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Avant-port

Dossier IA33003917 réalisé en 2012

Fiche

Parties constituantes non étudiéesquai, jetée, embarcadère
Dénominationsport
Aire d'étude et cantonEstuaire de la Gironde (rive gauche)
AdresseCommune : Le Verdon-sur-Mer
Lieu-dit : Pointe de la Chambrette
Cadastre : 2013 AP 11, 12 ; 2013 AN 1 ; 2013 AO 1

Le Verdon est réputé de tout temps pour sa rade permettant aux bateaux de s'abriter par mauvais temps.

Situé à l'extrémité de l'estuaire, le site a eu également un rôle important dans le développement du port de Bordeaux. La remontée périlleuse de l'estuaire représentait un inconvénient majeur pour la capitale girondine distante d'une centaine de kilomètres de l'océan. La profondeur des eaux à la Pointe de la Chambrette jouait également en faveur du choix du Verdon comme avant-port de Bordeaux.

Dès 1910, le projet d’un avant-port de Bordeaux au Verdon voit le jour dans le cadre de la loi du 15 juillet 1910 relative aux travaux d’amélioration et d’extension du port de Bordeaux et de ses accès. La construction d'un môle d’escale est décidée mais la guerre suspend les études qui ne sont reprises qu’en 1917. Ce n’est qu’en 1926 que le Port Autonome de Bordeaux (créé en 1925) engage les travaux réalisés par la société Hersent. Le môle d'escale est inauguré le 22 juillet 1933 avec l’accostage du Champlain en provenance de New York. Cet ouvrage innovant, salué par la presse de l'époque, a été dynamité quelques années plus tard, en 1944, par les Allemands.

Le site du Verdon est choisi en 1964 afin d’établir un avant-port pétrolier permettant de ravitailler les trois raffineries de Pauillac, Ambès et Bordeaux. Un appontement pétrolier est aménagé en prenant appui sur quelques vestiges en béton du môle. C'est la société Hersent qui est à nouveau chargée des travaux. Le 11 janvier 1967, l’avant-port reçoit son premier navire, Le Passy. Un dépôt pétrolier avec d'importantes cuves de stockage est également installé.

En 1970-1971, un complexe industriel est envisagé avec l'installation du groupe chimique américain Dow Chimical. La crise pétrolière en 1973 anéantit les projets. A partir de 1986, l'avant-port pétrolier est démantelé.

L'avant-port du Verdon s'oriente alors vers une autre activité, celle des porte-conteneurs : dès 1974, un projet de port rapide en eau profonde est établi et les premiers travaux sont engagés. Des enrochements sont apportés au pied du môle pour faire la digue de calibrage, des palplanches sont installées pour le premier gabionnage (juin 1974) et deux quais de 200 m sont construits avec un portique et deux grues de 24 tonnes. Le second portique est ajouté l'année suivante. En juin 1976, le port accueille son premier navire roulier et en octobre 1976 son premier porte-conteneurs.

Pour le chemin de roulement des portiques, les travaux ont été réalisés par l'entreprise Dodin : des pieux en béton armé étaient battus et reliés par une poutre en béton armé à l'aplomb des rails. Tous les accès et les terre-pleins ont été faits par Moter. Le hangar d'une superficie d'1,2 ha a été construit en 1976 par une entreprise vosgienne, Wesrock.

Le bâtiment du Département de l'Exploitation de l'Outillage et le Bureau Central de la Main d'Œuvre (BCMO) sont construits en 1975-1976 par plusieurs entreprises sous la direction de Gérard Faux, entrepreneur à Soulac. Il y a un atelier de réparations et un bureau chargé d'organiser les journées de travail du personnel de conduite et d'entretien des engins. De l'autre côté de la route, les bâtiments du BCMO, aujourd'hui détruits, abritaient la salle d'appel des dockers, des bureaux, une infirmerie et un restaurant d'entreprise.

En 1980-1981, le quai à conteneurs a été allongé de 150 m par les Chantiers d'Aquitaine afin de pouvoir accoster un troisième bateau avec un troisième portique (marque Ceretti-Tanfani). Ces aménagements ont été accompagnés du creusement de la darse. A cette époque, 12 à 15 bateaux accostaient par mois. A partir de 1985, le trafic diminue et Le Verdon est concurrencé par le site de Bassens.

