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Ancien musée d'Aubusson (détruit)

Dossier IA23000524 réalisé en 2008
Dénominationsmusée
Aire d'étude et cantonAubusson - Aubusson
AdresseCommune : Aubusson
Adresse : rue du Chapitre

L'ancien musée d'Aubusson était géré par une société, fondée en mars 1885, dont le président était le sous-préfet Louis Gravier et le vice-président Adolphe Jorrand. Il fut inauguré le 7 juin 1885. Le premier conservateur de l'établissement fut Antoine Jorrand, qui démissionna de ses fonctions en 1903. Il fut remplacé par le peintre Jacques Gounaud. Ce musée prit place dès 1886 dans un bâtiment de style éclectique édifié par l'architecte Albert Mazet contre les ruines du château. Un pavillon de gardien, bâti sur les plans de l'architecte Brunerie, vint le compléter en 1903. Le Ministère de l'Instruction Publique et des Beaux-Arts consentit de nombreux dépôts d'œuvres d'art auprès de ce musée, entre 1895 et 1905, afin de récompenser le travail de sa société fondatrice et de lui conférer un plus large développement. Le musée recevait également une subvention annuelle du département. En 1920, un rapport établit toutefois qu'il n'y avait pas de conservateur titulaire à la tête du musée, ni de surveillance nocturne et qu'il paraissait abandonné. En 1927, les œuvres se trouvaient "en état de péril" et la municipalité songea à les déménager. Elles furent transférées à la mairie en 1928. En 1934, Maurice Dayras et les amis d'Aubusson émirent le vœu de la démolition du musée, qui menaçait de s'effondrer, afin de préserver la sécurité publique, mais plus encore, afin de "redonner aux ruines du château leur véritable aspect et leur ancienne grandeur". Le musée ferma définitivement ses portes en 1938.

Période(s)Principale : 4e quart 19e siècle
Secondaire : 1er quart 20e siècle
Dates1886, daté par source
1903, daté par source
Auteur(s)Auteur : Mazet Albert architecte attribution par source
Auteur : Brunerie architecte attribution par source

Cet édifice en brique et pierre, avec sa toiture en pavillon couverte d'ardoises, ses lucarnes à fermette débordante, ses chaînages d'angle en pierre de taille et sa galerie d'exposition dont l'éclairage était assuré par une verrière zénithale, se distinguait nettement des ruines du château et de leur grand appareil de granite. Il s'inspirait du style éclectique alors en vogue, ses grandes croisées évoquant la Renaissance. Il était desservi par un escalier extérieur droit en maçonnerie.

Mursbrique
calcaire
pierre de taille
Toitardoise
Plansplan régulier
Étages1 étage carré, étage de comble
Élévations extérieuresélévation à travées
Couverturestoit en pavillon
Escaliersescalier de distribution extérieur : escalier droit en maçonnerie
État de conservationdétruit
Statut de la propriétépropriété de la commune
Sites de protectionZone de protection du patrimoine architectural urbain et paysager

Annexes

  • Article "Le nouveau musée d'Aubusson" paru en 1886

    Article paru en 1886 dans la revue La Construction moderne sur le musée d'Aubusson :

    "Le nouveau musée d'Aubusson.

    Chaque fois que l'occasion s'en est présentée, nous avons été heureux de signaler les tentatives faites sur un point du territoire français, soit pour conserver les traditions artistiques locales et les empêcher de décheoir, soit pour redonner à ces traditions leur lustre d'autrefois. Aubusson, depuis des siècles, jouit d'une renommée justement méritée pour ses magnifiques tapisseries, rivales souvent heureuses des merveilles tissées aux Gobelins, et ses artistes modernes n'ont rien à envier aux ancêtres ; mais on a sagement prévu la possibilité d'une décadence dans l'enseignement qui se perpétuait dans les ateliers seulement, et on a fondé une école qui, depuis peu, a été déclarée nationale, et où les jeunes gens, futurs artistes ou futurs ouvriers, apprennent l'art difficile de la tapisserie et tous les détails du métier de tisseur, qui exigent des connaissances spéciales assez étendues.

