le sous-fermier Marnay, assure les traversées.

Par arrêté préfectoral du 1er décembre 1865, suite à la visite du 14 novembre précédent, la commune, fermière du bac, est mise en demeure de réparer le grand bateau, de fournir un ponton d'abordage sur chaque rive et et d'adjoindre au service du bac un deuxième marinier qualifié dès réception de l'arrêté.

Le 25 mai 1866, le conducteur de travaux note dans sa visite semestrielle que le grand bac a besoin d'être réparé, trois courbes sont à remplacer et les joints doivent être refaits. Le batelet est neuf (mais non décrit), avec des accessoires en bon état. Les cales d'abordage sont en assez bon état. M. Marnay, sous-fermier, assure seul la fonction de marinier. Bien que ne sachant ni écrire ni signer, il possède les certificats nécessaires à l'exercice de ses fonctions.

Par arrêté préfectoral du 9 novembre 1866, la commune, fermière du bac, est mise en demeure de réparer au plus vite le grand bateau et d'adjoindre au service du bac un deuxième marinier qualifié.

La visite du 15 novembre 1866, en présence de M. Marnay, sous-fermier, note qu'il manque le poteau indiquant les hauteurs d'eau au-dessus et en deçà desquelles le passage ne peut plus être assuré ainsi que le niveau à partir duquel la surtaxe est exigible, poteau semblable à celui installé sur la rive gauche. Malgré quelques réparations insuffisantes, le grand bac, qui appartient à la commune et mesure 11m95 de longueur, 3m80 de largeur au milieu et 2m80 de largeur sur les levées, est toujours en très mauvais état. Le batelet n'est pas décrit. Les deux embarcations ont besoin d'être goudronnées. En principe, le service devrait être assuré par deux mariniers, mais seul le sous-fermier est affecté à la traversée ; il se fait aider quand il en a besoin par des personnes agréées, notamment son fils Alexandre.

Par arrêté préfectoral du 14 décembre 1866, la commune, fermière du bac, est mise en demeure de réparer au plus vite le grand bac, notamment les courbes, le plancher du fond et le calfatage.

Le conducteur de travaux Leclert note dans sa visite annuelle en avril 1867, en présence du sous-fermier, M. Marnay père, que le grand bac vient d'être réparé, mais que la barque n'a pas été goudronnée. Un seul marinier, le sous-fermier, est affecté au service du bac, parfois aidé par son fils Alexandre Mornay. Les chemins d'accès sont en mauvais état mais c'est à la commune de La Roche-Posay, fermière du bac, de procéder aux réparations.

Par arrêté du 16 décembre 1867, le préfet impose au (nouveau) fermier, Louis Moreau (qui ne sait pas écrire), la mise en bon état d'entretien des cales d'abordage, le remplacement de deux courbes au grand bac et le calfatage de ses joints ; le 30 mai 1868, il exige le remplacement de quatre courbes et de plusieurs madriers du grand bac, de calfater ses joints et de goudronner le bac et le batelet. En mai 1868, le conducteur de travaux note que le batelet est neuf. Quand il en a besoin, le fermier se fait aidé par Alexandre Marnay, fils de l'ancien sous-fermier.

Par arrêtés du 8 décembre 1868 et du 7 juin 1869, le préfet impose au fermier, Louis Moreau, le remplacement du ponton manquant sur la rive gauche.

L'arrêté préfectoral du 22 septembre 1871 exige la pose immédiate du piquet devant indiquer les niveaux d'eau (maximum, surtaxe et minimum) sur la rive droite. Ces avertissements sont sans effets et répétés régulièrement. L'arrêté du 26 mai 1873 demande en outre le remplacement de planches du grand bac (déjà demandé par arrêté préfectoral du 10 décembre 1872) et du batelet et de remplacer le ponton sur la rive droite. L'arrêté du 12 décembre 1875 rappelle l'obligation d'afficher le tarif sur les deux rives et demande une mise en conformité sous un mois.

En 1875, le matériel appartient au fermier du bac et le chemin d'accès est signalé comme étant en mauvais état. En 1874, le bac a été échoué puis coulé sur la rive droite : le fermier précise que le passage avec le bac est impossible pendant 10 mois de l'année soit du fait du niveau d'eau trop faible, soit de l'état des chemins d'accès. Il a démonté les pontons. Il assure le passage avec le seul batelet. En novembre 1876, l'ingénieur recommande qu'il soit remis à flot le plus vite possible. L'ingénieur s'interroge sur l'opportunité de maintenir ce passage, qui n'a plus guère d'utilité avec la possibilité de passer par les ponts sur la Creuse à La Roche-Posay et Yzeures.

