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Abbaye, prieurés, églises et chapelles du Confolentais

Dossier IA16008673 réalisé en 2007

Fiche

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Aires d'étudesCommunauté de communes du Confolentais
Dénominationsabbaye, prieuré, église, chapelle

Dès le VIe siècle, les évêques établis à Poitiers, Angoulême, Saintes et Limoges jouent des rôles politiques importants, mais le territoire reste à l´écart de ces grands centres. Cependant, dans le quatrième quart du VIIIe siècle, Roger, comte de Limoges, et sa femme Euphrasie fondent le monastère bénédictin de Charroux et le dotent de biens importants parmi lesquels la terre d´Alloue où, à une date indéterminée, les abbés de Charroux établissent un prieuré ; il ne reste aucune trace des bâtiments primitifs. Contrôlant la Charente, ils établissent en aval un autre prieuré à Benest.

Le Confolentais connut une grande instabilité politique aux Xe et XIe siècles, en raison de longues rivalités entre les comtes de Poitiers et de la Marche, le vicomte de Limoges et quelques seigneurs locaux, tel celui de Confolens, dépendant de la principauté de Chabanais, constituée aux dépens du comté de la Marche et de la vicomté de Rochechouart. Jourdain Ier de Chabanais fut le fondateur de l´abbaye de Lesterps, vers 986, avec sa femme et ses quatre fils. Il entra rapidement en conflit, vers 1010, avec Hildouin, évêque de Limoges. C´est à l´abbaye de Charroux que son fils, Jourdain II, donna l´église Saint-Maxime de Confolens. Au milieu du XIe siècle, l´abbaye de Lesterps pâtit de la lutte entre le comte de la Marche Adalbert II et Jourdain III de Chabanais, qui refusait de reconnaître la donation des terres faite par son grand-père. À son retour de croisade, l´abbé de Lesterps, Gautier, obtint du pape l´excommunication d´Adalbert, qui dut réparer l´abbaye.

La dédicace de la nouvelle église fut célébrée en 1070. À cette époque, la nef et les quatre premiers niveaux du clocher étaient probablement achevés. Le dernier niveau du clocher-porche pourrait dater de la fin du XIe siècle. À la fin du XIIe siècle ou au début du XIIIe, la nef est agrandie à l´est et prolongée par un chevet gothique à chapelles rayonnantes.

Le XIIIe siècle voit la reconstruction du prieuré Saint-Maxime de Confolens, mais aussi de plusieurs commanderies qui relèvent de différents sièges : hospitaliers du Saint-Esprit à Confolens, Grand-Madieu au Chambon (Saint-Maurice-des-Lions), ordre de Malte à Aunac (aujourd'hui commune de Brillac). À la fin du XIIIe siècle, l´église du Négrat (actuelle commune de Saint-Germain-de-Confolens), vicairie perpétuelle de Nanteuil-en-Vallée, est transférée comme vicairie du prieuré conventuel des Salles de Lavauguyon.

La Guerre de Cent Ans et ses revirements d'alliances affectent le Confolentais, à l'instar de l'ensemble des provinces voisines. Dans les années 1350, le château de Champagne-Mouton est détruit, de même que l´église Saint-Martin, située dans l´enceinte castrale, alors que le prieuré Saint-Michel subit des dommages. Assiégée par le Prince Noir, le 14 août 1356, l´abbaye de Lesterps capitule et ses habitants sont épargnés. Au cours de la même campagne, le prieuré d´Alloue est pillé.

Les troubles de la guerre de Cent Ans et les pillages occasionnés par les bandes de routiers ont considérablement appauvri le territoire. Les abbayes et leurs dépendances sont alors en piètre état : Charroux a perdu en quatre-vingts ans la majorité de ses revenus, qui ne suffisent plus à nourrir les moines de l´abbaye-mère, et donc encore moins ses prieurés ; l´abbaye de Nanteuil-en-Vallée n´a plus guère de ressources, et son prieuré de Vieux-Ruffec ne compte que deux religieux au XVe siècle.

Après la Guerre de Cent Ans, certaines églises sont réédifiées en grande partie : au Vieux-Cérier, au Bouchage, à Champagne-Mouton et, dans une moindre mesure, à Vieux-Ruffec (chevet seul). Pour assurer la défense des habitants, notamment contre les routiers, des éléments de fortification sont ajoutés aux églises, les transformant en refuge en cas de troubles : meurtrières dans le mur sud de la travée sous clocher à Alloue et sur l´élévation nord du prieuré Saint-Benoît d´Ansac, fortification par des tours défensives des prieurés d´Alloue et de Benest. À l´est, de nombreuses nefs d´églises sont surélevées : Esse, Ansac (prieuré Saint-Benoît et chapelle Notre-Dame), Saint-Maurice-des-Lions.