    Cependant, l'école, une fois créée et assurée dans son existence par le concours de l'Etat, n'a plus suffi à l'ambition des Aubussonnais ; ils ont voulu créer un musée qu'ils regardent comme un complément indispensable de l'école et aussi comme un sûr moyen d'attraction pour les visiteurs. Nous trouvons leurs ambitions et leurs désirs parfaitement légitimes et parfaitement raisonnables. La Creuse est une contrée extrêmement pittoresque, et l'on va bien souvent chercher hors de France des paysages de montagnes qui ne valent pas le court voyage d'Aubusson à Felletin, mais le voyageur qui n'avait pas de recommandations ne pouvait que difficilement visiter les curiosités artistiques spéciales du pays. D'ailleurs, quelque bonne grâce que missent les possesseurs de belles tapisseries anciennes ou les fabricants-artistes à montrer leurs richesses, cette bonne grâce ne pouvait remplacer la commodité, pour l'examen, pour la comparaison, ni pour l'étude, d'un musée public complet, commodément installé et ouvert à tout le monde.

    On ne pouvait guère compter sur la munifcence de l'Etat pour la création du musée comme pour l'école ; aussi les Aubussonnais ne comptèrent-ils que sur eux-mêmes. Ils organisèrent rapidement une société, adressèrent de chaleureux appels à leurs compatriotes, intéressèrent à leur oeuvre un certain nombre de personnages appartenant à l'administration et principalement à l'administration des Beaux-Arts, et leurs louables efforts ont reçu dès à présent leur récompense ; le musée d'Aubusson est fondé ; il lui a déjà été offert de nombreux dons et ses collections prendront certainement un rapide accroissement.

    En tous cas, le terrain ne manquera pas, car la ville a affecté à la nouvelle fondation l'espace considérable occupé par le vieux château féodal d'Aubusson, dont il ne reste plus debout que la tour dite de Ranulphe, que reproduit notre frontispice.

    Sur ces ruines, profitant habilement des substructions encore utilisables, M. Albert Mazet, architecte, originaire de la localité, a économiquement construit les salles du musée et leurs dépendances. Nous en donnons ici (planche 42) une vue extérieure ; les plans, ainsi qu'une coupe, en croquis dans le texte ; le frontispice montre la vue d'ensemble de l'emplacement. La lumière pénètre abondamment partout, les accès sont faciles et la simplicité de l'oeuvre n'est point exclusive du bon goût.

    En semblable circonstance, le chiffre de la dépense est toujours bon à indiquer. En outre de son éloquence toute particulière, eu égard au caractère de la construction, il indique qu'avec des ressources relativement faibles, on peut toujours, quand on sait s'y prendre, atteindre d'excellents résultats.

    Donc, la dépense se décompose ainsi :

    Terrasse et maçonnerie, 18500

    Menuiserie, 4200

    Charpente bois, 1550 F

    Nous imaginons volontiers que dans maint endroit de notre pays, on pourrait utilement et aisément imiter l'exemple d'Aubusson ; c'est-à-dire créer des musées ayant leur caractère propre, et non des imitations banales et maladroites des musées parisiens, où l'art local, ancien ou récent, soit la note dominante ; et cela sans rien demander à l'Etat que son bienveillant patronage."

    [AD Creuse, 9 Fi 56, article publié par A. DUPUIS dans la revue La Construction Moderne, 1886, p. 273-275].

Références documentaires

Documents d'archives
  • AD Creuse. Série T ; 4 T : 39. Création du musée d'Aubusson dans les ruines du Chapitre (1885-1928).

    Archives départementales de la Creuse, Guéret : 4 T : 39
(c) Région Limousin, service de l'Inventaire et du Patrimoine culturel (c) Région Limousin, service de l'Inventaire et du Patrimoine culturel ; (c) Ville d'Aubusson - Philippe Emmanuelle
Philippe Emmanuelle

Chercheur Inventaire, SRI Limousin de 2009-2012


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