En 1876, le sous-fermier est toujours Moreau.

Période(s)Principale : 19e siècle , (détruit)

C'est le seul bac de la vallée de la Gartempe pour lequel il n'y a pas de document figuré. Les documents d'archive permettent de se faire une idée du matériel (bateaux et accessoires), des pontons et des cales d'abordage (voir en partie historique).

Statut de la propriétépropriété du département

Annexes

  • Bacs sur la Gartempe. Rapports et délibérations - Conseil général de la Vienne, rapport du préfet, session d'août 1875, p. XII-XIII, XV.

    " On reproduit ici dans l'ordre de leur situation, en remontant de l'aval vers l'amont sur chaque rivière, la liste des vingt-quatre bacs existant actuellement dans le département, dont la surveillance est confiée aux Ingénieurs et dont le fermage est perçu par l'État :

    [...]

    Sur la Gartempe :

    Le Breuil (matériel appartenant au fermier) ;

    Busserais (matériel appartenant à l'État);

    Nalliers (matériel appartenant à l'État);

    Antigny (matériel appartenant au fermier) ;

    Jouhet (matériel appartenant à l'État).

    La valeur du matériel appartenant à l'État est de 24,362 fr. 33 c ; celle du matériel appartenant aux fermiers, de 19,867 fr. 78 c.

    [...]

    Les chemins aboutissant aux passages de Ribes, sur la Vienne ; Leugny, Rives, Meré, sur la Creuse ; Breuil, Busserais et Nalliers, sur la Gartempe, ont besoin d'être mis en état ; mais les communes ne semblent pas, mieux que les années précédentes, en mesure d'exécuter des réparations ou de fournir des subventions. "

Références documentaires

Documents d'archives
  • Voies navigables sur la Creuse: Le Breuil.

    Archives départementales de la Vienne, Poitiers : 3 S 36
  • 1858-1860. Administration bac du Breuil à La Roche-Posay

    1858, 28 janvier : limites du port

    1858, 9-10 décembre : cahier des charges

    1859, 28 janvier : inventaire descriptif et estimatif

    1859, 3 novembre : acte d'abonnement de M. Talibon

    1860, 18 février : procès-verbal de mise en jouissance

    1860, 8 novembre : procès-verbal de délimitation du port

    Archives départementales de la Vienne, Poitiers : 3 S 63
  • 1861-1867. Administration du bac Breuil à La Roche-Posay

    1861, 12 avril : procès-verbal de visite par le conducteur de travaux Renaudet, contresigné par l'ingénieur [signature illisible M...ménil]

    1861, 30 août : arrêté préfectoral prescrivant des travaux

    1862, 26 avril : procès-verbal de visite par le conducteur de travaux Renaudet, contresigné par l'ingénieur [signature illisible M...ménil]

    1862, 13 novembre : procès-verbal de visite par le conducteur de travaux Renaudet, contresigné par l'ingénieur [signature illisible M...ménil]

    1863, 9 mai : procès-verbal de visite par le conducteur de travaux Renaudet, contresigné par l'ingénieur [signature illisible]

    1863, 7 décembre : arrêté préfectoral prescrivant des travaux

    1864, 29 avril : procès-verbal de visite par le conducteur de travaux Renaudet, contresigné par l'ingénieur Parlier

    1864, 25 octobre : procès-verbal de visite par le conducteur de travaux Renaudet, contresigné par l'ingénieur Parlier

    1865, 14 juin : procès-verbal de visite par le conducteur de travaux Andry, contresigné par l'ingénieur Boisson

    1865, 14 novembre : procès-verbal de visite par le conducteur de travaux Leclert, contresigné par l'ingénieur Cahen

    1865, 1er décembre : arrêté préfectoral prescrivant des travaux

    1866, 9 novembre : arrêté préfectoral prescrivant des travaux

    1866, 15 novembre : procès-verbal de visite par Leclert, conducteur de travaux, contresigné par l'ingénieur Édouard Morisson.