À la fin du XVe siècle encore, une certaine prospérité semble revenir dans le Confolentais, comme alentour. En 1473, l'abbé de Lesterps Bertrand de Montibus fait rédiger un terrier qui concerne également le prieuré Saint-Barthélemy de Confolens. Les principaux seigneurs font construire des chapelles latérales qui modifient le plan initial des églises de Benest, de Champagne-Mouton et surtout de Saint-Barthélemy à Confolens, où la construction des trois chapelles nord vient masquer le plan initial en croix latine. François de Pontbriand, seigneur de la Villatte, fait édifier son tombeau en pierre de Pressac dans la chapelle Notre-Dame d´Ansac-sur-Vienne.

La religion réformée connaît un certain succès dans le Confolentais, notamment à Benest et à Champagne-Mouton, où plusieurs familles nobles se convertissent à la suite de la famille de La Rochefoucault, propriétaire du château de Champagne-Mouton, dès les années 1535-1540.

Le Confolentais pâtit ainsi des guerres de Religion et des répressions particulièrement violentes qui les accompagnèrent. C´est dans ces circonstances que l´église Saint-Martin de Champagne-Mouton aurait été définitivement détruite et que l´église et les bâtiments monastiques de Lesterps furent pillés.

Le XVIIe siècle voit un renouveau catholique, surtout à l´est du territoire. À Confolens, trois édifices importants sont fondés : les récollets en 1616, les clarisses en 1641 et l´hôpital des sœurs de la Charité en 1668, alors qu´en 1656 est créée une confrérie de pénitents blancs. L´abbaye de Lesterps, demeurée en ruine depuis le sac des protestants, est reconstruite sous l´impulsion de Charles-François de la Vieuville, évêque de Rennes et abbé de Saint-Laumer de Blois, abbé commendataire de Lesterps de 1657 à 1676.

Le XVIIe et surtout le XVIIIe siècles semblent avoir constitué un temps de relative prospérité au cours duquel le décor intérieur des églises s´enrichit de remarquables ensembles de retable et tabernacle, comme ceux de l´église d´Esse, exécutés au milieu du XVIIe siècle ou de la chapelle des Clarisses à Confolens, daté du 3e quart du XVIIe siècle et remanié en 1744.

Au XIXe siècle, la plupart des églises font l´objet de travaux de rénovation : construction ou modification des clochers, reconstruction des voûtes généralement en briques, adjonction de sacristies, déplacement du portail du prieuré Saint-Michel de Champagne-Mouton, retournement de l´église de Hiesse dont le choeur passe à l´ouest en 1897.

La commune d´Ansac-sur-Vienne possède à l´intérieur de l´église Saint-Benoît et de la chapelle Notre-Dame des décors peints de la fin du XIXe siècle, témoignages tardifs mais savamment élaborés du mouvement nazaréen, initié en France par Victor Orsel et Alphonse Périn. Ils ont été exécutés par le fils de ce dernier, Félix Périn.

La plupart des églises connaissent des programmes de restauration au cours des XIXe et XXe siècles. Deux églises sont entièrement reconstruites : celle de Pleuville en 1865 et celle d´Ambernac dans les premières années du XXe siècle.

Période(s)Principale : Moyen Age
Principale : Temps modernes
Principale : Epoque contemporaine

Les églises du Confolentais se sont implantées dans les vallées (Vieux-Ruffec, Chabossant), sur les versants (Le Bouchage) ou sur des collines qui les dominent, telles les églises Saint-Gilles à Saint-Coutant, Saint-Pierre à Ambernac ou encore le prieuré Saint-Barthélemy à Confolens. Les cimetières s´installent autour des églises et les bourgs se développent le plus souvent à proximité. Toutefois, à Benest, Chassiecq et Ambernac, l´église conserve une position périphérique par rapport au bourg. Certaines communes ne possèdent pas de bourg et l´église est totalement isolée (Saint-Coutant, Le Bouchage, Vieux-Ruffec, Chabossant). Il est possible cependant qu´un habitat ait existé autour de ces édifices sans qu´aucune trace ne nous soit parvenue. A Hiesse, l´église est demeurée isolée jusqu'à ce que le bourg se développe auprès d'elle au XIXe siècle. A Champagne-Mouton, il ne reste aucun vestige identifiable des habitats anciens, contemporains des églises ou du château, mentionné pour la première fois dans le courant du XIIe siècle.

