Auteur
Lhuissier Nathalie
Lhuissier Nathalie

Chargée de mission entre 2004 et 2018.

Cliquez pour effectuer une recherche sur cette personne.
Copyright

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Vals de Saintonge Communauté - Matha
  • Commune Romazières
  • Adresse 1 rue du Relais de Poste
  • Cadastre 1999 B2 334  ; 2016 B 334 1176  ; 1835 B2 826 à 841
  • Dénominations
    auberge
  • Destinations
    maison
  • Parties constituantes non étudiées
    logement, cour, passage couvert

Article de G. Roy, basé sur des recherches aux archives nationales (JJ 196, n° 1x5, folio 116v), publié dans l'Angérien Libre le 13 janvier 1968, n° 1218.

« Le 29 janvier (1470?), Jehan Tailleboeuf, jeune marchand mercier revenant du marché de Néré, décide de passer la nuit à Romazières, à l'auberge de Lucas Rateau. Au temps où la maison servait d'hôstellerie, c'était un Relais fréquenté par des marchands muletiers du midi qui suivaient le chemin de Brioux à Jarnac, appelé les « Chemin des mules ».

La maison possède toujours son caractère moyenâgeux, avec ses vastes cheminées, un escalier à vis en pierre...et sur sa façade un nombre incroyable d'entrées pour nids à pigeons. Jehan Tailleboeuf s'y trouva avec trois autres marchands, avec lesquels il soupa… Ses trois compagnons allèrent dormir à l'étage où il n'y avait que deux lits… dont « ung petit lit estant à l'urée devers la porte ».

Tailleboeuf conversait devant le feu avec l'aubergiste lorsque survinrent trois particuliers de Fontaine Chalendray qui étaient « de noce » à Romazières : Guillaume David, Jehan Beaumont et Héliot Barraud. Or il ne restait plus une seule place pour les coucher… Guillaume David échauffé par le festin de la noce s'imposa et monta à l'étage. Les trois marchands réveillés protestèrent que la place était réservée, qu'ils avaient payé « pour être à leur aise ! ». David grimpa sur le lit, les autres le culbutèrent dans la venelle. Il se releva, au comble de sa colère tira son couteau, on le désarma… Il revint « embarstonné d'un grand pal d'ormia vert »qu'il brandit avec forces menaces. Tailleboeuf juste accouru, se fur sur lui que s'abattit « le pal d'ormia ». Attaqué brutalement, il tira son couteau et frappa son agresseur « au col ». David tomba et vidé de son sang, expira. Avant de mourir, dessaoulé, il avait déclaré être l'agresseur et pardonné à son meurtrier.

La justice fut saisie, Tailleboeuf fut « prins au corps et mis ès prison de Fontaine ». Il implora la clémence du roi. Dans le courant de février, Louis XI, par l'intermédiaire du sénéchal, accorda à Jehan Tailleboeuf des lettres de rémission, lui rendant sa liberté ».

Le plan cadastral napoléonien mentionne cette ancienne auberge, dite le relais de poste. La façade sur rue du corps principal est dotée, entre autre, d'une porte moulurée à deux pilastres et d'un écusson, de deux grandes fenêtres à encadrements moulurés : cette façade accuse le 16e siècle. À l'intérieur une première cheminée dont la hotte repose sur des culots circulaires du 16e siècle. Une deuxième cheminée est établie au premier étage : sa hotte repose sur des montants qui daterait de la fin du 15e siècle, et sur celle-ci on remarque un écusson entouré d'une guirlande de fleurs et de feuilles avec la date 1604. Si on se réfère à l'histoire de la rixe mortelle qui s'est déroulée en 1470 à l'auberge (texte annexe), cette datation de la fin du 15e siècle est tout à fait plausible. Le corps situé dans la partie droite, comprenant un passage couvert, pourrait dater, quant à lui, du 18e siècle voire du 17e siècle.

