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Abbaye cistercienne Notre-Dame d'Aubepierre (détruite)

Dossier IA23001653 réalisé en 2009

Fiche

Œuvres contenues

Genrede cisterciens
Précision dénominationabbaye cistercienne
VocablesNotre-Dame
Parties constituantes non étudiéescroix monumentale, forge, moulin
Dénominationsabbaye
Aire d'étude et cantonCommunauté de communes du Pays Dunois - Bonnat
HydrographiesRuisseau l'Abbé
AdresseCommune : Méasnes
Lieu-dit : l' Abbaye
Cadastre : 1836 E 274 à 284  ; 2008 BH 63, 66, 115, 116

L´abbaye cistercienne Notre Dame d´Aubepierre a été fondée officiellement le 10 juin 1149 par Bernard de Clairvaux, abbé et fondateur de l´abbaye du même nom. Construite au confluent de deux modestes cours d´eau (le ruisseau de la Bergerie, actuel ruisseau de Lavaud, et le ruisseau de Champaville), sur les terres du seigneur de Malval, la nouvelle abbaye a pris le nom d´Aubepierre (du latin Albis Petris, Pierres Blanches) en raison de l´abondance de quartz blanc recouvrant le sol. L´abbaye a eu une abbaye-fille : Notre-Dame des Pierres, située sur la commune de Sidiailles, dans le département du Cher. D´après les chartes des 14e et 16e siècles, la communauté d´Aubepierre a compté jusqu´à douze moines (Roy-Pierrefite indique 60 moines, ce qui a pu être possible au début, en comptant les frères convers). Outre la dévotion mariale, particulière à l´ordre, les moines rendaient un culte spécial à saint Gervais et saint Prothais, dont ils possédaient des reliques depuis une époque indéterminée. Le territoire appartenant aux religieux, constitué avant la fin du 13e siècle, allait des terres de Lignaud à Lourdoueix Saint-Pierre jusqu'à la Planche-Cassée et le Bouchet à Nouzerolles. Il comprenait de nombreux hameaux de la Marche Limousine, tels que Les Forges, Lavauvieille, Puylandon (tous les trois situés actuellement sur Fresselines), mais aussi des possessions dans le Berry (vignes). Le site de l´abbaye d´Aubepierre était alors entouré de bois, qui ont été peu à peu défrichés et mis en valeur par les cultures. Le bois récupéré alimentait des forges dites forges renardières, signalées dans les matrices cadastrales à proximité du monastère (mais dont l´activité n´a perduré que durant les premiers siècles de l´abbaye), ainsi qu'une tuilerie plus récente (d´après les documents d´archives elle ne daterait pas du Moyen Age) dont un séchoir et un four sont encore visibles au lieu-dit actuel La Tuilerie. Trois moulins étaient établis sur les cours d´eau qui traversaient le territoire des moines, dont un à l´abbaye même. Une partie des eaux de l´Augère formait le Ruisseau l´Abbé qui, grâce à un travail de canalisation sur plus de deux kilomètres, permettait d´obtenir d´excellents herbages. Les biens de l´abbaye étaient répartis en granges ou centres d´exploitation. L´abbaye possédait trois granges sur la paroisse de Méasnes : l´une située à l´entrée du monastère et qui s´est appelée plus tard la domaine de la Porte, la seconde à un kilomètre, devenu le village actuel de La Grange, et la troisième à La Bergerie. En 1453, les religieux ont favorisé l'implantation d'une famille pour défricher et mettre en valeur les terres à Champaville, à l'est de l'abbaye, en contrepartie de la construction de deux granges et deux maisons. Dès que les conditions ont été remplies, les moines ont récupéré lesdites terres et chassé la famille. A la mort de l'abbé, la famille a pu revenir dans le lieu-dit, créant ainsi le village de Champaville, mais devait payer chaque année de lourds impôts en nature. Par la suite, l´abbaye a souffert du système commendataire et des guerres de Religion. Au début du 16e siècle, l'état de l'abbaye devait déjà être problématique puisque le seigneur de l'Age-Champroy (situé au hameau de l'Age à Fresselines) se servit des pierres provenant de l' « aumônerie » des moines pour édifier le logis de son château. Un premier pillage a eu lieu en 1539 puis en 1569 les troupes calvinistes conduites par Wolfang de Bavière, duc des Deux Ponts, ont pillé l´abbaye une seconde fois, l'ont brûlé avec ses titres et papiers et ont noyé les religieux dans l´étang du domaine de la Porte. L´abbé Michel de Charpagne a été contraint de se retirer au château du Pleix-Jolliet. Il ne restait alors de l´abbaye que le réfectoire, une ou deux chambres pour les religieux et le chapitre. Certains bâtiments (dont l'église abbatiale) ont été réédifiés par l'abbé Saint-Maur au 17e siècle : le logis des religieux (perpendiculaire à l´église), le logis de l´abbé (maison à un étage, flanquée de deux petites tours) et une petite chapelle, édifiée à la hâte avant d´être remplacée plus tard par une nouvelle église abbatiale. Le plan du cartulaire de l'abbé de La Celle en 1767 et les relevés du cadastre ancien indiquent que le plan de l'édifice, semblable à ceux des fondations cisterciennes, a probablement été respecté. Il est vraisemblable que la reconstruction se soit appuyée sur les substructions rescapées des saccages du 16e siècle. Dès la seconde moitié du 17e siècle cependant, le prestige de l'abbaye n'était plus et les bâtiments conventuels menaçaient ruine : d´après un procès-verbal de 1723, le cloître était détérioré du côté du chapitre et le bâtiment de l´abbé était en assez mauvais état. Ce dernier a été démoli en 1741. La Révolution a sonné le glas de l'abbaye en expulsant les deux derniers moines (Dom Ange Evrard et Dom Jean Annet de la Celle), en réquisitionnant la propriété comme Bien National puis en vendant les terres le 23 mai 1792. La plus grande partie a alors été acquise par Sylvain de la Marche, qui était depuis 1786 propriétaire du château de Crozant, et par le procureur-syndic du district de la Souterraine. Le monastère a été complètement démoli vers 1820 puis remplacé par une ferme, les ruines de l'abbaye servant de carrière aux paysans des alentours. Une maison à Lourdoueix-Saint-Pierre possède un grand bassin provenant du site de l'abbaye, et qui, d'après Michel Aubrun, pourrait être le lavatorium de l'abbaye.