Parmi les édifices religieux du Confolentais, trois se distinguent. Il s'agit de l'ancienne abbaye de Lesterps et des anciens prieurés d'Alloue et Benest.

Seule abbaye du Confolentais, l´abbaye de Lesterps a conservé jusqu´à aujourd'hui un clocher-porche roman monumental ainsi qu´une partie de ses bâtiments conventuels. L'église abbatiale est, avec celle de Saint-Maurice-des-Lions, le seul édifice du Confolentais doté d'une nef et de deux collatéraux ; le plan le plus fréquent est en effet la nef à vaisseau unique, même si certaines églises présentent une nef et un collatéral (Saint-Maxime à Confolens) ou une nef et des chapelles latérales tardives. Édifié à la fin du XIe siècle, le clocher-porche s´élève à 43 m et comporte cinq niveaux délimités par des bandeaux. Le porche est percé à l´ouest, au nord et au sud de trois arcatures en plein cintre séparées par des demi-colonnes montant jusqu´au troisième niveau. Le quatrième niveau est aveugle et en retrait par rapport au précédent. Le cinquième est percé de trois baies en plein cintre sur chaque face rappelant les ouvertures du porche. Unique dans le Confolentais, ce clocher-porche présente des similitudes avec d´autres clochers-porches romans du Poitou-Charentes (église Saint-Porchaire de Poitiers) et du Limousin (église collégiale de Saint-Léonard-de-Noblat).

Les prieurés d´Alloue et de Benest présentent un certain nombre de similitudes. De plan comparable, avec des bâtiments prioraux accolés à l'ouest de l'église et protégés par des tours défensives aux angles, l´un et l´autre dépendaient de l´abbaye de Charroux dans le cartulaire de laquelle ils sont mentionnés en 1153 (privilège du pape Anastase IV).

Les autres édifices sont en général de dimensions modestes, surtout à l´ouest, proportionnés à la population de la paroisse. Dans leur grande majorité, les églises du Confolentais ont ainsi un plan à vaisseau unique, sans transept. Avec leurs plans respectivement en forme de croix grecque et de croix latine, les prieurés Saint-Vincent à Saint-Germain-de-Confolens et Saint-Barthélemy à Confolens font exception. Ancien prieuré de l´abbaye de Charroux, l´église Saint-Vincent est située dans l´enceinte fortifiée du château de Saint-Germain-de-Confolens. Telle que nous la connaissons aujourd´hui, elle a été édifiée au XIIe siècle. L´abside a été reconstruite ultérieurement, au XIIe siècle ou au XIIIe siècle. Le plan en forme de croix grecque se caractérise ici par une nef très courte et un transept largement développé, chaque croisillon ouvrant sur une absidiole semi-circulaire sur le mur oriental.

Le prieuré Saint-Barthélemy de Confolens dépendait quant à lui de l´abbaye de Lesterps. Seule l´église du XIIe siècle nous en est parvenue. Son plan en croix latine est moins lisible aujourd'hui du fait de la construction au XVe siècle de chapelles sur l´élévation nord.

Les églises romanes d´Alloue, Benest, Épenède et Chabossant ont un plan allongé et leur chevet est semi-circulaire ou polygonal, alors que les plus petits édifices ont un plan rectangulaire avec un chevet plat (Le Vieux-Cérier avant la construction du clocher au XIXe siècle, Chassiecq, Saint-Coutant, Turgon et Vieux-Ruffec).

À l´est du territoire, les chevets polygonaux sont majoritaires. Ils sont généralement surmontés d´une corniche soutenue par des modillons sculptés. Le grand appareil de granite a été utilisé pour leur construction, le petit appareil et les moellons témoignant de reprises ultérieures. C´est le cas notamment pour les églises qui ont été fortifiées lors de la guerre de Cent Ans : l´église Saint-Étienne d´Esse, fondée dans la seconde moitié du XIIe siècle sur un édifice d'origine romaine, l´église Saint-Martin d´Oradour-Fanais, dont le chevet date du XIIe siècle et l´église Saint-Pierre de Brillac, de la fin du XIIe et du XIIIe siècles, où l´association d'un chevet roman à des éléments gothiques (portail et fenêtre à réseau sur le mur ouest) donne une morphologie particulière à l'édifice.

En dehors du portail de Champagne-Mouton, dont le programme sculpté fait référence à l´Eucharistie, le décor est simple.