Les aménagements liés à ces diverses et successives activités sont peu nombreux à être conservés : les vestiges du môle d'escale sont encore visibles, notamment à marée basse, réutilisés en partie pour l'appontement pétrolier. Un château d'eau, construit en 1934, pour l'approvisionnement en eau du môle d'escale domine encore le site. Les cuves du dépôt pétrolier ont disparu du paysage, seules leurs traces sont encore visibles sur les vues aériennes de la zone. Les grues girafes pour décharger les bateaux de leurs conteneurs sont nettement visibles sur les quais.

Par ailleurs, un atelier du Port Autonome, situé au sud du fort du Verdon, a été construit à partir de mars 1949 par l'entreprise Minjot. Il est aujourd'hui propriété du Conseil général.

Période(s)Principale : 2e quart 20e siècle
Principale : 3e quart 20e siècle
Principale : 4e quart 20e siècle
Auteur(s)Auteur : Société anonyme Hersent
Société anonyme Hersent

Entreprise de travaux publique fondée en 1860 par Hildevert Hersent. En 1897, il associe à son entreprise ses deux fils Jean-Baptiste et Georges ; ceux-ci fondent à leur tour en 1904 la société en nom collectif HERSENT Jean et Georges, devenue en 1922 la "Société anonyme HERSENT - Entreprises de travaux publics et maritimes".


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entrepreneur attribution par travaux historiques

L'avant-port du Verdon est situé à la Pointe de la Chambrette, à l'est du village et au sud de Port-Médoc. Il se compose des vestiges du môle d'escale construit au sud de la plage de la Chambrette, jetée accessible par une voie la reliant au village ainsi que par une autre route traversant les marais du Conseiller et rejoignant la route départementale Bordeaux-Le Verdon.

Le château d'eau construit en béton armé, permettant d'alimenter en eau le môle d'escale, est composé d'un fût tronconique surmonté d'une vaste citerne cylindrique. A proximité, se trouvent d'anciens réservoirs également en béton construits par les Allemands. La gare à terre du môle, vaste hangar, est aussi conservé tout comme le hangar du terminal à conteneurs de 12000 m2.

Au sud-est du site, les quais de déchargement sont dotés de grues-girafes et de hangars de stockage.

Les traces des cuves de l'ancien dépôt pétrolier sont encore visibles sur les vues aériennes dans les zones de marais au sud de l'allée des Baïnes.

Par ailleurs, un atelier du Port Autonome est situé à proximité du fort du Verdon. De plan rectangulaire, il s'ouvre par le pignon sud-est qui était autrefois orné des initiales et des armes du Port Autonome de Bordeaux.

Mursbéton béton armé
État de conservationétablissement industriel désaffecté, détruit, vestiges
Statut de la propriétépropriété d'un établissement public, Bordeaux Port Atlantique (Port Autonome de Bordeaux)

Annexes

  • Extraits de Mémoire de Verdonnais

    Mémoire de Verdonnais (bulletin de l'Association "Histoire et Traditions", Foyer communal Verdonnais) : Les années 1960-1975.

    • p.51 : témoignage de Bernard Cappe : le projet de second appontement pétrolier : le premier chantier a été la digue de calibrage des courants pour construire un second appontement pétrolier, de l'autre côté de la pointe du môle. Le marché de construction de cette digue est remporté par l'entreprise Dodin. Toutes les fournitures en acier étaient achetées. Après le choc pétrolier de 1973, dans les mois qui ont suivi, l’État et le Port Autonome ont abandonné ce projet. Il a fallu payer un dédit à l'entreprise. A la place, il a été décidé de construire, sur cette digue, un terminal conteneurs. Un chantier a commencé en octobre 1973 par l'entreprise Dodin qui avait déjà eu le marché de la digue.

    Mémoire de Verdonnais (bulletin de l'Association "Histoire et Traditions", Foyer communal Verdonnais) : Les années 1975-1990 (1ère partie).

    • p.7 : Construction (1973-1976) ; 12 novembre 1973, premiers enrochements arrivés au pied du môle pour faire la digue de calibrage ; pose de palplanches pour le premier gabionnage commence en juin 1974 ; construction de deux quais de 200 m ; le quai a été rallongé de 150 m en 1980 pour l'arrivée du 3e portique mais la digue avait été construite en entier dès l'origine (...).

