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Abbaye Sainte-Croix, actuellement chapelle et maisons

Dossier IA00045694 réalisé en 1978

Fiche

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  • Parties constituantes

    • Maison
      Angles-sur-l'Anglin, 13 rue du Pont,
    • Maison
      Angles-sur-l'Anglin, le Bourg, 26 rue du Pont
    • Maison
      Angles-sur-l'Anglin, 11 rue du Pont
    • Maison
      Angles-sur-l'Anglin, 1 rue Sainte-Croix
    • Maison
      Angles-sur-l'Anglin, 24 rue du Pont
    • cour

Œuvres contenues

  • Présentation des objets mobiliers de l'Abbaye Sainte-Croix à Angles-sur-l'Anglin
  • Statue : sainte Radegonde
  • Maison
    Angles-sur-l'Anglin, 1 rue Sainte-Croix
  • Maison
    Angles-sur-l'Anglin, 11 rue du Pont
  • Maison
    Angles-sur-l'Anglin, le Bourg, 15 rue du Pont
  • Maison
    Angles-sur-l'Anglin, 13 rue du Pont,
  • Maison
    Angles-sur-l'Anglin, le Bourg, 8 rue Sainte-Croix
Genrede chanoines réguliers de saint Augustin
VocablesSainte-Croix
Destinationschapelle
Parties constituantes non étudiéescour
Dénominationsabbaye
Aire d'étude et cantonVals de Gartempe et Creuse - Saint-Savin
AdresseCommune : Angles-sur-l'Anglin
Lieu-dit : Sainte-Croix
Adresse : 11, 13, 24, 26 rue du, Pont, 1 rue
Sainte-Croix
Cadastre : 1826 D 100, 101, 102, 103, 104, 105, 106, 108 ; 2014 D 27, 28, 31, 32, 33, 34
Adresse

L'abbaye Sainte-Croix aurait été fondée vers 1040 par Isembert 1er, évêque de Poitiers, avec l'aide de sa mère Théoberge et de ses frères, Sénébaud et Manassé. En 1088, Hugues VI de Lusignan, seigneur d'Angle, offre l'église Sainte-Croix et ses biens à l'abbaye bénédictine Saint-Cyprien de Poitiers. À la fin du 11e siècle, le pape Urbain II remplace les moines bénédictions par des chanoines réguliers de l'ordre de Saint-Augustin.

La construction de l'église a commencé en 1175. Elle fut ensuite consacrée en 1192. En 1211, l'abbaye Sainte-Croix est placée sous l'autorité directe du pape. L'église est probablement remaniée ou reconstruite au 13e siècle. La nef était alors voûtée d'ogives. L'abbaye s'enrichit rapidement grâce à de nombreux dons et accueille les cadets des grandes familles nobles, telles que les familles Ysoré de Pleumartin et Gouffier d'Oiron. La guerre de Cent Ans est une période plus difficile pour l'abbaye, qui ne peut plus entretenir que 10 moines au lieu de 24 auparavant.

En 1483, un conflit oppose, pour la succession de Pierre Morin, abbé d'Angle, Aymeri Morin son neveu et Hervé Ysoré. Aymeri est élu abbé par les moines, mais Hervé Ysoré attaque l'abbaye avec ses troupes, tue deux moines et fait fuir les autres, avant de se faire élire abbé. Aymeri Morin devient finalement abbé à partir de 1486. Jean d'Auton, auteur des chroniques du roi Louis XII, devient abbé d'Angle à la mort du roi en 1515.

L'église abbatiale était également une église paroissiale, destinée au culte des paroissiens de la rive gauche de l'Anglin. L'abbé de Sainte-Croix était aussi archiprêtre, à la tête des paroisses de Sainte-Croix et Saint-Martin d'Angle, Lurais, Saint-Pierre et Saint-Phèle de Maillé, Néons et Vicq.

