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Ancien prieuré, aujourd'hui bâtiments administratifs, associatifs, conservatoire de musique et logements

Dossier IA86013559 réalisé en 2018

Fiche

Œuvres contenues

Genrede fontevristes
VocablesNotre-Dame
Destinationsécole, presbytère, mairie, sacristie, logement
Parties constituantes non étudiéespigeonnier, hôtellerie, cour, jardin, couvent, escalier, chapelle, cimetière, moulin
Dénominationsprieuré
Aire d'étude et cantonCommunauté d'Agglomération du Pays Châtelleraudais - cantons du département 86
AdresseCommune : Lencloître
Adresse : 3 place
Robert d'Arbrissel
Cadastre : 2016 AL Parcelles 236, 237, 238, 239, 286, 435, 443, 244, 245, 330, 547, 207, 206, 458
Précisions

Un prieuré fontevriste est fondé entre 1106 et 1109 par Robert d'Arbrissel. Il est édifié en bordure de deux rivières, l'Envigne et la Fontpoise, sur la terre de Gironde (Obedientia de Jarundia) donnée par Aimery, vicomte de Châtellerault. Une communauté de femmes dans un premier temps puis d'hommes s'organisent autour de l'église Notre-Dame (étudiée). Le couvent des femmes s'articule autour d'un cloître et comprend une salle capitulaire, des dortoirs, un réfectoire, des cuisines, un logis pour la prieure et une hôtellerie et son cellier (partie constituante). Un noviciat et une bibliothèque sont également construits. Le couvent des hommes (partie constituante) est édifié quelques dizaines de mètres plus à l'est autour d'une chapelle Saint-Jean-de-l'Habit (partie constituante). Le prieuré possède un pigeonnier (partie constituante), un moulin (molendinum de claustro, vers 1113, détruit, il ne subsiste que le bief), et de nombreuses terres.

Après une longue période de relâchement, les prieurés fontevristes sont réformés. A Lencloître, la réforme est menée par Antoinette d'Orléans à partir de 1610. Elle se traduit par de nombreuses constructions et reconstructions au sein du prieuré : couvent des hommes, chapelle Saint-Jean-de-l'Habit, portail de l'hôtellerie, cloître. Une halle et une chapelle dédiée à Saint-Mathurin sont également édifiées dans le bourg et le faubourg de l'Epinette.

A la Révolution, les biens du prieuré sont vendus. L'église Notre-Dame devient paroissiale en 1805 en remplacement de l'église Saint-Hilaire de Boussageau, endommagée sous la Révolution.

Au cours du 19e siècle, les anciens bâtiments conventuels accueillent la mairie (jusqu'en 1869), le presbytère et la sacristie. Une école maternelle est aménagée dans l'aile orientale au début du 20e siècle à l'emplacement de l'ancienne sacristie.

L'ensemble conventuel est aujourd'hui morcelé entre propriété de la commune et propriétés privées. Les bâtiments conventuels des femmes ont été restaurés dans les années 1990 et en 2012 : ils accueillent aujourd'hui des bureaux de l'inspection académique (anciens dortoirs), l'association ADMR (ancienne salle capitulaire), le conservatoire de musique (anciennes cuisines et réfectoire) et des logements (anciens logis de la prieure, réfectoire et cuisine). Un projet de restauration est à l'étude pour le couvent des hommes. L'hôtellerie, la chapelle Saint-Jean-de-L'Habit et le noviciat sont des propriétés privées. L'ensemble bâti fontevriste de Lencloître est le plus complet après la maison-mère à Fontevraud.

Période(s)Principale : 12e siècle, 15e siècle, 19e siècle, 20e siècle, 21e siècle

Le prieuré est édifié sur la rive gauche de l'Envigne et bordé à l'est par la Fontpoise, un de ses affluents. L'emprise du prieuré a été très peu modifiée depuis le 12e siècle. Le prieuré était entouré à l'est par un jardin (aujourd'hui roseraie).

