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Ancien couvent de sœurs de la congrégation des Sacrés-Cœurs de Jésus et de Marie, aujourd'hui logements

Dossier IA86009417 inclus dans Bourg de Coussay-les-Bois réalisé en 2017

Fiche

Dossiers de synthèse

Genrede soeurs du Sacré-Coeur de Jésus et de Marie
Destinationscolonie de vacances, immeuble à logements
Parties constituantes non étudiéescour, jardin, puits, portail, mur de clôture
Dénominationscouvent
Aire d'étude et cantonVals de Gartempe et Creuse - Châtellerault-3
AdresseCommune : Coussay-les-Bois
Lieu-dit : le Bourg
Adresse : 10 rue, de l'église, 5 rue
de Clamart
Cadastre : 1833 I 611 ; 2017 BL 525, 541

Le prêtre Pierre Joseph Coudrin et la religieuse Henriette Aymer de la Chevallerie fondent en 1800 la congrégation des Sacrés-Cœurs de Jésus et de Marie et de l’Adoration perpétuelle du Très-Saint Sacrement de l’Autel, plus généralement connue sous le nom de congrégation de Picpus. Quelques années après la création de la communauté, Pierre Joseph Coudrin décide d'installer un couvent de femmes dans son village natal de Coussay-les-Bois. La fondation a officiellement lieu le 5 janvier 1835.

Les sœurs viennent s'installer à Coussay-les-Bois dans plusieurs bâtiments construits à partir des années 1830. L'un d'entre eux est situé à l'emplacement de la nef de l'ancienne église Saint-Martin, devenue la chapelle du couvent.

Pendant le 19e siècle, c'est Eudoxie Coudrin, nièce du fondateur, qui fait office de mère supérieure. Peu de temps après la fondation, le couvent compte une vingtaine de sœurs environ. Pour rejoindre la congrégation, elles ont fait vœux de pauvreté, de chasteté et d'obéissance et suivent la règle monastique de Saint-Benoît. Elles jeûnent tous les premiers vendredis de chaque mois ainsi que pendant les fêtes religieuses qui rythment l'année liturgique. Elles se lèvent tous les jours à 5h du matin et se couchent à 9h du soir dans un dortoir commun.

Leur costume entièrement blanc est constitué d'un scapulaire brodé sur le devant du motif des Sacrés-Coeurs de Jésus et de Marie. Elles portent aussi toujours une mousseline blanche et un voile de laine blanc pour couvrir leur tête, ainsi qu'un grand manteau rouge lors de l'Adoration. Le couvent accueille parfois des sœurs d’origine étrangère, comme une allemande et une hollandaise en 1881, ou encore une péruvienne en 1901. Elles occupent des fonctions diverses et sont parfois signalées comme jardinière, portière, institutrice, fileuse, boulangère, repasseuse ou encore infirmière.

En 1948, l'ensemble des bâtiments est vendu à la commune de Clamart (Ile-de-France) pour servir de centre de vacances. Pendant cette période qui dura environ cinquante ans, l'édifice situé à la place de la poste fut détruit. Aujourd'hui, les bâtiments du couvent accueillent des logements.

Période(s)Principale : 2e quart 19e siècle , daté par source
Auteur(s)Auteur : auteur inconnu

L'accès à l'ancien couvent est situé au niveau de la rue de l'église, sous une grande porte cochère couverte d'un arc en plein cintre.

L'ancien logement des sœurs, accolé à l'église Saint-Martin, est constitué de quatre niveaux et de cinq travées d'ouvertures, toutes couvertes de plates-bandes. La porte principale est accessible par deux escaliers droits situés de chaque côté d'un perron surélevé. Des lucarnes couvertes d'arcs segmentaires permettent d'éclairer l'étage de comble, situé sous un toit en ardoise.

Murscalcaire pierre de taille
Toitardoise
Étagessous-sol, rez-de-chaussée surélevé, 1 étage carré, étage en surcroît
Élévations extérieuresélévation ordonnancée
Couverturestoit à longs pans brisés croupe
Escaliersescalier de distribution extérieur : escalier droit en maçonnerie
Statut de la propriétépropriété privée
Protections

Annexes

  • Fondation du couvent de Coussay-les-Bois par Pierre Joseph Coudrin

    Couronne Bernard, Petite vie du Père Marie-Joseph Coudrin, Fondateur de la Congrégation des Sacrés-Coeurs, éditions Desclée de Brouwer, Paris, 1997.

    p. 231:

    "La communauté de la Grand' Maison a besoin d'une retraite du fondateur pour refaire son unité. Mais lui a un aussi grand besoin de ce retour aux sources. Un pèlerinage à Coussay s'impose. Il y retrouve son frère Charles auprès duquel il va rester près d'un mois. Un projet cher à son cœur l'occupe. Son frère a acheté, quelques années plus tôt, une propriété qui inclut l'église de son baptême, dédiée à saint Martin, dont il ne reste que le chœur. Elle sera la chapelle d'un couvent des sœurs des Sacrés Cœurs qu'il se propose d'y installer.

