Dossier d’œuvre architecture IA64002645 | Réalisé par
  • enquête thématique départementale, patrimoine thermal du massif pyrénéen (64)
Auberge dite Maison Castille ou Maison Loumiet, puis presbytère
Copyright
  • (c) Région Nouvelle-Aquitaine, Inventaire général du patrimoine culturel
  • (c) Université de Pau et des Pays de l'Adour

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Pyrénées-Atlantiques
  • Commune Eaux-Bonnes
  • Adresse 3 place de l' Eglise
  • Cadastre 2018 AN 159
  • Dénominations
    auberge
  • Appellations
    Maison Castille, Maison Loumiet
  • Destinations
    presbytère, maison

Relevant de la première vague de construction de la station, aux abords de l'établissement thermal et voisin immédiat de l'église, cet édifice, figuré sur le plan géométrique de 1841, a été construit en 1837 pour Antoine Castille sur un terrain communal de 336 m² baptisé Tavernier, qui lui fut adjugé aux enchères pour 4.900 francs. La vente est approuvée par le sous-préfet le 28 août 1837. Le propriétaire y établit alors une auberge, mentionnée dès son ouverture dans le guide Vastel en 1838.

Le 2 décembre 1852, un acte de vente sur le principe du viager est signé par Antoine Castille au profit de Jean-Baptiste Loumiet, propriétaire à Laruns, pour la somme de 10.000 francs. L'acquéreur doit verser ce montant sous la forme d'une rente annuelle jusqu'au décès du vendeur et de son épouse, Marie Dupin, "la rente ne devant s'éteindre qu'au décès du dernier mourant des époux Castille".

En 1864, Loumiet dépose plainte auprès du conseil municipal d'Eaux-Bonnes et de la préfecture des Basses-Pyrénées en raison des dégradations provoquées par le chantier de reconstruction de l'église, sur le terrain adjacent. Afin de résoudre le problème, la commune propose d'acquérir la bâtisse mais, en octobre 1864, le propriétaire se plaint de la stagnation de la situation. A la suite de diverses démarches - notamment une expertise du surveillant de travaux Turon - et après autorisation du préfet délivrée le 22 novembre 1865, la commune s'engage à acheter la maison et ses dépendances au prix de 45.000 francs, afin de dégager l'église en construction. Cette acquisition vise en outre à aménager un presbytère ou une école de filles. Toutefois, les époux Castille étant toujours en vie, la commune hérite des conditions du viager. Une partie du montant de la maison - 23.000 francs - doit donc être versée à Loumiet après leurs décès.

Deux ans plus tard, l'édifice a déjà changé de fonction, le plan cadastral de 1866 le mentionnant comme presbytère. En 1869, le curé Daguerre signale la nécessité urgente d'effectuer des travaux pour réparer le système d'eau courante, hors d'usage à cause du chantier de l'église, en captant des filets d'eau vers la cuisine et le lavoir. Ces travaux consisteraient également en la reconstruction d'un appentis qui abrite la buanderie et le lavoir. Le prêtre se trouve face à une fin de non recevoir de la part du préfet. L'année suivante, il réitère sa démarche en précisant que le presbytère est le seul bâtiment privé d'eau dans toute la station et que l'annexe est "tombée de vétusté". Le prêtre propose alors d'avancer la somme des travaux, dont le devis serait dressé par Turon, à condition que la commune s'engage à la lui rembourser via une délibération approuvée par le préfet dans les trois premiers mois de l'année 1870. Rien atteste des suites de cette affaire, compte-tenu des vestiges se trouvant à l'arrière de l'édifice, à flanc de montagne.

Par la suite, le presbytère connaît des travaux de réparations divers, notamment après la Seconde Guerre mondiale, au niveau de la façade au rez-de-chaussée et sans doute dans la distribution intérieure, puis au niveau de la toiture entre 1959 et 1975. L'édifice abrite de nos jours une habitation privée.

