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Annepont : présentation de la commune

Dossier IA17035005 réalisé en 2000

Fiche

Œuvres contenues

Aires d'étudesVals de Saintonge Communauté
AdresseCommune : Annepont

Une origine ancienne

L’origine du nom de cette localité proviendrait du nom gaulois « ana », signifiant marais, et du latin « pons », signifiant pont. Le village doit bien son origine à un pont, mais il s’agirait en réalité du « pont d’Anna », du nom d’un homme germanique.

Selon des sondages effectués, il a été découvert sur la commune des éléments du Paléolithique et du Néolithique. À l’époque du Néolithique, Annepont présentaient des stations de débitage de haches taillées. Plusieurs débris auraient été retrouvés sur l’ensemble du territoire communal. Des monnaies en argent ont également été retrouvées entre le château de la Forêt et le bourg, le long de l’ancienne voie romaine de Saint-Jean d’Angély à Saintes.

Annepont au temps de la noblesse

Plusieurs seigneuries se partageaient le territoire. Contrairement à d’autres seigneuries des commune alentours, celles d’Annepont ne remonteraient qu’au 17e siècle. La première, une des plus importantes, est celle de la Forêt. Cette terre apparaît dans les textes en 1640, lorsqu’il est fait état que cette seigneurie se serait le fruit de la réunion des fiefs de La Forêt-Lenfant (situé à Taille bourg) et de Mauregard.

Le premier propriétaire connu de cette terre est Jean Mathé, sieur de la Sausaye, qui prend en 1619 le titre de seigneur de la Forêt. Au 18e siècle, le domaine passe aux mains de Michel-François Creusé, agissant pour le compte d’Anne-Charles-Frédéric de la Trémoille.

La deuxième seigneurie, tout aussi importante que la précédente, est celle du Maine-Moreau. Elle n’est aussi mentionnée qu’à partir du 17e siècle, lorsqu’elle est vendue à un certain Élie Thomas, lieutenant du gouverneur du château de Taillebourg. La construction du logis actuel peut être attribué à Élie Thomas, deuxième du nom et fils du précédent, vers 1655-1660.

La troisième seigneurie, située dans le bourg et beaucoup moins importante que les précédentes, est celle du Ponthieu. Il est relativement récent, puisque ce n’est qu’en 1737 que Thomas de Ponthieu en devient le propriétaire.

Enfin, la dernière est celle de la Vignolerie. l’histoire connue de ce petit domaine ne remonte qu’à la fin du 17e siècle. À cette époque c’est un certain Jacques Barthomé qui en est propriétaire. Par la suite, il passe aux mains des Gaillard, famille illustre de la commune voisine de Juicq.

La commune aux 18e et 19e siècles

La principale ressource économique de la comme est, depuis des temps très reculés, l’agriculture. Ces terres étaient propices à la culture du blé, de l’avoine, de l’orge mais aussi de la vigne.

Au 18e siècle, les exploitations agricoles commencent à se pourvoir en équipements techniques. En effet, pendant des siècles, l'outillage n’a que peu évolué ; souvent bricolé et en bois, il engendre des rendements peu élevés. Lorsqu'il s’améliore, avec l'utilisation d'une charrue plus performante et l'ajout d'un troisième cheval d'attelage pour les labours, les revenus sont plus conséquents.

La hausse de la production débouche par une meilleur spécialisation des terroirs. La France de l’ouest a favorisé les cultures céréalières et le vignoble. Qui dit plus de céréales, dit plus de paille et de fourrage pour les animaux. Traditionnellement, le bétail est la ressource refuge en cas de difficulté. Le développement du bétail permet une meilleure fertilisation des terres.

Les moulins à eau de la commune étaient utilisés pour la transformation du blé en farine. Cette activité s’effectue dès le Moyen Age dans des établissements conçus pour la mouture des grains. Des moulins à farine sont mentionnés sur les rivières de la région dès le 11e siècle, souvent dépendant de communautés religieuses ou de seigneuries. Nombre d’entre eux sont associés à un moulin à vent, qui pallie au manque d’eau en période de sécheresse.

Leur équipement se réduit jusqu’à la fin du 18e siècle à un système mécanique simple, composé d’une ou plusieurs roues hydrauliques qui entraînaient une paire de meules. La Révolution provoque une rupture importante pour la meunerie. Les moulins, comme les autres biens nationaux, sont confisqués et mis en vente. Ils sont alors achetés par des petits propriétaires, ce qui cause leur morcellement.

La fin du 18e siècle correspond également au début d’un bouleversement technique qui, sur plus d’un siècle, transformera la meunerie en une véritable industrie. La mécanisation des systèmes de nettoyage et de tamisage permettent en effet de produire une farine plus fine et plus blanche.

