Dossier d’œuvre architecture IA17050926 | Réalisé par ;
  • enquête thématique départementale, Vallée de la Charente
  • inventaire topographique, Vals de Saintonge Communauté
Ancien pont de Taillebourg (détruit)
Copyright
  • (c) Région Nouvelle-Aquitaine, Inventaire général du patrimoine culturel
  • (c) Conseil général de la Charente-Maritime

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Vallée de la Charente - cantons du département 17
  • Hydrographies Charente (la)
  • Commune Taillebourg
  • Dénominations
    pont
  • Appellations
    Ancien pont de Taillebourg

Un pont existe à Taillebourg au Moyen Age ; il semble que sa construction se place à la fin du 10e siècle. Il est mentionné dans une donation de rente faite, entre 1136 et 1149, à l'abbaye de Fontevrault par Geoffroy Ier de Taillebourg. Il s'agit du premier ouvrage de franchissement du fleuve depuis la côte. Le passage et la navigation sur le fleuve sont contrôlés par le château attesté dès 1007, bâti sur un éperon rocheux dominant le fleuve. Ce pont est rendu célèbre par la bataille gagnée par saint Louis en juillet 1242 sur Henri III d'Angleterre ; un tableau, peint par Eugène Delacroix en 1837, commémore cette victoire. Dans le récit de cette bataille par Jean Joinville, vers 1330-1340, le pont est décrit comme étant "moult estroit".

Même en période de crue, ce pont reste accessible grâce à une chaussée, construite en surélévation, vraisemblablement en même temps, et qui lui fait suite sur la rive gauche, jusqu'à Saint-James, d'où son nom de "chaussée Saint-James". Il est doté de 9 arches et sert d'assise à au moins un moulin. Une pêcherie est aménagée sous l'une de ses arches.

En 1652, pendant la Fronde et sur ordre du roi, le pont est partiellement détruit en même temps que les fortifications de la ville. Le moulin, auquel un pont en planches permet d'accéder, continue cependant à fonctionner jusqu'à la Révolution.

A la fin du 18e siècle, le Conseil général déplore que "les piles appellent en vain des arches depuis plusieurs siècles et ne servent en attendant qu'à porter préjudice à la navigation et au cours d'eau". En l'an 12, on démolit la dernière arche qui subsiste et quatre piles jusqu'au niveau du radier, de façon à faciliter la navigation. Mais les vestiges des piles, qui se trouvent sous l'eau des hautes mers, forment des écueils dangereux. Par conséquent, en 1823, les deux piles adjacentes à la passe marinière sont dérasées jusqu'au niveau des basses eaux, pour servir de fondation à des balises. En 1826, on projette d'ouvrir une nouvelle passe marinière près de la rive gauche entre les 4e et 6e piles, en démolissant la 5e pile, mais les travaux n'aboutissent pas et l'on dégage la barre de l'ancienne passe marinière sur laquelle s'étaient échoués plusieurs bateaux, dont le bateau à vapeur l'Hirondelle, qui effectuait le voyage de Saintes à Rochefort, avec 200 passagers à bord. Les bâtiments de 50 à 150 tonneaux remontent jusqu'à Taillebourg, mais ne peuvent pas franchir ce passage.

A la suite du rapport réalisé par Louis Dor pour l'amélioration de la navigation de la Charente en 1834, les restes des piles sont enlevés quelques années plus tard pour permettre aux bâtiments à quille de remonter la Charente jusqu'à Saintes. Seule une pile, qui sert de balise, subsiste jusque dans les années 1930. En 1891, le passage de bac est remplacé par un pont métallique mobile, situé un peu en amont de l'ancien pont, sur l'emplacement d'une cale.

  • Période(s)
    • Principale : Moyen Age

D'après des dessins des 17e-18e siècles, l'ancien pont était constitué de neuf arches reposant sur huit piles dont une, côté rive gauche, supportait une tour. De l'autre côté, une porte fortifiée défendait l'entrée de la ville. Une des arches était réservée à la navigation. En outre, l'ouvrage abritait, côté aval, un moulin entre deux piles.

Les travaux réalisés dans les années 1820 donnent des informations sur la construction médiévale : le radier, qui se trouve élevé d'environ 2 mètres au-dessus du fond de la rivière, forme barrage et provoque une chute d'eau de l'amont à l'aval de 48 centimètres lors des basses eaux. La passe marinière se trouve entre les 3e et 4e piles du côté de la rive droite, là où se trouvait précédemment le moulin. Le halage se pratique alors sur la rive droite.

Documents d'archives

  • Service historique de la Défense, Vincennes. 1VD60, pièce 64. 1721, 10 décembre : Memoire ou description sur la carte generalle qui contient une grande partie de la province de Saintonge du costé de l'ouest et du sud, le pays d'Aunis dans son entier, partie du Bas Poictou, partie du pays de Medoc, et les isles de Ré, d'Olleron, et autres adjacentes aux costes de ces provinces, par Claude Masse.

  • 1834, 25 février : projet d'amélioration de la navigation de la Charente par l'ingénieur en chef du département, Louis Dor.

    Archives nationales, site de Pierrefitte-sur-Seine : F/14/ 6543/3
    p. 24-30

Bibliographie

  • Administration générale des Ponts et Chaussées et des mines ; Situation des travaux au 31 décembre 1842. Paris : Imprimerie royale, avril 1843.

    p. 315
  • Bilan scientifique de la région Poitou-Charentes, 2008. Direction régionale des affaires culturelle, Service régional de l'archéologie. Ministère de la Culture et de la communication, 2009.

    p. 173
  • L'écho des mines et de la métallurgie, 17 août 1890.

    p. 7
  • Rapports et délibérations, Conseil général de la Charente-Inférieure, session d'avril 1885.

    p. 403-404
  • Le vieux pont de Saintes. Recueil des actes de la Commission des arts et monuments de la Charente-Inférieure, 1899.

    p. 316
  • Chapelot, Jean. Le pont et la chaussée de Taillebourg (Charente-Maritime) : l'histoire complexe d'un grand aménagement médiéval. Aesturia, N° 7, 2005.

    p. 151-205

Annexes

  • Extrait d'un mémoire de Claude Masse terminé le 10 décembre 1721 (Service historique de la Défense, Vincennes. 1VD60, pièce 64, p. 126-127).
  • Extrait de l'état des ponts et pontceaux de la généralité de La Rochelle, 1730. AD Charente-Maritime, C 779.
  • Extrait de : Lemer, Julien "Le Virgile de Taillebourg". Supplément à la Sylphide, 1846.
  • Extrait d'une étude de l'agent-voyer Boinot relative à la constructioon d'un nouveau pont, dans Rapports et délibérations, Conseil général de la Charente-Inférieure, session d'avril 1885, p. 403.
Date d'enquête 2015 ; Date(s) de rédaction 2017, 2018
(c) Région Nouvelle-Aquitaine, Inventaire général du patrimoine culturel
(c) Vals de Saintonge Communauté
Lhuissier Nathalie
Lhuissier Nathalie

Chargée de mission entre 2004 et 2018.

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