Aménagements de défense côtière : épis et brise-mer
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  • (c) Région Nouvelle-Aquitaine, Inventaire général du patrimoine culturel
  • (c) Conseil départemental de la Gironde

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Estuaire de la Gironde (rive gauche)
  • Commune Le Verdon-sur-Mer
  • Lieu-dit les Cantines, les Huttes, les Arros
  • Cadastre 2013
  • Dénominations
    ensemble du génie civil
  • Parties constituantes non étudiées
    voie ferrée, digue

La défense de la côte océanique contre la mer devient un enjeu important à partir des années 1840, alors que la Pointe de Grave est soumise depuis des siècles aux phénomènes d'érosion. On redoute que les assauts de l'océan finissent par créer une brèche dans la ligne de dunes littorales, aux Huttes, laissant les eaux inonder les terres et rejoindre celles de l'estuaire de la Gironde.

Les premiers travaux entrepris par l’État (Ponts et Chaussées) vers 1845 ont surtout consisté en construction d'épis disposés perpendiculairement au rivage océanique des Huttes à la jetée de Pointe de Grave. Ces travaux nécessitèrent des aménagements particuliers : il fallait notamment approvisionner le chantier en matériaux qui furent livrés au Port-Bloc et acheminés par voie ferrée aux Huttes, aux Arros ou à la Claire.

Des brise-mer furent par la suite aménagés, constituant des murs d'arrêt, établis parallèlement au rivage, un peu au-dessous de la cote moyenne des mers. Ces ouvrages de défense étaient protégés dans leur partie avant par des massifs constitués par des blocs naturels arrimés. Ces massifs recevaient les premiers chocs des lames. Ils protégeaient les ouvrages, d'une part, en brisant partiellement la puissance des lames, d'autre part, en constituant à l'avant des ouvrages un talus incliné sur lequel la lame glisse, au lieu de déferler en produisant le phénomène de ressac et ses conséquences désastreuses. Pour que le talus avant en blocs naturels remplisse bien son office, il était absolument indispensable qu'il soit entretenu et que le profil du talus soit tenu, autant que possible, au voisinage du profil normal. Or, le défaut d'entretien de ces brise-mer longitudinaux, au cours de la Première Guerre mondiale, a entraîné d'irrémédiables dégâts. A la suite des fortes tempêtes qui sévirent du 9 janvier 1924 jusqu'à la fin de l'hiver 1929-1930, les ouvrages de défense contre la mer précédemment construits furent presque tous anéantis.

En tenant compte de l'expérience acquise par les ingénieurs des Ponts et Chaussées de 1835 à 1924, et pour organiser un système de défense actif (auto-ensablant), le directeur, Levêque, conçut un type de brise-mer offrant en plan, une forme en dents de scie, dont les éléments rectilignes forment des angles ouverts vers le sud-ouest (d'où viennent les vents des grandes tempêtes) ; les sables, accumulés par les lames dans ces angles, y forment des plages auto-défensives, et une partie des sables, passant sur la crête de l'ouvrage, vient s'accumuler en arrière de celui-ci, pour en accroître l'inertie et reconstituer les dunes antérieurement disparues. Toutefois les parties en saillie de ces brise-mer Levêque étaient difficiles à protéger et constituaient un point de faiblesse du système.

A partir de 1930, d’importants travaux furent engagés, notamment la construction d'un nouveau brise-mer entre les Huttes et Soulac, d'une longueur de 2000 m environ et la réfection presque intégrale des ouvrages existants aux Huttes et à la Claire. A part quelques points particulièrement exposés où le profil sera renforcé par un parement en maçonnerie, le profil type uniforme adopté pour les ouvrages de choc (brise-mer proprement dit) comprenait des blocs artificiels en béton ordinaire avec blocs naturels en avant.

L’occupation allemande à partir de 1940 entraine la construction de nombreux bunkers sur les côtes verdonnaises. Les conflits de libération de la Poche du Médoc en 1945 vont largement détériorer les différents aménagements de défense côtière.

Après-guerre, on se retrouve à nouveau confrontés aux mêmes problèmes d’érosion. En 1959 est achevé le brise-mer de Saint-Nicolas. Une zone reste encore vulnérable, entre le phare de Saint-Nicolas et le sud du vieux brise-mer de la Claire. Le Port Autonome engage donc de nouveaux travaux entre 1960 et 1964 : un revêtement de dune est réalisé ainsi qu’un brise-mer parallèle. Un brise-mer allégé partage l’ensemble en deux casiers ensablants.

Les questions d'érosion et de protection de la côte restent encore aujourd'hui d'actualité.

  • Période(s)
    • Principale : 2e quart 20e siècle
    • Principale

Le littoral verdonnais des Arros à la Pointe de Grave conserve de nombreux éléments de défense côtière, visibles notamment à marée basse : on repère des brise-mer disposés en dents de scie (Arros), des casiers d'ensablement (aux Cantines) ainsi que des vestiges de digues avec voies ferrées qui permettaient l'acheminement des matériaux de construction (aux Cantines). D'autres éléments, grignotés par la mer et les sables, ont aujourd'hui disparu.

  • Murs
    • pierre moellon
    • béton
  • État de conservation
    vestiges
  • Statut de la propriété
    propriété publique