Au cours du 19e siècle, l’évolution se poursuit notamment par l’adoption su système dit « moulin à l’anglaise », permettant à une seule roue hydraulique d’entraîner plusieurs paires de meules. Grâce à ces perfectionnements, une farine de plus en plus blanche produit un pain blanc plus apprécié des consommateurs. L’introduction, vers 1887, des machines à cylindres en remplacement des meules entraîne une augmentation conséquente de la productivité des moulins. C’est la naissance de la minoterie industrielle. Au tournant des 19e et 20e siècles, l’abandon des petits moulins s’amorce, tandis que la modernisation de l’équipement de certains établissements entraîne une réelle augmentation de leur activité.

La petite commune d’Annepont se situe dans le département de la Charente-Maritime qui fait partie de la région Nouvelle-Aquitaine. Située au sud du territoire des Vals de Saintonge, ses communes limitrophes sont La Frédière au nord, Juicq à l’est et Taillebourg à l’ouest et au sud.

De par son implantation sur le tracé de l’autoroute A10, elle bénéficie d’une situation géographique favorable. En effet, elle est placé à 1h30 des grandes agglomérations de Bordeaux et Poitiers. Cette autoroute A10, qui relie Paris a Bordeaux, traverse le territoire des Vals de Saintonge sur un axe nord-sud. Elle est accessible depuis l'échangeur n°34 situé au centre du territoire, à Saint-Jean d’Angély.

Annepont est localisée au niveau du carrefour routier formé par les routes Départementales 127 et 230, lui conférant ainsi une desserte efficace. Ces deux routes permettent d'assurer le lien entre le territoire communal et les deux pôles urbains que sont Saintes et Saint-Jean d'Angély. Si Saintes exerce sans conteste un attrait sur cette commune, Saint-Jean d'Angély n'en est pas moins le pôle de référence en matière d'organisation administrative et territoriale. Annepont bénéficie donc d'une deuxième situation géographique favorable, permettant de rejoindre aisément ces deux pôles urbains.

La localité, d’une superficie de 881 hectares, dispose d’un paysage composé essentiellement de plaines cultivées et d’espaces boisés. Le cours d’eau la Rutelière traverse le territoire communal d’est en ouest et passe au milieu du bourg, où se situe un ancien moulin à eau. Ce cours dispose d’un bras, la Blanchardière, qui coule du hameau du même nom jusqu’au bourg.

En plus de ce dernier, Annepont comprend dix-neuf hameaux et lieux-dits : Beaulieu, les Blanchardières, chez Bouillit, chez Guindet, chez Jeanpin, chez Merlet, chez Peton, la Forêt, les Gachignards, les Garrauds, la Gravette, le Maine Moreau, la Maison Neuve, les Melles, le Petit Moulin, la Sablière, la Vrignolerie, le Vivrot et Reignier.

Annepont a toujours eu une moyenne d’habitants variant entre 300 et 400. Toutefois, on note une baisse de la population dans la 2e moitié du 20e siècle, avec une moyenne de 200 habitants. À partir du 1er quart du 21e siècle, la tendance s’inverse et la population revient sur le territoire. Aujourd’hui, ce dernier compte environ 360 âmes.

Références documentaires

Bibliographie
  • Colle, Jean-Robert. Châteaux, manoirs et forteresses d'Aunis et de Saintonge. volume 1 : A à L. volume 2 : M à Z. La Rochelle : Rupella, 1984. vol. 1, p. 28.

    p.28
  • Texier, Jean. Inventaire archéologique de l'arrondissement de Saint-Jean-d'Angély : Canton de Saint-Savinien. Saint-Jean-d'Angély : Brisson, 1981.

    p.
  • Crozet, René. Dictionnaire des églises de France. Annepont (Charente-Maritime). Paris : Laffont, 1967. p. 11.

    p. 11
  • Le Patrimoine des communes de la Charente-Maritime, Poitou-Charentes. Tome 2. Paris : Flohic, 2002. p. 957.

    p. 957
  • Connué Charles. Les églises de Saintonge. Saintes. Delavaud, 1952-1961. Tome 3. p. 29, 30.

    t. 1, p. 118 : 2 ill. ; t. 3, p. 29-30 : 1 ill.
  • Crozet, René. L'art roman en Saintonge. Paris : Picard, 1971, p. 63, 67, 93, 121, 123, 124.

    p. 63, 67, 93, 121, 123, 124
  • Eygun, François. Arts des pays d'Ouest. Paris : Arthaud, 1965, p. 98.

    p. 98
  • Crozet, René. Châteaux de Charente-Maritime. Paris : Nouvelles Editions latines, s. d. in 16°, p. 30 : 1 ill.

    p. 30
  • Chasseboeuf, Frédéric. Châteaux, manoirs et logis : la Charente-Maritime. Prahecq : Patrimoines et Médias, 2008. p. 595.

    p. 144
(c) Région Nouvelle-Aquitaine, Inventaire général du patrimoine culturel ; (c) Vals de Saintonge Communauté (c) Vals de Saintonge Communauté - Lhuissier Nathalie
Lhuissier Nathalie

Chargée de mission entre 2004 et 2018.


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