Logo ={0} - Retour à l'accueil

Abbaye Notre-Dame de la Merci-Dieu, aujourd'hui demeure

Dossier IA86009398 réalisé en 2016

Fiche

Á rapprocher de

Fondée en 1151 par Amauri, abbé de Chaalis dans l'Oise, l'abbaye Notre-Dame de la Merci-Dieu dépendait de l'ordre de Cîteaux. Elle fut construite dans un lieu-dit autrefois appelé « Bécheron », nom qui désigna l'abbaye une quinzaine d'année après sa fondation. Elle était sous la protection d'Échivard de Preuilly, seigneur de Preuilly et de La Roche-Posay.

Lors de la création de l'abbaye, le seigneur lui accorda de nombreux privilèges et lui attribua de vastes terres. Elle bénéficiait aussi de nombreuses immunités accordées par le pape à l'ordre de Cîteaux qui garantissaient aux moines une certaine liberté par rapport à la justice du seigneur local. Ils n'étaient pas soumis à certaines redevances et droits de péages et pouvaient élire leur abbé sans l'avis de l'évêque. Les religieux observaient la règle de saint Benoît et étaient particulièrement reconnaissables à leurs tuniques blanches.

Genrede cisterciens
VocablesNotre-Dame de la Merci-Dieu
Destinationsdemeure
Parties constituantes non étudiéesmoulin, barrage, dépendance, portail, église, laiterie, cloître, cour
Dénominationsabbaye
Aire d'étude et cantonVals de Gartempe et Creuse - Pleumartin
Hydrographiesla Gartempe
AdresseCommune : La Roche-Posay
Lieu-dit : la Merci-Dieu
Adresse : 3 chemin
de la Merci-Dieu
Cadastre : 1833 G 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9 ; 2017 Av 111, 26, 27, 28, 29, 30

Les premières constructions de l'abbaye furent érigées en bois provenant de l'ancienne forêt de la Gâtine, située entre Saint-Pierre-de-Maillé, La Puye et la Bussière. la Merci-Dieu fut finalement reconstruite au 13e siècle, en utilisant des pierres acheminées depuis Vicq-sur-Gartempe.

L'abbaye s’enrichit considérablement pendant les Croisades. En effet, avant leur départ en Terre Sainte, de nombreux croisés et pèlerins firent dons de leurs terres et de leurs biens aux moines pour s'assurer de la protection divine. Pour les donateurs les plus généreux, leurs sépultures étaient placées à l'intérieur de l'église et leur anniversaire était célébré par les moines « à perpétuité ».

Les métairies d'Azay, de la Borde et du Bouchet à la Roche-Posay, garantirent à l'abbaye un revenu constant jusqu'à la Révolution. Elle possédait aussi les métairies de Mortay et de l'Ormeau Moriou, aujourd'hui disparues. Les moines entretenaient des parcelles plantées de futaie dont ils exploitaient le bois. Une futaie de ce type se trouvait au bois de la Vende, près de Plein-Bois et Fonsémont à La Roche-Posay. Une autre ensemble de parcelles, au nord de La Borde, s’appelait « Forêt de la Merci-Dieu » et constituait probablement une autre futaie appartenant à l'abbaye. Les religieux possédaient aussi des terres bien au delà des limites de la châtellenie de La Roche-Posay, notamment à Vicq-sur-Gartempe, Pleumartin, Coussay-les-bois, Leigné-les-bois, Ingrandes, Yzeures et Tournon-Saint-Pierre, entre autres. Une tuilerie dépendait aussi de l'abbaye. Elle est signalée en 1791 dans un inventaire des biens de la communauté. Il y est précisé qu'elle était constituée d'un logement, d'un four et d'une zone de séchage pour étendre les carreaux et les tuiles. La localisation de cette tuilerie pose encore question : elle pourrait se trouver à Vicq-sur-Gartempe ou être l'une des trois tuileries de La Roche-Posay. Les privilèges des moines leur donnaient des droits de pêche important. Tout comme les terres, ces droits étaient souvent cédés à l'abbaye par des donateurs généreux, soucieux du salut de leurs âmes. Le cartulaire de la Merci-Dieu précise que les moines pêchaient à l'aide d'un filet, appelé anciennement « tramail ».