À partir de la fin du 16e siècle, l'abbaye Sainte-Croix d'Angle commence à décliner. Elle est endommagée en 1567 par les calvinistes, puis en 1590-1591 par les ligueurs. Au milieu du 17e siècle, Jean-Joseph Foulers, le frère de l'abbé, fait maladroitement restaurer le tympan de la façade de l'église. À partir de la fin du 16e siècle, l'abbaye est gérée par des abbés commendataires, qui ne résident pas sur place. Il ne s'agit donc plus que d'une charge honorifique et rémunératrice. En 1729, cinq moines vivent à Sainte-Croix : le prieur, l'infirmier, le chambrier, le sacristain et l'aumônier. Chacun disposait d'un logement situé sur les deux ailes à l'est et à l'ouest de la cour de l'abbaye.

Ces logements sont vendus comme biens nationaux pendant la Révolution et sont dispersés aux mains de plusieurs propriétaires privés: entre 1791 et 1796, la maison du prieur est vendue à Antoine Carrée, la maison du sacristain au citoyen Riou, la maison de l'infirmier au citoyen Périvier et la maison du chambrier à M. Vée. Une grange à dîmes, dépendant de l'abbaye, est elle aussi vendue en 1791 à un certain Legrand. Les habitations sont plus ou moins remaniées mais conservent d'importants vestiges de l'époque où ils étaient occupés par les moines. L'église reste la propriété de l’État, mais n'est plus entretenue. Elle tombe peu à peu en ruine, le clocher et le chœur s'effondrent. Sur le plan cadastral de 1826, le chœur et le clocher sont figurés à l'état de ruines.

En 1827, la commune décide de construire un pont pour remplacer le bac. Plutôt que de contourner l'abbaye comme avant, elle prévoit de tracer la nouvelle route de Saint-Pierre-de-Maillé entre les deux ailes des anciens logements de moine, dans la cour de l'abbaye, et sur l'emplacement du chœur de l'église. La commune achète donc à l’État les restes de l'église et la cour de l'abbaye le 22 novembre 1836. Le clocher et le chœur, à l'exception du mur pignon nord du transept, et une partie de la nef sont détruits pour aménager cette route.

La première travée de la nef, à l'ouest, est conservée pour servir de chapelle et assurer les offices pour les paroissiens de la rive gauche de l'Anglin. La façade est classée au titre des Monuments Historiques en 1926.

Période(s)Principale : 4e quart 12e siècle
Secondaire : 17e siècle
Dates1175, daté par source

L'abbaye Sainte-Croix est située sur la rive gauche de l'Anglin, à proximité immédiate de la rivière. Aujourd'hui éventrée par la route de Saint-Pierre-de-Maillé qui a conduit à la destruction de la plus grande partie de l'église, elle formait autrefois un vaste ensemble, avec des bâtiments organisés selon un plan en U, sur trois côtés d'une cour carrée, qui n'a probablement jamais été pourvue d'un cloître. Au sud de la cour, l'église mesurait près de 60 mètres de longueur. Le chœur était composé d'une abside, raccordée à la croisée du transept par une travée droite, et deux absidioles étaient saillantes sur les murs orientaux du transept. Le clocher était probablement situé au-dessus de la croisée du transept.

Il ne reste rien de la partie orientale, à l'exception du mur pignon nord du transept, conservé comme mur mitoyen entre l'ancien logement du prieur et une maison construite à l'emplacement du chœur de l'église. La nef, qui comptait deux travées, n'en a conservé qu'une, à l'ouest, qui est aujourd'hui la chapelle Sainte-Croix. La façade de cette chapelle a conservé ses dispositions de la fin du 12e siècle ou du 13e siècle, à l'exception du tympan modifié au 17e siècle. Le portail est encadré par quatre paires de colonnettes présentant des guirlandes de fleurs sculptées sur les arêtes et séparés par des colonnes. Les piédroits et les colonnettes sont couronnés de chapiteaux à crochets. Les piédroits sont surmontés, au-dessus des chapiteaux, par quatre rouleaux en arc légèrement brisé, décorés de motifs végétaux, et munis de tores dans le prolongement des colonnettes. Le tympan est constitué de plusieurs grosses pierres de taille soutenues par deux linteaux en bois. Deux pierres, martelées pendant la Révolution, présentaient des armoiries pour l'une, une inscription pour l'autre. L'archivolte du portail se prolonge au-dessus des arcades latérales aveugles de la façade, dont l'arc, constitué d'un rouleau et d'un tore, est brisé. Le second niveau de la façade est percé de deux grandes baies couvertes d'un arc légèrement brisé. Un bandeau sur modillons couronne le second niveau.