  • Période(s)
    • Principale : 2e quart 19e siècle
    • Secondaire : 3e quart 20e siècle
  • Dates
    • 1837, daté par source

Tout proche de l'établissement thermal et de l'église, l'ancien presbytère occupe une position stratégique dans le centre sanitaire de la station et dans la partie haute du village. Il s'agit de l'une des rares constructions privées à témoigner de l'éclectisme en vogue sous le Second Empire et la Troisième république, avec l'influence de l'architecture vernaculaire ossaloise et les emprunts au pittoresque des chalets suisses.

De plan rectangulaire et répondant moins aux proportions d'un immeuble haussmannien qu'à celles d'une maison rurale, il s'élève sur deux étages et un niveau de combles. Le mode de construction est similaire à celui en usage dans la station, avec l'utilisation de moellons recouverts d'enduit et une couverture en ardoises pyrénéennes agrémentée d'une lucarne en chien-assis. La façade principale conserve du chalet helvétique les balcons des étages de la travée centrale, qui se caractérisent par la découpe des bois des supports et des garde-corps. Autrefois, le large débord de la toiture était orné d'un lambrequin aux motifs géométriques habituels dans l'architecture alpine. Les baies des étages sont protégées par une barre d'appui en ferronnerie.

Le rez-de-chaussée, comportant aujourd'hui deux portes d'entrée ouvrant respectivement sur une ancienne salle et un couloir, se composait, jusque dans l'entre-deux-guerres, d'une porte centrale entourée de deux baies, l'ensemble étant alors valorisé par un soubassement en pierres apparentes. Au-dessus de la baie de gauche, se trouvait une citation, probablement en rapport avec la fonction du presbytère, non lisible sur les photographies anciennes.

La porte principale donne accès à un couloir distributeur autour duquel se répartissent de grandes salles, accueillant autrefois les cours de catéchisme, et un escalier situé au centre de l'édifice. Ce couloir conduit vers des resserres et l'ancienne cuisine, conservant les restes d'une cheminée et d'un lavoir en pierre, pièces peu éclairées en raison de l'encaissement de la maison à l'arrière. La même répartition autour d'un couloir central se décline dans les deux étages supérieurs, à cette différence qu'il débouche, au second étage, vers une passerelle conduisant au jardin en terrasse à l'arrière de l'édifice. Cette organisation fonctionnelle relève de la recherche d'optimisation des espaces dans un environnement contraint par le relief escarpé.

  • Murs
    • moellon enduit
    • pierre pierre de taille
  • Toits
    ardoise
  • Étages
    2 étages carrés, étage de comble
  • Élévations extérieures
    élévation à travées
  • Couvertures
    • toit à longs pans croupe
  • Escaliers
    • escalier dans-oeuvre
  • Représentations
  • Statut de la propriété
    propriété privée
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Documents d'archives

  • Bâtiments communaux. Acquisition d'immeubles pour presbytère et école de filles, 1864-1870.

    Archives municipales, Eaux-Bonnes : B2

Bibliographie

  • VASTEL Édouard. Guide des voyageurs et des malades aux Eaux-Bonnes. Paris : Béchet jeune, 1838.

Documents figurés

  • Plan géométrique de la ville des Eaux-Bonnes, et visuel pour les promenades qui sont indiquées par des lignes ponctuées, terminé sur le terrain dans le courant du mois de juillet 1841. Dessin par F. Noble, lithographie E. Vignancour.

    Bibliothèque nationale de France, Paris : Cartes et plans, GE DL 1842-262-2
  • Plan cadastral d'Eaux-Bonnes dressé par J. Turon le 17 septembre 1863, vu et approuvé par le préfet le 27 avril 1866.

    Archives municipales, Eaux-Bonnes
  • Plan des Eaux-Bonnes, dans Guide Joanne, Hachette, 1894.

Date d'enquête 2018 ; Date(s) de rédaction 2018
(c) Région Nouvelle-Aquitaine, Inventaire général du patrimoine culturel
(c) Université de Pau et des Pays de l'Adour