Pendant la guerre de Cent Ans, le domaine de la Merci-Dieu a subi de nombreux pillages et ses bâtiments furent occupés par des troupes armées. En 1470, les moines reçoivent finalement du roi Louis XI le droit de fortifier leur abbaye. Des douves sont creusées autour des bâtiments conventuels et le tout est enserré par un mur contenant plus de 6 hectares mais probablement dépourvu de tours de défense. Par cette lettre, le roi interdit aussi formellement à ses soldats, et aux soldats sous la responsabilité de ses vassaux, de résider dans cette enceinte. Cela n’empêcha pas un nouveau sac de l'abbaye par les troupes protestantes lors des guerres de Religions, dans la seconde moitié du 16e siècle. Les autels et les statues situés dans l'église abbatiale furent aussi détruits par les protestants. la Merci-Dieu a grandement souffert de ces épisodes de conflits : alors qu'elle a pu accueillir jusqu'à 12 moines, seuls 4 résident encore dans l'abbaye au 17e siècle.

Avec la Révolution, les biens du clergé sont réquisitionnés par l'Assemblée Constituante. Devenus « biens nationaux », ils sont amenés à être revendus au plus offrant pour renflouer les caisses de l'État. L'abbaye de la Merci-Dieu n'échappe pas aux confiscations révolutionnaires : en 1791, elle est vendue aux enchères à la dame Élisabeth Fleury de la Bruère, résidant au château des Certeaux à Angles-sur-l'Anglin. Avec le départ des moines et la transformation des bâtiments en résidence pour ses nouveaux propriétaires, de nombreux édifices anciens sont rasés, notamment l'église abbatiale, ou sont en partie détruits. De nombreux objets mobiliers furent aussi perdus pendant cette période. Quelques-uns furent transférés à l'église paroissiale de La Roche-Posay et furent ainsi sauvegardés. C'est le cas pour les retables de la Nativité et du martyr de saint Laurent.

Dès 1836, le château est habité par Charles Pastoureau du Puynode, petit-fils de la dame de la Bruère. Il épouse Claire-Alix Robert de Beauchamp, avec qui il eu deux enfants, dont Anne Denise Pastoureau du Puynode. Celle-ci épouse Louis du Hamel, originaire de Gironde, qui fût maire de La Roche-Posay à deux reprises. Dans la 2e moitié du 19e siècle, le château a pu accueillir jusqu'à 22 personnes, familles des propriétaires et domestiques confondus. Après le décès de Charles Pastoureau du Puynode en 1862, la propriété échoit à son beau-fils Louis du Hamel. Aujourd'hui encore, il appartient à des descendants de cette famille.

Période(s)Principale : 4e quart 17e siècle , porte la date
Principale : 2e quart 18e siècle , porte la date
Principale : 3e quart 19e siècle , porte la date
Principale : 1ère moitié 19e siècle , (?)
Dates1680, porte la date
1742, porte la date
1751, porte la date
Auteur(s)Auteur : auteur inconnu

La destination originelle des bâtiments encore visibles à la Merci-Dieu est difficile à déterminer. La majorité des constructions ont été largement modifiées depuis la reconstruction de l'abbaye en pierre au 13e siècle. De plus, certains bâtiments très importants ont été entièrement détruits au cours des siècles derniers.