Période(s)Principale : milieu 12e siècle , daté par source
Secondaire : 3e quart 16e siècle , daté par source
Secondaire : 17e siècle , daté par source
Secondaire : 1er quart 19e siècle , daté par source , (détruit)
Dates1149, daté par source
1569, daté par source
Auteur(s)Personnalité : De Clairvaux Bernard commanditaire attribution par source
Personnalité : De Baviere Wolfang personnage célèbre attribution par source
Personnalité : Saint-Maur Abbé commanditaire attribution par source

L'abbaye a été construite au sud de l'actuelle commune de Méasnes, sur la rive nord du ruisseau de Champaville, affluent de la Petite Creuse. Un arc en pierre, formant le portail de la ferme située à l'emplacement de l'abbaye, est le seul vestige d'importance de l'abbaye cistercienne d'Aubepierre. Quelques réemplois, tels que des débris de chapiteaux ou de colonnettes encastrées, sont visibles dans les murs de la ferme et dans les villages alentours, comme Champaville. Le site comporte également des vestiges d´aménagements de viviers dont l´un, proche des maisons, est toujours en eau.

État de conservationdétruit
Statut de la propriétépropriété privée

Annexes

  • L'abbaye d'Aubepierre (Méasnes)
    L'abbaye d'Aubepierre, alba petra, paroisse de Méasne, à peu de distance de Fresselines, fut fondée en 1149 (Gallia Christiana, tom. II). Abbaye de l'Ordre de Citeaux, fille de Clairvaux. Ses principaux bienfaiteurs sont M. et Mme de Saint-Julien Seguin de Lignières, les comtes de La Marche, de Sauvigny, de La Celle. Ce monastère fut longtemps célèbre par la ferveur de ses moines cultivateurs et providence de la contrée, donnant l'exemple de la vie active et contemplative. A la nomination de l'abbé par les moines, succéda la nomination de l'abbé par le roi. Ce fut le commencement des abus et de la décadence. L'abbaye disparut pendant la tourmente révolutionnaire. Il n'en reste que les fossés et les murs d'enceinte, qui paraissent encore. L'illustre Montalembert, auteur du grand ouvrage : Les Moines d'Occident, est venu visiter les ruines de cet abbaye en 1850.

    Extrait de : LASNIER-CONFOLENT (abbé), H. Fresselines. Limoges : Imp. Marc Barbou, 1902, p. 9. .

