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Auberge des Trois-Rois, puis usine de traitement du poil animal (préparation de crins) Cadiot

Dossier IA79001047 réalisé en 2001

Fiche

Précision dénominationusine de préparation de crins
Appellationsauberge des Trois-Rois, puis usine de traitement de poil animal Cadiot
Destinationslogement, magasin de commerce
Parties constituantes non étudiéesatelier de fabrication, logement de contremaître, logement patronal, entrepôt industriel
Dénominationsauberge, usine de traitement du poil animal
Aire d'étude et cantonDeux-Sèvres - Niort
AdresseCommune : Niort
Adresse : 7-9 avenue du
Maréchal-de-Lattre-de-Tassigny
Cadastre : 1830 C 1056 ; 2002 BI 670

Suite à une autorisation préfectorale accordée en juin 1868, Edouard Cadiot installe sa fabrique de crins frisés et de soies de porcs redressées, fondée en 1852 sur les quais de la ville, dans l'ancienne auberge des Trois-Rois. Cette dernière avait été vraisemblablement édifiée durant le deuxième quart du 19e siècle. Un atelier de fabrication de crins est bâti dans la cour de l'auberge. Une machine à vapeur met en mouvement les différents métiers et appareils nécessaires. Les soies et les crins, d'abord soumis à un bain d'ébullition dans une cuve, dont l'eau est chauffée par la vapeur, sont ensuite cardés et peignés. La production est expédiée dans toute la France, et notamment dans la région du nord. Il semble que cet établissement ne fonctionne qu'un court laps de temps, puisque Edouard Cadiot fait faillite dès 1872. Les locaux abritent actuellement un commerce et des logements.$En 1870, 47 ouvriers et 10 enfants travaillent dans cet établissement.

Période(s)Principale : 3e quart 19e siècle
Dates1868, daté par travaux historiques, daté par source

Tous les bâtiments sont couverts d'un toit en tuile creuse. Bâtiment de l'ancienne auberge, servant de logement à Edouard Cadiot, en pierre de taille pour l'élévation sur rue et en moellon enduit pour les trois autres façades, à deux étages carrés et toit à longs pans. Atelier de fabrication en moellon laissé apparent, à un étage carré et toit à longs pans. Corps de bâtiment perpendiculaires, situés dans la première cour, en pierre de taille, en rez-de-chaussée pour l'un et à un étage carré pour l'autre. Autres bâtiments, situés dans la seconde cour, en moellon laissé apparent, en rez-de-chaussée pour l'un et à comble à surcroît pour l'autre.

Murscalcaire pierre de taille enduit
calcaire moellon
Toittuile creuse
Étages2 étages carrés
Couvrementscharpente en bois apparente
Élévations extérieuresélévation à travées
Couverturestoit à longs pans pignon couvert
appentis
Énergiesénergie thermique produite sur place
État de conservationétablissement industriel désaffecté, restauré

Industrie du cuir

Statut de la propriétépropriété privée
Protectionsédifice non protégé MH

Annexes

  • Autorisation préfectorale accordée à M. Cadiot pour l'établissement à Niort, rue de Fontenay, sur un terrain portant le n° 1056, d'une usine pour le filage des crins et la préparation sans fermentation des soies de porcs redressées (fabrique auparavant établie sur le quai, dans les dépendance de Moulin-Neuf).

    P.V. de l'enquête commodo du 27 juin 1868 :

    L'usine occupe les bâtiments de l'ancienne auberge des Trois-Rois, dont les pièces, vastes et parfaitement aérées, feraient des dortoirs et des salles d'étude aussi bien que des ateliers. Le corps principal, composé d'un rez-de-chaussée et de deux étages donne sur la rue. Deux autres corps parallèles entre eux, beaucoup plus longs mais moins élevés, viennent perpendiculairement à la rencontre du premier. Entre ces bâtiments se trouve une cour, à la suite un très grand jardin.

    Les différents métiers et appareils reçoivent leur mouvement d'une machine à vapeur établie sous un hangar qui dépend du bâtiment latéral droit. Le fourneau de cette machine communique à une grande cheminée monumentale par un énorme cylindre métallique, qui traverse une chambre servant d'étuve et lui donne une suffisante chaleur. Une immense cuve, dont l'eau est chauffée par la vapeur, reçoit les soies et les crins soumis au bain d'ébullition : en ce moment on est en train d'établir au-dessus de cette cuve une hotte mobile, qui s'abouchera avec un tuyau élevé de plus de six mètres au-dessus du toit. Sur plusieurs points de la cour et sous le hangar, on voit des orifices de puits perdus, aboutissant à un conduit collecteur, qui va jusqu'au fond du jardin verser ses eaux dans une grande fosse dallée et murée, d'où on les extrait, à mesure que l'on trouve à les employer.