C'est le cas de l'église abbatiale dédiée à Notre-Dame. Elle fut probablement reconstruite au 13e siècle puisqu'elle est consacrée en 1224 par l'évêque de Poitiers. Au 17e siècle, un visiteur la décrit comme « grande, claire et très bien bastie ». Elle était construite en pierre de taille calcaire, selon un plan en croix latine, et possédait un chevet plat. D'après une description de l'abbaye en 1791, elle était encore en bon état à cette date. Elle abritait aussi la chapelle seigneuriale de la famille de Preuilly, où furent inhumés plusieurs seigneurs de La Roche-Posay. Dans les années 1950, les propriétaires de la Merci-Dieu ont constaté que l'empreinte des fondations de l'église se discernait sur le sol. Le plan de l'édifice révèle une construction de 53 m de long, construction en forme de croix latine et à chevet plat. La découverte de piliers d'une grande circonférence dans la nef fut aussi troublante. La date précise de destruction de l'église reste inconnue mais elle s'est déroulée entre 1791 et 1833.

Les constructions de l'ancienne abbaye de la Merci-Dieu peuvent aujourd'hui être réparties en trois ensembles d'édifices, comprenant chacun plusieurs corps de bâtiments. Parmi les trois ensembles d'édifices, le plus ancien est celui qui est situé au nord de la propriété, à proximité de la Gartempe. Il est lui même composé de trois bâtiments : le moulin de l'abbaye, une construction surnommée " l'abbatiat ", et l'ancien logis abbatial.

Le moulin :

Bien qu'il soit probablement plus ancien, le moulin semble avoir été reconstruit au 16e siècle. L'arc en plein cintre au-dessus de la porte principale et une inscription lapidaire de 1540 pourraient étayer cette hypothèse. En 1791, les différentes pièces du moulin sont réparties sur trois niveaux : deux au rez-de-chaussée, avec cheminée, deux au premier étage, et un grenier dans les combles. Les deux meules étaient actionnées par deux roues, encore visibles sur le cadastre de 1833. Les maçonneries en pierre de taille présentent un léger empattement vers la rivière pour assurer l'assise du moulin. La couverture de tuiles plates a la particularité d'être à trois pans, puisqu'il était appuyé contre un autre bâtiment au sud-ouest.

« L'abbatiat » :

La destination du bâtiment accolé au moulin est difficile à déterminer. Bien que la construction nous soit parvenue incomplète, plusieurs cartes postales permettent de connaître son aspect avant sa destruction partielle : le bâtiment en pierre de taille avait le mur pignon orienté vers la rivière, dépassant le toit du moulin, et ajouré par un oculus et une baie couverte d'un arc trilobé. De petites ouvertures de formes rectangulaires étaient visibles sur les murs gouttereaux, juste en dessous des égouts de la toiture. Vers la rivière, une partie du mur pignon du bâtiment est encore visible, bien que la partie qui dépassait du toit du moulin ai été détruite. Sur ce mur pignon, un arc doubleau est encore visible et permet de visualiser l'espace à l'intérieur du bâtiment avant sa destruction. L'élévation sud-est fut en partie conservée. Dans la partie la plus proche du moulin, le mur a perdu de la hauteur. Une porte couverte d'un arc segmentaire a été murée et une porte plus récente a été percée entre les deux contreforts. Sur la paroi intérieure, à gauche de cette porte, les restes d'un départ de voûte d'ogives sont encore visible. Vers le nord-ouest, l'élévation n'a pas été conservée et fut remplacée au début du 20e siècle par une petite construction. Elle accueillit jusqu'aux environs de l'année 1913, une laiterie-crémerie, propriété de la Société Séguin et Cie. À l'intérieur, une sorte de niche en forme d'arc brisée est logée dans la paroi accolée au moulin. Cette partie de l'ancien édifice est aujourd'hui couverte par un toit de tuiles plates à deux versants. L'autre partie conservée du bâtiment voûté présente un toit à un pan, couvert d'ardoises. Vers le nord-est, entre deux contreforts, une porte couverte d'un arc brisé a été conservée. Elle est surmontée d'une fenêtre rectangulaire qui a été élargie, probablement pour faciliter le stockage du foin depuis l'extérieur. Au niveau de la partie haute, le reste d'une baie rectangulaire, aujourd'hui murée, est encore visible. L'élévation sud-est de cette partie du bâtiment présente des vestiges intéressants, dont deux ouvertures murées : une porte couverte d'un arc brisé et les restes d'une baie à remplage. Là encore, une fenêtre rectangulaire a été élargie. Tout comme l'élévation nord-ouest, au dessus d'une assise de pierre formant un cordon, les restes d'une petite baie rectangulaire sont visibles. Cette construction de style gothique est l'un des plus anciens vestiges de l'abbaye aujourd'hui conservé. Une description de la Merci-Dieu en 1791 évoque la présence d'un bâtiment voûté, surnommé « l'abbatiat », situé à proximité du moulin. À cette date, il « servait à l'usage du moulin » et était séparé en plusieurs espaces servant de dépendances (logements des domestiques, étables et stockage du foin). L'édifice a probablement eu une première destination différente de celle décrite à la Révolution, mais celle-ci reste difficile à interpréter.

