Dossier d’œuvre architecture IA16008585 | Réalisé par
Dujardin Véronique
Dujardin Véronique

Chercheur, service Patrimoine et Inventaire

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  • enquête thématique régionale, Patrimoine roman
Abbaye Saint-Pierre, aujourd'hui église paroissiale Saint-Nicolas de Cellefrouin.
Copyright
  • (c) Région Poitou-Charentes, Inventaire du patrimoine culturel

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Poitou-Charentes - Mansle
  • Commune Cellefrouin
  • Cadastre 1846 G 46  ; 2011 G 36
  • Dénominations
    abbaye, église paroissiale
  • Genre
    de chanoines réguliers de saint Augustin
  • Vocables
    saint Pierre, saint Nicolas

Au cœur du village de Cellefrouin, se dresse sur les bords du Son l'imposante église Saint-Nicolas. Construite à la fin du 11e siècle, elle est un des plus anciens édifices entièrement voûtés de l'Angoumois et conserve également des rares chapiteaux sculptés en cette période.

C'est au début du 11e siècle qu'un monastère de chanoines réguliers de l'ordre de saint Augustin est établi près du Son. L'église est érigée à la fin du 11e siècle ; les bâtiments monastiques (disparus) sont construits sur son flanc nord. Les religieux ont la charge de la paroisse qui se développe autour du monastère. Si celui-ci est dédié à saint Pierre, la paroisse est placée sous le patronage, toujours actuel, de saint Nicolas.

Le monastère subit durement les guerres de Religion. Le clocher de l'église, partiellement détruit, est restauré au 17e siècle. De nouveaux travaux sont entrepris dans l'église à la fin du 18e siècle ; le sol est rehaussé d'1,30 mètre. L'abbaye est fermée à la Révolution. L'église est rouverte au culte au 19e siècle. Des restaurations y sont entreprises entre 1865 et 1878 (chevet, clocher...). En 1907, l'église est protégée au titre des monuments historiques.

L'église, seul bâtiment subsistant du monastère, est un des plus grands édifices romans du 11e siècle conservés en Angoumois. Elle présente une large nef construite en pierre de taille, un court transept et un chevet en abside aux murs plus hétérogènes, mêlant pierres de taille et moellons équarris. Les bras du transept sont dotés d'absidioles (petites chapelles semi-circulaires) qui s'appuient sur le chevet.

L'extérieur de l'édifice est sobre à l'exception de la large façade qui est animée par un décor architectural assez monumental. 5 hautes arcades se déploient de part et d'autre d'un portail gothique ; prenant appui sur les pilastres des arcades, 4 demi-colonnes montent jusqu'à la hauteur primitive du pignon. Le pourtour du chevet est également rythmé par des contreforts ou des demi-colonnes. Des éléments sculptés ont été insérés dans les mur. Une plaque ornée de l'Agneau avec une auréole frappée d'une croix est encastrée au-dessus de la fenêtre centrale du chevet ; cette image symbolise le Christ. Trois pierres sculptées sont visibles dans le mur de l'absidiole sud. Il s'agit peut-être de modillons de l'ancienne corniche romane, disparue.

À l'intérieur, l'église semble trapue du fait de l'important rehaussement du sol. La nef est divisée en un vaisseau central et deux collatéraux. Ils sont couverts à même hauteur de voûtes en berceau plein cintre qui se contrebutent mutuellement. Le chœur et les chapelles du transept sont couverts de voûtes en cul de four et une coupole, peut-être plus tardive, s'élève à la croisée du transept.

Les chapiteaux sculptés de l'église comptent parmi les plus anciens exemples romans connus en Angoumois. Ils se concentrent dans le transept et dans le chœur, les chapiteaux de la nef étant souvent nus à l'exception de quelques corbeilles ornées de feuilles d'eau ou des crossettes

Les chapiteaux des piliers orientaux de la croisée du transept porte une ornementation plus riche : feuillages, tête humaine, décors géométriques. Ces mêmes motifs se retrouvent sur certains chapiteaux des colonnes qui rythment les murs du chœur et des absidioles. Ces feuillages gras, gonflés de sève, rappellent la sculpture poitevine du 11e siècle.

Deux remplois sculptés l'un lion, le second de deux quadrupèdes (agneaux ?) sont insérés dans le mur nord du bras nord. Dans le mur sud du bras sud un médaillon circulaire porte une croix avec la main de Dieu bénissant.

  • Période(s)
    • Principale : 1er quart 11e siècle
    • Principale : 4e quart 11e siècle
    • Secondaire : 17e siècle
    • Secondaire : 4e quart 18e siècle
    • Secondaire : 3e quart 19e siècle
  • Auteur(s)

  • Murs
    • calcaire pierre de taille
  • Toits
    tuile creuse, tuile plate
  • Plans
    plan en croix latine
  • Étages
    3 vaisseaux
  • Couvrements
    • voûte en berceau plein-cintre
    • coupole à trompes
    • cul-de-four
  • Couvertures
    • toit à longs pans demi-croupe
  • Techniques
    • sculpture
  • Représentations
    • l'agneau avec le livre aux 7 sceaux
    • feuillage
    • agneau, lion, chèvre
  • Précision représentations

    Le décor sculpté de l'église est essentiellement porté par les chapiteaux du chœur et de la croisée du transept. Les corbeilles sont ornées de feuillages gras entrelacés, palmettes ou demi-palmettes, motifs de vannerie, feuilles d'acanthe. Les chapiteaux de la nef sont souvent dépourvus de décor sculpté. Les quelques motifs ornementaux existants sont des feuilles d'eau, des crossettes. Deux remplois sculptés l'un lion, le second de deux quadrupèdes (agneaux ?) sont insérés dans le mur nord du bras nord. Dans le mur sud du bras sud un médaillon circulaire porte une croix avec la main de Dieu bénissant.

  • Statut de la propriété
    propriété de la commune
  • Protections
    classé MH, 1907/09/21
  • Précisions sur la protection

    Eglise : classement par arrêté du 21 septembre 1907.

  • Référence MH