    Rapport de visite du 4 août 1868 (l'usine fonctionne depuis six semaines)

    Fabrique à vapeur de crins frisés et soies redressées et tout le matériel qui en dépend : bouilleurs, machine, cuves, cardeurs, peigneurs, etc.

    AD Deux-Sèvres, 6 M 23/12.

  • Description de l'établissement en 1871 :

    Fabrique équipée d'une machine à vapeur d'une puissance de 6 CV, d'un loup cardeur, de plusieurs peignes et d'une chaudière pour la teinture et le dégraissage.

    62 ouvriers.

    Sur rue, un bâtiment servant de logement comprend au rez-de-chaussée deux salons, un magasin de dépôt, un bureau et deux cuisines, au 1er étage huit chambres et au second étage de vastes greniers.

    Au fond de la cour se trouve un autre bâtiment ayant trois pièces au rez-de-chaussée et deux pièces au premier ; c'est dans ce bâtiment qu'on trouve le loup et les ateliers.

    Derrière ce bâtiment, à droite, un bâtiment n'ayant qu'un rez-de-chaussée sert de dépôt de marchandises. A gauche, un autre bâtiment fait office de remise et d'écurie.

    Dans la partie ouest de la cour, un bâtiment renferme la machine à vapeur.

    AD Deux-Sèvres, 2 P 83, contrôle de Niort, 1854-1871.

  • Nettoyage des soies et préparation des crins :

    La matière connue dans le commerce sous le nom de crins frisés, qu'on emploie pour les meubles, les coussins de voitures et la literie, est un mélange de crins et de soies de porc. Il faut purger ces soies de la matière terreuse dont elles sont remplies et des fragments de la peau de l'animal qui leur sont encore adhérents et pourraient engendrer les vers.

    Le crin, avant d'être mis en corde pour le faire friser, est peigné par des machines nommées loups, semblables à celles employées dans les filatures de laine. Ces loups (cylindres armés de pointes) étaient primitivement mis en mouvement par un manège, les propriétaires actuels ont substitué le travail de la vapeur à celui des chevaux et ont ainsi obtenu ainsi, en même temps qu'une production infinie, un travail plus régulier et meilleur. Les loups eux-mêmes ont subi des changements notables qui ont accru leur puissance et donné un crin peigné d'une supériorité marquée (...).

    Ce n'est pas tout encore : on emploie dans la fabrication des crins frisés un mélange de soies de porc, ce mélange nécessité par le bon marché est parfois aussi indispensable pour certains usages particuliers. Ces soies arrivent des lieux de production fort sales, remplies de terre et surtout de pellicules qui y sont restées adhérentes et qu'il s'agit d'enlever (...). Les soies sont d'abord passées à un loup spécial qui les dégage des impuretés et commence par briser les pellicules ; elles sont ensuite teintes et séchées, puis en dernier lieu on les soumet à l'action d'une machine batteuse excessivement puissante, puisqu'elle exige pour être entraînée la force de quatre chevaux vapeur. Cette mécanique a pour effet d'enlever toute la poussière et les pellicules qui pourraient rester encore adhérentes à la soie, de la rendre brillante et d'un nettoyage parfait. Enfin pour les teintures à l'ébullition desquelles les crins frisés ont besoin d'être soumis, partout le chauffage à la vapeur a remplacé le chauffage à feu nu. Du générateur de vapeur partent des tuyaux qui vont chauffer toutes les cuves. ; il n'y a jamais qu'un seul feu d'allumé, qu'un seul homme pour le conduire, et par le moyen des robinets on produit ou arrête à volonté l'ébullition de cinq ou six cuves.

    Description de la méthode utilisée dans l'établissement des sieurs Proust et Noirot, situé à Niort, par Eugène Bodin (AD Deux-Sèvres, 9 F 33, rapport sur l'exposition universelle de 1854-1855).

Références documentaires

Documents d'archives
  • AD Deux-Sèvres, 11 M 19/5, travail des enfants, 1868-1884.

  • 1852-1871 : contribution des patentes ; carnets des établissements industriels : contrôle de Niort.

    Archives départementales des Deux-Sèvres, Niort : 2 P 83
Bibliographie
  • MARTIN, Jean-Clément. Aspects de l'industrialisation à Niort au milieu du XIXe siècle. Bull. Soc. Hist. Sci. Deux-Sèvres, 1978.

    p. 399, 400, 415
(c) Région Poitou-Charentes, Inventaire du patrimoine culturel - Moisdon-Pouvreau Pascale
Moisdon-Pouvreau Pascale

Chercheur Service Patrimoine et Inventaire


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