Le logis abbatial :

Le bâtiment appelé logis abbatial est accolé aux deux bâtiments précédemment cités et présente la même orientation, nord-ouest/sud-est. L'élévation sud-est présente une particularité de l'habitat local ancien : un escalier extérieur en pierre, couvert d'un avant toit appelé « balet ». Deux portes couvertes de linteaux en bois sont aménagées dans l'escalier et donnent à des salles au rez-de-chaussée. À l'étage, l'escalier mène à une porte couverte d'un arc segmentaire. Elle est située à côté d'une fenêtre rectangulaire, aujourd'hui murée. Les autres ouvertures de l'élévation semblent dater du 19e siècle, voire du début du 20e siècle. L'élévation nord-ouest présente plusieurs ouvertures pouvant être datées de la période médiévale situées à l'étage : une petite fenêtre carré aux piédroits et à l'appui chanfreiné, une fenêtre rectangulaire et deux fenêtres à croisées. Biens que certaines pierres moulurées en mauvais état aient été récemment remplacées, les nouvelles pierres ont repris le décor originel. Les trois lucarnes à croupes sont aussi des ajouts récents.

Le second ensemble de bâtiments comprend le logement actuel de la demeure et un corps de bâtiment placé en équerre, orienté parallèlement à la rivière. Il présente une grande variété de périodes de constructions.

Le logis :

Le logis est lui même constitué de deux corps de bâtiments. Le plus ancien est orienté vers le sud-ouest. Son élévation principale présente trois travées d'ouvertures. Un oculus est situé entre les deux portes du rez-de-chaussée. Les indices d’ancienneté de cette partie du logis se trouvent dans l'utilisation d'un très petit appareil par endroits et l'absence de chaînage d'angle. De plus, l'une des fenêtres de l'étage, celle située sur la gauche, est couverte par un linteau décoré de deux accolades, qui pourrait dater de la fin du 15e ou du début du 16e siècle. L'élévation faisant face à la rivière présente deux portions de mur en pan de bois, hourdé à la pierre calcaire. L'un des deux est d’ailleurs placé en encorbellement au dessus d'une courette et supporté par un aisselier en bois. Le second corps de bâtiment constituant le logis, accolé perpendiculairement au précédent, est orienté nord-ouest/sud-est. Il est entièrement construit en pierre de taille et date probablement du premier tiers du 19e siècle. Celles-ci sont dissimulées sous un enduit au niveau du mur de croupe orienté vers le sud-ouest. L'élévation principale, vers le nord, est ordonnancée selon cinq travées d'ouvertures, dont une porte située au centre. L'élévation sud-est, quant à elle, présente sept travées d'ouvertures. Une porte est située au niveau de la troisième travée en partant vers la gauche. Elle est légèrement surélevée par rapport au sol et débouche sur un degré rectangulaire de quatre marches. Les façades sont dépourvues de décor particulier, hormis un bandeau d'appui qui s'étend sur les trois élévations, ainsi qu'une frise composée de différentes moulures située sous l’égout du toit. Cette toiture à croupes est couverte d'ardoises et présente un égout retroussé. Un épis de faîtage, décoré d'une représentation de quadrupède et par des fleurs à quatre pétales, couronne la croupe sud.