Difficile à sculpter, le granite de l´est du Confolentais a laissé place au calcaire importé de l'ouest pour la réalisation des éléments qui nécessitaient un travail fin (tympans, bas-reliefs ou certains chapiteaux), notamment dans la façade de l'église prieurale Saint-Martial de Manot, avec des chapiteaux sculptés en calcaire illustrant le combat des vices et des vertus et un bas-relief en calcaire représentant le Christ en majesté assis et encadré par les symboles des Évangélistes et deux anges thuriféraires.

L´agneau de la Résurrection dans une gloire et encadré de deux anges est un thème sculpté au-dessus de plusieurs portails : ceux des églises Saint-Étienne d´Esse, Saint-Barthélemy de Confolens et Saint-Michel de Confolens, église détruite au XIXe siècle mais dont les éléments sculptés ont été intégrés à la fin des années 1990 dans le mobilier de l´église Saint-Maxime.

En terre granitique plusieurs édifices possèdent un portail à deux rouleaux en plein cintre. Il s'agit des églises de Saint-Maurice-des-Lions, de Manot et d´Esse. On trouve également dans cette partie du territoire plusieurs exemples de portail de style limousin, composé de plusieurs rouleaux en arc brisé placés en retrait successif, à l´église Saint-Pierre de Brillac, au prieuré Saint-Maxime de Confolens et à l'ancienne chapelle du Saint-Esprit de Montpellier, également à Confolens.

église Saint-Claud de Chassiecq, qui date du XIIe siècle, présente quant à elle, cas unique dans le Confolentais, un portail surmonté par une saillie du mur portée par une arcature appuyées sur des modillons sculptés de têtes humaines et animales.

Enfin le portail du prieuré Notre-Dame de Vieux-Ruffec, qui dépendait de l´abbaye bénédictine de Nanteuil-en-Vallée, est, comme celui de Saint-Barthélemy de Confolens, encadré de pilastres ; ils se prolongent ici jusqu´au sommet de l´élévation occidentale, de part et d´autre de la baie couverte en plein cintre et partiellement murée qui surmonte le portail.

Le plus souvent situé à la croisée du transept, le clocher présente parfois une position différente. Ainsi à l'ouest du territoire, les églises les plus modestes possédaient à l´origine un clocher-mur, présent encore à Turgon, Saint-Coutant, Chabossant, Le Bouchage ou Notre-Dame d´Ansac, alors que ceux de Hiesse et du Vieux-Cérier ont été détruits au XIXe siècle. Les clochers-murs de Saint-Coutant et de Turgon sont percés d´une arcade, tandis que ceux du Bouchage et de la chapelle de Chabossant en comptent deux. Par ailleurs à Saint-Benoît d'Ansac-sur-Vienne et Saint-Étienne d'Esse le clocher est situé dans l'angle nord-ouest de l'édifice. Enfin l'église Saint-Sulpice d'Abzac possède un clocher-porche, tout comme l'abbatiale de Lesterps.

Décompte des œuvres repérés 16
étudiés 37

Références documentaires

Bibliographie
  • Boulanger, Pierre. Les églises de l'arrondissement de Confolens au XIXe siècle : restaurations et reconstructions. Bulletins et mémoires de la Société archéologique et historique de la Charente, 1992.

  • Dujardin Véronique, Moinot Emilie, Ourry Yann. Le Confolentais : entre Poitou, Charente et Limousin. Images du patrimoine n° 243, Geste éditions, 2007.

    p. 12-18, 70-105
  • George, Jean. Les églises de France : Charente. Paris : Letouzé et Ané, 1933.

  • Nanglard, abbé J. Pouillé historique du diocèse d'Angoulême. - Imprimerie G. Chasseignac (26, rempart Desaix) ; Angoulême, 1894-1903. - 4 vol. (683 p., 588 p., 582 p., 684 p.) ; 24 cm. - Extr. de : "Bulletin de la Société archéologique et historique de la Charente". - Les 3 premiers tomes concernent l'ancien diocèse d'Angoulême et le 4e le diocèse actuel depuis la fin du XVIIIe siècle. Une table des paroisses dactylographiée de 17 p., faite en 1953, complète ces 4 tomes. Tome 3.

(c) Région Poitou-Charentes, Inventaire du patrimoine culturel ; (c) Communauté de communes de Charente Limousine (c) Communauté de communes de Charente Limousine - Dujardin Véronique
Dujardin Véronique

Chercheur, service Patrimoine et Inventaire


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