    • p.8 : la route pavée a été déplacée. Elle partait de l'écluse du port et aboutissait au château d'eau. On a construit la route actuelle en récupérant les pavés.

    • p.9 : témoignages : Pour le chemin de roulement des portiques, des pieux en béton armé étaient battus et reliés par une poutre en béton armé à l'aplomb des rails. C'était le travail de l'entreprise Dodin. Tous les accès et les terre-pleins ont été faits par Moter. Le hangar a été construit par une entreprise vosgienne, Wesrock. Il fait 1,2 ha. L'arc est en lamellé collé. On forme les bois avec des tirefonds. Quand ils ont pris la position de l'arc, on les enduit de colle et on les serre. Pour les rails, le port a préparé les terrassements et la SNCF les a posés ainsi que le ballast mais il fallut construire un pont sur le chenal du Logit (entreprise GMT).

    • p.12 : témoignages : Le bâtiment du Département de l'Exploitation de l'Outillage et le Bureau Central de la Main d'Œuvre (BCMO) furent construits en 1975-1976 par plusieurs entreprises avec Gérard Faux de Soulac comme entrepreneur principal. Le DEO appartient au PAB. Il est conçu pour gérer le matériel et le personnel de manutention portuaire (portiques et grues). Il y a un atelier de réparations et un bureau chargé d'organiser les journées de travail du personnel de conduite et d'entretien des engins. De l'autre côté de la route, il y avait le BCMO aujourd'hui détruit. Le BCMO a été financé, d'une partie par le PAB, l'autre partie par la CAINAGOD (Caisse nationale des Ouvriers Dockers). Dans ce bâtiment se trouvaient la salle d'appel des dockers, des bureaux, une infirmerie et un restaurant d'entreprise.

    • p.14 : Construction de la passerelle Mac Gregor par les Ateliers Généraux de Bordeaux en 1979 et mise en place en 1980 ; passerelle qui n'a jamais servi ; démontée en renvoyée à Bordeaux ; le Port l'a vendue à la Chambre de commerce de Lorient.

    • p.15 : En 1976, il y avait un portique et deux grues de 24 tonnes. Le second portique est arrivé un an après, amené du Havre par voie fluviale.

    • p.18 : témoignages : allongement du quai à conteneurs de 150 m en 1980-1981 : les chantiers d'Aquitaine ont eu le marché du quai. Une centrale à béton a été montée sur le terre-plein existant ainsi qu'une voie ferrée sur traverses à l'arrière de la gabionnade pour faire circuler une grue à tour desservant la totalité du chantier avec sa flèche. La construction de cet allongement n'a pas été la même, techniquement, que les 400 m déjà construits par l'entreprise Dodin. Les Chantiers d'Aquitaine ont préfabriqué, à l'arrière de leur position définitive, des dalles en béton de 200 tonnes de 31 m de long sur 15 m de large. Après séchage du béton, quatre gros vérins soulevaient la dalle et les chariots avançaient vers l'eau. Une fois la position définitive atteinte, ils la reposaient en baissant les vérins, la dalle venait reposer sur des pieux d'une quarantaine de mètres ancrés dans le calcaire. La société Moter a réalisé les terre-pleins. Ce chantier a duré environ 8 mois. Sur la façade côté eau de la dalle, d'énormes dents en béton ont été coulées pour protéger les gabions d'un choc. Le but de ce rallongement était de pouvoir accoster un troisième bateau avec un troisième portique qui sera acheté plus tard (marque Ceretti-Tanfani). Les gabions avaient été réalisés dès le début des travaux en 1974. Le creusement de la darse s'inscrivait dans le même projet et venait de se terminer. On recevait de 12 à 15 bateaux par mois, un tous les deux jours.

    • p.21 : Projet d'installation de Dow Chemical et d'une centrale atomique et projet de pont vers Royan (1975-1978) ; la centrale s'est installée à Braud et Dow Chemical est partie à Bilbao.

  • Documentation sur la rade du verdon

    AC Le Verdon-sur-Mer. Registre délibérations 1874-1909. Demande d'établissement d'un feu, 22 juin 1886.