  • L'abbaye cistercienne d'Aubepierre dans la région Marche Limousin (1956)

    On constate une fidélité entière de l´édifice primitif au plan ordinaire des monastères cisterciens. L'église, normalement orientée, est bordée au Midi du cloître qu'entourent les autres constructions. Le sanctuaire dont il est permis de penser qu´au moins le plan fut respecté lors des importantes réparations ultérieures, était doté d´un chevet plat et de collatéraux.

    Le granit dont disposaient les moines, par sa tonalité sombre et sa nature peu favorable au ciseau du sculpteur, ne pouvait que renforcé l´aspect austère des constructions voulu par Saint-Bernard : les inepties coûteuses dont parle l´abbé de Clairvaux sont ici doublement proscrites.

    Extrait de : AUBRUN, Michel. L'abbaye cistercienne d'Aubepierre dans la région Marche Limousin, des origines au XVIIIe siècle. Mémoires de la Société des Sciences Naturelles et Archéologiques de la Creuse, 1956 (3e fascicule), t. XXXII, p. 515-516.

  • Inventaire du 9 juin 1790

    L´inventaire du 9 juin 1790, dressé par Michel Grellet, curé et maire de Méasnes, assisté des conseillers municipaux, donne la description suivante de l´abbaye :

    L´abbaye d´Aubepierre, située à mi-côté, en bon, air, est composée d´une aile de bâtiment au levant, le bas en est voûté et distribué comme il suit : une chambre, une autre chambre, un salon à manger, une grande salle ; à la suite, un ancien chapitre, qui sert aujourd´huy de décharge ; se trouve, après, la sacristie. Le dortoir est composé de neuf chambres, dont quatre avec la moitié du dortoir servent à mettre les grains. La charpente du bâtiment est en assez bon état, la couverture a besoin d´être relevée en entier. Le plancher du dortoir, dont les soliveaux sont de bois de hêtre a besoin d´être refait à neuf. A côté du susdit bâtiment est la cuisine, auprès de laquelle est la cave qui est voûtée et peut contenir environ douze poinçons de vin ; au-dessus est un charbonnier ; à la suite, un ancien réfectoire, qui sert aujourd´huy de grange, écurie et étable. Il n´existe que deux côté de cloître. L´appartement des dames, composé de deux chambres. L´église est un grand vaisseau, éclairé par vingt-six croisées, le sanctuaire est éclairé par quatre croisées. Le chœur est planchéié, et il se trouve six stalles de chaque côté. A l´entrée de l´enclos sont beaucoup de bâtiments, qui servent aux métayers. (H232).

    Extrait de : DELANNOY, H. Notice sur l'abbaye d'Aubepierre. Mémoires de la Société des Sciences Naturelles et Archéologiques de la Creuse, 1907, t. XVI, p. 57.

  • Liste des abbés d´Aubepierre

    Liste des abbés d´Aubepierre

    1. Airaud (1150-1178)

    2. Pierre (1185)

    3. Geraud (1194-1216)

    4. Hugues (1218-1219)

    5. Etienne (1224-1226)

    6. Géraud (1229)

    7. Etienne (1232-1233)

    8. Jean (1245)

    9. Raymond (1263-1273)

    10. Guarin (1277)

    11. Hélie de Fague (1308)

    12. Pierre de la Roche (1365-1394)

    13. Hugues (1394)

    14. Jean de Brolhiat ou du Bourliat (1405)

    15. André Gonaud ou Arnaud (1421)

    16. Jean de Bressoles (1426)

    17. Jean Roignaud (1426-1430)

    18. Louis de Villemont (1436-1447)

    19. Jean Marandet (1455-1466)

    20. Pierre Videau (1468)

    21. Etienne Barton (1468).

    Abbés commendataires

    22. Pierre Foucaud (1478-1500)

    23. Pierre Darssin (entre 1510 et 1538)

    24. Aymond ou Aimé Bouchard (1540-1558)

    25. Michel de la Charpagne ou Charpaigne (1559-1581)

    26. Pierre de L´Age (1582-1614)

    27. Jean de Saint-Maur (1621-1675)

    28. Louis-Joseph Bray (1675-1686)

    29. Guillaume Levasseur (1686-1704)

    30. Jacques de Ryan (1709-1721)

    31. Antoine de Rouget (1723-1739)

    32. Jean-Baptiste-Amédée de Grégoire de Saint-Sauveur (1740-1761)

    33. Pierre de Verdun (1772-1790)

    Extrait de : DELANNOY, H. Liste critique des abbés d'Aubepierre. Mémoires de la Société des Sciences Naturelles et Archéologiques de la Creuse, 1906, t. XV, p. 429-464 et DELANNOY, H. Notice sur l'abbaye d'Aubepierre. Mémoires de la Société des Sciences Naturelles et Archéologiques de la Creuse, 1907, t. XVI, p. 73-74.