« L'aile du cloitre » :

Par soucis de simplification, le corps de bâtiment construit en équerre au sud-est du logis sera appelé « aile du cloître ». Elle présente plusieurs périodes de constructions différentes. L'élévation sud-ouest est particulièrement intéressante puisqu'il s'agit de la seule aile de l'ancien cloître de l'abbaye à avoir été conservée jusqu'à nos jours. Bâti sur deux niveaux, il présente une façade au style homogène. Une série de neuf arcades est formée de baies couvertes d'arcs en anse de panier à clé et sommiers saillants. La baie située le plus au sud, la plus grande de toutes, est séparée des autres par un petit contrefort. La clé saillante de son arc porte la date de 1680. L'étage est construit en moellons enduits. Le sol de la galerie couverte est pavé de tommettes. L'ensemble n'est pas voûté mais couvert par des solives de bois, isolées par un mélange de terre et de paille badigeonné à la chaux. Les ouvertures situées sous l'espace couvert ont été percées et des époques différentes les unes des autres et ont parfois étaient murées. C'est le cas de la plus ancienne, couverte pas un arc brisé et qui date probablement du 13e ou du 14e siècle. Une seconde porte murée, couverte d'un linteau décoré d'une accolade, doit dater de la fin du 15e ou du début du 16e siècle. Enfin, cinq portes couvertes par des arcs en plein cintre sont encore visibles. La première est seulement identifiable par deux pierres de taille qui semblent dessiner une section de cercle. Toutes les autres pierres de l'arc ont été remplacées ultérieurement et la baie fut murée. La deuxième baie couverte d'un arc en plein cintre est visible à droite de la première. La troisième est la plus grande des cinq. Elle fut en partie murée. La quatrième est la plus récente et semble dater du 17e siècle. Elle présente un clé et des sommiers saillants. La dernière, elle aussi murée, est située à proximité du pavillon sud. Une corniche moulurée règne sur toute la longueur du cloître. Elle détermine peut-être la hauteur d'un premier couvrement, qui aurait été surélevé en 1680 avec la construction des arcades en pierre. Le pavillon sud prolonge la galerie du cloître. Il est construit en pierre de taille sur une élévation et en moellon sur les deux autres. Il est couvert de tuiles plates, posées sur un toit à croupes. Il présente plusieurs ouvertures, dont celles de l'élévation sud-ouest, qui ont été murées. L'élévation sud-est est percée de trois fenêtres et deux portes, dont une porte haute. L'une des portes, couverte d'un arc en plein cintre à clé et sommiers saillants, est décorée en partie haute de trois pots à feu. La clé de l'arc porte la date de 1751. À l'étage, une petite baie couverte d'un arc en plein cintre a été murée. L'élévation nord-est du pavillon est aveugle. L'élévation nord-est de l'aile du cloître, orientée vers la Gartempe, a été largement remaniée au cours du 19e siècle. En effet, le cadastre de 1833 signale la présence de contreforts sur cette partie de la bâtisse. Or ils ne sont plus visibles aujourd'hui. Une tour d'escalier, couverte en poivrière, est accolée à la façade. Seule la partie située la plus au nord de cette élévation semble avoir gardé des éléments antérieurs au 19e siècle. En effet, cette partie de l'édifice, construite sur trois niveaux, a conservé au dernier niveau une petite baie couverte d'un arc en plein cintre. Une autre petite fenêtre est située sur le mur pignon, en direction du nord. Elle est couverte d'un arc brisé.

Les dépendances forment le troisième et dernier ensemble de bâtiments de la propriété. À l'inverse des deux ensembles précédemment cités, il s'agit d'un seul bâtiment cloisonné en plusieurs salles. Il présente aussi une homogénéité stylistique manifeste.

