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Edito

Depuis la création des commissions régionales dans les années 1960, l'Inventaire général de Nouvelle-Aquitaine (issue de la fusion, en 2016, des anciennes régions Aquitaine, Limousin et Poitou-Charentes) recense, étudie et fait connaître l'ensemble du patrimoine architectural et mobilier de son territoire, qu'il soit exceptionnel ou représentatif d'une famille d'édifices ou d'objets mobiliers. Depuis une cinquantaine d'années, des chercheurs et des photographes constituent une documentation scientifique normalisée accessible sur ce site.
 
Les dossiers de l'Inventaire général permettent de renouveler la recherche en histoire de l'art et la connaissance en replaçant les territoires, avec toutes leurs composantes, au cœur d'une méthode qui associe des prospections systématiques sur le terrain à des études historiques dans les archives. Ils contribuent à mieux voir un patrimoine parfois oublié ou en devenir que chacun d'entre nous se doit de protéger et de valoriser.

Lumière sur

Abbaye Saint-Pierre, mairie, couvent

À Lesterps, aux confins de la Charente et du Limousin, l'église de l'ancienne abbaye Saint-Pierre-et-Saint-Paul, fût un des plus imposants édifices romans du 11e siècle de la région. Il en subsiste la nef et un remarquable clocher-porche.

Le monastère est fondé à la fin du 10e siècle par Jourdain Ier, seigneur de Chabanais. Une paroisse est également créée, desservie par les religieux du monastère.

En 1040, l'église primitive est détruite. Un nouvel édifice est construit par Gautier, le supérieur de la communauté, qui y est enterré en 1070. Les religieux adoptent la règle des chanoines réguliers de saint Augustin à la fin du 11e siècle et une grande bénédiction de l'abbaye a lieu en 1091.

À l'époque gothique, le chœur et le transept de l'église semblent avoir été restaurés et surélevés. Ils sont vraisemblablement réservés aux religieux, la nef accueillant le culte paroissial.

Le monastère ferme à la Révolution. L'église est rouverte au culte en 1803. Le chœur s'effondre en 1815. La nef, ébranlée par cet écroulement, fait l'objet d'une importante restauration entre 1852 et 1885.

L'église est classée en 1862 sur la liste des monuments historiques.

De l'édifice roman subsistent aujourd'hui la nef et le clocher-porche qui en constitue l'entrée monumentale. Celle-ci s'élève à 43 mètres de hauteur. Le rez-de-chaussée, ouvert sur 3 côtés, compte 3 nefs couvertes en berceau plein cintre. Les chapiteaux ornés de simples volutes d'angle évoquent la sculpture de plusieurs églises de l'Angoumois (Cellefrouin, Lichères...).

Le premier étage est ajouré sur 3 faces d'une haute baie centrale encadrée de 2 arcades aveugles. Il correspond à une salle couverte d'une coupole qui ouvre par une tribune à l'intérieur de la nef. Le dernier étage abrite les cloches.

Ce vestibule majestueux, rare dans la région Poitou-Charentes, ouvre sur une nef austère. Celle-ci est composée d'un large vaisseau central et de deux étroits collatéraux (couloirs), tous couverts d'une voûte en berceau. Le couvrement central a été surélevé au 19e siècle. La nef est terminée par une petite abside édifiée également au 19e siècle à l'emplacement de l'ancienne croisée du transept.

Les rares éléments sculptés romans qui subsistent sont aujourd'hui insérés dans le mur sud de la nef.

Datés de la fin du 11e siècle, ils peuvent provenir des parties romanes disparues.

Deux chapiteaux en calcaire représentent l'un un décor de de pommes de pin, le second une scène de la Résurrection de Jésus (trois femmes regardent vers le tombeau vide et l'ange qui leur annonce la résurrection de Jésus ; à droite, deux soldats sont partiellement conservés).

Trois médaillons sont respectivement ornés d'un cavalier, d'un Christ en majesté (assis sur un trône, il tient dans sa main gauche la Bible et bénit de sa main droite) et d'une Vierge en majesté (Marie, assise sur untrône et couronnée par deux anges, tient sur ses genoux l'enfant Jésus qui bénit de sa main droite, la Bible dans sa main gauche).

Une inscription funéraire dédiée à l'abbé Ramnulphe, mort en 1140, est également insérée dans le mur nord de la nef.

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