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Bac et passage d'eau de l'Hopitau

Dossier IA17050911 réalisé en 2015

Fiche

Á rapprocher de

Précision dénominationpassage d'eau
AppellationsBac de l'Hopitau
Dénominationsbac
Aire d'étude et cantonVallée de la Charente - cantons du département 17
AdresseCommune : Bords
Lieu-dit : l'Hopitau
AdresseCommune : Geay
Lieu-dit : l'Hopitau

Ce passage, qui relie les communes de Bords et de Geay, se situe sur le chemin du village de Charron à Geay, en passant par le village de l'Hopitau sur la rive droite. Sur la rive gauche existait un hôpital commanderie - souvent rattachée, à tort, à la paroisse de Le Mung - qui a donné son nom au lieu. Le passage est déjà attesté au 15e siècle lorsque, en 1472, le seigneur de Taillebourg consent que le commandeur jouisse "du droit de passage avec gabare et vaisseau, vis à vis l'hôpital."

Claude masse note, en 1718, sur le Carte du quaré de la générallle des costes du Bas-Poitou, pais d'Aunis et Saintonge : "Passage de l'Hopital où l'on traverse la Charente dans un bac" et "Vestige de la chapelle de l'Hopital commanderie" sur la rive gauche. Un plan du 18e siècle concernant la commanderie porte la mention "port de l'Hospital" de part et d'autre du passage. Enfin, la carte de Cassini de la seconde moitié du 18e siècle indique aussi le passage de bac.

Entre 1784 et 1786, dans le cadre des travaux de charité, un chemin de plus d'un kilomètre, bordé de fossés, est aménagé par Mathieu Boucheron, dans la prairie "à partir de la descente de Geay jusqu'à la grave sur le bord de la Charente". Le passage est mentionné dans le procès-verbal d'estimation de l'hôpital de Geay "lequel provient de la cy-devant Commanderie de l'ordre de Malte", des 4, 5 et 6 frimaire de l'an 3 [24, 25, 26 novembre 1794].

En 1839, ce passage est desservi par un gabariot de 8,35 m de long et 1,92 m de large, un gaillon de 6,65 mètres et un batelet de 5,50 mètres. La somme annuelle d'affermage de 65 francs atteste d'un passage très peu fréquenté. En 1872, le bac utilisé est jugé insuffisant par les conseils municipaux de Bords, Saint-Porchaire et Geay "tant pour le passage du bétail que pour le transport des marchandises", en raison de l'établissement du chemin de fer des Charentes qui a modifié les relations entre les deux rives du fleuve. En 1874 sont inventoriés un grand bac de 9,75 mètres de long, provenant du passage de l'Houmée et estimé à 850 francs, et un bateau secondaire de 7,10 mètres, estimé à 425 francs. Un bac neuf est construit par Baptiste Bertin, constructeur à Taillebourg, et affecté au passage en 1877. En 1888, le passage est desservi par un seul grand bac de 12 mètres de long, muni de deux avant-ponts, de fargues, de 4 leviers, d'un aviron-gouvernail, de 2 avirons de nage, d'une perche ferrée et d'une chaîne d'amarrage. Une bouée en tôle sert à la manoeuvre du bac. Il est aussi évoquée l'emploi par la fermière d'un batelet garni d'un aviron, d'une gaffe et d'une chaîne d'amarrage. Le bac est alors en bon état, ayant été caréné et calfaté le mois précédent.

Ce passage devient moins fréquenté lorsqu'un pont est établi à Saint-Savinien, à 6 kilomètres en amont, et son affermage se déprécie alors fortement. A la demande du conseil municipal de Geay, ce passage n'est cependant pas supprimé et une aide du conseil général et de l'Etat est accordée au fermier. Ce passage devient gratuit à partir du 1er janvier 1898, à l'occasion du renouvellement de son fermage pour six ans. Un nouveau batelet de 4,80 mètres de long est mis en service en 1919, et un grand bac de 12 mètres de long en tôle est construit en 1920-1921. Ce dernier est manoeuvré grâce à deux gaffes et deux avirons.

Dans les années 1940, une yole assure le passage des piétons et des cyclistes seulement, celui des automobiles ayant été suspendu pour un temps. S'il fonctionne encore en 1954, le bac cesse son service vraisemblablement quelques années plus tard. A cette époque, l'exploitation est assurée en régie directe par un passeur recevant un salaire d'ouvrier spécialisé premier échelon.