Ce relais de poste a également servi d'auberge. En effet, dans l'acte d'estimation en tant que bien national du 19 octobre 1792, l'ensemble est décrit comme suit : Le ci-devant Bureau des traites (bureau de poste) consistant en une corps de bâtiments composé de huit chambres basses avec greniers au-dessus, une écurie à loger dix chevaux, le grenier à foin par dessus, un hangar, un four, le dit corps de bâtiments placé entre cour et jardin, le tout fermé de murs et de la contenance d'un journal environ, situé en le bourg de Romazières.

L'ensemble, qui fut un temps appelé le Grand Logis, a appartenu, au 17e siècle, à une famille de nobles, d'où le blason sur la cheminée. Cet écusson est celui de la famille Babin, qui deviendra par la suite et par alliance la famille Babin de Lignac. À partir du 18e siècle, l'ensemble a uniquement servi d'auberge et de relais de poste, ce qui explique la présence dans les registres paroissiaux des termes «receveurs» ou bien «contrôleurs au bureau de Romazières». L'activité d'auberge serait confirmée par la découverte de nombreux graffiti, cachés sous des badigeons, qui correspondraient au passage, entre autre, d'un marin et d'un marchand.

L'ensemble n'a quasiment pas subi de remaniement, il a conservé son organisation d'origine visible sur le plan de 1835. Seul le corps principal a fait l'objet de deux modifications : l'obturation d'une porte et la transformation des deux grandes fenêtres de l'étage, à la fin du 20e siècle ou au début du 21e siècle. Ces dernières ont été parées de meneaux, alors qu'à l'origine il s'agissait de simples fenêtres à encadrements et appuis moulurés.

  • Période(s)
    • Principale : 16e siècle, 17e siècle, 18e siècle
    • Secondaire : limite 20e siècle 21e siècle

L'ensemble, uniquement vu depuis la rue, comprend un corps principal, orienté au sud, un deuxième corps accolé à droite et des dépendances situées à l'arrière. Le corps principal est doté d'une porte basse à encadrement mouluré avec pilastres et corniche, mais aussi d'un écusson. Selon des écrits, cette porte ouvrirait sur un escalier en pierre à vis, qui serait bien conservé. À l'étage se situent trois fenêtres : une petite à encadrement mouluré et appui saillant et deux grandes à encadrements et appuis saillants moulurés. Ces deux fenêtres sont aujourd'hui agrémentées de meneaux, mais ils sont récents. Le sommet de la façade, protégée par l'avancée du toit soutenue par des aisseliers en bois, est percé de petites baies chanfreinées, mais aussi de 52 trous à pigeons. Le mur pignon, côté rue du Soleil Levant, est percé de petites baies chanfreinées et un bâti en rez-de-chaussée à porte à linteau en bois y est accolé. Le deuxième corps, accolé à droite, comprend un passage couvert et dans son prolongement on distingue une fenêtre murée à linteau en arc segmentaire, une petite ouverture simple, une porte à linteau en bois et les vestiges d'une autre porte murée. Le passage couvert comprend une porte charretière en arc segmentaire avec un écusson et une porte piétonne en plein cintre.

  • Murs
    • calcaire moellon enduit
  • Toits
    tuile creuse
  • Étages
    rez-de-chaussée, 1 étage carré, comble à surcroît
  • Couvertures
    • toit à longs pans
  • Escaliers
    • escalier intérieur : escalier en vis en maçonnerie
  • État de conservation
    bon état
  • Statut de la propriété
    propriété privée

Documents d'archives

  • Domaines nationaux, commune de Romazières. Procès-verbal d'estimation du bureau des traites, 1791.

    Archives départementales de la Charente-Maritime, La Rochelle : Q 149.

Bibliographie

Périodiques

Date d'enquête 2001 ; Dernière mise à jour en 2016
(c) Région Nouvelle-Aquitaine, Inventaire général du patrimoine culturel
(c) Vals de Saintonge Communauté
Lhuissier Nathalie
Lhuissier Nathalie

Chargée de mission entre 2004 et 2018.

Cliquez pour effectuer une recherche sur cette personne.
Articulation des dossiers