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  • (c) Région Nouvelle-Aquitaine, Inventaire général du patrimoine culturel

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Vallée de la Charente - cantons du département 17
  • Commune Rochefort
  • Adresse chemin de la Vieille Forme
  • Cadastre 1875 B1 3 à 31  ; 2015 B1 24
  • Dénominations
    abattoir
  • Précision dénomination
    abattoir de la Marine

Cet abattoir dédié à la Marine est construit dans la prairie de la vieille forme, non loin du chenal du port marchand, et mis en service en 1782. Auparavant, l'abattage des animaux et la préparation des salaisons se faisaient dans l'aile ouest du magasin aux vivres, à proximité de l'hôpital. C'est pour éviter ce voisinage et pour des questions de salubrité qu'un établissement est construit au bord de la Charente.

Sur le plan de Rochefort dressé en 1785 par l'ingénieur Toufaire apparaît la mention "nouvelle tuerie des vivres : parcs aux boeufs, aux cochons et salaisons". L'aménagement des alentours de cet établissement n'est mentionné qu'en tant que projet : un emplacement à céder au commerce, un dépôt de bois pour le service des vivres et une place. L'établissement comprend une tuerie, des étables, des ateliers et des magasins nécessaires à la confection de salaisons.

Cet établissement fait partie des premiers abattoirs publics, conçus de manière rationnelle, où le bétail est tué et apprêté. A la même époque, des établissements similaires sont édifiés à Blois, Grenoble et Paris. L'élément qui caractérise ces quelques établissements, bâtis entre 1780 et 1810, est leur halle centrale d'abattage, facile à nettoyer, où tous les bouchers peuvent travailler dans de bonnes conditions sanitaires et sous surveillance. En 1906, J. de Loverdo, ingénieur sanitaire, dans son étude sur l'organisation des abattoirs, déplore que ces exemples n'aient pas été suivis par les constructeurs du 19e siècle.

Rochefort a longtemps bénéficié du monopole de la fabrication de la viande de boeuf en conserves pour la marine, jusqu'à ce que celle-ci soit concurrencée par des produits étrangers. L'établissement de Rochefort est contraint de fermer au début des années 1890. Mais une loi votée en 1896 oblige la marine à employer uniquement de la viande de bovins élevés en France, et la conserverie est rouverte, exploitée par une société privée pour le compte de la marine.

Après la Première Guerre mondiale, l'établissement est acquis par un entreprise privée de commerce et de transformation de viande. Des bâtiments, situés à l'est et au nord, sont détruits dans les années 1970. Le site est repris par la Ville dans les années 1980 pour abriter des services municipaux.

  • Période(s)
    • Principale : 4e quart 18e siècle
  • Dates
    • 1782, daté par source

L'abattoir est implanté sur un terrain en légère déclivité en bordure du fleuve. Les bâtiments forment une composition régulière, enclose dans un mur d'enceinte. Tous en rez-de-chaussée, ils sont séparés les uns des autres par de larges cours ou passages. L'abattoir est adjacent du côté sud au parc à bois, également ceint d'un mur de clôture.

L'abattoir comprend une partie dédiée à l'abattage des animaux et une partie consacrée à la fabrication de conserves. Tout est fait pour qu'il soit facile de nettoyer les bâtiments et les cours à grande eau pour l'évacuation des liquides putrescibles.

L'entrée principale s'ouvre dans le mur d'enceinte ouest. Un portail métallique est supporté par deux hauts piliers de pierre de taille. Au revers de cette entrée, les piliers sont cantonnés de deux petits pavillons en pierre de taille, couverts d'un toit à croupes en ardoise.

Le bâtiment principal, situé au fond de la cour d'entrée, est en moellon enduit avec des chaînes harpées, en bossages à chanfrein, aux angles. Il est couvert par un toit à croupes en tuile mécanique. Ses deux élévations principales, traitées à l'origine de façon similaire, ont fait l'objet de quelques remaniements : dans un léger avant-corps central en pierre de taille mise en oeuvre avec une alternance d'assises normales et de bossages continus est ménagée une grande porte. De part et d'autre de cet avant-corps, trois grandes fenêtres ont leur encadrement sommé d'une clé passante et pendante.

Les ailes au sud et au nord sont identiques, leur façade principale, sur la cour, étant entièrement en pierre de taille, tandis que les autres sont en moellon. Elles sont couvertes d'un toit à longs pans en tuile mécanique laissant les pignons découverts en gradins.

Le bâtiment situé du côté sud-est de l'enceinte est en moellon et couvert d'un toit à croupes couvert de tuile mécanique.

  • Murs
    • calcaire moellon
    • calcaire pierre de taille
  • Toits
    tuile mécanique, ardoise
  • Plans
    ensemble régulier
  • Étages
    en rez-de-chaussée
  • Couvertures
    • toit à longs pans croupe
    • toit à longs pans pignon découvert
  • Statut de la propriété
    propriété publique
  • Intérêt de l'œuvre
    à signaler

Bibliographie

  • Viaud, J. Th. ; Fleury, E. J. Histoire de la ville et du port de Rochefort. Rochefort, 1845, ré-ed. Marseille : Laffite-Reprints, 1977.

    p. 198-199
  • Journal officiel de la République française. Débats parlementaires. Sénat. Séance du 17 juin 1897.

    p. 1012
Date d'enquête 2015 ; Dernière mise à jour en 2016
(c) Région Nouvelle-Aquitaine, Inventaire général du patrimoine culturel
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