Les bâtiments conventuels du prieuré des femmes, ailes orientale et sud (fin 16e siècle, début 17e siècle, fin 20e siècle)

Aile orientale (salle capitulaire, dortoirs)

L'aile orientale est accolée au transept sud de l'église. Elle est en moellon calcaire. De plan rectangulaire, elle se compose d'un rez-de-chaussée, d'un étage carré et d'un étage de comble. L'élévation ouest comprend au rez-de-chaussée cinq portes et trois fenêtres dont deux en arc brisé. Entre le premier et le second niveau, un retrait de parement, qui suit une ligne horizontale, était destiné autrefois à supporter le solin de toiture d'une galerie du cloître. Au premier étage, une succession de dix fenêtres chanfreinées et deux fenêtres bouchées semblent correspondre aux ouvertures des cellules du dortoir. L'élévation est de l'aile ouest comprend au rez-de-chaussée onze ouvertures (six portes et cinq fenêtres) dont six sont en arc brisé et une fenêtre à croisée. Le premier étage comprend sept fenêtres dont deux à croisée. Deux autres fenêtres sont bouchées. La façade est contrefortée par deux piliers en pierre de taille. L'étage de comble est éclairé par deux lucarnes. Le pignon sud est percé de trois fenêtres. Il était à l'origine prolongé vers le sud par un bâtiment (probablement la bibliothèque) le reliant au bâtiment du noviciat. La toiture est à deux pans en tuile plate.

Aile sud (réfectoire, cuisine et logis de la prieure)

L'aile sud est construite en pierre calcaire couverte d'un toit à deux pans en tuile plate. Elle comporte un rez-de-chaussée, un étage carré et un étage de comble. L'élévation nord comprend au rez-de-chaussée six ouvertures et une porte cochère surmontée d'un linteau en bois. Au premier étage, sept fenêtres et une fenêtre bouchée chanfreinée dont la taille correspond à celle d'origine et est de même dimension que celles du dortoir (premier étage de la façade ouest de l'aile orientale). L'élévation sud comprend au rez-de-chaussée deux baies à arrière voussures en arc segmentaire qui assuraient une circulation entre le cloître et un bâtiment aujourd'hui détruit. Le premier étage comprend une succession de huit fenêtres dont certaines sont chanfreinées. On remarque également au dessus de la porte cochère une pierre d'évier surmontée d'une boulite bouchée marquant l'emplacement de la cuisine. L'aile sud est prolongée vers l'ouest par un bâtiment en moellons et pierre de taille (pour les chaînes d'angle et les encadrements des baies) sur quatre niveaux (trois étages carrés et un étage de comble)

L'hôtellerie et l'aile ouest du cloître

L'aile ouest comprend un cellier en sous-sol, un rez-de-chaussée surélevé et un étage de comble. La façade est recouverte d'un enduit. L'angle est occupé par une tour d'escalier en vis en pierre calcaire (moellon et pierre de taille) dont l'accès se fait par une porte surmontée d'un linteau en pierre. Deux petites fenêtres chanfreinées éclairent également la tour d'escalier. La vis est en pierre et bois. L'hôtellerie est fermée au nord par un portail monumental en pierre calcaire en arc en anse de panier entouré de bossages alternant bossages vermiculés et bossages plats. Il est encadré par deux pilastres avec chapiteaux à palmettes et surmonté d'un fronton en plein cintre. Au sommet du fronton, une sculpture représentant un lion tenant entre ses pattes un écusson. Le blason situé dans le fronton est mutilé.

Le prieuré des hommes

Le logis

Le logis des hommes est une construction en pierre recouverte d'un enduit qui mesure 26 mètres de long sur 8.40 de large. Elle est contrefortée au nord-est et au sud-est. Les façades est et ouest ont été très remaniées. Un escalier en pierre situé à l'angle sud-est du bâtiment permet d'accéder au premier étage du logis éclairé autrefois par des petites baies chanfreinées comparables à celles visibles au premier étage des ailes est et sud du cloître des femmes. A l'intérieur du bâtiment subsiste une cheminée adossée au pignon sud. Les piédroits n'existent plus. La hotte présente deux rangs de denticules et est surmontée d'un blason. Sur ce même mur sud, deux baies sont visibles dont l'une à droite de la cheminée est en plein cintre. Une autre cheminée se trouvait dans une pièce voisine adossée à un mur de refend : elle a été arrachée probablement au 20e siècle. Les embrases des baies de la façade ouest conservent quelques graffiti animaliers.

La chapelle Saint-Jean-de-L'Habit

Elle est construite en pierre calcaire et moellon perpendiculairement au logis. L'élévation de la façade nord comprend des arcs moulurés appuyés sur une console qui a pu servir de support à une galerie protégeant l'escalier d'accès au logis. Le pignon oriental est percé d'une fenêtre avec un arc en ogive. La façade sud possède deux fenêtres avec arc en ogive dont l'une a conservé un remplage polylobé.