Les dépendances :

Elles sont accolées au portail d'entrée, à l'ouest de la propriété. Elles ont été construites vers 1742, comme le signale une date portée sur l'arc d'une porte cochère. Orienté est/ouest, il est entièrement construit en pierre de taille de moyen appareil. Son toit à croupes est couvert de tuiles plates. Le bâtiments présente treize ouvertures dont deux grandes portes cochères couvertes d'arcs segmentaires à clés et sommiers saillants. Hormis ces deux portes, toutes les ouvertures du bâtiment sont couvertes par des plates-bandes délardées en arcs segmentaires. Sur l'élévation orientale, un bandeau sépare les ouvertures de rez-de-chaussée de celles de l'étage. Il est seulement interrompu par les arcs des portes cochères. Alors que le rez-de-chaussée servait de granges et d'étables, l'étage était utilisé pour stocker le grain ou le foin.

L'ensemble des construction de l'ancienne abbaye ont été érigées à des époques différentes et furent maintes fois remaniées. Ces transformations rendent la lecture du bâti difficile sur certaines portions des édifices. Aujourd'hui, si l'on compare le style architectural des bâtiments et les quelques dates portées, la majorité des constructions conservées datent des 17e et 18e siècles. En outre, la partie de l'abbaye servant aujourd'hui de logis a été largement construite et remaniée au début du 19e siècle. Cependant, il est encore possible de reconnaître des éléments datant de l'époque médiévale, et qui pour certains pourraient dater du 13e siècle. C'est le cas des quelques ouvertures couvertes d'arcs brisés présentes sur le logis et sur « l'abbatiat ». Les constructions situées au bord de la Gartempe sont, dans l'ensemble, les plus anciennes.

Murscalcaire moellon enduit
calcaire pierre de taille
pan de bois
Toittuile plate, ardoise
Étages1 étage carré, étage en surcroît
Couvrementsvoûte d'ogives
Couverturestoit à longs pans croupe
toit à longs pans
toit à un pan
Escaliers
Techniques
Représentationschronogramme pot à feu fleur accolade
Précision représentations

3 chronogrammes sur l'édifice : 1680 (cloître), 1742 (dépendances) et 1751 (pavillon accolé au cloître).

Le chronogramme de 1540 sur le moulin n'a pas été directement observé mais est relaté dans une source.

Statut de la propriétépropriété d'une personne privée
Intérêt de l'œuvreà signaler
Éléments remarquablescloître, moulin
Protections

Références documentaires

Documents d'archives
  • 12e-18e siècle. Abbaye Notre-Dame de La Merci-Dieu

    Archives départementales de la Vienne, Poitiers : 1 H 10
  • 1790-an III: Biens nationaux, actes de vente de domaines de toute origine.

    Archives départementales de la Vienne, Poitiers : 1 Q 342
  • Fiches classées par commune des immeubles vendus comme bien nationaux.

    Archives départementales de la Vienne, Poitiers : 1 Q 1275
  • 1834-1963. Matrices du cadastre de La Roche-Posay, états de sections, tables des propriétaires, augmentations et diminutions.

    Archives départementales de la Vienne, Poitiers : 4 P 2935-2943, 4423-4427
  • 1836 à 1911: Recensement de la population.

    Archives départementales de la Vienne, Poitiers : 8 M 3 266
Documents figurés
  • Plan cadastral de La Roche-Posay, 1833, Archives départementales de la Vienne.

    Archives départementales de la Vienne, Poitiers : 4P 5581
Bibliographie
  • Clouzot, Étienne, Cartulaire de l'abbaye de Notre-Dame de la Merci-Dieu, autrement dite de Bécheron, au diocèse de Poitiers, Archives Historiques du Poitou, tome 34, Poitiers, 1905.

Liens web

(c) Région Nouvelle-Aquitaine, Inventaire général du patrimoine culturel ; (c) Communauté d'Agglomération de Grand Châtellerault (c) Communauté d'Agglomération de Grand Châtellerault - Maturi Paul
Maturi Paul

Chercheur associé à la Communauté de Communes des Vals de Gartempe et Creuse (2015-2016), puis à la Communauté d'Agglomération de Grand Châtellerault (2017-...).


Cliquer pour effectuer une recherche sur cette personne.