    1866, 14 décembre : arrêté préfectoral prescrivant des travaux

    1867, 26 avril : procès-verbal de visite par Leclert, conducteur de travaux, contresigné par l'ingénieur Édouard Morisson

    Archives départementales de la Vienne, Poitiers : 3 S 64
  • 1860-1871. Administration du bac Breuil à La Roche-Posay

    1860, 8 novembre : procès-verbal de visite du conducteur de travaux Renaudet

    1867, 9 novembre : procès-verbal de visite du conducteur de travaux Leclert, contre-signé de l'ingénieur E. Solong

    1867, 16 décembre : arrêté préfectoral prescrivant des travaux

    1868, 12 mai : procès-verbal de visite du conducteur de travaux Leclert, contre-signé de l'ingénieur E. Solong

    1868, 30 mai : arrêté préfectoral prescrivant des travaux

    1868, 31 octobre : procès-verbal de visite du conducteur de travaux Leclert, contre-signé de l'ingénieur E. Solong

    1868, 3 décembre : arrêté préfectoral prescrivant des travaux

    1869, 21 avril : procès-verbal de visite du conducteur de travaux Leclert, contre-signé de l'ingénieur E. Solong

    1869, 7 juin : arrêté préfectoral prescrivant des travaux

    1869, 30 octobre : procès-verbal de visite du conducteur de travaux Leclert, contre-signé de l'ingénieur E. Morisson-Lacombe

    1870, 14 mai : procès-verbal de visite du conducteur de travaux Leclert, contre-signé de l'ingénieur E. Morisson-Lacombe

    1871, 10 mai : procès-verbal de visite du conducteur de travaux Leclert, contre-signé de l'ingénieur E. Morisson-Lacombe

    1871, 25 mai : arrêté préfectoral prescrivant des travaux

    1871, 28 novembre : procès-verbal de visite du conducteur de travaux Leclert, contre-signé de l'ingénieur E. Morisson-Lacombe

    Archives départementales de la Vienne, Poitiers : 3 S 65
  • 1872-1875. Administration du bac du Breuil

    1872, 24 avril : procès-verbal de visite du conducteur de travaux Leclert, contresigné par l'ingénieur E. Morisson-Lacombe

    1872, 26 octobre : procès-verbal de visite du conducteur de travaux Leclert, contresigné par l'ingénieur E. Morisson-Lacombe

    1872, 10 décembre : arrêté préfectoral prescrivant des travaux

    1873, 5 mai : procès-verbal de visite du conducteur de travaux Rabault, contresigné par l'ingénieur E. Morisson-Lacombe

    1873, 26 mai : arrêté préfectoral prescrivant des travaux

    1873, 26 septembre : procès-verbal de visite du conducteur de travaux Rabault, contresigné par l'ingénieur E. Morisson-Lacombe

    1874, 24 avril : procès-verbal de visite du conducteur de travaux Rabault, contresigné par l'ingénieur E. Morisson-Lacombe

    1874, 24 septembre : procès-verbal de visite du conducteur de travaux Rabault, contresigné par l'ingénieur E. Morisson-Lacombe

    1875, 29 avril : procès-verbal de visite du conducteur de travaux Rabault, contresigné par l'ingénieur E. Morisson-Lacombe

    1875, 15 mai : rapport de l'ingénieur E. Morisson-Lacombe

    1875, 17 septembre : procès-verbal de visite du conducteur de travaux Rabault, contresigné par l'ingénieur E. Morisson-Lacombe

    1875, 3 décembre : arrêté préfectoral prescrivant des travaux

    1876, 8 mai : procès-verbal de visite du conducteur de travaux Rabault, contresigné par l'ingénieur E. Morisson-Lacombe

    1876, 20 octobre : procès-verbal de visite du conducteur de travaux Rabault, contresigné par l'ingénieur E. Morisson-Lacombe

    Archives départementales de la Vienne, Poitiers : 3 S 66
  • 1858-1868. Administration bac du Breuil

    1859, 7 juin : état des adjudication des bacs par Boisson ; le Breuil n'a pas trouvé preneur

    Archives départementales de la Vienne, Poitiers : 3 S 62
(c) Région Nouvelle-Aquitaine, Inventaire général du patrimoine culturel - Dujardin Véronique
Dujardin Véronique

Chercheur, service Patrimoine et Inventaire


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- Maturi Paul
Maturi Paul

Chercheur associé à la Communauté de Communes des Vals de Gartempe et Creuse (2015-2016), puis à la Communauté d'Agglomération de Grand Châtellerault (2017-...).


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