Le pigeonnier

Construit en pierre calcaire recouvert d'un enduit, il est surmonté d'un toit conique en tuile plate percé de trois lucarnes d'envol. L'intérieur du pigeonnier comprend 1270 boulins. Il a conservé son échelle tournante en bois et son pivot central.

Le noviciat

Le noviciat se compose de deux bâtiments accolés construits en pierre calcaire. Le bâtiment au nord comprend deux niveaux dont le premier est percé par une porte cochère en plein cintre. Une petite fenêtre chanfreinée éclaire le premier étage. Ce bâtiment est contreforté à l'est. Le bâtiment est prolongé au sud par une construction arasée à hauteur du premier niveau. Un mur en moellon calcaire vient clore la parcelle au sud-ouest. Un lavoir a été aménagé en contrebas du mur, l'accès se faisait depuis les jardins de l'hôtellerie.

Murscalcaire pierre de taille
moellon
Toittuile plate
Couvrements
Couverturestoit à longs pans
toit conique
Statut de la propriétépropriété d'un établissement public communal
Protectionsclassé MH, 1908/03/19
inscrit MH, 1962/11/20, 1990/12/31
Précisions sur la protection

Église paroissiale classée MH le 19 mars 1908.

Portail de l'hôtellerie inscrit le 20 novembre 1962 (cad. F 1601, 1602).

Façades et toitures de l'aile sud ; escalier en vis dans l'aile sud, six cheminées intérieures et la cheminée extérieure

(cad. AL 241, 244, 245) inscrits par arrêté du 31 décembre 1990.

Références documentaires

Documents d'archives
  • Fonds photographique René Crozet, 1930-1972.

    Archives départementales de la Vienne, Poitiers : 24 Fi
  • Atlas des fiefs de L'encloître et Vezelay composé de 37 planches, 1789.

    Archives départementales de la Vienne, Poitiers : AD86, 2H, registre 292
  • Biens communaux bâtis, église, sacristie et presbytère, 1815-1935.

    Archives départementales de la Vienne, Poitiers : 2O155/8
  • Plan cadastral parcellaire de la commune de Lencloître, 1826.

    Archives municipales, Lencloître
  • Archives diocésaines de la Vienne, Q1 13 : commune de Lencloître.

    Archives diocésaines de la Vienne, Poitiers : Q1 13
Bibliographie
  • Bouvart, Patrick. Les prieurés de l'ordre de Fontevraud fondés dans le diocèse de Poitiers au XIIe siècle, conditions d'implantation, topographie monastique et évolution. Thèse de doctorat sous la direction de Claude Andrault-Schmitt et Luc Bourgeois. Université de Poitiers, CESCM, 2012.

    Archives municipales, Lencloître
  • De Viguerie, Jean. La réforme de Fontevraud, de la fin du XVe siècle à la fin des guerres de Religion. In. Revue d'histoire de l'Eglise de France, tome 65, n°174, 1979. La Réforme des réguliers en France de la fin du XVe siècle à la fin des guerre de religion. pp 107-117.

  • Montigny, Adrien. Rapport d'opération, diagnostic archéologique, Poitou-Charentes, Vienne, Lencloître, Église Notre-Dame. INRAP GSO, juin 2014, 58p.

    Archives municipales, Lencloître
  • Murphy, Gwénaël. Aimée de James, religieuse de Lencloître (1755-1794). In Revue d'Histoire du Pays Châtelleraudais, n°3, 2002. Catholiques du châtelleraudais XVIIIe/XXe siècles, chanoines, religieuses, partisans de l'école privée. pp. 43-87.

  • Murphy, Gwénaël. Religieuses et médicaments au XVIIIe siècle. Histoire, médecine et santé, 2. 2012, pp. 33-44.

(c) Région Nouvelle-Aquitaine, Inventaire général du patrimoine culturel ; (c) Communauté d'Agglomération de Grand Châtellerault (c) Communauté d'Agglomération de Grand Châtellerault - Lorieux Clarisse
Lorieux Clarisse (1980 - )

Chercheuse-associée au service régional de l'inventaire de la Nouvelle-Aquitaine (site Poitiers et Limoges), attachée à l'Agglomération de Grand Châtellerault à partir de septembre 2018 pour conduire l'inventaire du patrimoine du Grand Châtellerault.


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