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Edito

Depuis la création des commissions régionales dans les années 1960, l'Inventaire général de Nouvelle-Aquitaine (issue de la fusion, en 2016, des anciennes régions Aquitaine, Limousin et Poitou-Charentes) recense, étudie et fait connaître l'ensemble du patrimoine architectural et mobilier de son territoire, qu'il soit exceptionnel ou représentatif d'une famille d'édifices ou d'objets mobiliers. Depuis une cinquantaine d'années, des chercheurs et des photographes constituent une documentation scientifique normalisée accessible sur ce site.
 
Les dossiers de l'Inventaire général permettent de renouveler la recherche en histoire de l'art et la connaissance en replaçant les territoires, avec toutes leurs composantes, au cœur d'une méthode qui associe des prospections systématiques sur le terrain à des études historiques dans les archives. Ils contribuent à mieux voir un patrimoine parfois oublié ou en devenir que chacun d'entre nous se doit de protéger et de valoriser.

Lumière sur

Eglise collégiale Sainte-Croix de Loudun, devenue marché couvert puis espace culturel

L'ancienne église Sainte-Croix de Loudun, désaffectée à la Révolution et transformée en marché, est aujourd'hui un lieu de manifestations culturelles. Ces usages profanes ont profondément transformé l'édifice mais il conserve d'importants éléments romans, en particulier son chevet et son transept, classés au titre des monuments historiques depuis 1955, et une partie de la nef, inscrite depuis 1992.

Située au cœur de la ville, précédée d'une petite place, l'église doit sa première fondation, au 9e siècle, aux moines de Noirmoutier fuyant les invasions normandes et installés ensuite à Tournus, en Bourgogne. L'église est érigée en collégiale en 1062 par le comte d'Anjou, Geoffroy III le Barbu, et sa construction est achevée en 1109. Vers 1129, le comte Foulques V rapporte de Terre Sainte un fragment de la Vraie Croix. Désormais lieu de pèlerinage, la collégiale en présente les principes architecturaux, avec déambulatoire et chapelles rayonnantes, tout autour du chevet et contre les bras du transept.

Malgré ses transformations des 19e et 20e siècles, la collégiale, restaurée en 1995, constitue encore un témoin majeur de l'art roman entre Poitou et Anjou. On décèle même une influence bourguignonne dans la structure du choeur, avec ses six piliers cylindriques, à chapiteaux lisses, identiques à ceux de Tournus. La voûte du choeur se distingue par un riche décor peint, d'époque gothique (une Crucifixion de la fin du 13e siècle), sous lequel apparaissent quatre personnages romans.

La nef possédaient à l'origine des collatéraux qui se prolongeaient par le déambulatoire. La nef a gardé les deux tiers inférieurs de ses murs médiévaux ; la partie haute a été démolie, à la fin du 19e siècle, avec la voûte et les piliers qui la soutenaient, pour recevoir une charpente métallique. La façade occidentale a été profondément remaniée au 19e siècle.

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