    Pour cette fondation, le P. Coudrin renoue les fils de ses dernières années à son baptême. Le 3 juin 1835, la mère Françoise de Viart, qui a succédé à la mère Henriette, y fait commencer l'adoration par dix-neuf religieuses. Eudoxie Coudrin, la nièce du fondateur, est la supérieure de la nouvelle communauté.

    Sur les lieux de son baptême, il la veut exemplaire :

    "Soyez toujours toutes bien unies, leur écrit-il le 17 juillet 1835. N'ayez qu'un cœur et qu'une âme. Vous toutes, les filles de la Bonne Mère (Henriette), ayez-en le courage et la foi, et je vous réponds du bonheur autant qu'on en peut avoir ici bas. Vos peines seront mes peines, comme vos joies seront ma consolation. Rappelons-nous seulement que nous sommes voués aux Sacrés-Coeurs de Jésus et de Marie et qu'à cette précieuse profession sont indubitablement attachées de douces et saintes amertumes, inséparables de notre vocation. Le fréquent usage des sacrements, surtout de la sainte eucharistie, nous donne des grâces inexprimables pour accomplir tous nos devoirs. Soyez gaies et aimables entre vous".

  • Arrivée des sœurs à Coussay-les-Bois

    Coudrin Augustin, Vie de l'abbé Coudrin, fondateur de la congrégation des Sacrés Cœurs de Jésus et de Marie et de l'Adoration Perpétuelle du Très-Saint Sacrement de l'Autel, Paris, 1846.

    p. 375:

    "Quand cet essaim d'adoratrices arriva à l'entrée du village, la nuit avait déjà dérobé aux regards la pauvreté du lieu. Ses maisons entassées, et dont plusieurs attestent la vétusté par leur construction délabrée, avaient vu rentrer tous les laboureurs revenus des champs ; mais l'on savait depuis longtemps que les nouvelles religieuses allaient se rendre. C'était un évènement important surtout pour le lieu ; aussi, à peine avaient-elles atteint la première habitation que déjà la renommée les avait devancées. Chacun sortait avec sa lampe. Cette espèce d'illumination villageoise donnait à cette entrée plus d'éclat que n'aurait procuré le jour. Ainsi l'humilité se trouve comme environnée d'un rayon lumineux quand Dieu veut qu'elle brille à son insu.

    On conçoit quel dut être l'émoi causé dans un village de Poitou par l'installation d'une communauté. Sans que chacun s'en rendit compte, la pensée commune était que la paroisse voyait s'ouvrir devant elle un nouvel avenir de progrès et de prospérité ; l'humble Coussay allait attirer les regards de l'étranger, et la Mère, en passant devant lui avec tous ses sentiments maternels, allait songer sérieusement à l'instruction de sa fille. Mais il ne faut pas, en étendant le regard trop loin, le détacher trop tôt de dessus cette manifestation d'émotions villageoises auxquelles la piété n'est pas étrangère. On voulait considérer les religieuses, les connaître, les examiner, les apprécier, car l'habitant des campagnes est très observateur, très impressionnable, par conséquent prompt à prononcer un jugement. L'adoration dans la chapelle étonnait surtout ceux que la curiosité peut-être autant que la dévotion y attirait. Pour s'assurer de l'attention des religieuses prosternées chacune à leur tour devant le Seigneur, et sans doute encore pour honorer tant de perfection dans la prière, il en est qui eurent l'idée d'aller déposer un bouquet sur le prie-Dieu de l'adoration."

Références documentaires

Documents d'archives
  • 1836-1914: Matrice des propriétés foncières de Coussay-les-Bois.

    Archives départementales de la Vienne, Poitiers : 4 P 2226-2231
  • AD 86. 8 M 3 103, 1836-1936 : Coussay-les-Bois, recensement de la population.

    Archives départementales de la Vienne, Poitiers : 8 M 3 103
Bibliographie
  • Coudrin, Augustin. Vie de l'abbé Coudrin, fondateur de la congrégation des Sacrés Cœurs de Jésus et de Marie et de l'Adoration Perpétuelle du Très-Saint Sacrement de l'Autel, Paris, 1846.

  • Couronne, Bernard. Petite vie du Père Marie-Joseph Coudrin, éditions Desclée de Brouwer, Paris, 1997.

  • De Chergé, Charles. Histoire des Congrégations religieuses d'origine poitevine. Poitiers (10, rue de la Mairie) : A. Dupré, imprimeur-éditeur, 1856.

    p. 131-164

Liens web

(c) Région Nouvelle-Aquitaine, Inventaire général du patrimoine culturel ; (c) Communauté d'Agglomération de Grand Châtellerault (c) Communauté d'Agglomération de Grand Châtellerault - Maturi Paul
Maturi Paul

Chercheur associé à la Communauté de Communes des Vals de Gartempe et Creuse (2015-2016), puis à la Communauté d'Agglomération de Grand Châtellerault (2017-...).


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