Période(s)Principale : 15e siècle
Principale : Temps modernes
Principale : 19e siècle
Principale : 1ère moitié 20e siècle
Auteur(s)Auteur : Bertin Baptiste
Bertin Baptiste

Charpentier de marine, à Taillebourg, 1877.


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entrepreneur attribution par source

Du passage ne subsistent comme traces de nos jours que les chaussées d'accès de part et d'autre du fleuve.

Annexes

  • Extrait du mémoire de la carte du 49e quarré de la générale des côtes du bas poitou par Claude Masse, 1718. Médiathèque de La Rochelle, 17359 B, p. 9.

    "Passage de l'hopital ou on traverse la rivière de Charente dans un bac ; joignant ce passage, on y charge du bois a bruler et d'autre qui arrive du coté du nord et du sud. on y aborde par une chaussée qui vient de Geay et qui traverse la prairie."

Références documentaires

Documents d'archives
  • 1784, 24 avril : acte passé entre Guérinot, ingénieur, et Mathieu Boucheron qui s'engage à établir une chaussée dans la prairie de l'Hopitau.

    Archives départementales de la Charente-Maritime, La Rochelle : C 241
  • AD17, C 241. 1785, 1er juillet : acte passé entre Guérinot, ingénieur, et Mathieu Boucheron qui s'engage à poursuivre les travaux de la chaussée de la prairie de l'Hopitau.

    Archives départementales de la Charente-Maritime, La Rochelle : C 241.
  • An 3, frimaire : procès-verbal d'estimation de biens confisqués sur la Commanderie de l'ordre de Malte ; bien appelé l'Hospital de Geay.

    Archives départementales de la Charente-Maritime, La Rochelle : Q 126
  • 1874, 7 janvier : inventaire descriptif et estimatif des objets mobiliers mis par l'Etat à la disposition du fermier du passage de l'Hopiteau, commune de Geay.

    Archives départementales de la Charente-Maritime, La Rochelle : S 721
  • 1888, 22 octobre : procès-verbal de visite semestrielle du passage d'eau de l'Hopiteau, commune de Geay.

    Archives départementales de la Charente-Maritime, La Rochelle : S 721
  • 1872, 16 décembre : rapport de l'ingénieur ordinaire Polony relatif aux voeux des conseils municipaux de Saint-Porchaire et de Geay.

    Archives départementales de la Charente-Maritime, La Rochelle : S 4314
  • 1873, 17 janvier : courrier du directeur des ponts et chaussées Franqueville au préfet autorisant la construction d'un bac neuf affecté au passage de l'Hopiteau.

    Archives départementales de la Charente-Maritime, La Rochelle : S 4314
  • 1876, 14 août : ordre de service de l'ingénieur Polony relatif à la construction d'un bac pour le passage de l'Hopiteau (réception définitive le 17 septembre 1877).

    Archives départementales de la Charente-Maritime, La Rochelle : S 4314
  • 1921, 24 juin : inventaire du passage d'eau de l'Hopiteau, commune de Geay.

    Archives départementales de la Charente-Maritime, La Rochelle : S 4314
  • 1954, 16 septembre : délibération du Conseil général à propos d'une demande de crédits supplémentaires pour les bacs de Port-d'Envaux et de l'Hôpiteau.

    Archives départementales de la Charente-Maritime, La Rochelle : 77 W 46
  • 1941, 4 mars : rapport de l'ingénieur au sujet du refus de M. Guérinet d'exploiter le passage de l'Hôpiteau.

    Archives départementales de la Charente-Maritime, La Rochelle : 77 W 46
Documents figurés
  • Terre et seigneurie de l'Hospital de l'Esmun despandant de la commanderie du Temple de La Rochelle [18e siècle].

    Archives départementales de la Vienne, Poitiers : 3 H1, 966
Bibliographie
  • GAUTIER, M.-A., Statistique du département de la Charente-Inférieure. La Rochelle, 1839.

    p. 178-179
  • Oui, R. La commanderie de l'Hôpital de Le Mung. Roccafortis, 2e série, Tome III, n° 9, novembre 1977.

    p. 302-303
  • Legras, Anne-Marie. Les commanderies des Templiers et des Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem en Saintonge et en Aunis. Éditions du CNRS, 1983.

  • Rapports et délibérations, Conseil général de la Charente-Inférieure, session d'août 1885.

    p. 118
  • Tortat, Gaston. Titres du Comté de Taillebourg. Archives historiques de la Saintonge et de l'Aunis, tome 29, 1900.

    p. 364
  • Rapports et délibérations du Conseil général de la Charente inférieure, session d'août 1903.

    p. 96
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