    Un grand nombre de navires séjournent en rade du Verdon lorsque le temps est mauvais ou incertain ; quelques-uns d'entre eux, de même que les bateaux ordinaires, chaloupes de pêche, chaloupes de pilotes, etc, viennent à chaque instant chercher un refuge dans l'anse de la Chambrette, située entre la pointe dite "du sable" et la pointe dite "de l'Aigron" ; ni les uns ni les autres n'ont pendant la nuit aucun signe qui puisse les guider d'une façon suffisante pour leur mouillage en rade, surtout pour leur refuge dans l'anse de La Chambrette : demande qu'un feu soit établi sur la jetée de Barbe Grise, entre la Pointe du Sable et la Pointe de l'Aigron.

    AC Le Verdon-sur-Mer. Registre délibérations 1874-1909. Construction d'une jetée dans la rade du Verdon (Barbe Grise), 22 mars 1906.

    La rade du Verdon est par son excellent mouillage et le sûr abri qu'elle offre, la plus fréquentée de Bordeaux à la mer ; presque tous les navires caboteurs ou longs courriers souvent même les vapeurs s'y arrêtent et y séjournent quelquefois longtemps avant de prendre la mer, retenus, soit par les vents contraires soit par le mauvais temps, que les équipages de ces navires débarquent alors chaque jour pour les vivres ou le courrier ; par sa position stratégique, elle est le mouillage assez fréquent d'escadrilles de torpilleurs quelquefois d'escadre qui doivent pour le service communiquer avec la terre ; étant une station importante de pilotage, les pilotes de Pauillac, Royan et Saint-Georges sont dans l'obligation d'embarquer et de débarquer quotidiennement à toute heure de marée, de jour et de nuit ; de nombreux yachts s'y arrêtent durant la belle saison : la rade du Verdon dont le rivage est en partie vaseux, devrait offrir toutes les facilités possibles d'embarquement et de débarquement, même aux heures de la basse mer ; la vieille jetée en pierre dite de Barbe Grise submersible n'est pour ainsi dire plus d'aucune utilité, étant en partie envasée et accessible seulement lorsque la mer est haute ; il est dès lors le plus souvent difficile quelquefois impossible d'embarquer ou d'aller à terre : nécessité de créer une jetée non submersible affectée spécialement à l'embarquement et au débarquement en canot, même aux heures des plus basses eaux ; cette jetée pourrait être construite à l'extrémité du chemin des Princes prolongement de la route n°114 point d'où elle aurait la moindre longueur.

    -AC Le Verdon-sur-Mer. Registre délibérations 1874-1909. Devis pour une passerelle de débarquement à construire à l'extrémité du chemin des Princes (point terminus de la route n°114), 14 octobre 1906.

    Devis qui ne convient pas.

    -AC Le Verdon-sur-Mer. Registre de délibérations 1909-1923. Prolongement de la passerelle de Barbe Grise, 26 octobre 1912.

    Nombreux capitaines et marins qui fréquentent la rade du Verdon et en particulier des pilotes de Pauillac et de Royan, obligés pour leur service de débarquer ou d'embarquer par tout temps et à toute heure, sollicitent du service maritime le prolongement d'une trentaine de mètres vers le sud de la passerelle de bois de Barbe-Grise. L'extrémité de cet ouvrage, qui rendrait les plus grands services, vient à sec plusieurs heures à chaque marée par suite de l'exhaussement du banc de sable et n'est plus alors d'aucune utilité ; la marine demande qu'il soit accostable à toutes les basses mers ; demande finalement rejetée.

Références documentaires

Documents d'archives
  • AC Le Verdon-sur-Mer. Registre des délibérations, 1874-1909.

    Archives communales, Le Verdon-sur-Mer
  • Registre de délibérations, 1909-1923.

    Archives communales, Le Verdon-sur-Mer
Bibliographie
  • TALIANO Françoise. La fin des terres : le Verdon : histoire d'une mutation économique. TER d'histoire : Bordeaux 3, 1979.

Périodiques
  • Mémoire de Verdonnais : Les années 1960-1975, bulletin de l'Association "Histoire et Traditions", Foyer communal Verdonnais.

    p. 51
  • Mémoire de Verdonnais : Les années 1975-1990 (1ère partie), bulletin de l'Association "Histoire et Traditions", Foyer communal Verdonnais.

(c) Conseil départemental de la Gironde ; (c) Région Nouvelle-Aquitaine, Inventaire général du patrimoine culturel - Steimer Claire