De larges contreforts à quatre ressauts encadrent la façade et forment un angle droit avec deux contreforts semblables sur les élévations latérales. Deux contreforts plats soutiennent, à l'est, les extrémités de la travée. La façade et les élévations latérales sont construites en pierre de taille, alors que le chevet, élevé après la destruction du reste de l'édifice, est constitué d'un mur en moellons. Ce chevet est percé d'une baie sans décor couverte en plein cintre.

Le toit à longs pans de la chapelle est couvert de tuiles plates. Il est plus bas que le mur pignon de la façade et donc probablement plus bas que le toit d'origine. Un petit clocher carré, couvert d'ardoise, se dresse au-dessus de la chapelle.

La nef était voûtée d'ogives qui reposaient sur des colonnes toujours visibles aux quatre angles de la première travée subsistante. La voûte, qui s'est vraisemblablement effondrée à une date inconnue, a été remplacée par une fausse voûte en plâtre sur lattis et une charpente en bois. Les ogives et les doubleaux reposaient sur des colonnes adossées à des piliers aux angles des travées. Ces piliers et colonnes, surmontés de chapiteaux à crochets, sont encore visibles aux quatre angles de la première travée.

Deux logements de moines bordaient la cour à l'est. L'ancien logement du prieur (moine qui gérait l'abbaye en l'absence de l'abbé) est accolé au mur pignon nord du transept. La façade ouest, côté rue, a été totalement remaniée au 20e siècle. A l'est, deux contreforts soutiennent le bâtiment. Une petite baie couverte en plein cintre est percée à l'étage, entre les deux contreforts. Accolé à cette même élévation, un escalier extérieur droit est constitué de quinze marches en pierre. Il mène à un palier bordant l'étage. Sous le palier, un espace dont la fonction est inconnue est ouvert sur la cour par deux grandes arcades (une de chaque côté de l'escalier) couvertes en arc surbaissé. Trois portes, abritées sous ce palier, permettent d'accéder au rez-de-chaussée. L'une, à encadrement chanfreiné, est couverte d'un arc segmentaire. A l'opposé, sur l'élévation ouest, trois portes aujourd'hui murées sont visibles depuis l'intérieur. Ces portes, couvertes en plein cintre, de dimensions inégales, ouvraient autrefois sur la cour. Elles sont aujourd'hui enterrées sous les remblais apportés lors de la construction du pont et de l'aménagement de la route. Les encadrements sont constitués de claveaux de taille régulière. Sur le mur pignon nord, mitoyen à l'ancien logement du chambrier, une autre porte est murée. Couverte en plein cintre également, mais constituée de claveaux irréguliers, elle est surmontée de deux corbeaux moulurés. Il pourrait s'agir des vestiges d'une bretèche défendant la porte. Au niveau supérieur, une porte à encadrement chanfreiné, aujourd'hui murée, communiquait avec le chœur de l'église. Les balustres en bois de l'ancien escalier sont remployées dans l'escalier actuel.

Le logement du chambrier, accolé au logement du prieur, est situé à l'extrémité de l'aile est, en bordure de l'Anglin. Deux tourelles arasées, l'une de plan circulaire, l'autre en quart de cercle, ponctuent les angles de l'élévation latérale nord, côté rivière. Sur l'élévation est, au rez-de-chaussée, deux baies couvertes par des arcs brisés sont des percements récents. Un escalier extérieur en pierre mène à l'étage. Une grande fenêtre éclaire cet étage. Remaniée, elle présente un appui saillant et un encadrement mouluré. Sur la même élévation, une petite baie est couverte en plein cintre. A l'intérieur, plusieurs portes ont un encadrement chanfreiné. Un chapiteau de style gothique est remployé dans un encadrement. Au rez-de-chaussée, une cheminée présente un manteau et une hotte droite moulurés en pierre. Une cavité maçonnée de plan circulaire, dont la fonction reste inconnue, est aménagée dans le sol. Elle est composée de trois assises de pierre reposant sur le rocher. Dans l'angle nord-est, des vestiges d'arcs et d'une rosace sont visibles, sans qu'il soit possible de déterminer leur fonction. Un devant de retable en bois représentant peut-être saint Benoît, pouvant dater du milieu du 18e siècle, est utilisé en remploi sur la cheminée de l'étage.