Références documentaires

Documents d'archives
  • AD Creuse. Série H : 147-232. [Fonds d'Aubepierre]. Cartulaire (copie de 1767), donations, ventes, testaments, transactions, procédures, baux et arrentements, reconnaissances, documents comptables, inventaire du mobilier et description sommaire des bâtiments. (1127-1791).

    Archives départementales de la Creuse, Guéret : H 147-232
  • AD Haute-Vienne. Série D : 53, 58, 60, 729, 804. Prieuré d´Aureil, pensions dues (1555, 1608, 1671) ; pensions payées (1671) ; biens dus dans la paroisse de Méasnes à cause de l´abbaye d´Aubepierre (1184-1655).

    Archives départementales de la Haute-Vienne, Limoges : D 53, D 58, D 60, D 729, D 804
  • AD Creuse. Série H : 232. Inventaire des objets mobiliers de l´église et de la sacristie de l´abbaye d´Aubepierre, paroisse de Méasnes. 9 et 11 juin 1790.

    Archives départementales de la Creuse, Guéret : H 232
Bibliographie
  • LASNIER-CONFOLENT, H. Fresselines. Limoges : Imp. Marc Barbou, 1902. 17 p.

    p. 9 Conseil départemental de la Creuse, Guéret : non coté
  • DAUGER, Georges. Fiche de pré-inventaire : Méasnes, L´Abbaye, ancienne abbaye d´Aubepierre. 8 août 1980.

    Centre de documentation du patrimoine, service de l'Inventaire et du Patrimoine culturel, Limoges
  • BARRIERE, Bernadette (dir.). Moines en Limousin : l´aventure cistercienne. Limoges : Presses Universitaires de Limoges, 1998. 207 p.

    p. 138-140 Conseil départemental de la Creuse, Guéret : non coté
Périodiques
  • DUVAL, Louis. Le passage de l'armée allemande du duc de Deux-Ponts dans la Marche et dans le Limousin, en 1569. Mémoires de la Société des Sciences Naturelles et Archéologiques de la Creuse, 1864, t. IV, p. 279-295.

    p.279-295 Conseil départemental de la Creuse, Guéret : non coté
  • DELANNOY, H. Liste critique des abbés d'Aubepierre. Mémoires de la Société des Sciences Naturelles et Archéologiques de la Creuse, 1906, t. XV, p.429-464.

    p. 429-464 Conseil départemental de la Creuse, Guéret : non coté
  • DELANNOY, H. Notice sur l'abbaye d'Aubepierre. Mémoires de la Société des Sciences Naturelles et Archéologiques de la Creuse, 1907, t. XVI, p.043-086.

    p. 43-86 Conseil départemental de la Creuse, Guéret : non coté
  • AUBRUN, Michel. L'abbaye cistercienne d'Aubepierre dans la région Marche Limousin, des origines au XVIIIe siècle. Mémoires de la Société des Sciences Naturelles et Archéologiques de la Creuse, 1956, t. XXXII (3e fascicule), p.506-531.

    p. 506-531 Conseil départemental de la Creuse, Guéret : non coté
  • AUBRUN, Michel. L'abbaye cistercienne d'Aubepierre dans la région Marche Limousin, des origines au XVIIIe siècle - Suite. Mémoires de la Société des Sciences Naturelles et Archéologiques de la Creuse, 1957, t. XXXIII (1er fascicule), p. 033-065.

    p. 33-66 Conseil départemental de la Creuse, Guéret : non coté
(c) Région Limousin, service de l'Inventaire et du Patrimoine culturel (c) Région Limousin, service de l'Inventaire et du Patrimoine culturel ; (c) Département de la Creuse - Belzic Céline
Belzic Céline

Chargée de recherche, Conservation du Patrimoine, Conseil départemental de la Creuse, 2008-2010


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- Pacquot Eglantine
Pacquot Eglantine

Chargée de recherche, Conseil départemental de la Creuse, 2010


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