Trois logements de moines sont accolés à l'ouest de la cour, à l'alignement de la façade de l'église.

Le logement de l'infirmier est celui situé le plus au nord, sa façade principale donnant sur le pont. L'habitation comprenait deux celliers au rez-de-chaussée et deux chambres à l'étage. Aujourd'hui, le bâtiment est beaucoup moins haut qu'à l'origine puisque le niveau du sol s'est élevé de manière considérable de ce côté du pont. Témoin de ce changement, une porte couverte d'un arc en plein cintre et murée, est à demi enterrée sur l'élévation est du logement. Il s'agissait de la porte principale de l'abbaye, permettant d'accéder à la cour depuis la petite place au niveau du pont. Trois contreforts de hauteurs et de largeurs diverses scandent l'élévation ouest. Sur cette façade, deux fenêtres du 18e siècle sont visibles à l'étage. Celle de droite a été murée par des tomettes en terre cuite et des moellons calcaires plats. La façade nord est percée d'une porte, à laquelle on accède par trois marches en calcaires, et d'une lucarne gerbière au niveau du toit. Sur la façade est, anciennement située dans la cour de l'abbaye avant le percement de la rue du Pont, l'aspect d'origine du bâtiment a été perdu. Deux portes, l'une du 18e ou du 19e siècle à gauche, et l'autre du 20e siècle à droite, permettent d'entrer à l'intérieur.

Le logement du sacristain est accolé à l'élévation sud de la maison de l'infirmier. En raison de la déclivité du terrain, il s'élève sur trois niveaux à ouest mais seulement deux niveau à l'est. Il possède un étage en surcroît, ce qui en fait l'habitation la plus haute de l'aile ouest. Si la façade côté rue du Pont est assez homogène, la façade de la rue Sainte-Croix présente une grande variété d'ouvertures percées à des époques différentes. Deux arcs en pleins cintres sont visibles sur la façade : l'un est situé au rez-de-chaussée sur une ancienne porte réduite, l'autre à l'étage. Deux petites baies horizontales aux bordures chanfreinées sont situées entre le rez-de-chaussée et l'étage. Une archère percée au dernier niveau rappelle que l'abbaye fut probablement fortifiée lors de la guerre de Cent Ans.

La dernière habitation est située près de la façade occidentale de l'ancienne abbatiale. Il s'agit du logement de l’aumônier. Comme la plupart des logements de l'ancienne abbaye, sa façade principale, qui donne sur la rue du Pont, a été entièrement remaniée au 20e siècle. Un contrefort en pierre de taille sépare l'élévation ouest en deux. Elle semble avoir été modifiée entre le 19e et le 20e siècle mais conserve encore trois petites ouvertures carrées situées à l'étage. Elles sont chanfreinées ce qui permet de les dater très approximativement entre le 15e et le 17e siècle.

Murscalcaire moellon enduit
Toittuile plate
Plansplan en croix latine
Couverturestoit à longs pans
Escaliers

Statut de la propriétépropriété de la commune
Protectionsinscrit MH, 1926/04/28
Précisions sur la protection

1926/04/28 : inscrit MH.

Références documentaires

Documents d'archives
  • Archives départementales de la Vienne: (1 Q 1265): Angles-sur-l'Anglin: Domaines nationaux

    Archives départementales de la Vienne, Poitiers
Bibliographie
  • Bourgeois L., Angles-sur-l'Anglin. Les petites villes du Haut-Poitou de l'Antiquité au Moyen-Age, Formes et monuments, volume 2. Mémoire XXVII, 2005.

    p. 18-19
  • Ducluzeau, Robert. Petite histoire d'Angles-sur-l'Anglin. La Crèche : Geste éditions, 2005.

(c) Région Poitou-Charentes, Inventaire du patrimoine culturel - Joergensen Bent - Ourry Yann - Maturi Paul
Maturi Paul

Chercheur associé à la Communauté de Communes des Vals de Gartempe et Creuse (2015-2016), puis à la Communauté d'Agglomération de Grand Châtellerault (2017-...).


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